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Le "social business", vecteur d’une économie solidaire

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Une chronique du Père Bernard Devert (Habitat & Humanisme) :

Le paysage social est loin de refléter un pays sage, tant il est secoué par des iniquités violentes. La crise est profonde. Quatre millions de personnes sont mal logées en France et 143 000 vivent dans la rue.

Dans La Divine Comédie, Dante définit l’enfer comme un espace-temps où tout ne sera plus que ce qu’il est. Un monde clos. L’enfer n’est pas les autres mais le refus des autres, pour le moins l’indifférence. 

Cependant, d’aucuns prennent conscience que cela ne peut pas durer au risque de mal finir. 

Les classes moyennes considèrent qu’elles sont oubliées de la croissance ; les plus vulnérables se voient même rejetés – en tout cas à l’écart - de l’actuel mouvement de contestation, sans que l’opinion ne s’alarme sur le peu de cas accordé aux invisibles. 

La financiarisation de l’économie, la maximisation des profits ne peuvent qu’entraîner l’aggravation des fractures rendant possible une dislocation de la société qui peine à comprendre l’agitation fébrile de certains territoires ou le silence des autres en raison de leur dévitalisation. 

Notre pays - 6ème puissance mondiale – sait produire des richesses, mais il ne parvient pas, ou mal, à les partager.

L’argent ne manque pas ; il coule à flots. Les liquidités représentent, sur le plan international, près de 200 Mds€ qui, fuyant les investissements à long terme, participent à la volatilité des marchés et à une spéculation qui, si elle enrichit les riches, ne détruit pas la misère.

Il en va du refus de l’enfer, de ce monde clos, assiégé par un entre-soi qui occulte les difficultés de vivre d’un grand nombre. La fin de la trêve hivernale qui s’annonce est le refus du printemps pour trop de familles ou d’isolés supportant des loyers et charges qui les engloutissent dans la pauvreté. 
 
Rencontrant quelques personnes disposant de fortunes bien établies, l’une d’elles s’agaça devant les actuels rassemblements. L’un de ses pairs lui dit ; tu vivrais avec 1200 € mensuels, c’est ce que nous dépenserons ce soir. Un silence s’en suivit, sans doute une prise de conscience. 

L’épargne solidaire introduit dans l’économie une certaine gratuité pour établir des échanges plus équitables. Déjà, via leur entreprise, plus d’un million de salariés, participent à cette forme d’économie, soutenue également par des personnes physiques ou morales comprenant l’urgence de dire non à ces abîmes qui se creusent au risque de devenir infranchissables.

Une réflexion s’esquisse sur les contrats d’assurances vie représentant une capitalisation de 2 200 Mds €. Si 10% de cet encours était fléché sur cinq années vers l’épargne solidaire, accompagné d’une fiscalité sécurisée, les précarités tomberaient, du moins s’atténueraient fortement.

L’impôt sur la fortune a fait l’objet d’une réduction de l’assiette pour être cantonné aux biens immobiliers. Il serait juste que les investissements immobiliers solidaires, via les foncières relevant du statut ESUS, viennent en déduction du montant de l’IFI.

Au moment du grand débat, le social business doit s’inviter ; il est une des chances d’opérer dans la société des transformations visant le bien commun non point comme une utopie indéterminée mais comme une réponse concrète à nombre d’attentes, notamment pour un logement abordable pour les plus fragiles. 

Qui peut rester étranger à l’ouverture du changement que suscite la finance solidaire, carburant d’une nouvelle économie. Ne la rêvons pas, l’heure est de la mettre œuvre.

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Nouveau départ pour France catholique

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Racheté par le groupe Bolloré et dirigé dorénavant par Aymeric Pourbaix – qui avait su donner plus de consistance à Famille chrétienne lorsqu'il en dirigeait la rédaction –, l'hebdomadaire France catholique vient de lancer sa nouvelle formule.

Visant un public plus jeune, il se donne pour objectif de « contribuer à former intellectuellement et spirituellement les catholiques du XXIe siècle, pour les aider à transmettre leur foi et à s'engager dans le monde ». Le chroniqueur Gérard Leclerc poursuit sa brillante collaboration, tandis que de nouvelles rubriques sont créées.

Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, encourage le journal en affirmant : « L'identité est la condition de l'ouverture. » Le premier numéro de la nouvelle formule a été diffusé à 40 000 exemplaires.

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Scandales sexuels : l'Eglise doit juger - N°371

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Au sommaire de Chrétiens dans la Cité # 371 :

ANALYSE : La difficulté de la hiérarchie à sanctionner les comportements déviants de ses membres révèle une méconnaissance du rôle de la justice canonique, antérieure à la justice civile. Les explications de Denis Sureau.

