Une nouvelle théopolitique


NOUVEAU
Denis Sureau
Pour une nouvelle théologie politique
Parole et Silence, 174 p., 17 €
Pour commander en ligne (à partir du site Transmettre)

Une nouvelle génération de théologiens se lève dans le monde anglo-saxon. Ils ont entre 30 et 50 ans et de l'énergie à revendre. Catholiques, anglicans, ou protestants, ils bouleversent les vieux clivages, remettent en cause les catégories installées. Disciples de saint Augustin et de Henri de Lubac, marqués par l'enseignement d'Alasdair MacIntyre et de Stanley Hauerwas, ils plaident pour le retour à une théologie libérée de tout complexe d'infériorité.

Penseurs de la Cité de Dieu présente dans la cité des hommes, les nouveaux théologiens refusent la « captivité politique de l'Église » et la mondialisation libérale. Produit d'une raison séculière et donc rétrécie, la modernité fondée sur la violence s'achève dans le nihilisme. S'employant à déconstruire le mythe de l'État moderne salvateur, ils lui opposent l'Église, véritable communauté de référence et de résistance. Puisant dans ses ressources - notamment liturgiques -, elle peut restaurer une amitié politique fondée sur la participation au Christ.

Thomisme subversif, anarchisme eucharistique, aristotélisme révolutionnaire, orthodoxie radicale, augustinisme postmoderne, théologie postlibérale : au-delà du choc des mots, la théologie politique du XXIe siècle est née.

 

 

Sommaire du livre

Introduction

Chapitre premier - Les théologies politiques du XXe siècle

Le débat Schmitt-Peterson

Action française et néothomismes

De la « politische theologie » à la « teología de la liberación »

Henri de Lubac au tournant de la théologie contemporaine

Chapitre 2 - L'Église comme communion: après Vatican II

David Schindler ou comment être Américain, antilibéral et théologien de la communion

Tracey Rowland ou le thomisme augustinien postmoderne

Aidan Nichols ou le réveil de la chrétienté

Chapitre 3 - Morale: le vent se lève

Alasdair MacIntyre ou l'aristotélisme révolutionnaire

Stanley Hauerwas ou le Royaume de Paix

Jean Porter ou la loi naturelle retrouvée

Therese Lysaught ou la recherche d'une bioéthique christoforme

Chapitre 4 - Radical Orthodoxy : la révolution de Cambridge

John Milbank ou le dépassement de la raison séculière

Catherine Pickstock ou comment une théologienne anglicane refonde la vérité sur la messe

Chapitre 5 - Exercices d'imagination théopolitique

John Howard Yoder ou la politique de Jésus

Oliver O'Donovan ou les racines bibliques de la politique

William Cavanaugh ou l'anarchisme eucharistique

Emmanuel Katongole ou la nouvelle théopolitique africaine

Stephen Long ou la critique théologique du capitalisme

Daniel Bell ou penser Dieu dans la cité après la fin de l'histoire

Annexe - Cousinages européens


For a New Theopolitics

A new generation of theologians is emerging in the anglo-saxon world. Catholics, Anglo-catholics or Methodists, they develop an alternative which rejects all celebrations of the secular reason. This book explores the origin and the themes of post-liberal political theology and presents fifteen scholars who bring fresh perspectives. 

From the « post-modern critical Augustinianism » of the Radical Orthodoxy project to the Communio circles or Ressourcement thomism, a new political theology is yet born.

Denis Sureau is the author of essays about Thomas Aquinas and politics. He is Editor-in-Chief of the French catholic Editions de L'Homme Nouveau.


Book summary

Introduction


Chapter I - The political theologies of the twentieth century


The Schmitt-Peterson debate

Action Française and Neo-Thomisms

From "Political Theology" to "Liberation Theology"

Henri de Lubac at the turn of contemporary theology


Chapter 2 - The Church as Communion: After Vatican II


David Schindler or how to be American, anti-liberal, and theologian of communion

Tracey Rowland or postmodern Augustinian Thomism

Aidan Nichols or the revival of Christianity


Chapter 3 - Morality: the wind rises


Alasdair MacIntyre or revolutionary Aristotelianism

Stanley Hauerwas or the Kingdom of Peace

John Porter or natural law rediscovered

Therese Lysaught or the search for a Christian bioethics


Chapter 4 - Radical Orthodoxy: the Cambridge revolution


John Milbank or beyond secular reason

Catherine Pickstock or how an Anglican theologian rethinks the truth about the Mass.


