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Découvrir Robert Spaemann

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Découvrir Robert Spaemann

Les Presses Universitaires de l’IPC ont eu l’excellente idée de publier il y a quelques mois un nouveau livre de Robert Spaemann : Chasser le naturel ? (208 p., 24 €). La notion de nature est au centre des débats contemporains : en effet, l’affirmation libérale d’une autoaffirmation illimitée, devenue norme sociale absolue, se heurte à la reconnaissance d’une nature objective. Une recension de ce livre important paraîtra dans le prochain numéro de Chrétiens dans la Cité.

Insuffisamment connu en France malgré le travail de traduction persévérant de Stéphane Robilliard, Robert Spaemann est le plus important philosophe catholique allemand contemporain. Né à Berlin en 1927, il a enseigné à Munich, Heidelberg et Strasbourg. Sa philosophie morale, s’appuyant sur Aristote et saint Thomas, se veut une tentative pour dépasser, par une discussion rationnelle, les difficultés des conceptions morales modernes (kantisme, utilitarisme, conséquentialisme, éthique de la discussion…). A la morale du devoir, il préfère la morale qui considère que le (vrai) bonheur est le but de tout homme et qui est ouverte sur la transcendance : sans « théorie de l’absolu », tout s’effondre.

Comme sa pensée est complexe, quoique sans complexes, on pourra lire avec profit en guise d’introduction Nul ne peut servir deux maîtres (Hora Decima, 152 p., 2010), petit livre d’entretiens avec Stephen de Petiville. Esprit indépendant venu de la gauche, Spaemann n’a cessé d’approfondir la relation entre la nature et la raison – mais une raison éclairée par la foi. Il est aussi un acteur engagé : contre le réarmement de l’armée allemande dans les années 50, contre le nucléaire dans les années 60, contre l’éducation libertaire dans les années 70, contre l’avortement et l’euthanasie depuis les années 80. Jean Paul II lui a ouvert les portes de l’Académie pontificale pour la vie. Joseph Ratzinger l’a rencontré tardivement, mais avec une admiration qui a suscité une véritable amitié. Au plan religieux, tous deux partagent un même attachement liturgique ainsi qu’une vision d’une Église vécue comme signe de contradiction face au relativisme dominant. « Le seul moyen de combattre le mal réside dans la conversion et le fait de devenir chrétien. » Et pour conquérir les cœurs, le christianisme doit apparaître comme vrai, comme bon (comme source de salut) et comme beau (comme source de joie).
Les premières traductions françaises de ses livres ont été Bonheur et bienveillance (PUF 1997), une importante synthèse de sa réflexion éthique, et, plus accessible, dans la collection de poche « Champs », Notions fondamentales de morale (Flammarion, 1999), où il réfléchit sur l’éducation, la culture, la justice, les critères de l’action bonne, et répond aux questions habituelles : le bien et le mal sont-ils relatifs, doit-on toujours suivre sa conscience ? On notera la réfutation de la distinction pernicieuse entre éthique de conviction et éthique de responsabilité.

Plus ardu mais fondamental est son essai intitulé Les personnes. Essai sur la différence entre « quelque chose « et « quelqu’un » (Cerf, 2009). L’ambiguïté de l’usage de la notion de « personne » dans les questions sur le début et la fin biologique de la vie humaine rend nécessaire une analyse en profondeur de ce qu’est la « personne humaine », par-delà des perspectives purement sociologiques. La personne renvoie à une nature, explique le philosophe munichois, réfutant les thèses utilitaristes ou kantiennes. En tant que participant à la nature humaine, appartenant biologiquement au genre humain, tous les hommes sont des personnes – y compris les débiles profonds ou les petits enfants, qui ne sont pas de simples « personnes potentielles ». Une leçon magistrale et subtile au service d’une intervention intelligente dans les controverses bioéthiques.

