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94% des catholiques pratiquants vivent bien le confinement

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Voici l'entretien donné par Denis Sureau au site Atlantico :

1/Privés de paroissiens, les prêtres ont du s’adapter en proposant pour certains des visioconférences afin de continuer à vivre la messe pour les fidèles. Les chrétiens pratiquants vont revivre Pâques comme les premiers disciples l’ont vécu. Ce retour au sens premier peut-il modifier leur engagement et leur pratique du culte ?

Denis SUREAU : Selon une enquête du cabinet Camino Conseil, 94 % des catholiques (pratiquants) déclarent bien vivre le confinement, et 63 % d’entre eux ne s’estiment pas isolés. Les deux tiers déclarent lire la Bible, 51 % d’autres publications spirituelles. C’est d’une certaine façon un retour à l’Église des catacombes. Je pense aussi aux catholiques japonais privés de sacrements (baptême excepté) pendant 240 ans, ou à l’Église du silence, dans les pays communistes. Mais les prêtres ont su exploiter les ressources du numérique en multipliant les messes en direct et en différé. Il y en a pour tous les goûts, en français comme en latin, sur la toile et à la télévision. Et les compteurs d’audience ont explosé ! Cela a pu inciter les chrétiens confinés à assister à davantage d’offices que d’habitude, notamment en semaine. J’espère que le long « jeûne eucharistique » imposé réveille en eux la faim de la communion au corps du Christ. Il y a eu depuis un siècle une banalisation progressive de la communion ; celle-ci est devenue un acte dominical imposé, au détriment du respect dû au Christ présent dans l’hostie consacrée. La privation actuelle offre l’occasion de redécouvrir toute son importance.


2/Pouvez-nous expliquer la symbolique de la communion lors des fêtes de Pâques ? Et pourquoi ce confinement rend-il si complexe cette célébration ?

DS : L’Église demande que les fidèles communient au moins une fois par an, à Pâques, car les fêtes pascales sont au centre de toute la liturgie chrétienne. Le Christ ressuscité nous offre de participer à sa propre vie divine. La messe, ce n’est pas seulement le souvenir de la Cène, le dernier repas du Christ, c’est l’actualisation de l’unique sacrifice du Corps et du Sang du Christ, mort sur la croix pour sauver les hommes, et ressuscité. Toute eucharistie est un banquet pascal, qui prend tout son sens le dimanche de Pâques. Le confinement empêche non la célébration, mais la communion sacramentelle du peuple chrétien, et c’est pour lui une souffrance. Ne pas communier, disait le Curé d’Ars, c’est comme mourir de soif près d’une source.


3/La période d’isolement liée au confinement peut-elle entraîner un retour plus intense sur le religieux ?

DS : La quarantaine, les chrétiens connaissent : c’est le carême ! La coïncidence entre le repli sanitaire et la retraite annuelle de quarante jours était une occasion à saisir pour redécouvrir la prière. Selon l’enquête Camino Conseil, 62 % des catholiques prient davantage en famille, 41 % font des temps d’adoration à la maison. De nombreuses familles chrétiennes expérimentent ainsi leur réalité d’« Église domestique » ou d’ecclesiola, d’Église en miniature. Ces expressions remontent aux premiers temps de l’Église, lorsque les chrétiens persécutés se réunissaient dans des maisons, à défaut d’églises. Pour les personnes seules, le confinement imposé peut inciter à prendre du recul par rapport à son travail, à sa vie, au sens qu’on y trouve. Un prêtre m’a dit qu’il constatait souvent le retour à la foi de jeunes retraités : après une vie professionnelle intense, ils se retrouvent comme en face du vide, privés de relations sociales, se posent des questions sur le sens de leur existence et reviennent à la pratique religieuse. Le confinement pourrait avoir un effet équivalent.

4/À l’origine, les rituels du Jeudi saint comme le chemin de croix, le feu et le lavement des pieds sont un moment fraternel pour le culte catholique. Comment, hors crise sanitaire, ces rituels étaient-ils vécus ? Quelles alternatives propose cette année l’Église ?