Chapter 5 - Exercises of theopolitical imagination


John Howard Yoder or the politics of Jesus

Oliver O'Donovan or the Biblical roots of politics

William Cavanaugh or Eucharistic anarchy

Emmanuel Katongole or the new African theopolitics

Stephen Long or theological critique of capitalism

Daniel Bell or to think of God in the city after the end of history


Appendix: European Cousins

Le virage d'Amnesty International en faveur du droit à l'avortement a été une nouvelle fois confirmé avec son intervention auprès du Nicaragua, l'un des derniers pays à interdire le meurtre de l'enfant à naître. Widney Brown, directrice générale du programme Droit international et politique de l'ONG, a déclaré dans un communiqué : « tant que l'interdiction totale sans exception est en vigueur, le Nicaragua foulera aux pieds ses obligations au regard du droit international qui lui impose de protéger les droits humains ». Amnesty International appelle les États « à prendre les mesures suivantes afin de prévenir les graves atteintes à ces droits », à savoir : « abroger toutes les lois qui permettent l'incarcération ou toute autre sanction pénale contre les femmes qui ont recours ou tentent d'avoir recours à l'avortement et (...) ceux qui fournissent des informations sur le sujet ou pratiquent des avortements ; (...) prendre toutes les mesures nécessaires pour que des services d'avortement, sûrs, légaux, accessibles, acceptables et de bonne qualité soient à la disposition de toutes les femmes qui en ont besoin » etc.

Le conflit qui oppose la Cimade et le gouvernement suite à la la réforme de l'assistance aux étrangers placés dans les centres de rétention administrative (cf. Chrétiens dans la Cité, n°223) fait des dégâts collatéraux entre organisations chrétiennes. L'association protestante a engagé des procédures judiciaires pour conserver son monopole. Une démarche soutenue notamment par le Secours catholique (et son président, le socialiste François Soulage) et Emmaüs, mais contre l'Ordre de Malte qui, avec quatre autres associations, a été retenue par l'Etat pour accompagner les immigrés illégaux. Le Conseil d'État a validé le décret qui définit leurs missions en matière d'aide à l'exercice effectif des droits des étrangers. Une affaire à suivre...

Annoncé de longue date et convoqué le 5 juin pour une première réunion à Matignon, le Haut conseil de la famille a été créé pour « évaluer les évolutions sociales, économiques et démographiques » et mener « les réflexions nécessaires dans le cadre du financement de la branche famille de la sécurité sociale et de son équilibre financier ».


Au terme d'une gestation de deux années, le Haut conseil de la famille remplace la Conférence annuelle de la famille et le Haut conseil de la population et de la famille. Il est présidé par Bertrand Fragonard, président du Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie. Cependant sa légitimité est déjà contestée en raison de sa composition. Après l'avoir critiquée, le Medef et la Cnaf ont finalement accepté d'être présents, mais sans grande conviction. Quatre syndicats (Cftc, Cgc, Cgt, Fo) refusent quant à eux d'y participer, s'opposant à ce que l'Unaf et ses affiliés aient le même nombre de sièges que les partenaires sociaux. Pascale Coton, secrétaire générale adjointe de la Cftc, explique cette position : « La légitimité à s'exprimer sur le rapport entre vie professionnelle et vie familiale appartient aux partenaires sociaux, représentants élus des travailleurs. Ces travailleurs étant les vrais financeurs de la branche famille de la Sécurité Sociale. Pour preuve, le premier thème de travail de ce Haut conseil : les congés parentaux. Comment l'Unaf qui n'a aucun lien avec l'univers de l'entreprise peut-elle s'exprimer sur ce sujet en pouvant réellement tenir compte de tous les paramètres inhérents au monde du travail ? »De son côté, l'Union des familles en Europe a formé un recours contentieux devant le Conseil d'État contre le monopole accordé à l'Unaf et aux associations familiales qu'elle contrôle. L'Ufe s'étonne : « Pourquoi n'y a-t-il dans ce conseil que des membres de cette instance ? Parce qu'une ordonnance de 1945, reprenant un décret-loi de 1942, confie à un organisme unique, l'Unaf, le monopole de la représentation des familles auprès des pouvoirs publics. Un peu comme si l'ensemble des salariés ne pouvait être représenté que par un syndicat unique. » Dans ses rapports 2004 et 2005, la Cour des Comptes avait mis en doute la représentativité de l'Unaf, cet interlocuteur choisi par l'Etat et grassement entretenu par lui (25 millions d'euros par an). De ce fait, affirme l'Ufe, « l'Unaf mène une politique très complaisante à l'égard des pouvoirs publics ».


Lors de la première réunion du Haut Conseil - passée presque inaperçue -, le « dossier prioritaire » qui a été retenu est celui de « la refondation des congés parentaux », dans la perspective évoquée par Nicolas Sarkozy en février: limiter l'« immense gâchis » que serait l'absence des femmes du marché du travail. Pistes avancées : en réduire la durée (actuellement jusqu'à trois ans) et inciter les papas à le prendre - voire même de les contraindre à y avoir recours, comme dans certains pays du Nord. Le Haut conseil devra trouver mieux pour acquérir sa légitimité.

Certains publient des déclarations sur la crise. D'autres agissent. C'est le cas de l'épiscopat italien, qui vient de lancer une vaste opération de soutien financier aux familles touchées par la crise.


