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Angelo Scola ou le christianisme comme événement

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Le dernier livre du cardinal Angelo Scola paru en France s'intitule Jésus, avenir de l'homme. Or il a pour originalité de ne pas parler de... Jésus ! Du moins peu directement.

Fortement marqué par la pédagogie élaborée par Luigi Giussani et expérimentée au sein du mouvement Communion et Libération, le cardinal Angelo Scola propose plutôt une expérience existentielle qui, partant de réalités vitales – la rencontre de la réalité, la poursuite de la liberté, la recherche du bonheur... - qui peuvent, si elles sont pleinement assumées, nous conduire au Christ et son Église.

Dépassant ses premières réactions ou son incompréhension, le lecteur doit entrer dans la logique de cette démarche, qui a largement prouvé sa fécondité. Il s'agit bien d'un « parcours de vie », d'un itinéraire purifié de toute érudition encombrante, comme de toute apologétique trop facile. « Le christianisme est la plénitude de l'humain », affirme d'emblée Scola. C'est en redécouvrant la profondeur de la vie que nous sommes attirés par la Vie ; c'est en étant réceptifs à la richesse de la réalité qui vient à notre rencontre, qui advient (la vérité est un événement), que nous saisissons que les signes renvoient à un être qui les dépasse et dont elles participent. Ma raison «héberge le réel » comme ma foi accueille le Christ qui vient vers moi dans la rencontre avec son peuple, l’Église, qui le rend visible et abordable.

C'est pourquoi « le christianisme est un événement ». Un essai dense, original, enrichissant.

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Angelo Scola

Jésus, avenir de l'homme

Un parcours de vie chrétienne

Salvator, 192 p., 18 €

 

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La théologie politique d'Angelo Scola

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Patriarche de Venise devenu archevêque de Milan est considéré comme un papabile des plus crédibles.

Cofondateur de la revue Communio avec Balthasar et Ratzinger, animateur d'Oasis (pour le dialogue entre chrétiens et musulmans), il a été surtout fortement marqué par Communion et Libération. Sa vision de l'engagement chrétien s'inscrit pleinement dans l'orientation du grand mouvement d'évangélisation créé par Luigi Giussani. Elle oscille entre d'une part, la prise en compte réaliste de la situation présente d'une société « plurale », éclatée et sécularisée, et d'autre part l'affirmation décomplexée du recours indispensable aux ressources de la foi et de l’Église. La « nouvelle laïcité » qu'il esquisse exclut la neutralisation des religions et implique au contraire de leur permettre de proposer leur « propre vision des biens spirituels et matériels, communs à tous les hommes ». 

Qu'il s'agisse de construire un ordre social juste, réveiller la « raison économique » (fort différente de la raison des économistes) ou intégrer « des styles de vie bonne », le cardinal Scola s'emploie à montrer qu'on ne peut décidément pas se priver de la présence du Dieu de Jésus Christ.

 

 

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Cardinal Angelo Scola

Bien vivre ensemble au XXIe siècle

Editions de l'Emmanuel, 150 p., 17 €

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Au sommaire de Chrétiens dans la Cité n°280

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ANALYSE : Uun riche héritage (Benoît XVI et la doctrine sociale de l'Eglise)

AGENDA

NOMINATIONS - 4 EVEQUES : Jean Teyrouz, Michel Aupetit, Stanislas Lalanne, Laurent Percerou

INFORMATIONS

  1. Menaces sur les allocations familiales
  2. Un Fonds pour la justice
  3. "Arracher les enfants au déterminisme de la religion"
  4. Mariage homo : une pétition et des sondages avant le 24 mars
  5. Fonds gay
  6. Jean-Marie Bigard
  7. Femen

LECTURE : "Le malentendu islamo-chrétien" du P Edouard-Marie Gallez

INITIATIVES : Les chiffres des vocations

 

Pour recevoir ce numéro, abonnez-vous pour seulement 30 euros par an.

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L'enseignement social de Benoît XVI (2/2)

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L'essentiel de l'enseignement social de Benoît XVI se trouve dans l'encyclique Caritas in veritate qui, conçue au départ pour célébrer le quarantième anniversaire de l'encyclique Populorum progressio (1967) de Paul VI, propose une vision renouvelée de la doctrine sociale de l'Eglise, « rethéologisée » en quelque sorte.

On en trouvera une synthèse dans ces études réalisées par Denis Sureau.

