Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Confuse laïcité

Publié le

Trois décisions ont été récemment prises concernant la laïcité, dont deux rejetant des requêtes laïcistes, et une les acceptant. Synthèse.

Les revendications des officines laïcistes n'ont pas toujours le dernier mot. Un premier exemple a été donné par la décision du Conseil constitutionnel en faveur du maintien du Concordat dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et la Moselle. Une Association pour la promotion et l'expansion de la laïcité avait déposé une Question prioritaire de constitutionnalité contre le financement public du traitement des pasteurs (avec effet inévitable sur les prêtres et les rabbins). Mais le Conseil constitutionnel, qui avait déjà donné en 2010 une valeur constitutionnelle au statut dérogatoire d'Alsace-Moselle, a repoussé cette demande pour la même raison. L'exception confirme la règle, en l’occurrence l'article de la loi de 1905 stipulant que la République ne salarie aucun culte. De fait, comme l'a montré Émile Poulat, la séparation des Églises et de l’État a fait l'objet au cours du vingtième siècle de nombreuses dérogations : l'histoire de la laïcité dite à la française est une histoire d'accommodements.

 Second arrêt aux réclamations laïcistes : le 21 février, lors de la réunion de l'instance entre les représentants de l’Église catholique et le gouvernement, le premier ministre a confirmé l'accord signé le 18 décembre 2008 entre le Saint-Siège et la France sur la reconnaissance des grades et diplômes canoniques décernés par les universités catholiques. Un rapport avait pourtant été remis en décembre au gouvernement par Vincent Berger, président de l'Université Paris VII, qui proposait son abrogation, laquelle avait d'ailleurs été promise lors de sa campagne par le candidat François Hollande. A vrai dire, cet accord s'inscrivait logiquement dans le processus de Bologne, approuvé par la France, visant à harmoniser les structures et diplômes de l'enseignement supérieur de différents pays.

 Le troisième cas de litige, cette fois ci favorable à la Libre Pensée, a une portée secondaire. Au terme de quatre ans de batailles judiciaires, le Conseil d’État a invalidé les subventions accordées par la région Limousin et le département de Haute-Vienne aux confréries organisant les ostensions limousines. Ces processions et expositions de reliques de saints limousins attirent jusqu'à cent mille personnes dans une ambiance où se mêlent piété et folklore. Piété jugée excessive par le Conseil d’État.

 

Partager cet article

Repost0

Angelo Scola ou le christianisme comme événement

Publié le

Le dernier livre du cardinal Angelo Scola paru en France s'intitule Jésus, avenir de l'homme. Or il a pour originalité de ne pas parler de... Jésus ! Du moins peu directement.

Fortement marqué par la pédagogie élaborée par Luigi Giussani et expérimentée au sein du mouvement Communion et Libération, le cardinal Angelo Scola propose plutôt une expérience existentielle qui, partant de réalités vitales – la rencontre de la réalité, la poursuite de la liberté, la recherche du bonheur... - qui peuvent, si elles sont pleinement assumées, nous conduire au Christ et son Église.

Dépassant ses premières réactions ou son incompréhension, le lecteur doit entrer dans la logique de cette démarche, qui a largement prouvé sa fécondité. Il s'agit bien d'un « parcours de vie », d'un itinéraire purifié de toute érudition encombrante, comme de toute apologétique trop facile. « Le christianisme est la plénitude de l'humain », affirme d'emblée Scola. C'est en redécouvrant la profondeur de la vie que nous sommes attirés par la Vie ; c'est en étant réceptifs à la richesse de la réalité qui vient à notre rencontre, qui advient (la vérité est un événement), que nous saisissons que les signes renvoient à un être qui les dépasse et dont elles participent. Ma raison «héberge le réel » comme ma foi accueille le Christ qui vient vers moi dans la rencontre avec son peuple, l’Église, qui le rend visible et abordable.

C'est pourquoi « le christianisme est un événement ». Un essai dense, original, enrichissant.

