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Lorsque la démocratie devient totalitaire

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Avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, brillant écrivain catholique (L’Infortune, Inigo…) et chroniqueur inspiré dans La Croix, Me François Sureau a plaidé à trois reprises

devant le Conseil constitutionnel la non-conformité à la Constitution de 1958 de trois dispositions législatives relatives à l’état d’urgence. Les textes de ces plaidoiries viennent d’être publiés sous la forme d’un petit livre implacable, d’une rare élégance de pensée et de style : Pour la liberté (Tallandier, 80 p., 7,90 €).

La première affaire concernait la création d’un délit consultation habituelle de sites internet terroristes – une mesure évidemment contraire à la liberté de communication, retoquée par le Conseil, puis réintroduite par les députés dans le Code pénal.

La deuxième visait « le fait de préparer la commission de l’infraction » avec « l’intention » de passer à l’acte – notions dangereusement floues. François Sureau souligne que même l’Inquisition n’est pas allée aussi loin.

La troisième disposition permettrait au préfet « d’interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics » – restriction de la « liberté d’aller et venir » qui, prise contre le péril islamiste, a été aussitôt appliquée… aux écologistes pendant la COP 21 et à des Corses susceptibles de troubler un match de football ! Où l’on comprend que l’appareil répressif d’État peut tout autant être utilisé pour de nouvelles persécutions, y compris antichrétiennes.

Et c’est ce qu’a déploré Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France, dans une lettre adressée le 6 juillet à Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, au sujet de projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme. Ce texte prévoyait la fermeture des lieux de culte dans lesquels seraient tenus des propos pouvant inciter à la violence. On devine l’intention sous-jacente : la fermeture des mosquées salafistes. Or les prédicateurs subversifs peuvent déjà punis (art. 35 de la loi du 9 décembre 1905), « sans pour autant faire obstacle au libre exercice du culte par les fidèles », note Mgr  Pontier, qui s’interroge sur les modalités d’appréciation des propos incriminés et conclut que ces nouvelles mesures « sont d’application générale, et constituent un recul de la liberté de religion dans notre pays. »

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Pape François et Dominique Wolton : un coup d'édition, un livre décevant

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Pape François
Dominique Wolton

Politique et société

L'Observatoire, 418 p., 21 €

Le pape François s'est entretenu douze fois en un an avec Dominique Wolton, directeur de recherche au CNRS, sociologue de la communication, agnostique ne connaissant l’Église et la foi que de l'extérieur.

Le projet était alléchant mais le résultat s'avère décevant. Sur les quatre cent pages du livre, les réponses du pape n'occupent d'ailleurs qu'une place limitée. Wolton est bavard au point qu'après deux pages de considérations personnelles (dont à vrai dire le lecteur se moque), le pape ne répond parfois que par un « oui » ou quelques mots. 
De plus, le propos est très horizontal, peu théologique ou spirituel. Néanmoins, ce document a le mérite d'éclairer un peu la personnalité du pape venu d'Argentine. Il contient aussi des phrases qui font mouche, comme lorsqu'interrogé sur l'attitude de l'Europe face aux migrants, François déclare : « Si les Européens veulent rester entre eux, qu'ils fassent des enfants ! » Ou lorsqu'il critique la laïcité à la française, qui « a une coloration héritée des Lumières beaucoup trop forte, qui construit un imaginaire collectif dans lequel les religions sont vues comme une sous-culture ». Certains propos rapides ont suscité des réactions d'incompréhension (« aucune guerre n'est juste »), et l'on atteint ici les limites de l'exercice.
 

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Média participations futur troisième éditeur français

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Média Participations, quatrième groupe d’édition français, éditeur de l'hebdomadaire Famille chrétienne et du missel de poche Magnificat, de livres religieux (Mame, Edifa, Desclée, Tardy...)

ou pratiques (Rustica), numéro un de la bande dessinée en Europe (Dargaud, Dupuis, Lombard...), qui a repris en juin dernier les Éditions Anne Carrière, a engagé des négociations exclusives avec La Martinière, septième groupe français (Seuil, Éditions de 
La Martinière, Points, Don Quichotte, l'américain Abrams, etc.). 
Si elles aboutissent, les deux groupes Média Participations (355 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016 et plus de 1000 salariés), piloté par Vincent Montagne, et La Martinière (206 millions d’euros et 500 salariés), présidé par Hervé de La Martinière, pèseront donc 560 millions d’euros, devenant le troisième éditeur français, derrière Hachette et Editis, et le vingt-sixième mondial.