Spaemann est également l’auteur d’études de référence sur trois penseurs français : Bonald, Fénelon et Rousseau. Seule celle sur Bonald (écrit à l’age de 25 ans) est disponible en français : Un philosophe face à la Révolution. La pensée politique de Louis de Bonald (Hora Decima, 2008). Il y analyse l'« irréductible ambivalence » de sa philosophie. Le vicomte Louis de Bonald (1754-1840) est considéré, avec Joseph de Maistre, comme un maître du traditionalisme contre-révolutionnaire. Théoricien de la Restauration aujourd’hui peu lu – son style manque de grâce -, il est régulièrement cité par les historiens des idées politiques parmi les principaux inspirateurs de Charles Maurras et de l’école d’Action française. Filiation juste mais incomplète, car la pensée bonaldienne, plus moderne qu’on ne l’imagine, est plus largement à l’origine de la sociologie qui a envahi les universités au vingtième siècle. Et sa théorie du langage n’est pas sans affinités avec certaines thèses de la linguistique contemporaine. Dans son étude à la fois perspicace et bienveillante, Spaemann montre comment, pour légitimer rationnellement la monarchie de droit divin, Louis de Bonald a tenté de retourner la modernité politique contre elle-même. L’entreprise était risquée, pour ne pas dire vouée à l’échec.
Bonald était catholique, mais sa philosophie aux antipodes de la tradition gréco-thomiste. Il définit la vérité à partir de son utilité pour la société. Même les dogmes chrétiens « sont vrais parce qu’ils sont utiles à la conservation de la société civile » La poursuite d’un bien commun de nature morale et spirituelle (la vie bonne d’Aristote ou de saint Thomas) est absente d’un système qui vise la seule conservation sociale. Par exemple, l’existence des ordres religieux est justifiée dans la mesure où ils accueillent des personnes inutiles à la société (car trop faibles ou trop sensibles, dit-il) et évitent une croissance excessive de la population (Bonald adhère aux thèses de Malthus).
Bonald déclare : « L’homme n’est ici-bas que pour perfectionner ses moyens de conservation physique et morale ». Ce que Spaemann qualifie de nihilisme de droite, ajoutant : « on y voit pour la première fois une théorie rigoureusement fonctionnaliste de la société revendiquer le statut de prima philosophia ». La métaphysique va céder la place à la sociologie, nouvelle science qui englobe tout. « La pensée contre-révolutionnaire devient l’accomplissement de la pensée révolutionnaire ».
Pour élaborer sa « théorie de la société », Bonald s’appuie sur Descartes ou Malebranche. Ses auteurs préférés : Hobbes, Locke, Montesquieu, Condillac et même Rousseau qu’il critique tout en lui empruntant (quitte à le transformer) le concept de « volonté générale ». Il est autant le successeur que l’adversaire des Lumières, explique Spaemann. Il défend Dieu « mais on accède chez lui au concept de Dieu lui-même exclusivement à partir de sa fonction sociale. Bonald parle de la reproduction de Dieu par la société, par quoi la société se produit elle-même. » On est proche de la définition de Dieu par Durkheim, père de la sociologie française : « La société épurée et pensée symboliquement ».
L’héritage bonaldien est double, comme l’est une pensée d’une « irréductible ambivalence » tiraillée entre une foi religieuse sincère et la réduction positiviste de la religion. On y trouve Lamennais comme Maurras. La filiation Bonald/Saint-Simon/Comte/Maurras et les sociologues du vingtième siècle est explicitement établie. Spaemann cite Péguy s’en prenant au « modernisme » de Maurras (comme le fera plus tard Bernanos), l’accusant de réduire la croyance à une fonction de conservation de la société (peu importe que Dreyfus soit innocent).
L’analyse de Spaemann a été plus récemment développée par le fondateur de Radical Orthodoxy, John Milbank. Dans son livre-maître Théologie et théorie sociale (Cerf-Ad Solem, 2010), il explique à son tour comment la pensée de Bonald est l’une des sources de la science sociale séculière. N’est pas antimoderne qui veut.
Denis Sureau

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Deux femmes contre le féminisme

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Deux femmes contre le féminisme

Le féminisme serait-il en voie de disparition ? La parution simultanée de deux essais montre au moins qu’il a du plomb dans l’aile.

