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Revenir ou faire advenir ? Une chronique du P Bernard Devert

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Une chronique du Père Bernard Devert, président-fondateur d'Habitat & Humanisme :

Avec la rentrée, nous risquons de retrouver nos habitudes que le temps des vacances a mises entre parenthèses. N’y aurait-il pas une autre voie plus créatrice de vie. 

Comme chaque année, la rentrée, est annoncée ‘chaude’ sur le plan social sans que se profile une Société renouvelée. Le changement – il faut en convenir – ne commence que lorsque soi-même, on décide de changer. 

S’interroger sur notre détermination à faire du neuf, c’est évaluer notre volonté d’être le changement que nous voulons voir dans le monde, suivant la belle méditation de Gandhi.

Qui n’a pas gardé à l’esprit ces moments où, écoliers, nous entrions à l’école avec un cartable neuf, protégeant des livres qui ne l’étaient pas moins et des cahiers encore vierges de toute notation et annotation, ouvrant un avenir libéré du passif ! 

Dans quelques jours, sort le film de Bruno Dumont, sur Jeanne d’Arc, intitulé Jeanne. Il fit l’objet au festival de Cannes d’une mention spéciale du jury. Une réplique de Jeanne retient vivement mon attention : « Mon Maître, les hommes sont comme ils sont, mais il nous faut penser, nous, à ce qu’il faut que nous soyons ». 

Que faut-il que nous soyons ?

Les réflexions ne sont pas avares d’inquiétudes dans une société déchirée, confrontée à de nombreux périls suscitant la conscience aiguë que cela ne peut pas durer. Des voix autorisées se font entendre pour s’engager dans de nouvelles pratiques aux fins de réduire les iniquités, si grossières qu’elles sont insupportées et insupportables.

Le malheur, Péguy l’a rappelé, c’est d’avoir une âme habituée plutôt qu’habitée. Ne nous étonnons pas qu’il ait si bien compris Jeanne d’Arc. 

Jeanne se démène et nous emmène vers une éthique qui n’est pas sans nous inviter à devenir ce que l’on doit être pour faire naître une société moins chaotique.

Jeanne aurait pu ‘rentrer dans le rang’ ; elle prit le risque d’entrer en résistance pour demeurer ce qu’elle devait être, vraie quoi qu’il lui en coûte, habitée par la grâce de l’audace. 

Entrer, c’est s’engager pour que soit mieux partagé le désir de faire advenir un monde plus humain. N’attendons pas l’autre ; chacun est appelé à être pionnier d’une transformation des relations avec comme première urgence, s’approcher de ceux qui n’en ont pas ou plus.

Magnifique avancée, étrangère à toute loi pour dépendre de notre décision si, comme Jeanne, nous pensons à être ce qu’il faut que nous soyons.

Alors, bienvenue sur ce chantier toujours à ouvrir pour bâtir la maison commune. 

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Des alternatives à l'avortement

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Face à une grossesse non-désirée, une femme peut se trouver dans une situation de détresse telle que l'avortement semble être la meilleure solution. Pourtant des alternatives existent : des aides sociales et matérielles, l'accouchement sous X, l'adoption, des lieux d'écoute, de conseil et d'accompagnement. Elles sont présentées dans un livre écrit par Blandine Magaly : Des alternatives à l'avortement (Éditions Peuple Libre, 148 p., 13,50 €).

Diplômée d'un master II d'éthique biomédicale et formée à l'écoute bienveillante, elle a travaillé auprès d'enfants et adultes handicapés, notamment quatre années au sein de l'Arche fondée par Jean Vanier. Elle vient de lancer PAUSE, une antenne d'écoute spécifiquement pour les parents qui attendent un enfant viable mais porteur d'un handicap ou d'une malformation.

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Découvrir la France mariale

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Prêtre de l'Opus Dei, canoniste, écrivain, poète, auteur d'une trentaine d'ouvrages, Monseigneur Dominique Le Tourneau a la ténacité nécessaire à l'écriture de véritables sommes de connaissances : Les Mots du christianisme, des dictionnaires encyclopédiques sur Jeanne d'Arc et Marie, et maintenant un exhaustif Guide des sanctuaires mariaux de France (Artège,650 p., 24,90 €), présentant 2900 lieux actifs de dévotion mariale. À emporter cet été dans votre valise lors de vos voyages à travers la France.