DS : Même une messe célébrée par un prêtre sans fidèles est un acte communautaire, un acte d’Église : l’Église fait l’eucharistie et l’eucharistie fait l’Église, disait Henri de Lubac. L’Église est la famille de Dieu. Il est important qu’une famille puisse partager des moments de convivialité et d’échanges ; mais un coup de téléphone peut resserrer les liens parfois plus fortement qu’un repas. Il en va de même pour l’Église : la liturgie avec ses rites est au cœur de sa mission ; mais elle n’est pas qu’une simple association humaine, elle est une communion, et les liens qui unissent ses membres sont d’abord spirituels. Je viens de publier un livre sur Frère Laurent de la Résurrection, le cordonnier de Dieu (Artège), un simple frère carme qui écrivait au dix-septième siècle : « Il n’est pas nécessaire d’être toujours à l’Église pour être avec Dieu, nous pouvons faire de notre cœur un oratoire dans lequel nous nous retirions de temps en temps pour nous y entretenir avec lui doucement, humblement, et amoureusement. » Une pensée qui me semble fort opportune !
 

 

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Les catholiques mobilisés face au confinement

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Chrétiens dans la Cité # 387 vient de paraître. Il présente notamment de nombreuses initiatives prises par les catholiques pour venir en aide aux personnes les plus touchées par le confinement.

Un spécimen peut vous être envoyé sans engagement. Cliquez sur ce lien : contact@chretiensdanslacite.com

AU SOMMAIRE

Analyse : Des juristes catholiques s'interrogent sur les atteintes à la liberté religieuse entraînées par le confinement.

Infos : L'Eglise confinée à l'heure numérique - Des coiffes et des masques - La Quarantaide des Vincentiens - Le numéro vert pour les catholiques confinés - Accompagnement en temps d'isolement - Les masques du Puy - 80 films chrétiens en VOD - Un alcool bienfaisant - Deux nouveaux réseaux d'entraide - Explosion de prières

Les hommes - Gad Elmaleh - Tibaud Perruchot - Décès : Henri Tincq, Xavier Dor, André Clément

Lectures : Enracinés, par Gabrielle Cluzel

 

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Le jour d’après

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Une chronique du Père Bernard Devert, président-fondateur d'Habitat & Humanisme :

L’attente du jour d’après est chargée d’un immense espoir, demain pourrait ne pas être comme avant. 

Le ciel n’est pas accusé de nos malheurs ; notre humanité n’aurait-elle pas gagné en maturité, reconnaissant que la cause de la crise sanitaire qui touche le monde relève de sa responsabilité, liée à une volonté de puissance caractérisée par un toujours plus, sans limite aucune. 

La jouissance est peut-être donnée à ceux qui participent à cette course folle, le bonheur en est absent ; les addictions sont trompeuses des vraies soifs.

Ne nous berçons pas d’illusions, ce plus est tellement ancré dans les habitudes qu’il tentera de revenir au galop. En ce moment de veille et de réflexion, interrogeons-nous sur le confinement à mettre en œuvre pour que ce tsunami sanitaire ne revienne pas. La réponse n’est pas seulement médicale, elle relève d’une prise de conscience de la Société. Assez d’user et d’abuser de la nature, des hommes, pour des objectifs quantitatifs qui finalement se retrouvent dans quelques mains. Et les autres …

Les masques ont manqué au début de cette crise pour se protéger mais, le jour d’après, il faudra avancer sans se masquer la vérité. 

Il est bien des raisons de penser qu’un regard libéré peut surgir. Le confinement auquel nous assistons conforte l’idée que la vie a prévalu sur la bourse et ce, quoi qu’il en coûte, pour reprendre les mots justes du Président de la République.