Rédactrice en chef de Boulevard Voltaire, chroniqueuse à Famille chrétienne et à Monde & Vie, Gabrielle Cluzel déploie brillamment son sens de l’humour et de la formule pour dénoncer l’idéologie dont Simone de Beauvoir fut l’annonciatrice. Dans Adieu Simone ! (Le Centurion, 130 p., 11,90 €), elle montre comment le féminisme, loin d’être libérateur, est autoritaire et oppressant. Son démontage de la presse féminine est particulièrement bien vu.

Un propos qui n’est pas très éloigné de celui d’Eugénie Bastié (Adieu, mademoiselle, Le Cerf, 224 p, 19 €). Cette journaliste au Figaro, âgée de 24 ans, est également rédactrice en chef politique de la revue d’écologie intégrale Limite. Elle fait partie de cette « génération Manif pour tous », prometteuse et libre.

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De la megachurch à l'Eglise catholique

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De la megachurch à l'Eglise catholique

Henrik Lindell, journaliste au magazine La Vie, « catholique évangélique » (comme il aime se définir) et suédois, publie un livre d’entretiens avec une figure du protestantisme suédois, Ulf Ekman : De la megachurch à l’Église catholique (Cerf, 192 p., 14 €).

Ce pasteur évangélique et turbulent a secoué pendant trente ans l’établissement religieux et politique de son pays en développant une communauté, Livets Ord (Parole de Vie), qui aujourd’hui rassemble le plus de pratiquants en seul lieu le dimanche, avec 4000 participants. Et il a une seconde fois surpris tout le monde en annonçant en 2014 sa conversion claire et nette au catholicisme. « Je voudrais que tous les chrétiens deviennent catholiques » déclare-t-il aujourd’hui. Un beau témoignage.

Denis Sureau

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L’indécence fait le plein

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L’indécence fait le plein

Le Père Bernard Devert, fondateur et président d'Habitat et Humanisme, s'exprime sur la crise suscitée par la loi El Khomri :

Le Pouvoir parle d’un mieux, mais comment ne pas observer le « millefeuille » des malaises que traduit un climat social tendu. La Société est sans doute accablée, mais le spectacle qu’elle donne est accablant.
Les représentants de la Nation ont dû subir l’assaut du Gouvernement pour l’approbation de la loi El Khomri. Le texte est voté en bloquant toute discussion et toute écoute pour l’imposer via l’article 49-3.
Le manque de confiance n’est pas étranger à l’inflation d’une législation qui, in fine, durcit les relations.
Faire confiance, ce n’est pas tout écrire, c’est écrire ensemble le récit d’une histoire. Le « vivre ensemble » est en panne, faute de créer les conditions d’un « faire ensemble » à l’égard notamment de ceux que la vie fragilise.
Tout ne peut pas relever de l’Etat, sauf à considérer que la subsidiarité est une perte de temps alors qu’elle est la trace du respect de l’autre.
Le projet de loi sur le travail aurait dû susciter des négociations entre les partenaires sociaux ; il a entraîné un déchirement. Le travail réduit à un simple échange de biens, il s’en suit que trop de salariés se sentent instrumentalisés à des fins utilitaristes.
Dans Terre des hommes, Saint Exupéry dit « celui-là qui veille modestement quelques moutons sous les étoiles, s'il prend conscience de son rôle, se découvre plus qu'un serviteur. Il est une sentinelle ».
Notre Société a besoin de veilleurs pour atténuer les manques, à commencer par ceux qui concernent les défaillances du marché.
Le texte El Khomri, dans son article 2, souligne l’importance de l’entreprise sur les accords de branches. N’est-ce pas une ouverture pour une gestion participative via le référendum d’entreprise Le texte est si ‘détricoté’ qu’il n’a plus de lisibilité sauf celle de l’affichage du bras-de-fer d’un syndicat et du Gouvernement.
Finalement, cette loi du travail bloque le travail avec le déclenchement d’une grève. Il y a pire que le carburant qui ici et là manque, il y a un rendez-vous manqué au cours duquel l’on aurait moins cherché à faire valoir ses forces qu’à s’efforcer de ne point punir ceux qui sont privés d’emploi.
A trop se raidir sur les droits, on perd la flexibilité si nécessaire pour innover. Un arbitrage doit être recherché entre la protection de la personne et les dispositifs à mettre en œuvre pour favoriser l’emploi. Tel était l’esprit de cette loi ; les maladresses syndicales et politiques l’ont brisé.
Comment ne pas être interrogés par le silence assourdissant relatif au chômage massif au moment où l’on traite d’une loi sur le travail. Que de frustrations et d’accablements ressentent les privés d’emploi au point qu’aucune voix dans leur rang ne s’élève. Les inclus sont représentés, insuffisamment et parfois mal, les exclus demeurent les oubliés sans que cela n’émeuve quiconque.
Si les victimes du travail sont connues – rappelons-nous le film La loi du marché dans lequel intervient Vincent Lindon –, que de victimes anonymes, comme le rappelle Jean Tirole dans son ouvrage L’économie du bien commun.
Et si, dans les files d’attente sur les aires des stations-services pour tenter de faire le plein, nous nous laissions interroger sur ce trop-plein d’indécence et d’indifférence à l’égard de ceux qui ne sont point retenus, simplement par ce qu’il n’y a pas d’emploi possible. Il y a une responsabilité collective à le créer.
Bernard Devert
Mai 2016