INFOS

Foi et identité féminine - Votez pour la famille - 1,3 milliard de catholiques - Forum Zachée - Les aides d'Etat à la presse chrétienne - Agnès Thill sermonnée par LREM - Guide de l'Eglise de France - PMA : nouveau report ? - Profanations - Une session pour enseignants chrétiens - Une biographie de Frédéric Ozanam

RECENSION

Yann Raison du Cleuziou, Une contre-révolution catholique 

INITIATIVES

Les sites de rencontres chrétiens

Abonnez-vous : 40 € par an seulement

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L'Eglise a aussi sa justice

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 La difficulté de la hiérarchie a sanctionner les comportements de ses membres révèle une méconnaissance du rôle de la justice dans l'Eglise.

Un magistrat retraité, Denis Salas, vient de déclarer que le juge est « le garant de la morale commune, sans laisser aucune autre institution se substituer à lui. Y compris l’Église. » Et d’ajouter : « ce n’est pas à l’Église d’apprécier la gravité des fautes commises par ses membres, ni de définir ce qui est prescrit et ce qui ne l’est pas » (La Croix, 6 mars). C’est son point de vue, mais certainement pas celui de l’Église. En effet, l’Église dispose de son propre droit pénal, de sa propre justice, qu’elle exerce sur ses membres, et cela depuis ses origines. C’est l’enseignement même du Christ : si un frère vient à pécher et refuse d’écouter la communauté, c’est à l’Église de l’exclure, elle qui a reçu pouvoir de lier et délier (cf. Mt 18,15-18). Face à un cas d’un chrétien incestueux, saint Paul demande aux Corinthiens qu’il soit jugé et excommunié : Enlevez le mauvais du milieu de vous (1Co 5,13).

Or c’est une leçon qui n’a pas été retenue par les évêques qui, confrontés aux scandales sexuels du clergé, ont cru pouvoir se passer de la justice canonique et préféré étouffer les affaires. Cette politique contraire à la discipline de l’Église s’est révélée fort imprudente et se retourne aujourd’hui contre eux. Le cas du pédophile Père Bernard Preynat est ici exemplaire : bien que dénoncé dès 1991, Mgr Albert Decourtray s’était contenté de le mettre à l’écart un semestre avant de lui confier d’autres ministères, y compris auprès d’enfants ; son procès canonique n’a été ouvert que 25 ans plus tard et – pis encore – gelé en attente du jugement civil.

Pourtant l’Église dispose de ressources judiciaires adaptées à ce type de péchés : les manquements au célibat sacerdotal sont visés par Code de droit canonique (canon 277), qui précise notamment que l’évêque doit « porter un jugement sur l’observation de cette obligation ». En effet, « L’Église a le droit inné et propre de contraindre par des sanctions pénales les fidèles délinquants » (can. 1311). Au fil des siècles (la corruption des clercs ne datant pas d’hier), les tribunaux ecclésiastiques ont mis en œuvre toute une série de mesures : suspense, enfermement dans des monastères pour faire pénitence, privation de ressources, renvoi de l’état clérical, excommunication… Et s’il fallait aller plus loin, l’Église livrait le coupable au bras séculier afin que l’autorité civile le punisse à partir de ses propres lois. Où l’on voit que la justice de l’Église n’est pas exclusive de celle de la cité. Mais elle est toutefois première : saint Paul reproche vertement aux Corinthiens de faire appel, pour trancher leurs litiges, aux tribunaux païens, des gens que votre Église méprise. Plus encore, saint Paul écrit que ce sont les saints qui jugeront le monde (cf. 1Co, 6). Autrement dit : c’est à l’Église de juger le monde et non l’inverse. Prétention que lui refuse évidemment l’État séculier.

« L’Église doit être une contre-discipline face à la discipline du monde », affirme le théologien américain William Cavanaugh, qui a finement analysé l’affaiblissement de la visibilité de l’Église comme corps social, la tentation de la réduire à un pur royaume spirituel. Face aux scandales sexuels, l’épiscopat a été inspiré par un mauvais anti-juridisme. Dans la catéchèse, la notion même de jugement a été évacuée, comme si l’Église n’enseignait pas l’existence après la mort d’un double jugement : particulier puis général. Or si les sanctions pénales ont dans l’Église pour but de rétablir la justice (rendre à chacun ce qui lui est dû : ce qui implique de ne pas oublier les victimes), elles ont aussi une valeur médicinale : d’inciter le pécheur au repentir, à la réconciliation nécessaire au salut. La sanction la plus grave qu’est l’excommunication formelle revient moins à exclure le pécheur notoire de l’Église que de manifester qu’il s’est lui-même exclu, tout en offrant la possibilité de se réconcilier, moyennant des actes de pénitence. Cette séparation conforte ainsi la visibilité de l’Église. Pour sortir du bourbier où elle se trouve avec l’accumulation de scandales sexuels en tous genres, elle doit à nouveau affirmer et pratiquer son droit.

