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Soloviev, Dieu et César

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Une méditation de Vladimir Soloviev, dans La Russie et l’Église universelle :

"L'humanité a cru qu'en professant la divinité du Christ elle était dispensée de prendre au sérieux ses paroles. On a arrangé certains textes évangéliques de manière à en tirer tout ce qu'on voulait, et on a fait la conspiration du silence contre d'autres textes qui ne prêtaient pas aux arrangements. On répétait sans cesse le commandement : «Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » — Pour sanctionner un ordre de choses qui donnait à César tout, et à Dieu — rien. Par la parole : «Mon Royaume n'est pas de ce monde», on tâchait de justifier et de confirmer le caractère païen de notre vie sociale et politique — comme si la société chrétienne dût fatalement appartenir à ce monde, et non pas au Royaume du Christ. Quant aux paroles : « Tout pouvoir m'est donné dans les cieux et sur la terre » — on ne les citait pas. On acceptait le Christ comme sacrificateur et comme victime expiatoire, mais on ne voulait pas de Christ-Roi. Sa dignité royale fut remplacée par toutes les tyrannies païennes, et des peuples chrétiens ont répété le cri de la plèbe juive : « Nous n'avons pas d'autre Roi que César! » Ainsi l'histoire a vu et nous voyons encore le phénomène étrange d'une société qui professe le christianisme comme sa religion et qui reste païenne — non pas dans sa vie seulement, mais quant à la loi de sa vie."

Soloviev, Dieu et César

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No logo pour l'évêque aux armées

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Dans le numéro de février d’Egmil (Église en monde militaire), Mgr Luc Ravel écrivait après les attentats de janvier : « Le chrétien se sent pris en tenaille entre deux idéologies. D’un côté, l’idéologie qui caricature Dieu au mépris de l’homme. De l’autre, l’idéologie qui manipule l’homme au mépris de Dieu. D’un côté, des adversaires déclarés et reconnus : les terroristes de la bombe, vengeurs du prophète. De l’autre côté, des adversaires non déclarés mais bien connus : les terroristes de la pensée, prescripteurs de la laïcité, adorateurs de la République. Dans quel camp se situer comme chrétien ? Nous ne voulons pas être pris en otage par des islamistes. Mais nous ne souhaitons pas être pris en otage par des bien-pensants. L’idéologie islamique vient de faire 17 victimes en France. Mais l’idéologie de la bienpensance fait chaque année 200 000 victimes dans le sein de leur mère. L’IVG devenue droit fondamental est une arme de destruction massive. » Ces propos virils ont fortement irrité le pouvoir qui a décidé que « cette publication ne pourra plus porter le logo du ministère de la Défense, les textes n’étant relus par aucune autorité ».

Dans son dernier numéro, Chrétiens dans la Cité publie une présentation du Diocèse aux armées françaises. Abonnez-vous!

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Des limites de l'entrisme

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Les élections départementales ont permis d’éprouver les fraîches vocations politiques de candidats issus de La Manif pour tous.

Les élections départementales ont été l’épreuve du feu pour de jeunes hommes et femmes sensibilisés aux débats politiques lors des mobilisations contre le mariage homosexuel. La Manif pour tous (LMPT) avait proposé aux candidats de signer une Charte aux propositions assez minimales, permettant de mesurer leur attachement à la famille, « socle fondamental de la société ». Sens commun, le courant issu de la mobilisation contre la loi Taubira au sein de l’UMP, avait demandé à ses candidats de la signer. Or curieusement deux d’entre eux ont refusé : Fatima Amarir, à Argenteuil (battue) et Paul Bazin de Jessey, élu à Nogent-sur-Marne (cet inspecteur des finances de 29 ans est le frère de Madeleine, porte-parole de Sens commun, nommée secrétaire nationale de l’UMP en charge des programmes de formation). Devant l’étonnement de certains sympathisants, Sens commun a précisé : « nous avons estimé que, même si nous pouvions être en désaccord sur certains points, les raisons qu’ils invoquaient pouvaient être entendues et ne retiraient rien à leur intégrité ni aux valeurs qu’ils défendaient et défendront demain en qualité de conseillers départementaux. » Paul Bazin ne pense pas que « l’intérêt supérieur de l’enfant est avant tout d’être élevé par son père et sa mère » dans la mesure où il rencontre « des familles où les parents n’éduquent pas leurs enfants, voire les déconstruisent au lieu de les élever ». Est-ce une raison pour refuser le modèle ? Son refus ne s’expliquerait-il pas plutôt par un jeu politique impliquant des compromis (voire des compromissions) ?


