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Un pôle immobilier de charité à Paris

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Le diocèse de Paris a déposé un permis de construire pour un beau projet d’habitat partagé qui devrait voir le jour en 2022, dans un ancien couvent de la Visitation situé dans le VIᵉ arrondissement parisien, rue de Vaugirard. Sur 7300 m², il associerait trois associations spécialisées dans les colocations solidaires :

l’Association pour l’amitié (APA), pour les personnes de la rue ; Marthe et Marie, pour les femmes enceintes ou jeunes mamans en situation de précarité ; et Simon de Cyrène pour les personnes handicapées. Plus d'une soixantaine de personnes seraient ainsi aidées. Le programme comprendrait aussi un volet pastoral et des locations assurant des revenus pour financer l'ensemble. (Source : site Aleteia, 17/11) 

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Ce mal-logement qui tue

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Une chronique du Père Bernard Devert, président-fondateur d'Habitat & Humanisme :

Que de patience coupable face au mal-logement ! 

Dénoncé depuis des décennies, ce « cancer » social fait l’objet seulement de soins palliatifs. Quelle est la volonté d’en finir avec une souffrance qui ronge la Société, jusqu’à créer des fractures. D’un côté, ceux qui bénéficient d’un habitat et de l’autre, d’un abri compromettant l’avenir des occupants.

La colère gronde à Marseille avec l’effondrement de trois immeubles, rue d’Aubagne, ayant entraîné la mort de 5 résidents. 3 autres sont portés disparus ; grande est l’inquiétude. L’insalubrité pourtant était connue mais aucune précipitation pour éloigner du danger les plus vulnérables. 

L’affaissement de ces bâtiments crée une légitime émotion ; elle doit être entendue comme un réveil des responsabilités. Arrêtons de jouer avec la vie de ceux qui sont les plus fragiles. 

Le mal-logement est cause de morts physiques. Quelle attention portée aux morts de la rue ! Ils ne courent le risque d’aucun effondrement pour être abandonnés sur des trottoirs, par tous les temps, sans que la Nation soit effondrée par une telle injustice. 

Nous tenons dans nos mains les linceuls d’une fraternité déchirée pour tolérer l’intolérable, des morts annoncés. Quand réaliserons-nous enfin des programmes en nombre suffisant mettant un terme à un sans-abrisme honteux. Il est le nôtre.

A la va-vite, à chacun des hivers, s’ouvrent des gymnases dans lesquels s’entassent les délaissés et rejetés d’une Société plus attentive au thermomètre qu’à la santé de ses ressortissants bravant les intempéries. Que fait-on de cette obligation juridique et morale d’un logement décent pour tous.

Assez facile de parler du ‘logement d’abord’, il convient d’abord de prendre acte de la nécessité de construire des logements décents, délivrés des marquages sociaux, accessibles à chacun en fonction de ses revenus. 

Le mal-logement tue aussi moralement nombre de nos concitoyens oubliés dans des cités anxiogènes. Bon sang ! L’habitat est constitué de fenêtres ; comment accepter que leur ouverture ait pour conséquence d’abîmer des regards. Tristesse du mal vivre de ceux qui, séjournant dans ces lieux, ne se font aucune illusion sur l’intérêt qui leur est témoigné. 

Consentir à l’indignité d’un toit, c’est dire à celui qui l’occupe par nécessité : tu ne comptes pas ou si peu.

Ce drame à Marseille intervient au cours de cette semaine de l’économie solidaire. Une forme d’économie qui connaît un certain effondrement, l’Etat lui retirant une part des dispositifs fiscaux. Comment se faire entendre sur la pertinence de leur maintien. Non, ils ne sont pas des avantages, appelés si injustement des niches, mais des soutiens nécessaires pour bâtir plus humain. 

Faut-il que la vie disparaisse pour comprendre que l’habitat est un écrin qui l’accueille et la protège, mais pour qui ?

Bernard Devert

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Redécouvrir saint Jean Paul II

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Lors de ses vingt-six ans sur le siège de saint Pierre, saint Jean Paul II a produit une œuvre abondante sur tous les sujets concernant l’Église, l’homme, le monde…

Le vaticaniste Bernard Lecomte, auteur notamment d’une biographie de référence sur le pape polonais, a eu l’idée de recueillir les textes les plus marquants, sous forme de brefs extraits, que l’on (re) découvre avec un grand intérêt : Le monde selon Jean-Paul II (Tallandier, 346 p., 20,50 €).