Denis Sureau 

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Quand Rome soutient le tyrannicide

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Les éditions Tallandier viennent de rééditer dans leur collection de poche Texto un livre passionnant de l'historien américain Mark Riebling, Le Vatican

des espions (512 pages, 11,50 €).  Si vous commencez à le lire, vous ne lâcherez pas, il se lit plus agréablement que de nombreux romans d'espionnage. Pie XII est accusé d'être resté silencieux face aux crimes nazis. Or nous découvrons qu'il a cessé de prononcer publiquement le mot "juif" le jour où il a donné le feu vert à l'assassinat d'Hitler, appliquant la théologie du tyrannicide à l'élimination du Führer. Plus encore, il n'a cessé d'être en contact avec la résistance allemande - dès avant la guerre et jusqu'en 1945 -, tel un véritable chef d'un réseau d'espionnage, avec des jésuites devenus des James Bond en soutane, des méthodes de transmission secrètes très efficaces, et un rôle diplomatique actif entre les militaires allemands antinazis (dont le fameux amiral Canaris) et l'Angleterre afin d'établir les conditions d'une paix après la mort du tyran. Le pape était persuadé qu'Hitler était un possédé, et l'on peut effectivement se poser la question comment il a pu échapper aux différentes tentatives d'attentats sans le soutien des puissances des ténèbres.

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Contre le libéralisme

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Alain de Benoist, Contre le libéralisme, Rocher, 344 p., 19,90 €

Il serait dommage que les chrétiens s’abstiennent de lire les ouvrages du maître à penser de ce courant néopaïen naguère appelé Nouvelle droite, essayiste prolifique (une centaine de livres) et d’une curiosité inlassable. D’une part, parce qu’Alain de Benoist a évolué, préférant aujourd’hui Aristote aux néopositivistes qu’il admirait autrefois. D’autre part, parce que ses analyses en philosophie politique convergent en bien des points sur la doctrine sociale de l’Église. C’est le cas dans ce dernier ouvrage, qui compile plusieurs études passionnantes sur le libéralisme, perçu comme l’idéologie de la classe dominante et non la défense des libertés authentiques. S’il affirme hâtivement le christianisme ait une part de responsabilité dans l’origine de l’individualisme et le désenchantement du monde, Alain de Benoist reconnaît que les tentatives de conciliation du christianisme et du libéralisme et du ont échoué tant la philosophie sous-jacente de ce dernier (le primat de l’individu, avec ses intérêts et les « valeurs » qu’il se donne) est incompatible avec toute éthique véritable. De la critique de la pensée de Hayek à celle des équivoques du conservatisme, ce livre offre des vues stimulantes, toujours très documentées, qui méritent assurément le détour.
 

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L'éclairage d'Augustin Cochin sur les dérives de la démocratie

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Le journal Royaliste vient de publier un bel article suite à la parution des oeuvres d'Augustin Cochin sous le titre La Machine révolutionnaire (Tallandier, 2018), un livre qui connait un beau succès. La pensée de l'historien-sociologue s'avère plus que jamais actuelle.

 

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Catholique donc disqualifié? Le cas Bellamy

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Le n°370 de la lettre d'information Chrétiens dans la Cité aborde le "cas Bellamy" : le choix d’un catholique, François-Xavier Bellamy, à la tête de la liste LR aux élections européennes a fait l’objet de nombreuses critiques. La question est posée : peut-on être catholique et faire de la politique ?

Au sommaire

Renforcement de la loi de 1905 : inquiétudes partagées

La Communauté Saint-Martin recrute de jeunes missionnaires

Parent 1, parent 2 : un amendement "ridicule" selon l'Eglise

La Croix et Isabelle de Gaulmyn condamnés

Laïcité: les Français pour le statu quo

L'ambassade de France près le Saint-Siège attend toujours son ambassadeur

et bien d'autres informations...

Une recension de l'essai d'Alain de Benoist : Contre le libéralisme

Une présentation du Réseau Blaise Pascal

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Parent 1 / 2 : l'Eglise condamne un amendement ridicule

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Mgr Bruno Feillet, président du Conseil Famille et Société de la Conférence des évêques de France et évêque auxiliaire de Reims a publié cette déclaration :

PÈRE ET MÈRE

 Une fois encore, nous constatons, à regret, une tentative au Parlement qui, au prétexte d’unifier les démarches administratives, déconstruit la réalité familiale. Il n’est pas indifférent pour un enfant de se recevoir, en particulier à travers les formulaires administratifs, d’un père et d’une mère. Loin d’être « arriérée » ou « dépassée » cette pratique de mettre « père » et « mère » permet à chacun d’entre nous de se repérer dans les générations qui se succèdent. L’école, en particulier, se doit de participer à cette perception profondément structurante.

Cette aseptisation administrative de la vie familiale représente le énième avatar de la théorie du genre qui voudrait qu’il soit indifférent d’avoir des parents de même sexe ou de sexe différents. De plus, dans aucune famille, y compris les rares familles où il y a deux adultes de même sexe, on ne se présente comme parent un et parent deux. Faut-il, enfin, se demander qui serait le numéro un et qui serait le numéro deux parmi les parents ? Et en cas de divorce, le numéro deux deviendra-t-il numéro un ? Nous voyons-là tout le ridicule de cet amendement.

Nous espérons que le bon sens puisse reprendre toute sa place pour le bien premier des enfants !

 

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