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La presse catholique a besoin de vous

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Vous connaissez la revue Transmettre et/ou la lettre d'information Chrétiens dans la Cité. Vous savez que nous oeuvrons pour l'évangélisation de l'enfance et de toute la société, dans la fidélité à l'Eglise catholique. A temps comme à contre-temps.

Notre TPE, Communication et Cité, qui édite ces publications, a rapidement besoin de votre soutien pour traverser cette mauvaise passe. C'est pourquoi nous faisons aujourd'hui appel à vous.

Vos dons à Chrétiens dans la Cité peuvent désormais être déductibles de l’impôt sur le revenu à hauteur de 66 % ! Et de l'IFI à 75% !

 

Grâce à nos amis de la Fondation Radio Espérance, reconnue d'utilité publique, vous pouvez nous aider avec des dons qui permettent une réduction d'impôt à hauteur de :

pour les particuliers : 66 % (dans la limite de 20% du revenu imposable) et 75 % pour les redevables à l'IFI (impôt sur la fortune immobilière), dans la limite de 50 000 €.

pour les entreprises : 60% dans la limite de 5°/°° de leur chiffre d'affaires.

Il est également possible de recevoir des legs par voie de testament.

Exemples :

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Pour bénéficier de cet avantage, vous pouvez :

1) Faire un versement en ligne en cliquant sur ce lien. (Merci de rajouter dans la case "Mon commentaire" : pour Chrétiens dans la Cité).

2 Ou libellez un chèque exclusivement à l’ordre de Fondation Radio Espérance et envoyez-le nous à Chrétiens dans la Cité - 17 rue Manessier - 94130 NOGENT SUR MARNE

Nous le transmettrons à la Fondation Radio Espérance, qui vous enverra directement votre reçu fiscal.

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Un guide de l'éducation chrétienne

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J'élève mon enfant avec le Christ

Sous le titre J'élève mon enfant avec le Christ, Denis Sureau publie un "guide de l'éducation chrétienne" avec l'équipe de Transmettre qu'il anime depuis 1998. Il se veut le "Laurence Pernoud" des jeunes parents catholiques.

Comment faire grandir ses enfants dans une vision catholique ? Ce livre propose non seulement des éléments d’analyse sur les fondamentaux de l’éducation chrétienne et les étapes de la croissance psychologique et spirituelle, mais aussi des conseils pratiques sur la formation religieuse, la prière en famille et la liturgie de l’Église, ainsi que des questions/réponses complètes sur les sacrements.

Facile à consulter et à lire, ce livre de référence est riche de nombreux encadrés, conseils de lecture, précisions de vocabulaire qui en font un outil accessible à tous.
 

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Les finances de l'Eglise - N°390

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Au sommaire du numéro 390 de la lettre d'information Chrétiens dans la Cité :

Pour s'abonner, c'est ICI

ANALYSE : Les finances de l'Eglise

AGENDA : Les sessions d'été

LES HOMMES : Mgr Michel Santier - Hugues de Woillemont - Nicolas Buttet - Jean-pierre Denis - Enzo Bianchi

ACTU : Numérique et catholique - Une fondation pour l'innovation éducative - Pour penser Le Monde d'après - Une année johannique - Finance solidaire : plus de 15 milliards en 2019 - Avortement allongé : rejet par le Sénat - Retour sur la messe en voiture - Confessionnal en plastique - "Tout est lié" - Visages d'Eglise en laïcité - Bioéthique : report - Pro Persona

LECTURES : Le matin, sème ton grain, par Mgr Eric de Moulins-Beaufort

INITIATIVES : Fondacio

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En ce temps de crise « Laudato Si », une chance pour la mise en œuvre d’un nouvel équilibre

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Une chronique du Père Bernard Devert, président-fondateur d'Habitat & Humanisme :

La pandémie, encore loin d’être derrière nous, met les Etats dans une situation de convalescence.

Les institutions financières au chevet du malade apportent des remèdes à la hauteur, semble-t-il, de la crise traversée, sans pouvoir pleinement éradiquer les dommages collatéraux annoncés.

Les « amortisseurs sociaux » mis à rude épreuve sont à bout de souffle.

