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La Sainte Russie de Poutine

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La Russie de Poutine
La Russie de Poutine

Avec la rencontre historique entre le pape François et le patriarche Kirill ou encore, les succès des forces russes en Syrie, la Russie montre qu'elle a conservé un rôle géopolitique considérable. Il est pourtant difficile pour un Européen de voir clair sur ce grand pays qui est parvenu assez rapidement à se dégager de 72 ans de totalitarisme communiste. La propagande américaine, relayée par les grands médias occidentaux, produit un épais brouillard. Et la personnalité de Vladimir Poutine demeure énigmatique, suscitant les réactions les plus contrastées.

Enarque, ancien parlementaire et haut fonctionnaire, membre de l'Académie catholique de France, Ivan Blot ne cache pas son admiration. C'est un poutinien fervent. Pour lui, le retour de la Sainte Russie marque « les retrouvailles avec notre civilisation issue du christianisme et du monde gréco-romain. Ce travail de retour à l'être véritable de l'homme doit être à présent prolongé à l'Ouest. » S'appuyant (parfois lourdement) sur la critique du nihilisme moderne menée par Heidegger, il considère que la Russie ouvre la voie d'un renouveau culturel, spirituel et même politique. A certains égards, le régime de Poutine est davantage démocratique que celui de Hollande. Et le discours radicalement chrétien prononcé par le président russe au forum de Valdaï en 2013 aurait pu être écrit par Soljenitsyne. Intox ! diront certains. Ivan Blot pense le contraire.

La Russie de Poutine
Ivan Blot
Préface de Philippe de Villiers
Bernard Giovanangeli Editeur, 206 p., 15 €

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Evêques et médecins s'expriment sur la loi de la fin de vie

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Suite à l’adoption de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie hier à la l’Assemblée nationale, Mgr Pierre d’Ornellas et les membres du groupe de travail sur la fin de vie de la Conférence des évêques de France s’expriment.