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Tallandier se diversifie vers la spiritualité

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Grande maison d'édition fondée à la fin du XIXe siècle, Tallandier est aujourd'hui l'un des principaux éditeurs de livres d'histoire.

Son président-directeur général Xavier de Bartillat a engagé une diversification et recruté, pour créer un secteur spiritualité, François Maillot, qui a dirigé la librairie La Procure pendant douze ans. Il est également connu, sous son nom de plume de François Huguenin, d'essais remarqués d'histoire et de philosophie politique (L'Action française, Le Conservatisme impossible, Résister au libéralisme...). Plusieurs essais viennent de paraître : Lettre à un jeune chrétien, de Christiane Rancé, Pour la liberté, de François Sureau, L'héritage de Benoît XVI, de Christophe Dickès, La Voix contagieuse, de François Cassingena-Trévedy...

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Comment vivre dans un monde post-chrétien ? Le pari bénédictin

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Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus ? Cette question, posée par le journaliste américain Rod Dreher, est le titre de l’édition française de son livre (Artège, 372 p.) qui suscite un vif débat outre-atlantique : The Benedict Option. A Strategy for Christians in a Post-Christian Nation.

À la fin de son livre Après la vertu, le philosophe Alasdair MacIntyre proposait la construction de « nouvelles formes locales de communauté où la civilité et la vie intellectuelle et morale pourront être soutenues à travers les ténèbres qui nous entourent déjà ». Il ajoutait : « Nous n’attendons pas Godot, mais un nouveau (et sans doute fort différent) saint Benoît. » Un journaliste, écrivain et père de famille américain a voulu approfondir cette intuition. Rod Dreher, 50 ans, ancien protestant devenu successivement catholique puis orthodoxe, qualifie son projet « contre-culturel » de « pari bénédictin » (Benedict Option). S’inspirant de la Règle de saint Benoît, il veut inciter les chrétiens à mettre leurs pratiques en cohérence avec une foi qui ne peut être rabaissée à un simple « déisme éthico-thérapeutique » sans implications concrètes.

Rod Dreher, Comment être chrétien dans un monde qui ne l'est plus ? Le pari bénédictin (Artège)

Or la règle bénédictine est riche d’orientations (ordre, prière, travail, ascèse, stabilité, communauté, hospitalité, équilibre) qui peuvent être adaptées avec fruit dans le monde séculier : par exemple en développant des réseaux de solidarité entre chrétiens, en protégeant les enfants d’un enseignement séculariste et d’influences perverses (notamment par la création d’écoles indépendantes), en refusant les métiers qui posent des problèmes moraux graves. Dreher met en garde contre la révolution sexuelle et son ultime avatar : une idéologie LGBT de plus en plus oppressive, ainsi que sur l’impact – qui n’est pas moralement neutre – de la technologie, notamment digitale. Plus positivement, le « pari bénédictin » consiste à redécouvrir l’héritage biblique et culturel chrétien et la beauté de la liturgie, à évangéliser par la bonté et la beauté, à accepter l’exil et la possibilité du martyre. La « politique antipolitique » que défendaient les dissidents tchèques Havel et Benda et que Dreher reprend à son compte, consiste à « vivre en vérité », et à développer une « polis parallèle » – non un ghetto façon amish mais des petites communautés poreuses, enracinées dans les familles et les paroisses, capables de rayonner autour d’elles. Dreher a été impressionné par la créativité des catholiques italiens du mouvement Communion et Libération et de sa Compagnie des œuvres qui ont su multiplier les initiatives sociales. Le « retrait stratégique » qu’il prône n’est donc pas un simple repli, mais plutôt un appel au peuple de Dieu pour qu’il retrouve son dynamisme de « minorité créative » (comme disait Benoît XVI). La parution de son essai (facile à lire comme savent faire les Américains) est une bonne nouvelle de cette rentrée !

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Fabriquer du vivant ou créer de la vie ; nous voici appelés à nous prononcer

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Tandis que le "transhumanisme" agite les esprits et inquiète les consciences, voici le regard chrétien que porte le P. Bernard Devert, prêtre du diocèse de Lyon et président-fondateur d'Habitat & Humanisme :

"L’éthique ne condamne pas, elle réveille pour comprendre que l’homme ne l’est vraiment que s’il s’insurge contre les causes de déshumanisation.