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La liberté scolaire à nouveau menacée

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La liberté scolaire à nouveau menacée

Sous prétexte de lutte contre les écoles musulmanes radicales, le ministère de l’Éducation vise principalement les établissements catholiques. Et menace gravement les écoles alternatives,

La manœuvre est subtile, et elle comporte trois dimensions.

1./Le 6 avril dernier, Najat Vallaud-Belkacem déclare vouloir lutter contre le risque de radicalisation des jeunes dans certaines écoles musulmanes (de fait, celles-ci sont pour la plupart liées aux Frères musulmans et à l’UOIF) ; elle voudrait donc modifier le système d’ouverture des écoles hors contrat en passant d’un régime de déclaration à un régime d’autorisation préalable.
2./ Or, après les derniers attentats parisiens, le gouvernement entend surtout inciter les établissements musulmans à passer sous contrat, en leur apportant les financements publics correspondants.

3./ Enfin, troisième mesure en chantier, le gouvernement prépare un décret réformant « le contrôle du contenu des connaissances requis des enfants instruits dans la famille ou dans les établissements d’enseignement privés hors contrat ». Autrement dit, la liberté de choisir les programmes dont jouissaient les écoles indépendantes (jusqu’alors uniquement tenues au respect du Socle commun de connaissances, de compétences et de culture en fin de scolarité obligatoire) serait remplacée par l’obligation d’aligner leur progression pédagogique sur « les objectifs de formation attendus à la fin de chaque cycle d’enseignement de la scolarité obligatoire ». En clair, les écoles hors contrat devraient désormais respecter les programmes de l’Éducation nationale, lesquels sont définis par cycles. Ce qui sonnerait le glas pour la liberté pédagogique.

Un décryptage attentif s’impose. En effet, les trois types de mesures envisagées sont en fait dirigées principalement contre des établissements catholiques. Les écoles indépendantes catholiques sont visées par les projets 1. et 3. : le ministère de l’Éducation nationale se donnerait le pouvoir d’empêcher toute nouvelle création d’école, et d’assurer leur formatage idéologique en les privant du choix du contenu des enseignements qui légitime pourtant leur existence. En outre les écoles indépendantes non confessionnelles créées par la Fondation Espérance Banlieues dans les cités les plus difficiles seraient directement compromises : « Si cette réforme venait à entrer en vigueur, elle rendrait impossible le travail des écoles Espérance banlieues qui ont besoin de pouvoir adapter les programmes définis par l’Éducation nationale à la réalité des besoins des enfants, constatés sur le terrain, toujours