Loi Claeys-Leonetti
Oui à la culture palliat
ive

Les parlementaires viennent de voter une nouvelle loi sur la fin de vie. Ils ont heureusement écarté l’idée qu’une vie pouvait être inutile : oui, chaque personne est digne du plus grand respect jusqu’au terme de sa vie ! Ils ont maintenu que « l’obstination déraisonnable » est interdite : oui, prendre soin de la personne est plus essentiel que la seule poursuite de thérapies devenues disproportionnées !
Pendant le débat législatif, une demande massive a été enfin entendue : que soient développés l’accès et la formation aux soins palliatifs. Le gouvernement a mis en œuvre un plan triennal dans ce but. De même, une évaluation annuelle de la politique développée pour ces soins a été votée. La nouvelle loi est donc à appliquer selon les objectifs, les principes et les pratiques des soins palliatifs. Beaucoup s’en réjouissent car tout cela lutte contre le « mal mourir » qui subsiste par endroit.
La loi donne des droits aux patients afin de respecter leur autonomie. Or celle-ci s’inscrit toujours dans une relation, d’autant plus que la vulnérabilité grandit. C’est en garantissant aux patients comme aux soignants une juste implication dans la relation de soin que la loi peut répondre à l’ambition d’une meilleure qualité de soins.
La loi définit et encadre un nouveau droit « à la sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience jusqu’au décès ». Ces cas sont rares. Quoiqu’il en soit, la loi ne peut se substituer à l’appréciation médicale en imposant des systématisations qui nieraient la singularité de chaque cas. Sur le projet de loi, nous nous sommes exprimés dans la déclaration « Ne prenons pas le problème à l’envers ! » (20 janvier 2015)
Pour chaque situation, l’art médical cherche à procurer le meilleur apaisement possible de la souffrance, et à qualifier avec justesse l’obstination déraisonnable afin de la refuser, notamment pour les patients incapables d’exprimer leur volonté. Cet art médical discerne quand l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation artificielles correspond au meilleur soin à donner. Il évalue quand les directives anticipées sont ou non appropriées. Nourri par un vrai dialogue entre professionnels de santé, patients et proches, cet art permet de s’ajuster aux situations les plus délicates, dans le respect de la déontologie médicale.
Cet art est celui de l’accompagnement guidé par l’intention de soulager, adapté à chaque personne et à ses souhaits, dans les limites du raisonnable. Nous remercions les soignants qui, avec les bénévoles, s’engagent en équipe, au quotidien, aux côtés de personnes en fin de vie pour que leur « confort » soit le meilleur possible.
Les recommandations de bonne pratique sont essentielles à cet art du soin palliatif. Seule la poursuite d’une réflexion concertée et continue pour leur rédaction et leur mise en œuvre le favorisera. Soutenant toujours l’intention de soulager, elles dissiperont les craintes de dérives euthanasiques qui, à juste titre, ont surgi pendant le débat.
Non, cette nouvelle loi n’est pas qu’une étape ! Prenons sérieusement le temps de l’appliquer grâce aux moyens octroyés et à la formation – qui est urgente – de tous les professionnels de santé. Alors le « mal mourir » reculera. Et le grand public, grâce à une information honnête, régulière et nécessaire, sera conforté sur la qualité de l’accompagnement et sur le soulagement de la souffrance, que ce soit ou non en fin de vie.
Face à l’opacité de la mort et à son énigme, la conscience cherche au plus profond d’elle-même, et avec l’aide d’autrui, la lumière qui l’habite pour trouver réconfort et paix. Quelle que soit cette lumière – la foi en Dieu ou la simple gratitude pour la vie –, le chemin vers la mort est difficile et rude. Nul ne s’y aventure sans le juste et fidèle soutien de l’équipe soignante, de proches et de la société. C’est à cela qu’une société se reconnaît digne de l’humanité des siens.
La culture palliative est « un élément essentiel des soins de santé », proclame le Conseil de l’Europe. Ces frères et sœurs en grande vulnérabilité nous appellent à un surcroît de fraternité. Répondre à leur appel est une belle œuvre politique : elle inscrit la culture palliative non seulement dans le monde du soin mais aussi dans nos mentalités pour que nous soyons attentifs à prendre soin les uns des autres, car nous portons tous les questions existentielles les plus vives : nous avons à la fois soif d’infini et l’expérience de la finitude. Telle est la fraternité que sont appelées à construire nos lois relatives à la fin de vie, qui seront alors des lois de progrès pour la France.

Le 28 janvier 2015


Mgr Pierre d’Ornellas
Archevêque de Rennes et responsable du Groupe de travail sur la fin de vie.
Mgr Michel Aupetit
Évêque de Nanterre
Dr Marie-Sylvie Richard, xavière
Chef de service à la Maison Médicale Jeanne Garnier (Paris)
Dr Claire Fourcade
Médecin coordinateur, pôle de soins palliatifs de la polyclinique Le Languedoc (Narbonne)
Dr Alexis Burnod
Institut Curie, Service soins palliatifs
P. Bruno Saintôt, jésuite
Directeur du département éthique biomédicale du Centre Sèvres (Paris)
P. Brice de Malherbe
Co-directeur du département d’éthique biomédicale du Collège des Bernardins (Paris)

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Le numéro 324 est paru

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Chrétiens dans la Cité n°324
Chrétiens dans la Cité n°324

Le numéro 324 est paru, avec au sommaire :

CHRONIQUE du Père Bernard Devert, président d'Habitat et Humanisme : Le plan emploi, une chance pour faire société

AGENDA

INFORMATIONS : Associations sous contrôle - L'adultère est moral - La fin du cathosarkozysme - Un fonds pour les chrétiens d'Orient - Attester pour le Christ

LES HOMMES : Nathalie Leenhardt et Dominique Guiraud - Véronique Fournier - Pierre Durieux

BREVES : Générosité en ligne - P'tits'déj en Carême - Non à l'euro-euthanasie - Bataille internautique

LECTURES: Le Mariage et la loi, par l'Institut Famille et République

INITIATIVES : Autour de la Manif pour tous

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Découvrez Chrétiens dans la Cité

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Découvrez Chrétiens dans la Cité
  • Quel impact a eu l'encyclique du Pape François sur l'écologie ?
  • Migrants et réfugiés : la préférence chrétienne.
  • Y-a-t-il une finance catholique ?
  • Secourir les chômeurs: l'engagement des associations chrétiennes.
  • Associations caritatives: à qui donner ?