L’avenir, insécurisé, comporte sa part d’opacité et d’angoisse pour les populations les plus fragilisées, inquiètes de perdre leur emploi. Le risque est réel malgré les mesures projetées. 

La sortie de crise passe par des équilibres nouveaux ; ils nécessitent une réflexion anthropologique qui s’avère possible à un moment où bien des certitudes sont tombées, laissant place enfin aux convictions. 

A occulter le sens de la vie, la finitude se distille et finit par s’imposer, neutralisant avenir et équité. Un vide abyssal qui fait le lit de l’orgueil, tombeau ouvert de ce ‘moi’ préfabriqué, oubliant l’autre. 

L’urgence est la recherche d’un nouvel équilibre si nous voulons que tous s’en sortent, pour éviter la déchirure sociale. L’heure est de mettre en œuvre le vivre-ensemble, non pas l’affichage d’un idéal lointain, mais une impérieuse nécessité pour aujourd’hui. La mission d’Habitat et Humanisme, engagée il y a plus de 35 ans, n’a pas perdu de son acuité. 

L’équilibre est toujours une attitude du ‘prendre soin’ ; les soignants nous ont montré leur engagement sans lequel le virus aurait fait davantage de victimes encore. 

La réflexion partagée, née d’un discernement pendant le temps du confinement, est porteuse d’une espérance que nous ne devons pas décevoir ; elle est créatrice d’un renouveau attendu.

Ces 55 jours de confinement furent ceux de l’humilité, réformant l’arrogance et la prétention qui plient toute marche vers un humanisme éclairé, garant de relations justes.

L’encyclique ‘Laudato Si’, publiée il y a 5 ans, le 24 mai, a éclairé l’horizon de bien des hommes de bonne volonté. N’y aurait-il pas urgence de l’accueillir; elle est un phare pour construire la maison commune.

Pour que tous l’habitent, des bâtisseurs doivent se lever. Quel en est le prix ? la maîtrise de l’avoir et du pouvoir pour privilégier le bien commun. Aurons-nous l’audace de faire l’effort nécessaire pour que, dans ce tsunami social, le premier bien de l’entreprise, l’homme, soit protégé.

Les intérêts à court terme, comme toujours, mettent en échec l’humanisme bien compris.

Il nous souvient du mythe de Babel, l’élévation vers le ciel n’avait d’autre perspective que de le posséder. Une voix s’éleva pour dire : « et les autres » ? Tout est dit. Leur oubli est facteur d’un déséquilibre mortifère. 

Pour bâtir la maison commune que disparaissent oukases et outrances, comme ces facilités sans fertilité que sont ces crispations affectant la marche vers un nouvel équilibre.

Spectateurs ou acteurs d’une Société nouvelle, nous sommes à la croisée d’un chemin.

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Le numéro 389 est paru

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Chrétiens dans la Cité  # 389 vient de paraître.

Abonnez-vous ICI

Au sommaire

ANALYSE : Les catholiques sociaux lancent un appel pour aller vers les plus pauvres

ACTU : Colère épiscopale suite - Diocèses et sanctuaires dans le rouge - Lectures numériques - Une nouvelle émission catholique: En quête d'esprit - La CEDH sous influence - Chesterton et le distributisme - Des oeuvres non catholiques

LES HOMMES : Thierry Magnin - François et Anne-Laure Peaucelle - Jean-Bernard Marie Bories

LECTURE : Comment les catholiques ont bâti une civilisation, par William J. Slattery

INITIATIVES : Fidesco

 

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Les Entrepreneurs et dirigeants chrétiens appellent au sursaut

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Les Entrepreneurs et dirigeants chrétiens et le mouvement Ethic lancent cet appel :

ALERTE ! ENTREPRENEURS ET SALARIES : ENSEMBLE SOYONS CONSCIENTS DE L’ENJEU

En ce jour national de Fête du Travail, un 1er mai inédit mais empli d’énergie et de volonté, nous, représentants des organisations patronales et fédérations libres, souhaitons alerter et faire entendre davantage la voix des entreprises !

