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Pour une alternative catholique

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La dernière campagne pour les présidentielles a été pour les chrétiens la source d'un certain désarroi. La plupart d'entre eux ne se sont pas reconnus dans les candidats : fallait-il voter utile, transgresser, s'abstenir ? Comment « faire de la politique », être « chrétien en politique » tout en ayant le souci d'être pleinement « en Église » ?  Autant de questions soulevées par Jean-Noël Dumont dans son dernier essai intitulé Pour une alternative catholique (Cerf, 220 pages, 18 €).

Pour une alternative catholiqueOr ces questions ne sont pas nouvelles. Hier Montalembert ou Péguy, aujourd'hui les penseurs d'une nouvelle « théologie politique » tels que William Cavanaugh reconsidèrent la laïcité, le rapport à l'État et les modalités d'une présence authentique dans la cité.

Fondateur et ancien directeur du Collège supérieur, professeur de philosophie ayant marqué plusieurs générations de jeunes chrétiens lyonnais, Jean-Noël Dumont se propose de refonder une théologie politique qui échappe autant à la tentation théocratique nostalgique d'un pouvoir alliant le trône et l'autel qu'à un catéchisme révolutionnaire postmarxiste ou à l'autodissolution dans les structures mondaines qui conduit à leur inexorable marginalisation. Le retour à la politique des catholiques doit être pensé à frais nouveaux, apportant des solutions fécondes à des problèmes d'identité souvent artificiels.

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Macron, la foi et la laïcité

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Né dans une famille de médecins soixante-huitards non croyants, Emmanuel Macron a rencontré la foi dans le collège jésuite d’Amiens, la Providence, à l’âge de 12 ans :

« C’est lorsque je suis entré au collège que j’ai sollicité le baptême : familialement, cela n’avait pas été une priorité. Pendant ces années, j’ai été au contact de la foi catholique dans sa dimension intellectuelle, parfois plus que dans sa dimension proprement spirituelle. Il est néanmoins évident que les Exercices d’Ignace de Loyola qui sont au cœur de la spiritualité jésuite imprègnent la démarche intellectuelle de cet ordre et leur zèle d’enseignants. J’ai été très fasciné par ce mélange d’intelligence et de foi, par la fécondité et la sûreté de l’alliage entre réflexion libre et respect de la règle. Aujourd’hui encore, je crois qu’il faut toujours à l’exercice de la liberté une armature qu’on peut appeler foi, mais qui peut aussi être la recherche d’un sens. »

Interrogé sur la présence de Dieu dans sa vie actuellement, il répond :

« Je suis revenu depuis quelque temps à un certain agnosticisme. Mais pour autant je reste réceptif à la présence de la transcendance dans nos vies. Elle peut prendre plusieurs visages. Elle ne se résume pas nécessairement à l’appareil d’une foi construite. Mais il est certain que nos vies sont enrichies par la quête d’un absolu qui nous dépasse, que nous trouvons une plus grande satisfaction dans la quête de sens que dans le relativisme complet. La transcendance peut du reste être une impérieuse immanence, un germe qu’on porte en soi et qu’on épanouit. Il y a dans cette immanence-là aussi une part de mystère » (propos rapportés par Samuel Pruvot, Les candidats à confesse, Salvator).

À la question « Parlez-vous à Dieu ? » posée par un journaliste de La Vie, il répond : « Pas actuellement. Mais j’ai une réflexion permanente sur la nature de ma propre foi. Et j’ai suffisamment d’humilité pour ne pas prétendre aujourd’hui parler à Dieu. Mon rapport à la spiritualité continue de nourrir ma pensée mais je n’en fais pas un élément de revendication. »

Le candidat Macron a multiplié comme des clins d’œil à l’électorat chrétien : rencontre avec Philippe de Villiers au Puy-du-Fou, participation à la fête de sainte Jeanne d’Arc à Orléans, affirmant dans un entretien au Journal du dimanche que « la politique, c’est mystique », et inclut une « dimension christique » et une « transcendance » (un mot qu’il utilise souvent) au-dessus de la loi et du pouvoir. Sa vision de la France fait irrésistiblement penser à celle de Péguy : elle ne commence pas à la Révolution. Lors de son entrée en campagne, il s’est rendu en la basilique Saint-Denis. Pourquoi ? Réponse :