Les milliards, puis les trillards déferlent. L’urgence est de respecter la vie. La Société progresse dans l’aventure de l’éthique. Les soignants et les chercheurs sont désormais les premiers de cordée. L’exemplarité de leur engagement n’est pas étrangère à une solidarité qui nous tire tous vers le haut. 

Camus dans La Peste dit que dans chacun de nous, il y a plus d'admirable que de méprisable. Que de raisons de s’émerveiller ! « la peur était dans la ville » ; le cloisonnement provoque un changement d’habitude chez les habitants pris de panique. Les gens se renferment et perdent goût dans la vie. 

Que voyons-nous aujourd’hui dans nos villes, des signes d’humanité, de solidarité. A 20h, le rendez-vous est aux fenêtres, aux balcons. La vie, mieux prise en compte pour en percevoir la fragilité, fait naître cette interrogation riche de promesses : et après ?

La question est là ; que voulons-nous vivre d’essentiel ?

Cette crise peut être considérée comme une parenthèse. Alors, nous repartirions comme avant, aiguisés et aiguillés par la crise financière si considérable qu’elle peut occulter le diagnostic actuellement posé : une fièvre du corps social, signe qu’il faut changer. 

Le corps hurle : cela suffit !

La crise révèle que les iniquités sont si graves qu’elles fracturent tout, mettant sens dessus dessous la question du sens. Regardons le confinement vécu par ceux qui bénéficient de l’espace et d’un confort et ceux qui le vivent dans des machines à loger ; le monde n’est pas le même.

Les plus fragiles n’ont pas de barrière de protection contre le virus ; leur conscience est vive et douloureuse de constater que, dans cette lutte pour la vie, ils sont les invisibles comme si leur disparition n’avait pas le même prix que celle des autres. 

Les crises rendent encore plus insupportables les hostilités passives. Il est vrai qu’une hospitalité se construit. Autant de réponses nécessaires mais palliatives qui, le jour d’après, devront être examinées pour un traitement de la pauvreté à la hauteur du respect de la vie pour tous.

Durant ce temps de confinement, il est rappelé que pour garder la vie et protéger l’autre, il convient d’être attentifs aux distances. Le jour d’après, il faudra les réduire, sauf à se laisser emporter par un virus sectaire. Alors, l’ennemi visible sera plus terrible.

“Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve” (Hölderlin). C’est à cette croissance qu’il faut s’attacher d’où un certain effacement que rappelle ce même poète. 

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Contre la vaine rhétorique de la "guerre"

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Nous sommes en guerre, a martelé Emmanuel Macron. Une rhétorique qui appelle ces réflexions suivantes :

Sur les dilemmes de la bioéthique contemporaine plane l’ombre de la mort, considéré comme l’ennemie ultime. Par contraste, la vie est le plus grand bien, la fin ultime, et tout ce qui la menace devient un ennemi résolu. Le discours médical est saturé de métaphores guerrières : face aux envahisseurs que sont les virus ou les cancers, qui violent l’intégrité territoriale de notre corps pour le détruire, les professionnels du combat sont chargés de la défense et mènent une guerre inconditionnelle. L’hôpital est devenu un camp militaire. Ce discours guerrier justifie des dommages collatéraux tels que la destruction d’embryons humains dans la recherche sur les cellules souches visant à éradiquer la maladie de Parkinson. Cette prétendue « juste guerre » contre la souffrance suppose des sacrifices, comme toute guerre.

Penser la médecine comme une discipline militaire et la mort violente comme le summum malum, le mal absolu, n’est possible que dans une culture sécularisée. Dans cette rhétorique, l’ennemi désigné est la mort mais celle-ci, dans une société sans Dieu, devient un nouveau dieu (mauvais), au-delà de tous les dieux. Le médecin est le nouveau rédempteur qui, par son savoir et son pouvoir sacré, a pour mission d’assurer notre salut. Le succès des séries télévisées ayant des médecins pour héros n’est peut-être pas étranger à cette nouvelle conscience religieuse.