Tout d’abord, nous nous sentons un devoir d’alerte sur la menace d’une crise économique majeure à l’horizon. Nous devons permettre aux entreprises, empêchées de fonctionner depuis 6  semaines, de retourner travailler vite et dans les meilleures conditions de sécurité : c’est une priorité d’intérêt général.

Nous, chefs d‘entreprise de tous horizons, mouvements patronaux et fédérations, travaillons sans relâche et depuis le début de cette crise pour garantir la sécurité de nos salariés, clients et fournisseurs. Nous nous sommes équipés, avons élaboré des chartes, des guides, avons fait preuve de la plus grande créativité pour équiper les Français en masques, gels hydroalcooliques, tests etc.

Nous croyons que le sursaut économique repose sur la fédération des énergies et des initiatives entrepreneuriales… Nos salariés sont aussi des intra-preneurs.

Nous demandons à l’État de nous FAIRE CONFIANCE, en accord avec le principe de responsabilité individuelle, et partagée.

Il n’y aura pas d’avenir immédiat sans cultiver notre éthique, sans s’appuyer sur des relations humaines nouvelles et des comportements engagés, sans intégrer une dynamique écologique et responsable, quels que soient le secteur et la taille de l’entreprise.

Le soutien financier incontestable du gouvernement est une réponse efficace mais hélas pas suffisante.

Nous sommes convaincus que ces temps redoutables sont une occasion historique de repenser les fondements de la société avec des entreprises responsables, pour sortir par le haut de cette crise.

Laissez-nous remonter la pente, faites-nous confiance, responsabilisez et soutenez les acteurs économiques.

Nous voulons croire que la France et l’Europe sont fortes d’un génie, d’une vitalité et d’un patrimoine exceptionnels à condition qu’on les laisse s’exprimer.

Merci aux salariés et aux entreprises qui assurent, non sans risques, l’intendance du pays et continueront d’arrache-pied.

Les signataires : A l’initiative de Sophie de MENTHON (Mouvement ETHIC), et  Thibault BECHETOILLE  (CROISSANCE PLUS), Maxime AIACH (FESP), Dominique ANRACT (Confédération Nationale de la Boulangerie Pâtisserie Française), Franck BOEHLY (Conseil National du Cuir), Patricia CHAPELOTTE (Femmes d’Influence), Didier CHENET (GNI-SYNHORCAT), Thierry DRILHON (Franco-British Chamber), Patrick DUBREIL (SP2C), Patrice GRAS (UNHJ), Patrick ROUX (FNEP), Michel TAUBE (Citizens Media SAS), Jean-Pierre OSENAT (SYMEV, Syndicats des commissaires-priseurs), Philippe ROYER (Les Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens), Claude SOLARZ (Vice-Président hôpitaux Hadassah France)

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Colère de l'Eglise confinée

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La suspension de la liberté de culte jusqu’au 2 juin suscite une colère inhabituelle des évêques de France. Mais auront-ils le courage d'affirmer la libertas Ecclesiae contre l'Etat antichrétien ?

Lors de plusieurs rencontres, les évêques avaient clairement fait savoir au Gouvernement qu’ils souhaitaient une reprise de la célébration publique des messes à compter de la date annoncée de début du déconfinement (semaine du 11 mai) et proposé les mesures sanitaires qu’ils pourraient mettre en place. Emmanuel Macron avait évoqué la mi-juin, pour finalement choisir la date  du 2 juin (au mieux), après la Pentecôte. Édouard Philippe le 28 avril a annoncé : « Je sais l’impatience des communautés religieuses, mais je crois légitime de demander de ne pas organiser de cérémonies avant cette barrière du 2 juin », en rappelant que les lieux de culte pourront « continuer à rester ouverts » Cette décision a provoqué une réaction assez molle du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France qui « prend acte avec regret de cette date qui est imposée aux catholiques et à toutes les religions de notre pays… nous voyons mal que la pratique ordinaire de la messe favorise la propagation du virus et gène le respect des gestes barrières plus que bien des activités qui reprendront bientôt. » Tout en ajoutant : « Les catholiques ont respecté et respecteront les consignes du Gouvernement. » Mais cette position légaliste ne sera peut-être pas suivie par tous…

En effet, on observe chez certains évêques de colère d’une intensité inaccoutumée.