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L'enseignement social de Benoît XVI (1/2)

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Au plan de l'engagement chrétien dans la cité et la doctrine sociale de l’Église, il restera du pontificat de Benoît XVI des discours importants où l'intelligence et la culture du théologien s'accompagnent de la profondeur spirituelle de l'homme de foi, et une encyclique sociale, Caritas in Veritate (2009), qui apporte des éclairages nouveaux sur l'importance de la gratuité au centre de l'activité économique, le refus de l'étatisme comme du libéralisme, la promotion d'un « tiers secteur » vivant « la logique du don » et échappant à la seule règle du profit, la nécessité d'une véritable « écologie humaine » évitant les errements de l'écologie dite profonde. L'axe central de cet enseignement est le lien vital entre la charité et la foi, deux vertus théologales « intimement liées », qu'on ne peut « jamais séparer voire opposer », comme il l'a rappelé dans son dernier message de carême. C'est par exemple au nom cette conviction qu'a été engagée la reprise en main du réseau Caritas (représenté en France par le Secours catholique), contaminé par le sécularisme

La gratuité, thématique centrale de l'encyclique sociale de Benoît XVI, a été présentée par Denis Sureau en 2010, à l'invitation de Mgr Nicolas Brouwet, alors évêque auxiliaire de Nanterre (et aujourd'hui évêque de Tarbes et Lourdes), devant des dirigeants politiques et économiques.

Le texte de cette intervention est disponible ici.

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Associations caritatives : les meilleurs élèves

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Pour la troisième année, le magazine Capital épluché les comptes de 131 associations caritatives qui font appel à la générosité publique. Retrouvez ici l'analyse détaillée de leurs comptes.

Parmi les associations d'inspiration catholiques bien gérées, citons l'Association Soeur Emmanuelle, la Délégation catholique pour la coopération, Emmaüs France, Enfants du Mékong, Fidesco, Fondation d'Auteuil, Fondation des monastères, Habitat et humanisme, Les PetitsFrères des Pauvres, l'Ordre de Malte...


Capital précise : « Ne demandez pas à l’Association Mère Teresa pour les enfants (AMTE) de vous montrer ses comptes. Bien qu’il s’agisse d’une obligation légale, cette officine juge la demande inconvenante. On la comprend. Poursuivie depuis 2009 pour "escroqueries aggravées" et "abus de confiance", l’AMTE, qui reconnaît n’avoir aucun lien avec la congrégation de la religieuse de Calcutta, n’est pas un modèle de charité chrétienne. Une fois payés le salaire de sa permanente et le loyer de son local parisien, elle transfère, selon nos estimations, plusieurs centaines de milliers d’euros par an à son fondateur, qui réside à l’étranger. »

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Menaces sur les allocations familiales

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Jean-Marc Ayrault a installé le 7 février le nouveau Haut Conseil de la Famille (HCF). Dans son intervention, il a indiqué les priorités de la politique familiale pour les années à venir : revalorisation des aides aux familles les plus modestes, développement des services à la famille, accroissement des solutions d'accueil de jeunes enfants dans les zones en carence, activités périscolaires. Ces priorités sont « à concilier avec l'objectif de ramener la branche famille de la sécurité sociale à l'équilibre en 2016 ».

Différentes mesures vont être étudiées pour réduire les allocations familiales : mise sous condition de ressources ou, comme l'a suggéré Didier Migaud, le président socialiste de la Cour des comptes, fiscalisation.

Or la branche famille est en déficit (2,5 milliards d'euros en 2012), rappelle l'Union des Familles en Europe (Ufe), parce qu'elle est régulièrement pillée depuis vingt ans. Ainsi en 2011 « on a mis à sa charge 4,8 milliards de dépenses jusque là logiquement assumés par la branche vieillesse puis qu’il s’agit des majorations de pensions versées par la Caisse vieillesse aux retraités qui ont eu plus de 3 enfants ». L'Ufe ajoute : « De déficit artificiellement creusés en économies rendues 'nécessaires' par lesdits déficits, les prestations des familles baissent d’années en année. En 1954, une famille de 2 enfants recevait 638 € par mois de prestations familiales. Aujourd’hui, elle ne touche plus que 124 €. En 1984, la base mensuelle des allocations familiales représentait 33,6% du salaire médian des Français. Elle est tombée à 24%. »

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Culture et communication de la liberté

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Quelle liberté peut-elle inspirer les catholiques engagés dans la communication ? Comment concevoir le devoir des médias ou journalistes chrétiens à faire un bon usage de la liberté authentiquCultura couv076e pour contribuer à la nouvelle évangélisation ?

 

Denis Sureau a développé ces thèmes dans une conférence donnée à Madrid dans le cadre du XIII Congreso Catolicos y Vida Publica, dont le thème était Libertad religiosa y Nueva Evangelizacion. L'essentiel de cette conférence a été publié dans l'organe officiel de l'épiscopat espagnol.