Il est de ces situations qui ne peuvent nous laisser indifférents, sauf à devenir étrangers non seulement au malheur de l’autre, mais aussi à sa propre humanité. 

Un des combats majeurs est de refuser la banalisation du malheur. L’indifférence est destructrice de l’humain.

« L’intranquillité » ne serait-elle pas la seule attitude humaine acceptable, aux fins de demeurer vigilants à cette nécessité de changer et faire changer ce qui peut et doit l’être. Cette perspective ouvre le champ de la pensée et de l’action. L’étroitesse abime. 

Toute réduction est une mutilation. 

Quelle écoute avons-nous de cette part manquante de l’autre. N’est-elle pas une chance pour se protéger de ces raisonnements qui font céder notre humanité au nom du raisonnable, reportant sine die des décisions dont l’absence taraude l’espoir.

Bien des argumentations, pour ne point s’éprouver avec discernement, rendent sourds les craquements de l’âme, se révélant pourtant des appels à une liberté intérieure.

Une des terreurs qui nous tient, et à laquelle nous tenons plus que nous le croyons, est de veiller à ne point se tromper pour ne pas être trompés. Vouloir tout comprendre avant d’entreprendre est le plus sûr moyen de substituer au pouvoir d’agir, celui de la velléité.

Notre civilisation laisse présager « l’homme réparé » pour être prolongé. La durée, comme désir de puissance, n’est pas sans analogie avec les bâtisseurs de la tour de Babel. 

Yuval Noah Harari, auteur du ivre Une brève histoire de l’avenir, affirme qu’est commencé pour l’homme le temps du passage de l’homo-sapiens à l’homo-deus, pour être désormais en capacité de fabriquer du vivant. 

Seulement, Dieu ne fabrique pas, Il crée et ne cesse de créer pour que l’homme devienne créateur. Le risque ne serait-il pas de vouloir posséder cette création pour la réduire à notre image, celle précisément de fabricant. 

Vivre, ce n’est pas seulement être en capacité de faire circuler à l’infini l’information, selon Harari, mais ne serait-ce pas reconnaître une Parole qui, pour nous décentrer de nous-mêmes, nous fait naître à ce que nous sommes appelés à devenir. 

Alors s’éveille ce moment où l’on comprend que grandir en humanité, c’est se confronter à cette question : qu’est-ce-que l’homme.

Le Fils de l’homme nous accompagne sur ce chemin pour nous en faire saisir le sens comme orientation mais aussi comme densité offrant à l’existence une intensité pour réconcilier temps et éternité. 

Un proverbe demande d’attendre le soir pour dire si le jour fut beau. Il l’est si nous avons pu écouter cette voix intérieure rappelant souvent l‘idéal de notre jeunesse. La nuit qui vient alors n’est plus celle des ténèbres pour être auréolée de ce service diaphane d’une humilité qui signe l’humanité. 

Bernard Devert"

 

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Découvrez Chrétiens dans la Cité

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« Le grand retour des cathos » : tel était le titre d’un dossier paru récemment dans un grand magazine. Même s’ils n’étaient jamais vraiment partis, ils semblent aujourd’hui davantage visibles. Y compris les jeunes : savez-vous que les 18-24 ans forment la classe d’âge la plus croyante des Français ? Les grandes mobilisations contre la loi Taubira ont fait se lever une nouvelle génération ardente et dynamique. Les initiatives fusent de tous côtés : les Veilleurs, l’Écologie intégrale, les Alternatives catholiques, SOS chrétiens d’Orient… De nouveaux réseaux se tissent. L’économie sociale d’inspiration chrétienne se développe : fonds d’épargne solidaire, banques alimentaires au service des démunis et des communautés religieuses (Tous Entrepreneurs pour la paix), logement pour les plus pauvres (Habitat et Humanisme), insertion par l’emploi, centrales d’achat pour les familles, financement participatif d’actions d’évangélisation… Mais comment suivre ces projets novateurs, ces entreprises audacieuses ? Et comment rejoindre le combat des associations qui défendent la famille, la vie naissante ou finissante, ou la liberté scolaire ? Comment se mobiliser pour sauver des centaines d’églises de leur destruction ? Et connaissez-vous les mouvements les plus actifs face à la surenchère laïciste ? Comment s’informer efficacement sur tous ces enjeux décisifs pour l’Église et pour notre monde? C’est pour répondre à toutes ces questions que j’ai créé la lettre d’information Chrétiens dans la Cité. C’était il y a 20 ans. Depuis, elle a fait son chemin. Cette lettre d’information unique en son genre propose dans chaque numéro :

  • L’analyse d’un événement important ;
  • Un agenda des principaux rendez-vous ;
  • Des nouvelles brèves de tous les fronts ;
  • Une fiche présentant un mouvement, un projet ;
  • La présentation d’un livre.