« On est franchement extrêmement déçu, a déclaré Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris. Là, il y a quelque chose qui ne va pas. Il y a quelque chose qui n’est pas respecté, comme si on était des gamins incapables de mettre en place quelque chose ».

Mgr Matthieu Rougé (Nanterre), ancien « aumônier » des parlementaires (et bon connaisseur des milieux politiques), a déclaré : « Les trois lignes sèches et lapidaires du Premier ministre à propos des cultes sont inacceptables. Il y a un défaut du respect des croyants et de la liberté religieuse qui est incompréhensible… Il y a un tropisme anticatholique qui a pris le dessus chez le Président de la République ».

Même ton chez  Mgr Dominique Lebrun (Rouen) : « Je partage l’incompréhension de beaucoup devant la relégation de la liberté de culte à la dernière roue du carrosse de la nation française. »

Pour Mgr Éric Aumonier (Versailles) « le renvoi de toute possibilité de célébration au-delà du 2 juin exclut de fait la liberté de culte du principe de déconfinement progressif mis en avant par le gouvernement. La confiance ne semble pas être accordée aux fidèles et aux prêtres pour faire preuve de la prudence et de la responsabilité qu’ils ont pourtant manifestées jusqu’à présent… Je ne peux que souhaiter que ces décisions gouvernementales restent ouvertes à un vrai dialogue. Je me donne quelques jours pour réfléchir aux mesures à prendre dans les Yvelines et faire face, avec vigueur et créativité, au nouveau contexte ainsi créé. »

Plusieurs ripostes sont évoquées. Mgr Robert Le Gall, évêque de Toulouse, évoque des messes clandestines : « Ma crainte pour l’avenir est simple. Devant le caractère inacceptable de cette attente sacramentelle qui n’en finit pas pour les fidèles, des célébrations clandestines vont se mettre en place ! Le résultat sera pire finalement. Les pouvoirs publics vont essayer de les interdire, mais on passera outre en certains lieux. Il aurait mieux valu autoriser le culte public progressivement et calmement, en nombre limité, comme nous l’avions proposé au gouvernement. Nous n’avons pas été entendus. Cette interdiction prolongée du culte va entamer gravement notre confiance en ceux qui nous dirigent. »

Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban, évoque un cas de conscience et menace : « Évêques, nous ne pouvons admettre que le Gouvernement nie notre spécificité et la nécessité de la vie spirituelle de nos fidèles. Aucun Gouvernement français ne l’a fait. Je proteste… La liberté de culte n’existe plus sous le prétexte d’un danger d’épidémie. C’est une grave atteinte aux droits humains et elle en annonce d’autres… On ne peut pas priver nos fidèles de la nourriture essentielle qu’est la grâce sacramentelle. Donc nous les nourrirons. »

L’évêque de Bayonne, Mgr Marc Aillet, interprète la décision « aussi abrupte et sans nuances » du Gouvernement comme « un manque de respect envers les croyants. On peut en effet s’interroger sur le bien-fondé d’une telle décision qui ne semble pas cohérente avec la reprise annoncée de l’école, des entreprises, des transports en commun, des commerces, de la vie sociale en bien de ses aspects, comme la vie culturelle (médiathèques, bibliothèques, petits musées)…. Cela pourrait même constituer une atteinte à la liberté socio-civique des cultes, partie essentielle du droit fondamental à la liberté religieuse, garantie par la Constitution française. Nous avons bien conscience que l’exercice de ce droit est encadré dans les justes limites de l’ordre public, et c’est pourquoi les évêques ont adhéré aux restrictions imposées par le confinement. Mais ces limites ne se justifient plus dans les mêmes conditions, dès lors que des secteurs entiers de la vie sociale vont progressivement reprendre leurs droits. On peut donc légitimement espérer la révision d’une telle décision ».