Sur ces sujets et beaucoup d'autres, de multiples projets germent. De nouvelles actions sont lancées chaque jour. Les connaissez-vous ? Vous voulez être informé des initiatives prises par les chrétiens dans la vie sociale, économique et politique : famille, école, entreprise, institutions...

Vous ne pouvez pas tout lire... mais vous pouvez tout savoir... à condition bien sûr de disposer d'une publication sérieuse et concise, pour gagner du temps.

Depuis 1996, Chrétiens dans la Cité s’est affirmée comme une source indispensable pour tous ceux qui veulent des informations sûres, fiables, objectives, se référant à la doctrine sociale de l'Eglise. Chrétiens dans la Cité offre toutes les 3 semaines sur quatre pages :

  • une analyse pointue d'un enjeu de société,
  • un agenda des principales réunions,
  • des brèves nouvelles,
  • une fiche sur un mouvement,
  • l’analyse d’un livre de référence

Alors profitez de notre offre d'abonnement découverte : seulement 30 € pour un an, soit 50% de réduction ! Vous pouvez vous abonner en ligne en cliquant ici.

Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, nous écrit : "Chrétiens dans la Cité apporte des informations utiles, souvent peu relayées par les médias français, concernant la vie de l'Eglise dans la cité, en particulier en ce qui concerne la dimension éthique et sociale. Pour sortir des "prêt-à-penser", des poncifs et des préjugés, il est nécessaire de disposer de telles informations...Lecteur assidu de Chrétiens dans la Cité, je vous encourage à le faire connaître et je vous prie de croire à mon soutien et à mon souhait, pour qu'il soit promu et connu."

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Pourquoi et comment réviser la loi Taubira

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Pourquoi et comment réviser la loi Taubira

Laboratoire de pensée créé en décembre 2013, l'Institut Famille & République (IFR) réunit 120 juristes (magistrats, hauts fonctionnaires, professeurs, avocats, notaires...) dont l'un des points communs est le refus de la dénaturation du mariage. Son premier acte public est la réalisation d'un fort ouvrage collectif intitulé Le mariage & la loi. Protéger l'enfant. Il a été diffusé à tous les parlementaires. Ses 39 contributeurs expliquent pourquoi et comment réviser la loi du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe.

Selon Guillaume Drago, président de l'IFR, la loi Taubira a « ouvert une boîte de Pandore et provoqué de telles réactions en chaîne que le législateur devra nécessairement intervenir ». Les dérives de la jurisprudence, en rendant adoptables des enfants sans parents fabriqués par GPA à l'étranger, constituent « des violations graves des droits de l'enfant, souligne la juriste Aude Mirkovic. Qu'adviendra-t-il quand, devenus adultes, ils se retourneront contre l'État ? » Mais par-delà des propositions très précises pour corriger la loi, les auteurs de ce livre blanc oeuvrent pour reconstruire profondément le droit de la famille. On notera en passant leurs analyses pour libérer le mariage religieux ou pour refonder la politique familiale.

Ce livre très riche est un outil indispensable pour sortir de l'insécurité juridique engendrée par le « mariage pour tous ».

Le mariage & la loi
Protéger l'enfa
nt
Institut Famille & République, 480 p., 20 €
Disponible dans les librairies juridiques et sur www.institutfamilleetrepublique.fr

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La Cftc rejette le "contrat agile" du patronat

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Le Medef par son président Pierre Gattaz a lancé l'idée d'un nouveau contrat de travail plus souple dit "agile". Car selon lui, à cause du contrat à durée indéterminée (CDI), "le marché du travail est bloqué en France. On a peur d'embaucher car on ne sait pas licencier." Ce contrat agile fixerait dès l'embauche des motifs de séparation tels que plusieurs mois de baisse du chiffre d'affaires ou la non-réalisation des objectifs donnés au salarié. De plus, les indemnités seraient plafonnées et prévues à l'avance. Cette proposition a été évidemment rejetée par tous les syndicats. Voici la lettre adressée le 13 janvier à Pierre Gattaz par Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC :

