Mgr Michel Santier, évêque de Créteil, s’est exprimé au nom de la Conférence des évêques de France, suite aux propositions de la mission parlementaire sur l'interdiction du port de la burqa. Voici le texte intégral de sa déclaration :

 

Comme président du Conseil pour les relations interreligieuses de la Conférence des évêques de France, je n’ai pas voulu prendre la parole avant que la Mission parlementaire chargée de faire des propositions à propos du « voile intégral » n’ait donné ses conclusions.

Je regrette que la Mission n’ait pas cru bon d’entendre l’avis des responsables religieux chrétiens et juifs, alors qu’elle a reçu d’autres courants de pensée. La lettre que j’ai écrite au président de la Mission aurait, au moins, mérité une réponse.

Le Conseil national du culte musulman, par son président, Monsieur Moussaoui, a clairement déclaré que le « voile intégral » n’est pas un signe religieux et que le Coran ne demande pas qu’il soit porté par les femmes.

Il faut raison garder. Le nombre de femmes portant le voile intégral étant très limité, les décisions prises ne doivent pas conduire à stigmatiser les croyants musulmans.

La proposition d’une résolution qui a l’accord des responsables du culte musulman et, semble-t-il, des différents partis politiques peut être un acte important. Mais je suis très réservé sur l’opportunité d’une loi qui ne résoudra pas la question.

Si un texte de loi était adopté, le risque pour les femmes musulmanes portant ce voile intégral est qu’elles ne sortent plus de chez elles et soient encore plus marginalisées. Ainsi le résultat pourrait être contraire à l’effet recherché et conduire, par réaction, à une augmentation du nombre de femmes portant cet habit.

Les citoyens français, et parmi eux les catholiques, ne doivent pas se laisser envahir par la peur et la théorie du choc des civilisations. Il est essentiel de distinguer la majorité de nos concitoyens musulmans qui demandent à pouvoir pratiquer librement leur culte et une minorité qui, tout en se réclamant de l’islam, cherche à déstabiliser les démocraties.

Si nous voulons que les chrétiens en situation de minorité dans les pays à majorité musulmane disposent de tous leurs droits, nous devons dans notre pays respecter les droits de tous les croyants à l’exercice de leur culte. Le dialogue en vérité entre croyants permet de dépasser les méfiances réciproques. Le chemin sera long et exigeant. La voie du respect mutuel permettra d’améliorer le vivre ensemble dans notre pays.

 

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Commentaires

Une argumentation supplémentaire pourra certainement être développée sur le sujet en analysant le lettre du Bienheureux Père Charles de Foucauld écrite à Tamanrasset, par Insalah, via Biskra, Algérie, le 29 juillet 1916. 
Nous tendons à occulter l'obligation faite à tout musulman de conversion des  Infidèles, qui sous peine d'obtempérer doivent alors disparaître, l'on sait de quelle façon.  Dans nos sociétés occidentales le pouvoir ne pouvant être pris par les armes, il le sera pas le nombre, d'autant plus facile que peu de Femmes de cette religion ont recours à l'avortement. Notre "déficit de plus de 200000 enfants sacrifiés nous permet d'ailleurs d'entrevoir l'un des effets pervers de cet état de fait. Dés la majorité atteinte il ne faudra pas longtemps pour voir se profiler des rapprochements avec les lois Islamiques. Ne perdons pas de vue ce qui est arrivée au Copte (Egyptiens), qui aujourd'hui ont été totalement absorbés et dilués par ceux là même qui furent accueillis les bras ouverts. Nous noterons la différence de traitement fait aux population chrétienne sur les terre d'Islam d'aujourd'hui, si il en une significative c'est bien celle des chrétiens d'Ismalabad retranché dans un ghetto insalubre au beau milieu des riches quartiers de cette mégapole (French Colony F-7 dans le navigateur Google Hearth), voilà pour un exemple concret. Je crains donc que ce cher Oecuménisme ne soit finalement ... qu'à  sens unique, du fait même d'une plus que réelle opposition doctrinale entre chrétiens et musulmans, ces derniers n'abandonnerons jamais leurs obligations. 
A quand la charia en France, inquiétons nous cela avance doucement, notre ministre de l'économie n'est-elle pas en train d'ouvrir l'accès au marché financier selon les règles Islamiques sur la place parisienne ?