 Jésus de Scola003-copie-1

 

Angelo Scola

Jésus, avenir de l'homme

Un parcours de vie chrétienne

Salvator, 192 p., 18 €

 

Partager cet article

Repost0

La théologie politique d'Angelo Scola

Publié le

Patriarche de Venise devenu archevêque de Milan est considéré comme un papabile des plus crédibles.

Cofondateur de la revue Communio avec Balthasar et Ratzinger, animateur d'Oasis (pour le dialogue entre chrétiens et musulmans), il a été surtout fortement marqué par Communion et Libération. Sa vision de l'engagement chrétien s'inscrit pleinement dans l'orientation du grand mouvement d'évangélisation créé par Luigi Giussani. Elle oscille entre d'une part, la prise en compte réaliste de la situation présente d'une société « plurale », éclatée et sécularisée, et d'autre part l'affirmation décomplexée du recours indispensable aux ressources de la foi et de l’Église. La « nouvelle laïcité » qu'il esquisse exclut la neutralisation des religions et implique au contraire de leur permettre de proposer leur « propre vision des biens spirituels et matériels, communs à tous les hommes ». 

Qu'il s'agisse de construire un ordre social juste, réveiller la « raison économique » (fort différente de la raison des économistes) ou intégrer « des styles de vie bonne », le cardinal Scola s'emploie à montrer qu'on ne peut décidément pas se priver de la présence du Dieu de Jésus Christ.

 

 

scola001

 

 

 

 

 

Cardinal Angelo Scola

Bien vivre ensemble au XXIe siècle

Editions de l'Emmanuel, 150 p., 17 €

Partager cet article

Repost0

Au sommaire de Chrétiens dans la Cité n°280

Publié le

ANALYSE : Uun riche héritage (Benoît XVI et la doctrine sociale de l'Eglise)

AGENDA

NOMINATIONS - 4 EVEQUES : Jean Teyrouz, Michel Aupetit, Stanislas Lalanne, Laurent Percerou

INFORMATIONS

  1. Menaces sur les allocations familiales
  2. Un Fonds pour la justice
  3. "Arracher les enfants au déterminisme de la religion"
  4. Mariage homo : une pétition et des sondages avant le 24 mars
  5. Fonds gay
  6. Jean-Marie Bigard
  7. Femen

LECTURE : "Le malentendu islamo-chrétien" du P Edouard-Marie Gallez

INITIATIVES : Les chiffres des vocations

 

Pour recevoir ce numéro, abonnez-vous pour seulement 30 euros par an.

Partager cet article

Repost0

L'enseignement social de Benoît XVI (2/2)

Publié le

L'essentiel de l'enseignement social de Benoît XVI se trouve dans l'encyclique Caritas in veritate qui, conçue au départ pour célébrer le quarantième anniversaire de l'encyclique Populorum progressio (1967) de Paul VI, propose une vision renouvelée de la doctrine sociale de l'Eglise, « rethéologisée » en quelque sorte.

On en trouvera une synthèse dans ces études réalisées par Denis Sureau.

Partager cet article

Repost0

L'enseignement social de Benoît XVI (1/2)

Publié le

Au plan de l'engagement chrétien dans la cité et la doctrine sociale de l’Église, il restera du pontificat de Benoît XVI des discours importants où l'intelligence et la culture du théologien s'accompagnent de la profondeur spirituelle de l'homme de foi, et une encyclique sociale, Caritas in Veritate (2009), qui apporte des éclairages nouveaux sur l'importance de la gratuité au centre de l'activité économique, le refus de l'étatisme comme du libéralisme, la promotion d'un « tiers secteur » vivant « la logique du don » et échappant à la seule règle du profit, la nécessité d'une véritable « écologie humaine » évitant les errements de l'écologie dite profonde. L'axe central de cet enseignement est le lien vital entre la charité et la foi, deux vertus théologales « intimement liées », qu'on ne peut « jamais séparer voire opposer », comme il l'a rappelé dans son dernier message de carême. C'est par exemple au nom cette conviction qu'a été engagée la reprise en main du réseau Caritas (représenté en France par le Secours catholique), contaminé par le sécularisme

La gratuité, thématique centrale de l'encyclique sociale de Benoît XVI, a été présentée par Denis Sureau en 2010, à l'invitation de Mgr Nicolas Brouwet, alors évêque auxiliaire de Nanterre (et aujourd'hui évêque de Tarbes et Lourdes), devant des dirigeants politiques et économiques.