"parce que je crois fondamentalement que l’histoire de France ne se limite pas à l’histoire de la République. La première plonge ses racines dans un passé beaucoup plus lointain, malheureusement moins connu, mais qui fait partie de ce que nous sommes, de ce que nous avons en commun. L’histoire de France est un bloc et je veux l’assumer entièrement. Les racines chrétiennes de la France marquent encore nos paysages, elles imprègnent encore une large part de notre morale commune. Mais je veux également assumer toutes les strates qui sont venues enrichir notre histoire. La sève de notre pays, ce sont aussi ces générations d’immigrés qui sont venus en France, ces Français athées ou d’autres confessions qui apportent eux aussi leurs bagages culturels. De fait, la force de la République, c’est de dépasser nos différences et de mettre la lumière sur ce que nous avons en commun : une langue, une culture, un patrimoine, une ambition universelle. C’est cela, la force et la beauté du projet français » (Famille chrétienne, 5/4/2017). Se démarquant des hommes de gauche, il a déclaré : « Sens commun fait partie des hommes et des femmes qui sont fiers de leur pays, attachés à leurs traditions, pour lesquels j’ai beaucoup de respect » (16/4/2017).

Cohérente avec cette certaine idée de la France, sa conception de la laïcité est différente du laïcisme fermé d’un Manuel Valls :

« On entend parfois que la religion devrait, au nom précisément du principe de laïcité, être confinée à l’espace privé. Je pense que c’est une conception erronée du principe de laïcité. Depuis la loi de séparation de 1905, nous vivons dans l’idée que je crois très féconde, d’une laïcité qui n’est pas l’ennemie des religions. Chacun, en France, a le droit de croire dans le Dieu qu’il s’est choisi, ou de ne pas y croire, ou de ne plus y croire. Chacun a le droit de le dire et de le manifester, y compris en dehors de son domicile ou des lieux purement privés » (ibid.)

À La Vie il déclare : « Chaque individu est libre de croire de manière très intense. Je ne demande à personne d’être discret dans sa pratique religieuse, ou modéré dans ses convictions intimes Mais en tant que citoyen, l’attachement aux règles républicaines est un préalable. C’est notre socle commun. […] Ceux qui veulent réduire l’histoire de France à l’affrontement entre un monothéisme et d’autres religions font fausse route, tout comme ceux qui veulent lutter contre toute forme de spiritualité. Je ne crois ni à la République érigée en croyance religieuse ni à l’éradication des religions. » Et il ajoute : « À travers l’école, l’État doit aussi former les enfants au fait religieux tout en mettant les jeunes esprits à l’abri d’une emprise trop forte des religions. C’est la raison pour laquelle je suis favorable à la législation actuelle sur les signes religieux ostensibles à l’école. »

Denis Sureau

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Mgr Pierre-Antoine Bozo évêque de Limoges

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Le Pape François a nommé ce jeudi 11 mai, Mgr Pierre-Antoine Bozo évêque du diocèse de Limoges. Il était jusqu’à présent vicaire général du diocèse de Séez.

Ordonné en 1994 pour le diocèse de Séez, ilPierre Antoine Bozo fut vicaire de la paroisse Notre-Dame Saint-Léonard d’Alençon ; aumônier de l’Enseignement public et des étudiants à Alençon (1995-2005). En 1997, il devint professeur du Centre d’études théologiques de Caen, fonction qu’il occupait encore actuellement. Entre 1997 et 2003, il fut responsable diocésain du Service des vocations puis de 2003 à 2007, responsable diocésain pour la pastorale des jeunes. En 2007, il fut aumônier des étudiants à Caen et vice-recteur du Séminaire interdiocésain Saint-Jean-Eudes de Caen (2007-2012). De 2011 à 2015, Mgr Pierre-Antoine Bozo fut vicaire épiscopal du diocèse de Séez. De 2012 à 2015, il fut recteur du Séminaire interdiocésain Saint-Jean-Eudes de Caen ; administrateur de la paroisse Sainte-Opportune en Pays d’Ô. Depuis 2015, il était le vicaire général du diocèse de Séez ; modérateur de la Curie diocésaine. Depuis 2016, il était également doyen du Pôle missionaire du Pays de Sées.

La date de l’ordination épiscopale de Mgr Pierre-Antoine Bozo sera connue ultérieurement.

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L'Eglise ne fait pas de politique, elle est une politique

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A méditer par les chrétiens en ces temps d'exaspération politique :

"Je conteste l'idée même que l'éthique sociale chrétienne soit principalement une tentative pour rendre le monde plus paisible ou plus juste. En clair, la première tâche de l'Église en éthique sociale, c'est d'être l'Église — la communauté servante. Cette déclaration peut sembler Hauerwasprofondément intéressée, tant qu'on ne se souvient pas que ce qui fait de l'Église ce qu'elle est, c'est qu'elle soit la manifestation fidèle du Royaume de paix dans le monde.