Cette vision théologique sous-sous-sous-jacente à la bioéthique contemporaine qui nous déforme gravement est contraire au christianisme. Elle est une parodie du message chrétien de salut. Car dans la tradition chrétienne, la souffrance, la mort et les autres forces qui nous menacent et nous terrifient sont ces « principautés » et ces « puissances » qui seront complètement détruites par le Christ lors de son Avènement (cf. 1 Co 15,24). La mort, notre grande ennemie, a déjà été défaite par la mort sur la Croix et la Résurrection du Christ. Si bien que pour le chrétien, le salut ne vient pas du médecin mais du Dieu trinitaire révélé en Jésus Christ. Son disciple n’est pas appelé à sauver le Christ de la mort mais à marcher à sa suite. Sa mort doit être comprise comme la victoire de Dieu sur la mort.

C’est en raison de cette victoire que la vie, dans une perspective chrétienne, n’est pas une fin en soi. Les récits de la Passion n’affirment pas l’inviolabilité de la vie mais l’obligation faite par Jésus d’aimer ses ennemis et de prier pour ses persécuteurs. Tel est le Chemin de réconciliation que Dieu nous montre, à rebours de tout sens commun.

A la lumière de la Semaine sainte, le chrétien est invité à se réconcilier avec ces ennemis que sont la souffrance et la mort - et à voir la mort non plus comme une ennemie mais comme une amie, en tant qu’elle est une transition entre la vie présente et la vie éternelle. « Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur la mort corporelle que personne ne peut éviter. Quel malheur pour ceux qui meurent avec un cœur mauvais ! Mais quel bonheur pour ceux qu'elle surprendra avec un cœur bon car le paradis les attend auprès de Toi ! » (saint François d’Assise, Cantique de Frère Soleil). Cette perspective est apaisante et libératrice n’est possible qu’en accueillant la paix du Christ et son amour pour nous.

(Extrait de "Pour une nouvelle théologie politique", par Denis Sureau, Parole & Silence, 2008, p. 103-104)

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Quelques bienfaits de la crise présente

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Bien sûr, la crise actuelle est pénible pour beaucoup, dramatique pour certains. Mais elle présente aussi des aspects positifs, comme toute bonne purgation. En voici quelques uns (liste à compléter par vos soins) :

Bienfaits politiques : retour au réel

Prendre conscience que l'Etat ne poursuit pas le bien commun, puisqu'il s'avère incapable de protéger la santé des citoyens. Les services de santé ne disposant pas des moyens d'assurer leur mission en temps normal (100 000 lits d’hôpitaux supprimés au cours des deux dernières décennies, salaires de misère pour les soignants), convient-il de s'étonner que ces carences se révèlent criminelles en situation extraordinaire ? Une autre politique est non seulement possible mais vitale.

Inciter à la relocalisation des activités qui avaient été abandonnées au plus vaste Etat totalitaire de la planète, la Chine.

Réaliser que la mondialisation est malheureuse, que le libre-échange n'est pas la panacée, que la croissance sans fin est une illusion, qu'une autre économie est non seulement possible mais vitale.

Constater que l'Union européenne n'existe plus dès qu'un problème grave se présente : face au coronavirus, chaque Etat mène sa propre politique, comme si le virus n était bloqué aux frontières. Une autre Europe est non seulement possible mais vitale.

Bienfaits sociaux : retisser des liens

Retrouver ses enfants : les parents habituellement absents du domicile ont enfin du temps pour s'occuper de leur progéniture (même si choc est parfois rude !).

Retrouver son conjoint (même si choc est parfois rude !).

Pratiquer la solidarité entre voisins.

Bienfaits spirituels

Vivre pleinement les 3 P de la sainte quarantaine (le carême) : prière, pénitence (ni sorties, ni restaus…) et partage (l'attention au prochain).

Réveiller sa faim du Corps eucharistique, découvrir la communion spirituelle ou de désir, assister aux nombreuses messes en ligne...

Découvrir la beauté du silence, qui nous aide vivre la présence de Dieu.