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Un vrai catholique est missionnaire et militant

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Le plus jeune évêque français (49 ans), Mgr David Macaire, archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France en Martinique, faisait partie des quatre évêques français présents au Synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel organisé à Rome du 3 au 28 octobre. Il a déclaré à l’agence I Media : « L’Église en France a de vraies richesses, car sa jeunesse a compris qu’elle était missionnaire… On observe chez les jeunes catholiques en France une militance, notamment dans les groupes de jeunes, dans les communautés nouvelles ou à travers le scoutisme. Un évêque a rappelé que, pour le pape Pie XII, si l’on n’est pas missionnaire ou militant, on est un apostat… Or les jeunes catholiques français sentent qu’ils ont une responsabilité par rapport au Christ et à son Église. Globalement, on n’a pas à les en convaincre. Ainsi, lorsque le pape s’en prend au cléricalisme, il ne dénonce pas tant un certain autoritarisme des clercs que la vision de certains laïcs de tout faire reposer sur les clercs. Les jeunes catholiques montrent au contraire qu’ils ont compris leur mission. Ils ne pensent pas que l’on doit agir uniquement lorsque l’on est religieux ou prêtre. »

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Au sommaire du numéro 365

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Le 365e numéro de Chrétiens dans la Cité est paru.

Abonnez-vous !

ANALYSE : Blasphèmes à géométrie variable

AGENDA

LES HOMMES : Saint Jean Paul II - Stéphane Bern - Yves Chiron

INFOS : PMA sans père : opposition de l'Eglise - Alliance Vita mobilisée contre la PMA - Lectures de choix : un guide pour la littérature jeunesse - Mgr Macaire, les jeunes et l'Eglise - Quand La Croix adopte le langage LGBT - Des crèches de Noël à Perpignan - Vidéos chrétiennes - 1 Terrien sur 5 est catholique - Magnificat in the USA - Appel contre l'euthanasie

LECTURE : La société de bien commun

INITIATIVES : Académie catholique de France

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Pour une autre économie : un dossier Limite

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La revue trimestrielle Limite, animée par jeunes catholiques se réclamant de l'écologie intégrale, annonce dans sa dernière livraison avoir « 2034 abonnés et un peu plus de 4000 lecteurs réguliers ».  C'est un bon début.

Sa dernière livraison comporte notamment un fort intéressant dossier critique sur « l'impasse du productivisme et l'espérance d'une économie réconciliée avec elle-même ».

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157 nouvelles écoles indépendantes

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Le développement des écoles indépendantes s’accélère : 31 ouvertures en 2011, 93 en 2016, 157 cette année. Elles sont aujourd’hui 1462, de la maternelle à la terminale, très diversifiées, et expérimentant des méthodes inconnues de l’enseignement public ou sous contrat. La plupart des nouveaux établissements sont aconfessionnels (seulement 12 sont catholiques, 3 protestants, 3 juifs et 1 musulman) et pratiquent des pédagogies actives ou nouvelles : écoles démocratiques, éco-citoyennes, Montessori… S’y ajoutent des écoles bilingues, internationales ou régionalistes, ou pour publics spécifiques, ou encore dans des quartiers difficiles (5 nouveaux établissements d’Espérance Banlieues).

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Au sommaire du n°364

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Le n°364 de la lettre d'information Chrétiens dans la Cité vient d'être envoyé aux abonnés.

Pour vous abonner (version papier ou PDF, au choix).

Au sommaire de ce numéro :

Chrétiuens dans la Cité # 364 page 3
Page 3 du n°364

ANALYSE :  Le pape et les tueurs à gages - texte du discours dénonçant les atteintes à la vie

AGENDA

BREVES : Laurent Landete - Guy-Emmanuel Cariot - Catholiques en mission - Semaines sociales 2018 - Prix de l'AES - Limite pour une autre économie - Stagnation des effectifs de l'enseignement catholique - Maisons de retraite chrétiennes

INFOS : Trois nouveaux Accueils Louis et Zélie - Bolloré reprend France catholique - Les glissements politiques des catholiques - Les 20 ans du Cèdre - 157 nouvelles écoles hors contrat 

LECTURE : Dorothy Day, La longue solitude

INITIATIVES : la Fondation des Monastères

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Refuser la misère, une option ? Non, une impérative urgence 

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A l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre la misère, voici les réflexions du Père Bernard Devert, président-fondateur d'Habitat & Humanisme.

