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Radioscopie des catholiques

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L'institut de sondages d'opinion Ifop a publié le 15 août une synthèse de 135 sondages réalisés entre 2005 et 2009 sur les catholiques français. Le nombre de Français se disant catholiques est passé de 87% en 1972 à 64% aujourd'hui. Ceux qui déclarent assister à la messe tous les dimanches sont passés de 20% en 1972 à 4,5% aujourd'hui. 65% d'entre eux ont plus de 50 ans. Les catholiques demeurent sous-représentés dans les catégories populaires (ouvriers et employés), qui constituent seulement 18% des pratiquants contre 32% des Français. Les départements les plus christianisés demeurent à l'Est (Lorraine, Alsace, Franche-Comté), dans l'Ouest intérieur (de la Manche aux Deux-Sèvres et la Vendée), dans le sud du Massif Central (Cantal, Haute-Loire, Lozère) et dans les Pyrénées-Atlantiques. La pratique s'érode en Meurthe-et-Moselle et dans les Vosges, ainsi qu'en Bretagne. Elle progresse dans une partie du bassin parisien : les Yvelines, les Hauts-de-Seine et Paris. Politiquement, le vote des catholiques s'accentue nettement à droite : 39 % des pratiquants se sentent proches de l'Ump (39% chez les pratiquants) et 13,8% du Mouvement pour la France et du France national (contre 10,3% pour l'ensemble des Français). L'électorat catholique centriste se maintient (12,9% des pratiquants) tandis que le vote « catho de gauche » s'efface (21%, soit 15 points de moins que la moyenne nationale).

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Philosophies de l'Action catholique

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La disparition en 1956 de l'Acjf (Association catholique de la jeunesse française), fondée en 1886 et fédérant les mouvements de jeunesse d'Actioncatholique (Jac, Joc...) aurait été le résultat d'un conflit entre deux conceptions de l'évangélisation et du rapport de l'Eglise au monde. Derrière ces deux visions,le P. Jean-Hugues Soret repère deux philosophies : celle de Maurice Blondel (qui a sa préférence) et celle de Jacques Maritain. Les maritainiens étaient soutenus par les évêques et avaient conquis la Joc. Les blondéliens imprégnaient surtout la Jac. Pour l'auteur, la victoire des premiers sur les seconds expliquerait la politisation des mouvements d'action de jeunesse (et leur déclin). Leur marxisation était en germe chez le Maritain d'Humanisme intégral développé par son disciple turbulent qu'était le P. Chenu. Pour le P. Soret, la philosophie de l'action de Blondel, plus réaliste tout en demeurant intégralement catholique, éviterait ces dérives. Une contribution originale à l'histoire des déchirements de l'Église de France au XXe siècle.

 


Philosophies de l'action catholique

Cerf, 496 p., 44 €

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L'Etat et la conscience

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L’Union internationale des juristes catholiques et la Confédération des juristes catholiques de France organisent un congrès international à Madrid les 12 et 13 novembre prochains sur le thème L'État et la conscience. Outre le cardinal Tauran et Mgr Burke, des conférenciers de qualité traiteront des questions brûlantes telles que celle de l'objection de conscience face à l'Etat moderne et post-moderne.

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Travail forcé au BHV

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La fête de l'Assomption est jour de travail obligatoire au BHV (Bazar de L'Hôtel de ville) de Paris. Voici le texte de la lettre envoyée par la responsable des ressources humaines à une employée récalcitrante :

« Comme précisé dans la note d'information du 18 juin, le magasin de Rivoli et le BHV Homme seront ouverts le samedi 15 août de 10h à 19h. Vous ne vous êtes pas déclaré volontaire pour venir travailler ce jour-là. Votre présence est néanmoins indispensable afin d'assurer la couverture suffisante dans votre service. Le samedi faisant partie de vos jours habituels de travail, nous vous demandons de bien vouloir vous présenter à votre poste ce jour-là. Si vous ne deviez pas tenir compte de notre demande, votre absence serait considérer comme injustifiée et nous serions contraints d'envisager une sanction à votre encontre. » (Les fautes d'orthographe sont d'origine.)

Où l'on voit que le « volontariat » des salariés confrontés au travail le dimanche et les jours fériés rencontre vite ses limites...