 

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Le message des évêques face à la crise

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COVID-19] MESSAGE DES ÉVÊQUES DE FRANCE AUX CATHOLIQUES ET A TOUS NOS CONCITOYENS 

L’ensemble des évêques de France invite les Français à un geste commun le mercredi 25 mars prochain. Les catholiques lui donneront une signification particulière en raison de la fête de l’Annonciation, mais tout le monde peut s’y joindre : déposer une bougie sur sa fenêtre au moment où les cloches sonneront sera une marque de communion de pensée et de prière avec les défunts, les malades et leurs proches, avec tous les soignants et tous ceux qui rendent possible la vie de notre pays. Ce sera aussi l’expression de notre désir que la sortie de l’épidémie nous trouve plus déterminés aux changements de mode de vie que nous savons nécessaires depuis des années. 

Nous, catholiques, demanderons en même temps à la Vierge Marie de remplir nos cœurs de foi, d’espérance et de charité en ces temps et de nous obtenir la grâce de l’Esprit-Saint pour que nous sachions trouver les gestes nécessaires.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort
Archevêque de Reims
Président de la Conférence des évêques de France

 

 

Notre pays, avec de nombreux autres, traverse une grande épreuve. Le chef de l’État nous appelle à laisser de côté nos divisions et à vivre ce temps dans la fraternité. C’est pourquoi nous avons voulu que ce message destiné en premier lieu aux catholiques s’adresse aussi à tous nos concitoyens sans distinction. 

Nous le faisons dans un esprit d’humilité, mais avec la certitude que la foi chrétienne a une mission spécifique dans ce monde et qu’elle ne doit pas s’y dérober. Nous pensons aussi à tous ceux et celles qui partagent avec nous la foi en Dieu et la conviction qu’Il accompagne notre vie. Nous pensons enfin à tous ceux et celles qui ne croient pas mais souhaitent que la solidarité et l’esprit de service s’accroissent entre les hommes. 

À tous, nous disons notre désir que notre communauté nationale sorte grandie de cette épreuve. Depuis bien des années déjà notre humanité a l’intuition qu’elle doit changer radicalement sa manière de vivre. La crise écologique nous le rappelle sans cesse, mais la détermination a fait largement défaut jusqu’ici pour prendre ensemble les décisions qui s’imposent et pour s’y tenir. Osons le dire, l’égoïsme, l’individualisme, la recherche du profit, le consumérisme outrancier mettent à mal notre solidarité. Nous avons le droit d’espérer que ce que nous vivons en ce moment convaincra le plus grand nombre, qu’il ne faut plus différer les changements qui s’imposent : alors, ce drame porteur d’angoisse n’aura pas été traversé en vain. 

Le mercredi 25 mars, à 19h30 

Un peu partout en France, les cloches de toutes les églises sonneront pendant dix minutes, non pour appeler les fidèles à s’y rendre, mais pour manifester notre fraternité et notre espoir commun. 

Elles sonneront comme elles ont sonné aux grandes heures de notre histoire, la Libération par exemple. En réponse à ce signe d’espoir, nous invitons tous ceux qui le voudront à allumer des bougies à leur fenêtre. Ce geste, qui est de tradition dans la ville de Lyon, est un signe d’espérance qui transcende les convictions particulières : celui de la lumière qui brille dans les ténèbres ! 

CE QUI SUIT S’ADRESSE MAINTENANT AUX CATHOLIQUES.

Mercredi 25 mars, nous fêterons l’Annonciation du Seigneur. Elle eut lieu à Nazareth, chez une jeune fille, Marie. Dans sa maison, le Ciel rencontre la terre ; dans sa maison, le salut du monde est conçu ; dans sa maison, une joie nouvelle apparaît, la joie de l’Évangile, une joie pour le monde: « Car rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37).

Cette année, sans l’avoir voulu, nous fêterons l’Annonciation, confinés, dans nos maisons! Pouvons-nous célébrer cette fête plus en vérité, plus intensément, plus en communion?