dans le respect du socle de connaissances précédemment évoqué. En pratique, dans nos écoles, certaines matières secondaires dites d’éveil ne sont pas ou peu enseignées dans certains cycles afin de donner plus de temps aux équipes pédagogiques pour renforcer les connaissances et compétences des enfants dans les matières fondamentales, à commencer par le français qui n’est que rarement la langue parlée à la maison des élèves d’Espérance Banlieues. » L’essor considérable des écoles indépendantes est effectivement un signe d’échec très gênant d’un enseignement public naufragé.
Mais ces écoles totalement libres ne sont pas les seules à être concernées par les projets gouvernementaux, comme l’a bien souligné Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l’école (Le Figaro, 19/3). En effet, l’enseignement catholique sous contrat risque d’être encore plus asphyxié en raison de la règle dite du 80/20 : l’État limite à 20 % le nombre d’élèves inscrits dans le privé. Une contrainte forte lorsque l’on sait, comme le montrent les sondages, que 40 % des familles souhaiteraient scolariser leurs enfants dans les écoles sous contrat ; celles-ci doivent globalement refuser une inscription sur deux (et les meilleures davantage que les moins bonnes). Or si ce tabou des 20 % est maintenu et que les écoles musulmanes se multiplient, la part revenant aux écoles catholiques sous contrat sera d’autant plus réduite. Cette crainte explique la réaction des responsables de l''Enseignement catholique et de l’épiscopat face aux menaces qui se profilent.

Denis Sureau

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De l'écologie à la monarchie

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De l'écologie à la monarchie

Professeur de droit public à l'Université Paris-Descartes, Frédéric Rouvillois est un auteur prolixe. Il a déjà publié une trentaine de livres qui tournent tous autour d'une réflexion d'ensemble sur la modernité. Ce nouvel essai s'inscrit dans cette perspective, en proposant une relecture politique de l'encyclique Laudato Si'.

Le Pape François est présenté par les milieux « conservateurs » (notamment américains) comme un « progressiste ». Rouvillois affirme qu'il est radicalement antimoderne. En effet, l'écologie intégrale qu'il développe part d'une critique fondamentale d'une culture fondée sur un individualisme égoïste et un anthropocentrisme dominateur. Le « mythe moderne du Progrès matériel sans limite » (Laudato Si', 78) engendre la démesure, le marché sans règles, produit une « culture du déchet » et détruit les identités locales. Seule une « révolution culturelle », écrit le Pape, nous libérer du « paradigme technocratique régnant ».

Ce projet implique une autorité politique poursuivant le bien commun, échappant à l'immédiateté. Or pour Frédéric Rouvillois, la démocratie sous sa forme actuelle valorise la brièveté (notamment des mandats). Il lui oppose la monarchie comme le régime capable de « concevoir des projets à long, voire, à très long terme, les seuls pertinents en matière écologique » (et de citer le Prince Charles). Original.


La clameur de la Terre
Frédéric Rouvillois
Préface de Chantal Delsol
Jean-Cyrille Godefroy, 126 p., 12 €

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Mgr Sylvain Bataille évêque de Saint-Etienne

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Mgr Sylvain Bataille évêque de Saint-Etienne