En tant que telle, l'Église n'a pas d'éthique sociale , l'Église est une éthique sociale.

L'Église existe là où les histoires d'Israël et de Jésus sont racontées incarnées et écoutées, et nous croyons que, comme chrétiens, il n'y a rien de plus important que nous puissions faire. Mais raconter de cette histoire demande que nous soyons un peuple d'un genre particulier, pour que nous puissions, nous et le monde, entendre cette histoire en vérité. Cela veut dire que l'Église ne doit jamais cesser d'être une communauté de paix et de vérité, dans un monde où règnent le mensonge et la peur. L'Église ne permet pas au monde de lui fixer son ordre du jour à propos de ce qui constitue une « éthique sociale »; au contraire, une Église de paix et de justice doit fixer son propre agenda. Elle le fait tout d'abord en étant patiente au milieu de l'injustice et de la violence de ce monde, afin di pouvoir prendre soin de la veuve, du pauvre et de l'orphelin."

Stanley Hauerwas, Le Royaume de paix

Pour en savoir davantage, rendez-vous vendredi.

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Se libérer du porno par la prière

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La pornographie fait des ravages, en particulier auprès des adolescents : 80 % des jeunes de 14 ans ont été confrontés à des images crues, 70 % des 15-20 ans consultent des sites X.

Pour aider les personnes soucieuses de s’arracher à cette addiction, une initiative a été lancée : Libora (contraction de Liberi oratione, libérés par la prière).

Par le biais du site libora.org, chacun peut confier une intention (anonymat garanti) pour soi ou pour une tierce personne. Cette intention est confiée à une équipe de neuf chrétiens qui prient et jeûnent pendant neuf jours : une personne par jour jeûne et les neuf autres prient.

Quatre équipes sont déjà actives (Lille, Paris, Lyon et Aix en Provence) mais face au développement des demandes, Libera recrute.

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Au sommaire du numéro 343

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Le numéro 343 de la lettre d'informations Chrétiens dans la Cité vient de paraître. Au sommaire :

ANALYSE : Entre deux tours et deux choix : le dilemme des chrétiens au second tour des présidentielles.

AGENDA

LES HOMMES : Mgr Xavier Malle - Florence Couprie - Vincent Montagne

INFOS : Les renouveaux de la théologie politique - Quand l'Etat aide la presse chrétienne - L'Eglise progresse... sauf en Europe - Se libérer du porno - 10 000 salariés de l'Eglise dans l'attente - Renouvellement de la conférence épiscopale - Prix Spiritualités - Noun - Nouveaux modes de vie

LECTURES : Yves Chiron, Fatima. Vérités et légendes (Artège).

INITIATIVES : L'Arche

 

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Entre deux tours : les catholiques perplexes

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Selon un vaste sondage Harris Interactive pour La Croix réalisé le dimanche du premier tour, les deux tiers des catholiques pratiquants réguliers auraient voté à droite. Ce n'est pas une surprise, seulement la confirmation d'une tendance. Ils auraient fortement apporté leurs voix à François Fillon (44%) plutôt qu'à Emmanuel Macron (16%) et Marine Le Pen (16%), faibles résultats comparés aux choix des autres électeurs moins pratiquants ou « sans religion ». Jean-Daniel Lévy (Harris Interactive), commente : « La pratique religieuse continue d’être un frein au vote d’extrême droite. Avec le temps, la digue s’est un peu affaiblie mais elle tient toujours. » Le journal La Croix ajoute : « De ce point de vue, il sera intéressant de voir l’effet des appels de certains responsables de la droite catholique à voter pour Marine Le Pen au second tour. »

C'est le cas de Christine Boutin, qui a déclaré : «Ma décision est claire, c'est “pas de Macron”... Emmanuel Macron c'est l'incarnation de tout ce que je n'aime pas, c'est à l'opposé de mes valeurs qui ont rythmé ma vie politique. C'est le libéralisme libertaire, c'est la mondialisation, c'est l'argent, c'est la banque.»