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Bayard face à la crise

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Nommé le 25 juin dernier, le directoire de Bayard n'a pas tardé pour présenter ses orientations stratégiques et la réorganisation de son fonctionnement. Le groupe des Assomptionnistes est touché par la crise, surtout dans son pôle presse : baisse en 2008 des ventes au numéro (-3%) et récession du marché publicitaire (-5%). Toutefois l’édition enregistre de bons résultats et un chiffre d’affaires en progression (+5,5%). Le modèle internet demeure incertain, avec des ressources publicitaires insuffisantes. Une nouvelle organisation vient d'être mise en place et un plan social a été annoncé, visant une cinquantaine de départs volontaires sur les 2100 salariés que Bayard compte dans le monde dont 1600 en France. Des publications ont été arrêtées ou fusionnées, ou ont vu leurs équipes réduites. Selon le syndicat Cfdt des journalistes, « en 5 ans, Bayard aura baissé ses effectifs de 250 salariés, sans compter les pigistes. Cette fois, l’argument, c’est la crise. Elle a bon dos ! Nous y voyons plutôt, nous, une accumulation de choix stratégiques et éditoriaux voués à l’échec. Un entêtement dans certaines erreurs. Et parfois, un laxisme impardonnable. »
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Une grande encyclique sociale

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L'encyclique sociale de Benoît XVI était attendue.

D'abord parce que vingt-deux ans après Centesimus annus, le dernier grand texte magistériel sur « l'enseignement social de l'Eglise », le phénomène de la mondialisation a pris une telle importance qu'un éclairage romain devenait chaque jour plus utile.

Ensuite, parce que la personnalité du successeur de Jean Paul II sur le Siège de Pierre ne pouvait manquer d'attiser l'a curiosité. Théologien de grande envergure, Joseph Ratzinger devenu Benoît XVI ne pouvait se contenter de répéter ce que les pontifes antérieurs avaient exposé. Son exigence de rigueur dans la réflexion et l'expression l'a conduit à renvoyer à de nombreuses reprises la copie de ses collaborateurs. L'encyclique était conçue pour célébrer le quarantième anniversaire de l'encyclique Populorum progressio de Paul VI. Plutôt que de respecter le calendrier en produisant un texte insatisfaisant, le Pape a préféré rajouter deux bougies sur le gâteau en reportant la publication du document.

Enfin, et c'est la troisième raison à relever, l'encyclique de Benoît XVI attire les regards en raison de la crise économique et financière qui secoue la planète et, par voie de conséquence, l'idéologie de la « mondialisation heureuse ». A l'automne 2008, devant les évêques réunis en synode, le Saint-Père avait tenu ces propos presque brutaux: « Aujourd'hui, nous le voyons bien avec la faillite des grandes banques: l'argent disparaît; il n'est rien. » La radicalité de l'analyse tranchait sur la prose parfois complaisante des chrétiens libéraux. Caritas in veritate n'a pas pour but d'apporter un diagnostic technique des secousses présentes mais, plus profondément, de montrer la fécondité de la vision chrétienne de l'économie et de la société, seule capable d'éviter au monde de tels désordres et drames.

Pour élaborer son encyclique sociale, Benoît XVI a beaucoup consulté. C'est sa méthode: beaucoup écouter, beaucoup réfléchir et enfin agir avec prudence et fermeté au moment opportun. Mais Caritas in veritate est tout sauf composite. Le texte porte la marque très personnelle de celui qui l'a signé...

La suite de ce texte est publié comme commentaire de la première édition de l'encyclique publiée par les éditions Téqui/Saint-Paul avec une préface de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne.

192 pages. 6,50 €

A commander sur 

www.transmettre.fr (paiement en ligne).


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AMNESTY INTERNATIONAL POURL'AVORTEMENT

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Le virage d'Amnesty International en faveur du droit à l'avortement a été une nouvelle fois confirmé avec son intervention auprès du Nicaragua, l'un des derniers pays à interdire le meurtre de l'enfant à naître. Widney Brown, directrice générale du programme Droit international et politique de l'ONG, a déclaré dans un communiqué : « tant que l'interdiction totale sans exception est en vigueur, le Nicaragua foulera aux pieds ses obligations au regard du droit international qui lui impose de protéger les droits humains ». Amnesty International appelle les États « à prendre les mesures suivantes afin de prévenir les graves atteintes à ces droits », à savoir : « abroger toutes les lois qui permettent l'incarcération ou toute autre sanction pénale contre les femmes qui ont recours ou tentent d'avoir recours à l'avortement et (...) ceux qui fournissent des informations sur le sujet ou pratiquent des avortements ; (...) prendre toutes les mesures nécessaires pour que des services d'avortement, sûrs, légaux, accessibles, acceptables et de bonne qualité soient à la disposition de toutes les femmes qui en ont besoin » etc.