Quand les cloches sonneront, le 25 mars, à 19h30, que chaque disciple de Jésus, dans sa maison, ouvre sa Bible (ou son ordinateur) et lise, seul ou en famille, le récit de l’Annonciation, dans l’Évangile selon saint Luc, chapitre 1, versets 26 à 38.

Et qu’au même moment chaque maison allume une ou plusieurs bougies, à sa fenêtre, pour dire son espérance et conforter celle de ses voisins.

Nous prierons en communion par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie en nous unissant au chapelet récité, à Lourdes, chaque jour à 15h30. Nous demanderons à Marie de nous protéger et de nous aider à mieux accueillir Jésus dans nos maisons, dans nos cœurs, dans nos vies comme elle l’a fait elle-même pour nous: « Que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38) – [1re dizaine].

Nous confierons à Marie qui devient Mère du Sauveur et qui deviendra notre Mère, nos frères et sœurs malades, nos frères et sœurs soignants, notre communauté humaine éprouvée. Nous lui dirons que nous voulons les aimer comme nous aimons Jésus, « le fruit béni de ses entrailles » (cf. Lc 1, 42), Lui qui a pris sur lui nos souffrances et nos péchés [2e dizaine].

Nous pourrons aussi confier nos craintes et nos doutes à celle qui fut toute bouleversée et s’interrogea: « Comment cela va-t-il se faire? » (Lc 1, 34). La peur d’une vie remise à Dieu, différente de celle dont nous rêvons, rejoint la peur de la mort. Marie la connaît de l’intérieur et nous pouvons lui dire sans cesse: « Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort », comme l’Église nous l’a appris [3e dizaine].

Enfin, poussés par l’Esprit, nous pourrons dire à Jésus: « Guéris-nous ! » Nous ne savons pas quelle sera la réponse sinon que, dans quelques jours, nous fêterons la passion, la mort et la résurrection de Jésus, le premier-né d’une multitude de frères qu’il fait entrer dans la vie de Dieu [4e dizaine.]

[5e dizaine avec intentions particulières].

Ouvrir sa fenêtre, allumer une bougie est un geste de communion que nous voulons offrir à toute la nation pour qu’elle rende hommage aux défunts, victimes du Covid19, et aussi à ceux qui donnent de l’espoir, soignants, autorités mais aussi famille, amis, voisins.

C’est pourquoi nous vous demandons de relayer ce message très largement autour de vous, par tous les moyens autorisés à votre disposition!

LES ÉVÊQUES DE FRANCE

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Les évêques face à une crise inédite - N°386

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Au sommaire de Chrétiens dans la Cité # 386.

La version numérique de ce numéro peut vous être envoyée exceptionnellement sur simple demande à contact@chretiensdanslacite.com

DOCUMENT : Ne fermons pas nos églises

ANALYSE : Les évêques français face à une crise inédite

INFOS : LA CEDH sous contrôle - Un Café Joyeux aux Champs-Elysées - Eglises parisiennes en péril - Ni bio ni éthique - La Passion selon Gibson - Victoire pour Alliance Vita

LES HOMMES :  Jean-Luc Fabre - Thomas Ailleret - Emmanuel Delmas - Jérôme Anciberro

LECTURES : Petite histoire de l'Eglise catholique, par Olivier Minvielle

INITIATIVES : Fondateurs mais scandaleux

 

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Repenser la Société à l’épreuve du coronavirus

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Une chronique du Père Bernard Devert (Habitat & Humanisme:

Des territoires entiers confinés dans le monde, les rassemblements interdits, les réunions évènementielles reportées sine die, coronavirus frappe fort jusqu’à créer une onde de choc, réveillant des inquiétudes et des peurs ancestrales.

Ce virus mortifère met aussi à genoux l’économie, faisant plonger brutalement et lourdement les bourses mondiales. 