 
Commentaire n°1 posté par Jean-Vincent le 06/03/2010 à 22h31
Je ne doute pas que Mg Santier soit un saint homme, mais je crains que cette parternelle sainteté ne soit pas étayé d'un solide bon sens, que sa vertu de charité se trompe d'objectif en défendant les porteuses de Burqua, que lui manque la vertu de prudence par des propos dont il semble ignorer les dimensions politiques.
où a-t-il vu qu'interdire la burqua était interdire aux musulmans d'exercer leur culte? Où a-t-il vu les chrétiens libres d'exercer le leur en pays musulman ? le donnant-donnant de liberté qu'il propose n'est qu'un voeu pieux !
Autres "voeux pieux", je le crains, ces "dialogues en vérité entre croyant" et ces "respects mutuels" plus incantatoires qu'effectifs !
Sa repentance vendéenne y a laissé de profondes blessures, il ne faudrait pas qu'il recommence, par exemple en demandant pardon aux musulmans pour tous les clochers de France qui sonnent encore l'angélus !
Commentaire n°2 posté par dugast le 16/02/2010 à 16h12
Monsieur,
 
Depuis 3 semaines a lieu sur l'esplanade du RER A à Vincennes une exposition de photos dont le thème est "Sur les chemins de l'école". Les photos proviennent du fonds de l'ECPAD, lequel dépend du ministère de la défense. L'exposition "invite à découvrir la vie en France à travers les époques et sur plusieurs générations." Au milieu de photos très anodines où l'on voit des enfants en classe dans différentes situations, on peut voir une photo d'une religieuse qui fait la classe avec derrière elle au mur un crucifix, un portrait de Pie XII, un portrait d'Ante Pavelic et un portrait d'Hitler. Cette photo a été prise en Croatie, elle n'a donc, outre son caractère insultant, aucun rapport avec le thème de l'exposition. Je suis vraiment choqué par cette propagande anti-catholiques. J'ai contacté la paroisse, la municipalité. Je vous serai reconnaissant de bien vouloir appuyer ma démarche, en téléphonant à la municipalité de Vincennes (01 43 98 65 00) et en mettant ces photos sur votre site en mettant un titre "Propagande anti-catholiques à Vincennes".
Merci de relayer l'information.
 