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Cimade vs Malte

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Le conflit qui oppose la Cimade et le gouvernement suite à la la réforme de l'assistance aux étrangers placés dans les centres de rétention administrative (cf. Chrétiens dans la Cité, n°223) fait des dégâts collatéraux entre organisations chrétiennes. L'association protestante a engagé des procédures judiciaires pour conserver son monopole. Une démarche soutenue notamment par le Secours catholique (et son président, le socialiste François Soulage) et Emmaüs, mais contre l'Ordre de Malte qui, avec quatre autres associations, a été retenue par l'Etat pour accompagner les immigrés illégaux. Le Conseil d'État a validé le décret qui définit leurs missions en matière d'aide à l'exercice effectif des droits des étrangers. Une affaire à suivre...

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Un Haut conseil contre la famille

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Annoncé de longue date et convoqué le 5 juin pour une première réunion à Matignon, le Haut conseil de la famille a été créé pour « évaluer les évolutions sociales, économiques et démographiques » et mener « les réflexions nécessaires dans le cadre du financement de la branche famille de la sécurité sociale et de son équilibre financier ».


Au terme d'une gestation de deux années, le Haut conseil de la famille remplace la Conférence annuelle de la famille et le Haut conseil de la population et de la famille. Il est présidé par Bertrand Fragonard, président du Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie. Cependant sa légitimité est déjà contestée en raison de sa composition. Après l'avoir critiquée, le Medef et la Cnaf ont finalement accepté d'être présents, mais sans grande conviction. Quatre syndicats (Cftc, Cgc, Cgt, Fo) refusent quant à eux d'y participer, s'opposant à ce que l'Unaf et ses affiliés aient le même nombre de sièges que les partenaires sociaux. Pascale Coton, secrétaire générale adjointe de la Cftc, explique cette position : « La légitimité à s'exprimer sur le rapport entre vie professionnelle et vie familiale appartient aux partenaires sociaux, représentants élus des travailleurs. Ces travailleurs étant les vrais financeurs de la branche famille de la Sécurité Sociale. Pour preuve, le premier thème de travail de ce Haut conseil : les congés parentaux. Comment l'Unaf qui n'a aucun lien avec l'univers de l'entreprise peut-elle s'exprimer sur ce sujet en pouvant réellement tenir compte de tous les paramètres inhérents au monde du travail ? »De son côté, l'Union des familles en Europe a formé un recours contentieux devant le Conseil d'État contre le monopole accordé à l'Unaf et aux associations familiales qu'elle contrôle. L'Ufe s'étonne : « Pourquoi n'y a-t-il dans ce conseil que des membres de cette instance ? Parce qu'une ordonnance de 1945, reprenant un décret-loi de 1942, confie à un organisme unique, l'Unaf, le monopole de la représentation des familles auprès des pouvoirs publics. Un peu comme si l'ensemble des salariés ne pouvait être représenté que par un syndicat unique. » Dans ses rapports 2004 et 2005, la Cour des Comptes avait mis en doute la représentativité de l'Unaf, cet interlocuteur choisi par l'Etat et grassement entretenu par lui (25 millions d'euros par an). De ce fait, affirme l'Ufe, « l'Unaf mène une politique très complaisante à l'égard des pouvoirs publics ».


Lors de la première réunion du Haut Conseil - passée presque inaperçue -, le « dossier prioritaire » qui a été retenu est celui de « la refondation des congés parentaux », dans la perspective évoquée par Nicolas Sarkozy en février: limiter l'« immense gâchis » que serait l'absence des femmes du marché du travail. Pistes avancées : en réduire la durée (actuellement jusqu'à trois ans) et inciter les papas à le prendre - voire même de les contraindre à y avoir recours, comme dans certains pays du Nord. Le Haut conseil devra trouver mieux pour acquérir sa légitimité.

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