‘L’Atelier du monde’ d’où est parti le virus, a dû fermer nombre de ses portes. Les entreprises en difficulté soulignent les excès de la mondialisation mettant en échec leur autonomie. 

Les relations sont quelque peu changées, marquées par une légitime prudence. Des barrières se forment, des interdits se développent. Se fait jour l’impossibilité de visiter les patients hospitalisés ou dans les établissements médico-sociaux, le virus s’attaquant à ceux fragilisés par la perte de santé et le grand âge. 

L’expression ‘vulnérabilité’ trouve ici tout son sens pour être cet état qui n’autorise plus d’aggravation, faute de quoi la personne sombre, d’où la nécessité d’une sur-attention pour éviter des ruptures touchant à la vie même. 

Le Président de la République soulignait lors d’une visite dans un EHPAD l’urgence de réglementer drastiquement l’accès aux espaces de soins. Un crève-cœur, disait-il. Il ne le sera que pour peu de temps si nous ne laissons pas le virus se propager au risque avéré d’attenter à la vie. 

Nul doute que les combattants de ce virus, chercheurs et soignants, parviendront à le vaincre. La lutte qu’ils mènent n’est pas sans un éclat d’humanité. 

Les services d’urgences des hôpitaux sont depuis des mois grippés dans leur fonctionnement mais les soignants font fi de leur intérêt personnel pour que, dans cette situation de crise, la population ait le moins possible à souffrir.

Justice que de garder la mémoire de leur magnifique engagement. 

Le coronavirus devrait nous inviter à réfléchir sur cet autre virus qu’est la pauvreté mettant bien des personnes dans des situations de confinement, territoires du bannissement. Le risque n’est pas viral, certes, mais il n’en est pas moins destructeur d’une Société qui ne sait pas mettre suffisamment de protections pour lutter contre ce mal. 

Si les masques sont nécessaires pour se protéger du coronavirus, nous devrions faire tomber ceux qui empêchent de voir cette peste noire qu’est la misère. Ne mériterait-elle pas un sursaut partagé pour refuser ce qui détruit et abime les plus fragiles. Ce soin revêt une réelle urgence. 
 

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Quel fonds de l'Eglise pour les victimes de la pédophilie

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Après l’annonce par les évêques de la création d’un fonds pour indemniser les victimes d’actes pédophiles commis par des clercs, des fidèles s’inquiètent de savoir si le denier du culte servira à financer cette mesure controversée. L’une de nos abonnées a consulté le responsable financier d’un important diocèse. Voici sa réponse :

« Il n’est en aucun cas envisagé que les dons, à commencer par le denier, servent à financer les versements aux personnes victimes. Tous les dons du passé et du présent servent à la mission de l’Église exclusivement. Si cette proposition de versement d’une somme unique et forfaitaire a un caractère symbolique, par son caractère tangible et concret, cette démarche financière montre que l’Église manifeste sa volonté de reconnaître la souffrance que les personnes victimes ont vécue. Ce versement n’est ni une indemnisation, ni une réparation, ni une transaction, ni une prise en charge. Tout ceci est du ressort de la justice, dont la fonction est d’établir les responsabilités pénales et civiles. La démarche de l’Église n’est pas un substitut à la justice. En raison du caractère spécifique de cette démarche de reconnaissance, un fonds de dotation dédié, totalement indépendant des diocèses et des paroisses, sera mis en place afin de la financer. Ce fonds sera alimenté uniquement par des contributions volontaires, à commencer par celle des évêques eux-mêmes, des prêtres et des laïcs qui le souhaitent. Les auteurs des actes (pour ceux qui sont toujours de ce monde car le plus grand nombre sont décédés) auront la responsabilité d’avoir réglé intégralement toutes les condamnations financières que la justice aura prononcées en faveur de leurs victimes. La Conférence des Évêques de France finalisera et détaillera ce dispositif dans les semaines à venir et sa mise en place en 2020 sera transparente et fera l’objet d’un contrôle externe précis. »

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