Bien cordialement,
 
Arnaud
Commentaire n°3 posté par Arnaud le 04/02/2010 à 11h19
Les questions pendantes à la lecture de ce communiqué de Mgr S laissent songeurs sur l'état de ceux qui sont censés être Docteurs et Pasteurs de notre Eglise. Heureusement qu'ils n'engagent que lui, Mgr S n'étant que le président d'une commission de la CEF qui n'a aucune autorité doctrinale.
1. Quand Mgr S s'oppose à une loi antiburrqa au motif qu'elle serait religieusement discriminante, il se contredit puisqu'il affirme juste avant que la burqa n'est pas un signe religieux, en citant le CFCM. Alors de quoi parle-t-il ?
2. Si Mgr S a des raisons de craindre le retour du laicisme version "GODF" derrière une loi antiburqa, cela n'est pas suffisant pour adopter de fait une position à la "GLNF" (toutes les religions relèvent d'une même dimension 'spirituelle' commune aux 'croyants'.) -Remarque annexe : cette vision est aussi celle d'une lecture de 'rupture' et non de 'continuité' dans la doctrine, des rapports interreligieux revisités à Vatican II-. La juste distinction n'est pas entre athéisme laic/toutes-les-croyances-religieuses, mais : l'unique-vraie-religion-chrétienne/toutes-les-autres-croyances (y compris le laicisme qui en est évidemment une forme) grevées d'erreurs diverses puisqu'étant fruits du Prince de ce monde. Il est hélas devenu typique que notre hiérarchie ne parle plus du point de vue Catholique -et du mandat de convertir toutes les nations- mais du point de vue sociologique d'un représentant parmi d'autres d'une religion parmi d'autres.
4. Sur la réciprocité islam en europe/chrétiens en terre d'islam, Mgr S malgré les apparences ne dit pas la même chose que le Saint Siège.
a) On peut rappeler que les chrétiens dans les pays de terre d'islam sont chez eux, ils étaient même là avant l'islam alors que l'islam chez nous fait irruption de l'extérieur et au lieu de respecter le pays hôte, conformément à sa doctrine de conquete (faire passer les pays de la guerre -dar el harb- en pays de la soumission -dar al islam-, moyennant la taquya -recours à la dissimulation et au mensonge face aux mécréants pour prendre place bénignement dans le paysage en recourant à tous les artifices juridiques, administratifs, financiers … tant qu'on est minoritaire-) vont de revendication en revendication, le but étant un jour d'imposer la Charia comme le coran en fait un devoir à tout bon musulman.
b) Il dit que l'islam doit etre protégé chez nous et cela comme s'il était persécuté, afin que nous soyons ensuite fondés à demander respect des chrétiens la bas. Mais l'islam chez nous n'est pas persécuté alors que nos frères chrétiens la bas le sont, et pas qu'un peu. On peut même noter que l'islam est scandaleusement encouragé chez nous par des prélats (l'éveque de Clermont le 13 juin 2003 lors de l'inauguration de la mosquée, l'évêque de Viviers voulant donner un terrain pour une mosquée il y a quelques années etc.. ) La pensée de Mgr S est objectivement et gravement injurieuse pour nos frères chrétiens persécutés la bas car leur sort est sans commune mesure avec les porteurs de burqa chez nous. Ces propos de Mgr sont tout simplement honteux. Hélas il avait déjà déclaré il y a quelques années que l'excès de catholicisme des chrétiens de Vendée au XVIII était en partie cause de la Terreur révolutionnaire subséquente.
5. Il est étonnant que Mgr ne tire pas la conclusion de ce qu'il pose justement au départ à savoir que la burqa ne relève pas de l'islam religieux.
a) De fait elle relève de l'islam politique. Si une interdiction de la burqa pour de mauvaises raisons de laicité-religion n'est pas souhaitable, une telle interdiction le reste pour de justes motifs, et déclarés comme tels, à savoir politiques : l'Etat n'a pas à tolérer les signes d'un combat politique contre la France en tant que telle qui est le sens du combat donné par les porteurs de burqa. M Vanneste avait d'ailleurs cet automne eut l'intelligence de proposer une telle loi 'religieusement' neutre. Et c'est cela que les catholiques devraient soutenir. D'ailleurs l'absence de réaction à la provocation délibérée qu'est la burqa sera inévitablement interprétée comme un signe de faiblesse des 'mécréants' que nous sommes. L'intérêt d'une loi n'est pas dans son application (d'ailleurs en France les lois sont de moins appliquées) mais dans sa force symbolique, pourvu que ses bases soient saines et clairement publiées. En l'occurence l'identité nationale et non pas la 'laïcité' (ou 'les valeurs de la république' ou les 'droits de la femme')
b) elle relève même de la dimension politique de la vie publique tout court. C'est pourquoi une candidate du NPA donc laïciste d'extrême gauche fait actuellement campagne en burqa. Croire que burqa et laïcité sont opposées et donc que favoriser la tolérance des 'croyants' porteurs de burqua reviendrait à en faire des alliés des catholiques face au laïcisme est une erreur grossière ; bien au contraire, la volonté de porter la burqa s'oppose tout autant que le laïcisme à la conception chrétienne de l'homme et de la société. Il suffit de se mettre au courant de l'état d'esprit des porteurs de burqa, (un ex. parmi des tas : http://www.sedcontra.fr/Editorial/Ce-quelle-nous-dit-sous-sa-burqa.html) pour constater que c'est la haine contre l'Occident chrétien ou du moins ce qui en reste qui est le grand motif des porteurs de burqa chez nous. On peut ajouter que la burqa même en terre d'islam est une question politique et non religieuse puisque des Etat musulmans l'ont jadis interdite (Tunisie ... mais peut etre ont ils cédés depuis, je l'ignore) étant donné qu'elle était le drapeau de mouvements qui voulaient prendre le pouvoir.
Commentaire n°4 posté par Abbé Charles Tinotti le 03/02/2010 à 14h37
Monseigneur SENTIER rencontre-t'il parfois ces homologues orientaux ?
M'est avis que ceux-ci pourraient lui expliquer en détail la situation des chrétiens coptes, syriaques et autres confrontés à la "cohabitation" ou la "dhimmitude" !
Commentaire n°5 posté par Gerfaut le 02/02/2010 à 10h43
Je ne suis pas du tout d'accord pour légiférer sur le port de la burqa; la loi sur le port du voile était une idiotie mais ici je ne comprends pas que le voile intégral n'étant pas un signe religieux il faille respecter un culte, quel culte?
Commentaire n°6 posté par Loïc de Bénazé le 01/02/2010 à 17h38
Cela a le mérite d'être flou, comme c'est trop souvent le cas avec les éccléssiastiques, qui ne doivent donc pas s'étonner qu'on ne les interroge plus pour leur demander leur avis. Cet avis n'est pas représentatif des croyant catholiques, mais d'une certaine frange de l'épiscopat.
Commentaire n°7 posté par Bond007 le 01/02/2010 à 16h23

La lettre des chrétiens actifs

Chrétiens dans la Cité
 
Ce bloc-notes n'est que la vitrine de Chrétiens dans la Cité, lettre d'information "papier" ouverte à toutes les initiatives politiques, sociales et économiques. Economie solidaire, théologie politique, nouvelle évangélisation, défense de la vie, école missionnaire, projets des communautés chrétiennes, doctrine sociale de l'Eglise: les chrétiens sont sur tous les fronts. Concise (4 pages), facile à lire, sans bavardages, parce que vous n'avez pas le temps de tout lire, mais vous voulez connaître l'essentiel.