Chrétiens dans la Cité, en quatre pages, vise l’essentiel. Concis, complet, facile à lire, sans bavardages, parce que Vous ne pouvez pas tout lire mais vous voulez tout savoir… …sur les initiatives prises par les chrétiens dans la vie sociale, économique et politique : famille, école, entreprise, institutions… Vous êtes comme moi submergé d’informations. Internet, télévision, radio… Chrétiens dans la Cité vous offre une synthèse et des informations difficiles à trouver ailleurs. Sans commentaires inutiles ou polémiques. Des informations sûres. De nombreux responsables associatifs, personnalités religieuses, élus politiques, cadres d’entreprise, retraités actifs ou simples fidèles de base, nous disent combien ils apprécient d’avoir accès rapidement aux informations qu’ils recherchent. Chrétiens dans ia Cité n’est pas l’organe d’une chapelle ou d’une coterie, mais une lettre d’information indépendante. Son ambition : favoriser la communication entre chrétiens de diverses sensibilités. Alors profitez de notre offre d'abonnement découverte : seulement 30 € pour un an, soit 50% de réduction ! Vous pouvez vous abonner en ligne en cliquant ici.

Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, nous écrit : "Chrétiens dans la Cité apporte des informations utiles, souvent peu relayées par les médias français, concernant la vie de l'Eglise dans la cité, en particulier en ce qui concerne la dimension éthique et sociale. Pour sortir des "prêt-à-penser", des poncifs et des préjugés, il est nécessaire de disposer de telles informations...Lecteur assidu de Chrétiens dans la Cité, je vous encourage à le faire connaître et je vous prie de croire à mon soutien et à mon souhait, pour qu'il soit promu et connu."

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Pour une société de bien commun

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Le Courant pour une écologie humaine a été créé par trois catholiques, Gilles Hériard Dubreuil, Tugdual Derville et Pierre-Yves Gomez pour « mettre le bien de la personne humaine au cœur des orientations et des décisions de notre société », en s'appuyant « sur une proposition anthropologique et sur une vision de l’homme et de la société incluant une pacification des relations entre l’homme et la nature ». Il publie aujourd'hui un premier livre, La Société de Bien Commun : changer la donne, à hauteur d'homme, qui réunit 21 contributions sur des thèmes très différents : le transhumanisme, l'agriculture, la gestion publique de l'eau, l'urbanisme, l'interculturel, l'enfance menacée, les initiatives locales face au vieillissement, les soins palliatifs, le patronage, le financement participatif, le capitalisme d'entreprise, le métier de DRH, le service militaire adapté, la réforme de la justice, etc. On le voit, de nombreuses initiatives allant dans ce sens ne sont pas étrangères au souci de Chrétiens dans la Cité, même si ici l'inspiration n'est pas explicitement chrétienne. Une précision : ce livre peut être téléchargé gratuitement sur le site www.ecologiehumaine.eu où il est possible de faire part de ses réflexions et réactions.

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Une oasis catho écologique

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Quatre familles catholiques ainsi que deux célibataires, amis de longue date, se sont installés l'an dernier pour développer un éco-hameau à La Bénisson-Dieu, petit village de 300 habitants situé à 15 kilomètres au nord de Roanne. Se référant à l'encyclique Laudato Si', ils veulent retrouver un mode de vie plus équilibré et plus écologique, une vie spirituelle et amicale au quotidien, ainsi qu'un environnement sain pour les enfants. Quatre maisons appartenant au diocèse de Lyon ont été mises à leur disposition par le cardinal Philippe Barbarin en échange d'un service d’Église ; elles vont être rénovées de manière écologique. Le terrain devrait assurer l'autosuffisance alimentaire, mais ils souhaitent acquérir une ferme en commun avec un agriculteur spécialisé en permaculture et agroforesterie. Autre projet : l'ouverture d'une école Montessori, si la mairie l'accepte, dans les locaux de l'actuelle école en cours de fermeture. A terme, l'éco-hameau pourrait également être un lieu d'accueil et de formation.

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