"Monsieur le Président,
En ce début d’année, permettez-moi de vous présenter tous nos vœux de réussite quand vous et votre organisation travaillez pour le bien commun.
Suite à la lecture de la lettre ouverte sur l’emploi que vous avez co-signé ce week-end à l’attention du président de la République, j’ai le plaisir de vous annoncer une bonne nouvelle :
Le contrat de travail avec ses droits progressifs que vous appelez de vos vœux existe, il ’appelle le contrat à durée indéterminée (CDI) Durant les premiers mois de celui-ci, il peut y être mis fin de façon très rapide, cela s’appelle la rupture de la période d’essai. Puis en fonction de l’ancienneté acquise, les prérogatives du salarié se renforcent et un certain nombre de droits apparaissent, c’est le cas par exemple pour d’éventuelles indemnités de licenciement ou de droits à la formation.
Concernant la possibilité de faire perdre leur travail à des collaborateurs en cas de difficulté économique,baisse de commandes ou autres. Tout cela est prévu dans le Code du travail (Art. 1233-3) afin de simplifier la vie administrative des entreprises notamment les plus petites, il n’est pas nécessaire de reprendre obligatoirement ces différentes modalités dans le contrat de travail individuel. Toutefois, si certaines le désirent elles peuvent le faire, rien ne l’interdit.
Concernant les prud’hommes, il s’agit simplement d’une institution qui permet à celui qui pense avoir subi un préjudice de se tourner vers le juge pour dire le droit et réparer l’éventuel préjudice. Vous noterez comme moi que la moitié des juges prud’hommaux sont issus du patronat, si vous estimez qu’ils sont mauvais, ou nocifs, il vous appartient de présenter de meilleurs candidats et de demander à ceux que vous estimez incompétents de démissionner.
Ne pensez-vous pas, Monsieur le Président, que les problèmes économiques que nous rencontrons sont majoritairement liés à la véritable concurrence déloyale qui s’est instaurée au sein du marché unique en particulier et dans le cadre de la mondialisation en général, concurrence déloyale en terme fiscal, environnemental et social.
Pour ne prendre qu’un exemple, si je suis un industriel français, et que je désire construire une usine après avoir comparé les règles fiscales, environnementales et sociales en vigueur en France et en Bulgarie, quel choix vais-je faire ?
Pensez-vous que c’est en pénalisant encore plus les salariés que nous répondrons à ce défi majeur ?
Enfin Monsieur le Président, permettez-moi de vous rappeler que les salariés sont des femmes et des hommes, fréquemment chargés de famille et non des variables d’ajustement au service d’une économie déconnectée de son rôle : un outil au service du développement humain.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les meilleurs et légèrement navré."

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Situation de la France : l'exercice d'un libéral

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Situation de la France : l'exercice d'un libéral

Philosophe libéral, ancien assistant de Raymond Aron, Pierre Manent s’attaque dans cet essai remarqué à une question cruciale : comment « accueillir les mœurs musulmanes en tant que mœurs de nos concitoyens musulmans ». L’Occident n’est pas « sorti de la religion ». L’invocation de la laïcité (qui s’est transformée en un siècle de « neutralité » religieuse de l’État à la neutralisation religieuse de la société) s’avère inopérante face une situation totalement nouvelle. De plus, les pouvoirs publics s’épuisent dans la protection des droits individuels, minent tout esprit commun, et perdent leur autorité.

D’où la proposition de l’auteur : une «politique défensive » et de compromis. Ayant accepté l’immigration de musulmans, notre régime devrait « accepter franchement leurs mœurs », sauf celles qui contreviennent radicalement à notre modèle : le voile intégral et la polygamie. Et aider les musulmans à prendre leur indépendance vis-à-vis des pays arabo-musulmans, en particulier pour le financement des mosquées – Pierre Manent préférant qu’il soit assuré en partie par les collectivités locales.