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Chrétiens dans la Cité n'est pas une association mais une lettre d'information indépendante dirigée par Denis Sureau, 51 ans, qui édite également la revue mensuelle Transmettre pour l'évangélisation de l'enfance. Il est aussi président des Editions de L'Homme Nouveau. Philosophe de formation, il a notamment publié Retour à la politique (DMM, 1995), Petite somme politique, anthologie de textes politiques de saint Thomas d'Aquin (Téqui, 1997) et Prières devant le Saint Sacrement, traduction et commentaire des prières de saint Thomas d'Aquin (Ed. de L'Emmanuel, 2002). Ces dernières années, il contribue à faire connaître la nouvelle génération de penseurs chrétiens anglo-saxons, qu'il présente dans son livre Pour une nouvelle théologie politique (Parole et Silence, 2008). Il a assuré la direction éditoriale des livres de William Cavanaugh Etre consommé (Ed. de L'Homme Nouveau, 2007) et Le Mythe de la violence religieuse (Ed. de L'Homme Nouveau, 2009).
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La nouvelle théopolitique


Denis Sureau
Pour une nouvelle théologie politique
Parole et Silence, 174 p., 17 €
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Une nouvelle génération de théologiens se lève dans le monde anglo-saxon. Ils ont entre 30 et 50 ans et de l'énergie à revendre. Catholiques, anglicans, ou protestants, ils bouleversent les vieux clivages, remettent en cause les catégories installées. Disciples de saint Augustin et de Henri de Lubac, marqués par l'enseignement d'Alasdair MacIntyre et de Stanley Hauerwas, ils plaident pour le retour à une théologie libérée de tout complexe d'infériorité.

Penseurs de la Cité de Dieu présente dans la cité des hommes, les nouveaux théologiens refusent la « captivité politique de l'Église » et la mondialisation libérale. Produit d'une raison séculière et donc rétrécie, la modernité fondée sur la violence s'achève dans le nihilisme. S'employant à déconstruire le mythe de l'État moderne salvateur, ils lui opposent l'Église, véritable communauté de référence et de résistance. Puisant dans ses ressources - notamment liturgiques -, elle peut restaurer une amitié politique fondée sur la participation au Christ.

Thomisme subversif, anarchisme eucharistique, aristotélisme révolutionnaire, orthodoxie radicale, augustinisme postmoderne, théologie postlibérale : au-delà du choc des mots, la théologie politique du XXIe siècle est née.

Revue de presse

Caritas in veritate

Denis Sureau a publié un commentaire de la grande encyclique sociale de Benoît XVI
Caritas in veritate



Préface de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne.
192 pages - 6,50 €




 

For a New Theopolitics

A new generation of theologians is emerging in the anglo-saxon world. Catholics, Anglo-catholics or Methodists, they develop an alternative which rejects all celebrations of the secular reason. This book explores the origin and the themes of post-liberal political theology and presents fifteen scholars who bring fresh perspectives. From the « post-modern critical Augustinianism » of the Radical Orthodoxy project to the Communio circles or Ressourcement thomism, a new political theology is yet born.

Denis Sureau is the author of essays about Thomas Aquinas and politics. He is Editor-in-Chief of the French catholic Editions de L'Homme Nouveau.

Book summary

Introduction

Chapter I - The political theologies of the twentieth century

The Schmitt-Peterson debate

Action Française and Neo-Thomisms

From "Political Theology" to "Liberation Theology"

Henri de Lubac at the turn of contemporary theology

Chapter 2 - The Church as Communion: After Vatican II

David Schindler or how to be American, anti-liberal, and theologian of communion

Tracey Rowland or postmodern Augustinian Thomism

Aidan Nichols or the revival of Christianity

Chapter 3 - Morality: the wind rises

Alasdair MacIntyre or revolutionary Aristotelianism

Stanley Hauerwas or the Kingdom of Peace

John Porter or natural law rediscovered

Therese Lysaught or the search for a Christian bioethics

Chapter 4 - Radical Orthodoxy: the Cambridge revolution

John Milbank or beyond secular reason

Catherine Pickstock or how an Anglican theologian rethinks the truth about the Mass.

Chapter 5 - Exercises of theopolitical imagination

John Howard Yoder or the politics of Jesus

Oliver O'Donovan or the Biblical roots of politics

William Cavanaugh or Eucharistic anarchy

Emmanuel Katongole or the new African theopolitics

Stephen Long or theological critique of capitalism

Daniel Bell or to think of God in the city after the end of history

      Appendix: European Cousins

 
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