L'opération Le prêt de l'espérance menée avec le soutien de l'Association des banques italiennes (ABI) vise à accorder un prêt de 500 euros par mois, sur une période maximum de deux ans, aux familles de trois enfants au moins (ou avec un enfant handicapé) momentanément sans revenus (les concubins ne sont pas concernés). Prêt remboursable sur maximum cinq ans, lorsqu'un des parents aura retrouvé un travail. Le taux proposé (4,5 %) est moitié moins élevé que celui pratiqué par les banques de la péninsule. Le dimanche de la Pentecôte, une quête exceptionnelle sera organisée lors des messes afin de constituer un fonds de départ de 30 millions d'euros. De quoi permettre à l'ABI de proposer à 20 000 ou 30 000 aux familles pauvres la somme de 180 millions d'euros sur trois ans. Pour en bénéficier, elles doivent contacter leur paroisse ou l'antenne locale de la Caritas (l'équivalent du Secours catholique) qui les orienteront vers les banques participant à l'opération (Unicredit, Intesa San Paolo, Monte Paschi di Siena etc.). Réponse sera donnée dans un délai inférieur à trois semaines.


En présentant l'opération, le cardinal Bagnasco, président de la conférence épiscopale italienne, a déclaré qu'elle s'inscrit dans la tradition « des pratiques anciennes dont l'exemple le plus significatif est celui de saint Paul qui organisait la collecte pour les pauvres de Jérusalem ». L'expérience est cependant exemplaire, car elle témoigne de la capacité de l'Église à se déployer dans la cité comme le corps social alternatif qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être. Au lieu d'en appeler à l'Etat et de réclamer un surcroit d'intervention technocratique (sur le mode social-démocrate), elle se révèle comme disposant de la capacité d'agir directement contre la misère et pour la famille. Plutôt que de renforcer l'Etat de l'assistance – pour reprendre l'expression qu'utilisait

Jean Paul II –, l'Église italienne se présente comme un espace pleinement social, ouvert tant aux catholiques qu'à ceux qui ne le sont pas (il n'est pas demandé aux familles sollicitant un prêt une attestation de catholicité), répondant concrètement à un besoin concret. Un exemple à méditer...et à suivre.

Le procédé est rodé, la technique parfaitement au point. On l'enseigne dans les stages de marketing direct. Vous recevez un courrier facile à lire: gros caractères et grands sentiments. Sur quatre pages, le même argument revient en boucle, tous les trois paragraphes. Au cas où vous ne l'auriez pas compris une première fois, on vous le sert à nouveau, on le rabâche. Vous êtes séduit, vous êtes conquis : c'est exactement ce que vous pensez. Horreur de l'avortement, débâcle de l'Education nationale, scandale des pédophiles relâchés dans la nature, ruine des retraites, oppression fiscale... Les motifs d'indignation ne manquent pas. Comment un homme de bonne volonté pourrait rester insensible ? Oui, il faut réagir, et vite! Mais que faire?

Or on vous propose immédiatement la solution: signer la pétition qui va secouer les pouvoirs publics, participer au grand « référendum » qui va enfin faire bouger les choses. Et puis surtout, pour multiplier les signatures, toucher la grande masse, il faut envoyer de l'argent, le nerf de la guerre. C'est tout simple: il suffit de cocher « OUI, je m'associe à votre action... », de retourner le « Bon de soutien » avec votre chèque (la maison accepte aussi la carte bleue).

Aux Etats-Unis, cela s'appelle du fund raising, en France de la collecte de fonds. La méthode n'est pas blâmable en elle-même lorsqu'elle est utilisée pour des oeuvres qui agissent concrètement. Par exemple, dans son dernier rapport, la Cour des Comptes a donné une appréciation très positive à la Fondation d'Auteuil, pour la bonne gestion des 93 millions d'euros collectés chaque année. Mais il en va tout différemment pour ces associations apparues ces dernières années à l'origine douteuse, au fonctionnement opaque et à l'utilité incertaine. Prenez garde aux pièges à gogo, « pompes à fric » et « racket de vieilles dames »: avant de donner, réfléchissez !

Chrétiens dans la Cité

La lettre des chrétiens actifs

Ce blog n'est que la vitrine de la lettre d'information catholique Chrétiens dans la Cité, animée par Denis Sureau. depuis 1996. Chrétiens dans la Cité est un organe de presse indépendant, ouvert à toutes les initiatives politiques, sociales et économiques inspirées par la théologie politique.

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Denis Sureau

Denis Sureau, 50 ans, marié et père de 4 enfants, est éditeur de presse :  outre Chrétiens dans la Cité, il publie le mensuel Transmettre pour l'évangélisation de l'enfance et préside les Editions de L'Homme Nouveau.
Philosophe de formation, il a notamment publié Retour à la politique (DMM, 1995), Petite somme politique, anthologie de textes politiques de saint Thomas d'Aquin (Téqui, 1997) et Prières devant le Saint Sacrement, présentation, traduction et commentaire des prières de saint Thomas d'Aquin (Ed. de L'Emmanuel, 2002).
Ces dernières années, il s'est employé à faire connaître la nouvelle génération de penseurs chrétiens anglo-saxons, qu'il présente dans son nouveau livre Pour une nouvelle théologie politique (Parole et Silence, 2008). Il a assuré la direction éditoriale du livre de William Cavanaugh Etre consommé (Ed. de L'Homme Nouveau, 2007), salué comme un essai important par toute la presse catholique de La Vie à Présent.
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