Autre exemple instructif : l’expérience d’Édouard du Parc, un chef d’entreprise de 42 ans, catholique, coordinateur de La Manif pour tous en Gironde, et admis sur la liste d’Alain Juppé à Bordeaux aux dernières municipales. C’est un modéré, estimant par exemple que « la doctrine FN [Front national] est complètement déconnectée du réel » (cf. www.edouard-du-parc.fr). Or ce responsable de la province Sud-Ouest de Sens Commun a regretté que son parti ait été écarté de la liste Gironde Positive : « le PCD (Parti Chrétien-Démocrate) et Sens Commun, alors membre à part entière de l’UMP, pour ce dernier, en ont été exclus. Il y a donc un simulacre de rassemblement ou un rassemblement orienté, ce qui est inacceptable. » Conseiller municipal de Bordeaux, il est délégué aux professions libérales et au quartier centre-ville. Un espace d’action restreint, tandis que les postes sensibles ont été confiés à d’autres… La municipalité est d’ailleurs ostensiblement gay friendly, et vient de subventionner un Festival Cinémarges (Sexe, Genres et Identités). Des limites de l’entrisme ?

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Une Petite histoire de l'Eglise pour une grande aventure

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Découvrir la grande aventure chrétienne dans une Petite histoire de l'Eglise (1) qui tient en 200 pages, c'était une beau défi que Francine Bay a su relever. Avec son style alerte, allié à un souci de rigueur dans l’exposition des faits, Francine Bay retrace vingt siècles de'évenements heureux et malheureux. De saint Pierre au Pape François, elle fait revivre les drames et joies vécus par le peuple chrétien. Résumant les grandes évolutions, elle rétablit la vérité sur des événements parfois controversés, qu’elle illustre de brefs récits captivants. Les figures lumineuses des saints – et d’autres plus sombres – se détachent à travers les bouleversements religieux, politiques et culturels.
Ce livre est destiné aux jeunes – il peut être utilisé en complément du programme d’histoire pour les collégiens –, mais aussi et surtout aux étudiants et à tous les adultes. Il est très pratique, avec des nombreux encadrés, des cartes, un aide-mémoire des grandes dates de l'histoire de l'Eglise, des tableaux (les hérésies des premiers siècles, les principaux ordres religieux, les encycliques célèbres), la liste chronologique des papes et un Index. Bref, un livre qui trouvera sa place dans toute bonne bibliothèque familiale.
(1) Transmettre, 204 pages, 19 euros, disponible sur www.transmettre.fr et dans les librairies religieuses).

Francine Bay, Petite histoire de l'Eglise, Transmettre, 2015

Francine Bay, Petite histoire de l'Eglise, Transmettre, 2015

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Au sommaire du numéro 311

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Le numéro 311 de la lettre Chrétiens dans la Cité est paru. Au sommaire :

EDITO : Pour une conversion écologique

AGENDA

LES HOMMES : David Macaire - Hervé Giraud - Pierre de Lauzun

INFOS : La Manif pour tous et les départementales - Loi sur la fin de vie : dérives euthanasiques - Le dossier Michelet envoyé à Rome - AFC vs Gleeden - De Lyon à Erbil - Fonds éthiques - Fêtes évincées - Economie de communion

LECTURES : Vers le bien commun, de Pierre Coulange

INITIATIVES : Les associations pour chrétiens séparés

Pour recevoir ce numéro, abonnez-vous !

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Catéchisme : une crise sans fin

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Denis Sureau, éditeur de Chrétiens dans la Cité et de Transmettre, revue pour l'évangélisation de l'enfance, a publié dans le numéro de mars du mensuel La Nef un article intitulé Catéchisme: une crise sans fin. Il montre comment les nouveaux documents catéchétiques n'apportent pas de solution convaincante au problème de la transmission de la Foi.

Interrogé par le site Atlantico, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin, a déclaré : "On a renoncé à enseigner le catéchisme. On a créé quelque chose qui n’est pas un catéchisme, en n'intégrant pas par exemple certains éléments doctrinaux. Le refus d’enseigner le catéchisme, ou d’apprendre par cœur, fait que lorsque les enfants ont fini le catéchisme, ils ne savent rien du tout, ni les prières ni les évangiles. Je pense que notre responsabilité existe, car nous n’avons pas fait tout notre travail."