Le Pape François a nommé Mgr Sylvain Bataille évêque de Saint-Étienne, jusqu’à présent vicaire général du diocèse de Beauvais.
Ordonné en 1989 pour le diocèse de Beauvais (Oise), Mgr Sylvain Bataille est devenu membre de la Société Jean-Marie Vianney en 1990. Entre 1990 et 2000, Mgr Bataille fut vicaire de la paroisse Saint-Pierre Saint-Étienne de Beauvais; membre du service diocésain des vocations et aumônier de l’aumônerie de l’enseignement public de Beauvais (1990-1995). Puis, il est nommé curé de la paroisse Notre-Dame de Picardie Verte à Grandvilliers et responsable du secteur missionnaire de l’Oise normande entre 1995 et 2000. Il devint membre du Conseil épiscopal du diocèse de Beauvais entre 1999 et 2000 avant d’être nommé Supérieur du 1er cycle du Séminaire de la Société Jean-Marie Vianney à Ars de 2000 à 2003. En 2003, il fut Supérieur du Séminaire, fonction qu’il occupera jusqu’en 2009. Puis, il fut envoyé à Rome où il devint recteur du Séminaire pontifical français (2009-2014). En 2014, il revient en France et est nommé curé de la paroisse Saint François du Vexin (diocèse de Beauvais). Depuis 2015 il était vicaire général du diocèse de Beauvais.

Son parcours :

Né le 22 juillet 1964 à Soissons (Aisne).
Ordonné prêtre le 11 mars 1989 pour le diocèse de Beauvais.
Membre depuis 1990 de la Société Jean-Marie Vianney.
Études
Séminaire de Paray-le-Monial (1982-1985).
Séminaire français de Rome (1985-1988) – Université grégorienne
Institut supérieur de liturgie, Institut catholique de Paris (1988-1990).
Diplômes
Baccalauréat (1982).
Baccalauréat canonique de théologie (1988).
Licence canonique de théologie, option liturgie et théologie sacramentaire (1990).
Ministères
1990-1995 : Vicaire de la paroisse Saint-Pierre Saint-Étienne de Beauvais, membre du service diocésain des vocations ; Aumônier de l’enseignement public de Beauvais.
1995-2000 : Curé de la paroisse Notre-Dame de Picardie Verte à Grandvilliers et responsable du secteur missionnaire de l’Oise normande.
1999-2000 : Membre du Conseil épiscopal de Beauvais.
2000-2003 : Supérieur du 1er cycle du Séminaire de la Société Jean-Marie Vianney à Ars.
2003-2009 : Supérieur du Séminaire de la Société Jean-Marie Vianney à Ars.
2009-2014 : Recteur du Séminaire pontifical français de Rome.
2014-2015 : Curé de la paroisse Saint François du Vexin.
Depuis 2015 : Vicaire général de Beauvais.
En janvier 2016, il a été élu modérateur général de la Société Jean-Marie Vianney mais n’était pas encore entré en fonction.

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Contre le divorce sans juge

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Contre le divorce sans juge

Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre, président du Conseil famille et société de la Conférence des évêques de France, publie cette déclaration intitulée : "Divorcer sans juge : un projet à l’encontre de l’intérêt des familles et de la société" :


Un amendement au projet de loi relatif à la justice du XXIème siècle propose que le divorce par consentement mutuel puisse se passer de juge aux affaires familiales si les deux conjoints en sont d’accord. Ce divorce serait établi par acte sous seing privé puis déposé au rang des minutes d’un notaire.
Les objectifs avancés pour cette réforme sont principalement la simplification pour les conjoints et le désengorgement des tribunaux.
À la suite d’autres acteurs de la vie sociale, la Conférence des évêques de France s’interroge sur l’intérêt d’une telle mesure élaborée sans aucune concertation.

Une simplification illusoire

Aujourd’hui le divorce par consentement mutuel est une procédure simple. Il suffit d’une audience devant le juge aux affaires familiales à partir du dépôt de la requête. La question de la rapidité, aspect important de la simplification, se pose mais elle ne se limite pas à la question de la procédure. Une séparation après des années de vie commune n’est de fait jamais simple. L’avantage de l’intervention du juge réside dans le fait qu’il vérifie le consentement réel des conjoints, l’équilibre des accords et tranche les difficultés en appliquant la loi. Il fait ainsi gagner du temps aux justiciables. Alors que le notaire n’étant pas chargé de telles vérifications, de nombreux contentieux risquent de naître après le divorce pour contester des accords déséquilibrés.