Personnellement catholique bien qu’affichant ses distances avec l’Église (y compris vis-à-vis du Pape François), il affirme cependant que la société française est restée « de marque chrétienne», et lance aux catholiques un appel à sortir de leur « quasi-clandestinité ». Un essai qui pose des questions pertinentes mais peine néanmoins à convaincre pleinement.

Situation de la France
Pierre Manent
Desclée De Brouwer, 174 p., 15,90 €

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La Nef s'interroge sur la COP21

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La Nef s'interroge sur la COP21

Le mensuel catholique La Nef, qui vient de faire peau neuve avec son numéro de janvier, publie notamment un dossier intitulé La COP21 a-t-elle vraiment sauvé la planète ? On y trouvera une contribution de Denis Sureau : A mes amis climato-sceptiques, qui répond brièvement aux thèses des "anti-réchauffistes".

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Corse : la subsidiarité contre le jacobinisme

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Corse : la subsidiarité contre le jacobinisme

Les crispations autour de la victoire des nationalistes corses offrent l'occasion de rappeler la vision chrétienne de la subsidiarité.
Les discours d'investiture, jeudi 17 décembre, de Gilles Simeoni et surtout celui Jean-Guy Talamoni – car prononcé en langue corse –, les nouveaux présidents respectifs du Conseil exécutif et de l'Assemblée de Corse, ont suscité de violentes réactions d'hommes politiques continentaux : « insultes faites à l'histoire de la France » (François Fillon), « recul de la République » (Florian Philippot), « éclatement de l'espace national » (Jean-Pierre Chevènement). Rien de très étonnant, tant le jacobinisme, expression territoriale de l'égalitarisme,demeure l'un des fondamentaux de l'appareil idéologique d’État. On se souvient de la décision du Conseil constitutionnel en 1991 niant l'existence du « peuple corse ».
Plus surprenant est de voir Madeleine de Jessey (porte-parole de Sens commun) agiter le spectre de « la désunion nationale », et prendre la défense de « l'indivisibilité de la République ». En effet, la jeune militante catholique semble ignorer que c'est le principe de subsidiarité – et non d'égalité – qui est le principe d'organisation de l'enseignement social chrétien, celui qui doit structurer la société : ce qui peut être réalisé à un certain niveau ne doit pas être réalisé par le niveau supérieur. Il n'est pas facultatif dans la mesure où il relève de la justice, laquelle consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû, et sa méconnaissance porte atteinte aux libertés de l'homme et de ses communautés d'appartenance :groupes, associations, réalités locales et territoriales, organisations professionnelles, etc. C'est pourquoi les papes ont promu un certain fédéralisme, tant au niveau infranational que supranational. Une organisation subsidiaire a le mérite de concilier à la fois le respect des différentes communautés, avec leurs richesses spécifiques (notamment linguistiques), et la poursuite d’un bien commun transcendant les parties. L’Eglise a toujours défendu tant les droits des minorités régionales. Pie XII : « il n'y a pas place pour l'oppression, ouverte ou dissimulée, des particularités culturelles et linguistiques des minorités nationales » (Noël 1941). Jean XXIII : « Il nous faut déclarer de la façon la plus claire que toute la politique visant à contrarier la vitalité et l’extension des minorités est une faute grave contre la justice, une faute encore plus grave lorsque, en agissant ainsi, elles se proposent de les faire disparaître. Au contraire, rien qui ne soit plus conforme à la justice que l’intervention des pouvoirs publics en vue d’améliorer les conditions de vie des minorités ethniques, spécialement en ce qui concerne leur langue, leur culture, leurs coutumes, leurs richesses et leurs entreprises économiques » (Pacem in terris, n. 95-96). Jean Paul II a condamné à son tour la logique bureaucratique de l'État de l'assistance qui prive la société de ses responsabilités (cf. Centesimus Annus, n. 48). La subsidiarité dissout les problèmes artificiels produits par le jacobinisme.

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