Le 17 octobre, depuis 1987, est la journée mondiale du refus de la misère, à l’invitation du Père Joseph Wrezinski, Fondateur d’ATD-Quart Monde, qui mourra un an plus tard.

L’intuition novatrice de cet homme de foi, né pauvre, demeuré jusqu’au terme de sa vie parmi les siens, fut de considérer que le devoir de la Nation n’était pas seulement de contribuer à ce que les personnes vulnérables le soient moins, mais à ce qu’elles aient leur place pour apporter à la Société cette part d’humanité qui lui manque. 

La misère n’est pas une fatalité ; elle est la somme d’iniquités accumulées et de jugements à charge de ceux que la vie blesse et détruit. Une écoute et un autre regard s’imposent pour ne point pactiser avec l’inqualifiable. 

Mesurons ce que veut dire il n’y a pas de place. Tel est le leitmotiv qu’entendent les plus violentés par la misère. Téléphonant au 115, ils attendent longtemps, trop longtemps, que leur interlocuteur décroche, non pas qu’il soit dans l’indifférence - bien au contraire - mais les appels sont si nombreux, et les places si limitées que ceux qui les reçoivent sont submergés. 

L’impossibilité d’être accueilli, alors que la nuit est parfois bien avancée, suscite alors des heures inquiètes et dangereuses. 

Le petit-matin est annonciateur de la répétition infernale d’un enfermement dont les sans-domicile s’évadent souvent par des addictions. Que de regards courroucés et méprisants leur rappellent qu’ils sont d’un autre monde ; ils le savent, il n’y a pas de place pour eux. 

Comment ne pas entrevoir les conséquences pour l’hygiène mental et corporel. Folie meurtrière à laquelle s’ajoutent les abus et sévices de toute sorte que subissent des êtres sans forces, oubliés sur les trottoirs. Une déshumanisation absolue qui se vit dans une grande insensibilité ! Ils n’ont pas de place, ou si peu. 

Pas davantage de place pour ces familles - souvent des femmes seules avec enfants – qui, après le drame des séparations, se voient contraintes de rechercher un logement adapté à leurs ressources pour que le ‘reste à vivre’, après le paiement des loyers et des charges, permette de vivre. 

Que de rejets au motif de la rupture avérée entre les revenus et le prix de la location. Il s’en suit l’errance, la perte des repères, le début d’un enfer parce qu’à un moment difficile de leur histoire, sombrent des personnes fragilisées, rassasiées de ce cri provocateur entendu pour la énième fois : il n’y a pas de place. A trop le savoir, on perd même le pouvoir de réagir. 

Victor Hugo, dans une lettre publique aux élus, proclamait : « Ayez pitié du peuple à qui le bagne prend ses fils et le lupanar ses filles. Que prouvent ces deux ulcères ? Que le corps social a un vice dans le sang. Nous voilà réunis en consultation au chevet du malade ». 

Ce soin exige un diagnostic du corps social dont nous sommes tous membres. Que faire pour trouver l’énergie nécessaire à une intervention qui sauve ? Il s’agit de réanimer les forces vives d’une société qui, voyant la lèpre qu’est la misère, se déciderait enfin à prendre les moyens de la guérir et non de se séparer des lépreux en les mettant à distance.

Le premier prendre-soin est de trouver des abris décents.

Il y a des logements vides, des bâtiments inoccupés comme des immeubles de bureaux désertés pour ne plus répondre à leur destination. L’heure est celle d’un recensement pour mobiliser les possibilités d’agir. 

Là, où vous êtes, n’hésitez pas à faire connaître ces ouvertures. Elles seront autant de fenêtres s’ouvrant sur une espérance née, il y a 31 ans, de l’appel d’un prophète qui, dans le regard de l’homme abandonné, découvrait des raisons de croire et d’offrir à la société plus d’humanité. 

Bernard Devert
17 octobre 2018

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