Le texte de cette intervention est disponible ici.

Partager cet article

Repost0

Associations caritatives : les meilleurs élèves

Publié le

Pour la troisième année, le magazine Capital épluché les comptes de 131 associations caritatives qui font appel à la générosité publique. Retrouvez ici l'analyse détaillée de leurs comptes.

Parmi les associations d'inspiration catholiques bien gérées, citons l'Association Soeur Emmanuelle, la Délégation catholique pour la coopération, Emmaüs France, Enfants du Mékong, Fidesco, Fondation d'Auteuil, Fondation des monastères, Habitat et humanisme, Les PetitsFrères des Pauvres, l'Ordre de Malte...


Capital précise : « Ne demandez pas à l’Association Mère Teresa pour les enfants (AMTE) de vous montrer ses comptes. Bien qu’il s’agisse d’une obligation légale, cette officine juge la demande inconvenante. On la comprend. Poursuivie depuis 2009 pour "escroqueries aggravées" et "abus de confiance", l’AMTE, qui reconnaît n’avoir aucun lien avec la congrégation de la religieuse de Calcutta, n’est pas un modèle de charité chrétienne. Une fois payés le salaire de sa permanente et le loyer de son local parisien, elle transfère, selon nos estimations, plusieurs centaines de milliers d’euros par an à son fondateur, qui réside à l’étranger. »

Partager cet article

Repost0

Menaces sur les allocations familiales

Publié le

Jean-Marc Ayrault a installé le 7 février le nouveau Haut Conseil de la Famille (HCF). Dans son intervention, il a indiqué les priorités de la politique familiale pour les années à venir : revalorisation des aides aux familles les plus modestes, développement des services à la famille, accroissement des solutions d'accueil de jeunes enfants dans les zones en carence, activités périscolaires. Ces priorités sont « à concilier avec l'objectif de ramener la branche famille de la sécurité sociale à l'équilibre en 2016 ».

Différentes mesures vont être étudiées pour réduire les allocations familiales : mise sous condition de ressources ou, comme l'a suggéré Didier Migaud, le président socialiste de la Cour des comptes, fiscalisation.

Or la branche famille est en déficit (2,5 milliards d'euros en 2012), rappelle l'Union des Familles en Europe (Ufe), parce qu'elle est régulièrement pillée depuis vingt ans. Ainsi en 2011 « on a mis à sa charge 4,8 milliards de dépenses jusque là logiquement assumés par la branche vieillesse puis qu’il s’agit des majorations de pensions versées par la Caisse vieillesse aux retraités qui ont eu plus de 3 enfants ». L'Ufe ajoute : « De déficit artificiellement creusés en économies rendues 'nécessaires' par lesdits déficits, les prestations des familles baissent d’années en année. En 1954, une famille de 2 enfants recevait 638 € par mois de prestations familiales. Aujourd’hui, elle ne touche plus que 124 €. En 1984, la base mensuelle des allocations familiales représentait 33,6% du salaire médian des Français. Elle est tombée à 24%. »

Partager cet article

Repost0

Culture et communication de la liberté

Publié le

Quelle liberté peut-elle inspirer les catholiques engagés dans la communication ? Comment concevoir le devoir des médias ou journalistes chrétiens à faire un bon usage de la liberté authentiquCultura couv076e pour contribuer à la nouvelle évangélisation ?

 

Denis Sureau a développé ces thèmes dans une conférence donnée à Madrid dans le cadre du XIII Congreso Catolicos y Vida Publica, dont le thème était Libertad religiosa y Nueva Evangelizacion. L'essentiel de cette conférence a été publié dans l'organe officiel de l'épiscopat espagnol.

 

 

 

Le texte intégral de cette intervention en français est disponible ici.

 

 

Et sa traduction espagnole ici.

 

Ce texte a été publié dans les Actes du Congrès, publiés par CEU Ediciones.


Partager cet article

Repost0