Mgr Guy de Kérimel (Grenoble) propose que « des prêtres puissent avoir la possibilité de célébrer la messe à domicile… Normalement, il n’y a jamais de messe privée, mais chez des personnes en souffrance, cela devrait être possible, en prenant évidemment toutes les précautions nécessaires. »

On notera la suggestion du Père Jean-Baptiste Nadler, prêtre dans le diocèse de Vannes, ajoute : « Ne pourrait-on pas envisager la distribution de la sainte communion en dehors de la célébration de la messe ? »

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Ces ‘jours de l’après’ se rapprochent (P. Bernard Devert)

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Une chronique du Père Bernard Devert, président-fondateur d'Habitat & Humanisme :


L’annonce du dé-confinement nous met à l’aune de ces jours de ‘l’après-crise’ qu’il convient de préparer. 

Le tsunami sanitaire a provoqué un choc, tant il était inattendu. Que de mesures impensables, ou considérées hier comme irréalistes, se sont mises en œuvre dans l’urgence, suscitant un réel enthousiasme eu égard à la créativité et la réactivité de la Nation. En concertation avec l’Europe, une solidarité se construit.

Les dispositions retenues se révèlent à la hauteur du défi à relever.

Ces ‘jours d’après’ ne doivent pas décevoir l’espoir qui porte sur une ouverture au bien commun avec une attention toute particulière à l’égard des plus fragiles.

La crise fit sortir de l’ombre les invisibles, mettant en évidence l’abîme entre eux et nous. 

Des mesures ont été engagées pour offrir un confinement à ceux qui ne l’avaient pas. Tout n’a pas été possible, mais le sans-abrisme est apparu davantage pour ce qu’il est, un mépris et un scandale.

Pour ne point assombrir ces ‘jours d’après’ en reconstituant l’abîme, il convient que ceux qui ont été mis à l’abri, notamment des femmes isolées et leurs enfants, ne soient pas rejetés à la rue. Il y a urgence.

Le partage de cette conviction doit être habité par l’énergie des soignants qui se sont risqués pour protéger. Leur audace, accompagnée d’un silence, a marqué si fortement les esprits et les cœurs qu’ils offrent à « ce demain » les conditions d’un renouveau, comme si d’une certaine façon, ils nous avaient guéris de l’inessentiel. 

L’heure est de veiller à ce que les plus vulnérables bénéficient d’un toit ; son absence est destructrice de la vie. 

Cette mission revêt un caractère d’humanité que nous ne pouvons pas déserter. 
Quatre propositions m’apparaissent crédibles pour être déjà expérimentées à savoir : 
1. une résorption importante de la vacance des logements dans des patrimoines anciens pour ne pas être aux normes, notamment sur le plan thermique,
2. la recherche de mesures exceptionnelles de financements pour les travaux de réhabilitation avec les Pouvoirs Publics et l’ANAH. Ainsi à la valorisation du patrimoine pour les bailleurs s’ajouterait celle d’une attention aux plus démunis,
3. une couverture des risques de l’impayé au bénéfice des propriétaires solidaires, suggérant que l’abandon partiel des loyers (50%) soit considéré comme une libéralité, alors qu’elle ne l’est que dans l’hypothèse où le don est total,
4. une mobilisation du bénévolat pour l’accompagnement des familles logées. 

La sortie de crise sera longue et difficile, mais elle est aussi le gage d’un monde plus humain. J’entends l’interrogation : « comment » ? Qui n’entend pas la réponse au plus intime de lui-même : « en devenant meilleur ». 

La créativité et la générosité sont chemin d’avenir. 
 

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94% des catholiques pratiquants vivent bien le confinement

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Voici l'entretien donné par Denis Sureau au site Atlantico :

1/Privés de paroissiens, les prêtres ont du s’adapter en proposant pour certains des visioconférences afin de continuer à vivre la messe pour les fidèles. Les chrétiens pratiquants vont revivre Pâques comme les premiers disciples l’ont vécu. Ce retour au sens premier peut-il modifier leur engagement et leur pratique du culte ?