La protection des plus faibles moins assurée

Aujourd’hui, le juge permet de veiller à l’intérêt de chaque partie, et de sortir du rapport de force, qui peut continuer à exister même dans un divorce à l’amiable. Il peut ne pas homologuer la convention présentée par les époux s’il la juge défavorable à l’une des parties ou contraire à l’intérêt des enfants. Le système actuel vise à protéger le plus faible et à garantir l’équité.
La réforme ferait reculer la protection législative des plus faibles : enfants ou l’un des conjoints. Certains arrangements actuellement rejetés par les juges reverraient le jour, au plus grand préjudice de certains conjoints fragilisés, sous emprise ou moins avertis.
Le sort des enfants mineurs est actuellement fixé par décision de justice, laquelle peut confirmer les mesures amiables prises par les parents. C’est l’intérêt de l’enfant qui guide le juge, le divorce de ses parents ayant un impact réel sur sa vie. Le mode de prise en charge des enfants est contrôlé réellement dans les conventions de divorce, les juges chassent impitoyablement les résidences alternées aberrantes ou les accords ne prévoyant pas une pension alimentaire sérieuse. Qui prendra la défense des enfants avec la réforme envisagée ?
L’interdiction législative de recourir à une telle forme de divorce si l’enfant demande à être entendu par le juge est peu réaliste : à qui dira-t-il qu’il veut être entendu ? Comment garantir que les parents ne le dissuaderont pas en pensant bien faire sans doute ? Comment faire porter la responsabilité d’un tel choix à un mineur ? Et si d’aventure il le faisait, comment concrètement empêcher les parents de continuer leur procédure non judiciaire ?
Dans l’exhortation Amoris Laetitia, le pape François rappelle qu’ « au-delà de toutes les considérations qu’on voudra avancer, ils [les enfants] sont la première préoccupation, qui ne doit être occultée par aucun intérêt ou objectif » (n°245).

Des économies peu assurées

En l’état actuel les deux conjoints peuvent avoir un avocat commun. La réforme exige que chaque époux ait son avocat, le coût sera mathématiquement multiplié. On peut aussi s’interroger sur la rémunération réelle des notaires. Le coût final sera plus élevé pour les familles.
Quant à l’économie budgétaire, elle est hypothétique. L’éventuel contentieux après le divorce aura un coût, sans oublier le paiement des deux avocats en cas d’aide juridictionnelle. Il est aussi à craindre que nombre de divorces sans juge ne prévoient pas de pension alimentaire, le parent isolé touchant alors l’allocation de soutien familial au plus grand dam de l’équilibre des comptes des Caisses d’Allocations Familiales.

La dimension symbolique de la mesure

Le mariage est une institution au croisement de l’intime et du public. Notre société s’honore de conserver cette double dimension, que révèle la célébration en mairie devant témoins. Le divorce sans juge occulterait ce caractère institutionnel du mariage au profit d’un caractère contractuel.
Comme le mariage, le divorce est une réalité de notre société, il est de notre responsabilité commune d’accompagner au mieux les conjoints. Il faut au contraire donner plus de moyens aux magistrats pour qu’ils assurent la protection juridique des plus faibles, et soutiennent les familles dans leur vie ordinaire. Car prendre soin des familles, c’est prendre soin de la société.

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L'Enseignement catholique en chiffres

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L'Enseignement catholique en chiffres

Une information parue dans le dernier numéro de Chrétiens dans la Cité :

Les chiffres de l’enseignement catholique (sous contrat) pour l’année 2015/2016 viennent d’être publiés.
Il compte 2 069 000 élèves, dont 858 672 élèves dans le premier degré et 1 162 546 élèves dans le second degré, y compris post-bac.

131 273 enseignants travaillent dans 7508 établissements dans 4594 écoles, 1569 collèges et 1139 lycées.

S’y ajoutent 206 lycées agricoles.

Les familles dépensent 366 € pour un élève de maternelle, 380 € pour un élève de primaire, 650 € pour un collégien et 969 € pour un lycéen.

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