Catéchisme : une crise sans fin

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Le dominicain David Macaire archevêque de Fort-de-France

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Le P. David Macaire o.p., prieur du Couvent des Dominicains de la Sainte-Baume et recteur du Sanctuaire de la Sainte-Baume, a été nommé archevêque de Fort-de-France, Il succède à Mgr Michel Méranville, atteint par la limite d’âge. Né en 1969 à Nanterre (il est le plus jeune évêque de France), ayant fait profession religieuse en 1995, le P. David Macaire a été ordonné prêtre en 2001. Il est titulaire d’une licence de philosophie et d’une maîtrise (licence canonique) de théologie. Entre 1995 et 2015, le P. David Macaire a été aumônier de collège et de lycée, ainsi que de Scouts d’Europe et de Scouts Unitaires de France. Entre 2001 et 2011, il a assuré les charges de Père-Maître des frères étudiants au couvent de Bordeaux puis de Prieur du Couvent des Dominicains de Bordeaux. A partir de 2002, il a été vicaire en paroisse dans le diocèse de Bordeaux, conseiller spirituel des Equipes Notre Dame et assistant des Fraternités Laïques Dominicaines. Il a également enseigné la théologie. Depuis 2011, il est Prieur du Couvent des Dominicains de la Sainte-Baume et Recteur du Sanctuaire de la Sainte-Baume. Il est aussi exorciste diocésain du diocèse de Toulon depuis 2012.

Le dominicain David Macaire archevêque de Fort-de-France

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Pour une conversion écologique

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A l’occasion du jour de jeûne pour la justice climatique en France, qui a lieu le 7 mars, des chrétiens - parmi lesquels Denis Sureau, directeur de Chrétiens dans la Cité - lancent un appel « pour une conversion écologique ». Avec en exergue cette affirmation de s. Jean Paul II : « Il faut encourager et soutenir la conversion écologique, qui au cours de ces dernières décennies a rendu l'humanité plus sensible à l'égard de la catastrophe vers laquelle elle s'acheminait. » (17 janvier 2001).

La maison brûle. Où sont les chrétiens ? C'est la question que posent souvent les militants écologistes. Des premiers psaumes aux derniers papes, de sainte Hildegarde à saint François, les chrétiens sont pourtant héritiers d'une sagesse écologique plurimillénaire. Notre tradition n'a cessé de chanter les merveilles de la Création, tout en insistant sur notre responsabilité à son égard. Dans la vision biblique, l'homme n'est pas le propriétaire, mais le jardinier de la Terre. Dès lors, face aux désastres écologiques, comment pourrions-nous nous taire ? Sur ce point, l'année 2015 s'avère décisive. La France est en première ligne : en décembre aura lieu à Paris le grand sommet des Nations-Unies consacré au climat (COP21). De nombreuses initiatives associatives émergent pour promouvoir des modes de production et de consommation plus équitables et moins destructeurs : Changeons le système, pas le climat !
C'est dans ce contexte que le pape François, qui n'a de cesse d'inviter les chrétiens à « aller aux périphéries », publiera au printemps une encyclique sur le thème de l'écologie. Pour nous chrétiens, le carême est un temps privilégié pour approfondir l'unité de vie, dans un esprit de sobriété joyeuse. Or, la parole évangélique et la conscience écologique partagent cette exigence spirituelle de simplicité, de mise en commun et de fraternité. C'est ainsi que chacun de nous peut devenir concrètement veilleur et acteur de ce bien commun fondamental : la Création.
Ainsi jugeons-nous nécessaire que les chrétiens prennent enfin toute leur part dans ce combat transversal pour le respect du vivant, en dialoguant sereinement avec les milieux écologistes.
Parce que face à la marchandisation de tout, on ne peut séparer l'écologie humaine de l'écologie environnementale,
Parce que le saccage avéré des équilibres naturels et sociaux, dont les plus démunis sont les premières victimes, appelle une conversion globale et radicale de nos modes de vie,
Parce que seule la société civile, dans toute sa diversité, peut réellement inciter les dirigeants à prendre les mesures drastiques qu'impose la gravité de la situation,
Parce que la préservation d'un espace vivable pour tous est une des causes capables d'unir durablement les personnes et les peuples dans un esprit de justice et de paix,
Il est plus que temps de vivre enfin, individuellement et collectivement, dans nos familles et nos quartiers, cette conversion écologique qui est urgence vitale aussi bien qu'espérance évangélique.

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Mgr Hervé Giraud nommé évêque de Sens

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Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons, a été nommé archevêque de Sens et prélat de la Mission de France. Il succède à Mgr Yves Patenôtre, atteint par la limite d'âge. Né en 1957 à Tournon-sur-Rhône (Ardèche) et ordonné prêtre en 1985, Mgr Hervé Giraud a obtenu une licence canonique de théologie morale à l’Université pontificale grégorienne à Rome et un DEA de théologie morale à l’Institut catholique de Paris. Évêque auxiliaire de Lyon (2003- 2007) puis évêque de Soissons à partir de 2008, il a présidé de conseil pour la Communication de la Conférence des Évêques de France. Un recueil de ses Twitthomélies a été publié aux éditions Parole et Silence en 2014. Il a fait partie du Jury œcuménique lors du dernier Festival de Cannes.

Mgr Hervé Giraud

Mgr Hervé Giraud

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