Denis SUREAU : Selon une enquête du cabinet Camino Conseil, 94 % des catholiques (pratiquants) déclarent bien vivre le confinement, et 63 % d’entre eux ne s’estiment pas isolés. Les deux tiers déclarent lire la Bible, 51 % d’autres publications spirituelles. C’est d’une certaine façon un retour à l’Église des catacombes. Je pense aussi aux catholiques japonais privés de sacrements (baptême excepté) pendant 240 ans, ou à l’Église du silence, dans les pays communistes. Mais les prêtres ont su exploiter les ressources du numérique en multipliant les messes en direct et en différé. Il y en a pour tous les goûts, en français comme en latin, sur la toile et à la télévision. Et les compteurs d’audience ont explosé ! Cela a pu inciter les chrétiens confinés à assister à davantage d’offices que d’habitude, notamment en semaine. J’espère que le long « jeûne eucharistique » imposé réveille en eux la faim de la communion au corps du Christ. Il y a eu depuis un siècle une banalisation progressive de la communion ; celle-ci est devenue un acte dominical imposé, au détriment du respect dû au Christ présent dans l’hostie consacrée. La privation actuelle offre l’occasion de redécouvrir toute son importance.


2/Pouvez-nous expliquer la symbolique de la communion lors des fêtes de Pâques ? Et pourquoi ce confinement rend-il si complexe cette célébration ?

DS : L’Église demande que les fidèles communient au moins une fois par an, à Pâques, car les fêtes pascales sont au centre de toute la liturgie chrétienne. Le Christ ressuscité nous offre de participer à sa propre vie divine. La messe, ce n’est pas seulement le souvenir de la Cène, le dernier repas du Christ, c’est l’actualisation de l’unique sacrifice du Corps et du Sang du Christ, mort sur la croix pour sauver les hommes, et ressuscité. Toute eucharistie est un banquet pascal, qui prend tout son sens le dimanche de Pâques. Le confinement empêche non la célébration, mais la communion sacramentelle du peuple chrétien, et c’est pour lui une souffrance. Ne pas communier, disait le Curé d’Ars, c’est comme mourir de soif près d’une source.


3/La période d’isolement liée au confinement peut-elle entraîner un retour plus intense sur le religieux ?

DS : La quarantaine, les chrétiens connaissent : c’est le carême ! La coïncidence entre le repli sanitaire et la retraite annuelle de quarante jours était une occasion à saisir pour redécouvrir la prière. Selon l’enquête Camino Conseil, 62 % des catholiques prient davantage en famille, 41 % font des temps d’adoration à la maison. De nombreuses familles chrétiennes expérimentent ainsi leur réalité d’« Église domestique » ou d’ecclesiola, d’Église en miniature. Ces expressions remontent aux premiers temps de l’Église, lorsque les chrétiens persécutés se réunissaient dans des maisons, à défaut d’églises. Pour les personnes seules, le confinement imposé peut inciter à prendre du recul par rapport à son travail, à sa vie, au sens qu’on y trouve. Un prêtre m’a dit qu’il constatait souvent le retour à la foi de jeunes retraités : après une vie professionnelle intense, ils se retrouvent comme en face du vide, privés de relations sociales, se posent des questions sur le sens de leur existence et reviennent à la pratique religieuse. Le confinement pourrait avoir un effet équivalent.

4/À l’origine, les rituels du Jeudi saint comme le chemin de croix, le feu et le lavement des pieds sont un moment fraternel pour le culte catholique. Comment, hors crise sanitaire, ces rituels étaient-ils vécus ? Quelles alternatives propose cette année l’Église ?

DS : Même une messe célébrée par un prêtre sans fidèles est un acte communautaire, un acte d’Église : l’Église fait l’eucharistie et l’eucharistie fait l’Église, disait Henri de Lubac. L’Église est la famille de Dieu. Il est important qu’une famille puisse partager des moments de convivialité et d’échanges ; mais un coup de téléphone peut resserrer les liens parfois plus fortement qu’un repas. Il en va de même pour l’Église : la liturgie avec ses rites est au cœur de sa mission ; mais elle n’est pas qu’une simple association humaine, elle est une communion, et les liens qui unissent ses membres sont d’abord spirituels. Je viens de publier un livre sur Frère Laurent de la Résurrection, le cordonnier de Dieu (Artège), un simple frère carme qui écrivait au dix-septième siècle : « Il n’est pas nécessaire d’être toujours à l’Église pour être avec Dieu, nous pouvons faire de notre cœur un oratoire dans lequel nous nous retirions de temps en temps pour nous y entretenir avec lui doucement, humblement, et amoureusement. » Une pensée qui me semble fort opportune !
 

 

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