 

 

 

Le texte intégral de cette intervention en français est disponible ici.

 

 

Et sa traduction espagnole ici.

 

Ce texte a été publié dans les Actes du Congrès, publiés par CEU Ediciones.


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Autour de la renonciation de Benoît XVI

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La question de la démission d'un pape avait été posée lors des dernières années du pontificat de Jean Paul II. Le vieux pape polonais ne contrôlait plus les décisions (textes, nominations) que prenait la curie à sa place, et dont certaines ne furent pas très heureuses. Certaines choquèrent le Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi et il est probable que le choix de Benoît XVI s'explique en grande partie par la volonté d'éviter une pareille évolution.

Au début des années 2000, les avis étaient partagés sur l'opportunité de la démission de Jean Paul II. Certains étaient hostiles, tel cardinal canadien Marc Ouellet (aujourd'hui papabile) avait déclaré : « Avec le grand service qu'il nous a rendu pendant 27 ans, je crois qu'il mérite bien de mourir pape. » D'autres répliquaient, comme le cardinal brésilien Paulo Evaristo Arns : « quand le pape s'absente, c'est la curie romaine qui décide ». Et le cardinal argentin Jorge Mejia, ancien directeur de la bibliothèque du Vatican et ex-compagnon d'études de Karol Wojtyla résumait le débat : « La démission du pape est une chose possible, qui est prévue dans notre Code, et (…) s'il sent que ses forces ne lui suffisent plus pour remplir complètement sa fonction, qui est extrêmement compliquée et pleine de toutes sortes de problèmes, il présentera sa démission devant Dieu ».

Or le même discours avait été tenu dès 2002 par trois cardinaux que la presse italienne regroupe sous l’expression de « parti de la démission » : le belge Godfried Danneels et le hondurien Oscar Andres Rodriguez Maradiaga et surtout... Joseph Ratzinger ! Depuis, ce dernier avait constamment défendu la même position, notamment dans le livre d'entretiens La lumière du monde.

La possibilité d’une renonciation est expressément reconnue par le code de droit canonique en ces termes : « S’il arrive que le Pontife romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu’elle soit dûment manifestée, mais non pas qu’elle soit acceptée par qui ce soit » (c. 332, § 2). Cet article n’innovait rien : il s’agissait d’une simple reprise du code de droit canonique de 1917 (c. 221). Le terme de renonciation doit être préféré à celui de démission, puisque personne dans l’Eglise militante n’a le pouvoir de l’accepter.

Dans l’histoire de l’Eglise, rares sont les papes ayant renoncé à leur charge. Certains cas sont douteux : saint Martin Ier, Benoît XV. Jean XVIII quitta le siège de Pierre en juin 1009. Selon un vieux catalogue romain, « après cinq ans et demi de règne, il se retira dans le monastère de Saint-Paul-hors-les-Murs, et y finit ses jours sous l’habit religieux. » Dans des circonstances troublées, Sylvestre III regagna en 1044 son évêché de Sabine après quarante jours d’un pouvoir contesté (certains le qualifiant d’antipape). Son successeur Benoît IX abdiqua également avant de remonter, deux ans plus tard, sur le Siège de Pierre jusqu’à ce que l’empereur Henri III l’en chasse de force.

Le cas le plus célèbre et le plus touchant est celui de saint Célestin. En 1294, sur les conseils du roi de Naples, ce saint ermite de près de 85 ans fut élu sous le nom de Célestin V, après une vacance du Saint-Siège de deux ans et trois mois. Brutalement plongé au milieu des complots des politiques voulant utiliser son autorité morale à leurs desseins, il se rendit rapidement compte que le métier de pape ne lui convenait pas. Au bout de cinq mois, il abdiqua devant les cardinaux réunis, exposant simplement les raisons de sa décision : son âge et son incompétence. Avant de retourner à la vie solitaire, il aurait promulgué une constitution sur l'abdication pontificale, dont le texte a été perdu. Il fut canonisé par Clément V, qui le qualifia cependant de « pontife inexpérimenté dans le gouvernement de l’Eglise universelle ».

La validité de cette renonciation fut cependant contestée, si bien que son successeur Boniface VIII a dû approfondir les dimensions juridiques et théologiques de la renonciation. Il déclara solennellement : Après avoir délibéré de cette question avec les cardinaux de la sainte Eglise…nous statuons et décrétons, de par notre autorité apostolique, que le Pontife romain peut librement résigner ses fonctions. Rome a parlé, la cause est entendue.

La démission de Benoît XVI cause une grande émotion dans le peuple chrétien. Malgré sa brièveté, son pontificat aura fortement marqué l'Eglise.

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