Pourtant son successeur à la tête du Parti Chrétien-Démocrate (PCD), Jean-Frédéric Poisson, n'appelle pas à voter pour la candidate du Front national : « La catastrophe annoncée avec la dérégulation générale d’Emmanuel Macron n’est pas contrebalancée par une société bloquée et les grandes incohérences, notamment économiques, du projet de Marine Le Pen. » Le mouvement Sens Commun refuse de donner des consignes de vote, expliquant : « le vainqueur de ce scrutin, quel qu’il soit, ne saura réunir qu’une majorité divisée et impuissante, et nous continuons à croire que l’un et l’autre programmes seront dévastateurs pour notre pays : nous ne souhaitons ni le chaos de Marine Le Pen ni la déconstruction d’Emmanuel Macron. »

Cependant, comme en 2002, le rejet de certaines positions du Front national incite certains catholiques à soutenir sans enthousiasme un vote Macron. Soit implicitement, comme le suggère un communiqué de Mgr Olivier Ribadeau-Dumas, secrétaire général et porte-parole de la Conférence des évêques de France, ou encore un éditorial de François Ernenwein dans La Croix. Soit explicitement, comme Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de La Vie, ou encore la CFTC qui, comme en 2002, appelle « à faire barrage à l'extrême-droite ».

Face à une telle alternative, il semble néanmoins probable que de nombreux catholiques opteront pour le choix de l'abstention ou du vote blanc.

Denis Sureau

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Une boîte divinement délicieuse

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Un frère, une soeur et une cousine lancent une initiative pour valoriser le savoir-faire monastique gourmet et l’épicerie fine des abbayes. Leur constat de départ : bien que souvent de qualité, ces produits ne sont pas toujours faciles à trouver. D'où le projet Divine Box.

Le concept de la box des monastères est simple : un abonnement mensuel à une boîte remplie des meilleurs produits monastiques, avec chaque fois un nouveau thème, comme par exemple les produits de la vigne, le goûter, autour de la ruche etc… Les clients peuvent s’abonner pour 3 mois, 6 mois, ou sans engagement de durée, et choisir entre deux deux formules : la Divine Box des curieux (environ 5 produits pour 29,90 €), ou la Divine Box des gourmands (environ 7 produits pour 39,90 €). Les produits livrés sont accompagnés d'un petit livret explicatif sur les produits monastiques et les abbayes qui les fabriquent.

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Génération Laudato Si'

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Une nouvelle génération de penseurs catholiques est en train d'émerger, irréductible aux catégories de leurs aînés.

A Lyon, ils s'appellent les Altercathos. Née d'une initiative d'élèves de l’École normale supérieure de la ville et de jeunes professionnels, l'association porte un nom révélateur. Catholiques mais alternatifs. Ils transgressent les clivages convenus. Certains ont fait leurs armes lors des mobilisations contre la loi Taubira et se retrouvent dans le mouvement toujours actif des Veilleurs. Ils ont créé Le Simone (45 rue Vaubecour, Lyon 2e), un café culturel pas comme les autres, associé à un espace de coworking, qui porte le nom de la philosophe Simone Weil. Ils y organisent des soirées sur des thèmes tels que L'économie collaborative : une alternative crédible au capitalisme financiarisé ou La vocation anti-catholique de la France : histoire du gallicanisme. Ils se retrouvent dans l'encyclique Laudato si' ou la contre-politique eucharistique du théologien catholique américain William Cavanaugh, qu'ils ont reçu en novembre.

Leur organe d'expression le plus caractéristique est le trimestriel Limite, qui se présente comme une « revue d'écologie intégrale ». Son ton est résolument nouveau dans le monde de la presse catholique, et ses collaborateurs sont pour la plupart jeunes et encore inconnus. Ils défendent, avec George Orwell et Jean-Claude Michéa, un « anarchisme conservateur ». Dans l'éditorial de leur cinquième livraison, riche de collaborations toniques, ils expliquent : « nous nous méfions tout autant de l’étatisme ventripotent que du libéralisme élastique, de l’inertie du premier que de la flexibilité du second. L’un comme l’autre, à la lumière de l’Histoire, nous paraissent de gigantesques broyeurs d’existence. De même, nous avons déjà soupé de l’ivresse des ''table rase'' et de l’hypnose de l’immuable. Nous avons goûté l’amère potion du progrès. (…) nous ne voulons pas ''casser la baraque'', mais l’habiter ; ''arracher l’individu à tous ses déterminismes'', mais le réconcilier avec sa nature. C’est pourquoi cette ''conversion écologique'' exige une redéfinition de la vie bonne : qu’est-ce qu’une existence décente ? » Il s'agit en quelque sorte d'un effort pour actualiser et repenser la doctrine sociale de l’Église et la présence des chrétiens dans le monde de la postmodernité. « Contre les transhumanistes, nous serons bioconservateurs. Contre les puissances d’argent, anarchistes. Contre toutes les idoles, blasphémateurs. Refusant l’''alternance sans alternative'' du clivage droite/gauche, Limite tendra la main à tous ceux qui combattent le double empire de la technique sans âme et du marché sans loi. » 

Denis Sureau

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