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Au secours des chrétiens d'Orient

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Comment comprendre le développement spectaculaire de SOS Chrétiens d'Orient ? La journaliste Charlotte d'Ornellas a voulu trouver des réponses en interrogeant les jeunes fondateurs de l'association, Charles de Meyer et Benjamin Blanchard. Son petit livre d'entretiens, Au secours des chrétiens d'Orient (Via Romana, 128 p., 10 €), permet de découvrir la naissance d'une œuvre dont la première réalisation fut d'offrir en 2013 des cadeaux de Noël aux enfants syriens.De cette première expérience réussie est venue l'idée de développer l'aide matérielle aux populations sur place et l'envoi de jeunes volontaires, et ainsi renforcer les liens entre chrétiens d'Orient et d'Occident. L'Irak fut la deuxième étape, marquée par le soutien aux réfugiés ; ce fut ensuite le Liban, la Jordanie, puis l’Égypte. Souvent accusés de collusion avec le pouvoir de Bachar el-Assad, les animateurs de SOS Chrétiens d'Orient expliquent que leur action eut été impossible sans l'accord des autorités, dans un pays en guerre contre l'insurrection islamiste, position largement soutenue par les communautés chrétiennes de Syrie.

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Une contre-révolution catholique

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Sociologue et historien du catholicisme français, maître de conférences à l’université de Bordeaux, Yann Raison du Cleuziou s’intéresse dans Une contre-révolution catholique (Seuil, 384 p., 23 €) aux origines et développements de La Manif pour tous. Les lecteurs fidèles de Chrétiens dans la Cité trouveront dans ce livre la plupart des informations données dans la lettre d'information au fil des mois, mais avec un autre éclairage et la mise en perspective de l’émergence d’une nouvelle génération de catholiques prenant conscience de constituer une communauté contre-culturelle, en particulier à travers les combats pour la vie et la famille. Il analyse le phénomène de La Manif pour tous et rappelle les débats autour d’un retour à la politique à l’occasion de la présidentielle de 2017 avec le débat sur le vote confessionnel ou l’expérience de Sens commun. Il montre enfin comment « le catholicisme est redevenu une ressource légitime du discours politique et de la construction de l’identité nationale » avec les controverses sur le communautarisme catholique, la théologie politique, l’attitude chrétienne face à l’immigration ou le renouveau de la pensée conservatrice. Si l’on peut contester certains concepts sociologiques, il convient de saluer la belle tenue intellectuelle de cet essai passionnant.

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Vivons-nous des temps apocalyptiques?

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Écrivain et peintre catholique canadien de 71 ans, auteur de nombreux et bons romans (notamment Père Elijah, Une île au cœur du monde...), Michael D. O'Brien se pose la question dans un essai intitulé  L'Apocalypse (Salvator, 156 p., 17 €) :  vivons-nous des temps apocalyptiques? Il n'y répond pas en annonçant la fin imminente du monde (sans l'exclure pour autant), ni en disséquant le dernier livre de la Bible, mais en incitant son lecteur à la vigilance et au discernement. Son diagnostic de l'état présent est sans complaisance : "La Bête qui est maintenant tout autour de nous dévore les innocents à des nombreux niveaux de notre société."  Dans notre époque  sombre et antéchristique, dominée par un matérialisme totalitaire "mou" (quoique parfois aussi violent, comme le montre le regain des persécutions) et une apostasie croissante des anciennes nations chrétiennes, l’Église ne peut qu'être un signe de contradiction, une force de résistance. Et pourtant, déplore Michael D. O'Brien, les chrétiens sont souvent tièdes, et donc vulnérables aux tromperies de l'Adversaire. Il veut les secouer, en les aidant à voir le monde avec lucidité mais sans avoir peur, en cultivant foi, espérance et amour. Un essai tonique.

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Ces musulmans qui ont choisi le Christ

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On parle parfois des chrétiens devenus musulmans, rarement des musulmans devenus chrétiens. Et pour cause : lorsqu'elle est connue, leur conversion entraîne souvent leur exclusion de leur communauté d'origine, voire de leur famille – et peut conduire à la mort. Et ils sont assez fréquemment mal accueillis par l'Église. C'est le constat que dresse Jean-François Chemain dans Ils ont choisi le Christ (Artège, 164 p., 14;90 €), un livre émouvant riche de témoignages, et de beaux récits. Les convertis viennent de tous milieux, de tous pays, et leur passage au catholicisme est dû à de multiples causes : un choc (la maladie, un divorce, une agression), une réflexion sur leur propre croyance (la lecture du Coran peut avoir un effet dissuasif), une rencontre avec Jésus ou Marie (apparition, songe) ou des chrétiens fervents... Pourtant, l'Église ne leur ouvre guère les bras : incompréhension de certains prêtres, longueur du catéchuménat (et absence de service après-vente), froideur des paroissiens (les communautés « nouvelles » et traditionnelles se révèlent souvent plus ouvertes). Compte tenu du nombre croissant de musulmans en France, l'enjeu pastoral est pourtant de taille.

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Pour le réveil des paroisses

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Le déclin des communautés chrétiennes n'est pas une fatalité. À condition de sortir de sa torpeur.

En ce début d'été, l'Église de France vit au rythme des nominations, changements de curés, de responsables... C'est aussi le temps des bilans. Ils sont souvent moroses. Les vocations continuent à se raréfier, la pratique dominicale stricto sensu est tombée sous la barre des 2%, les ressources financières s'amenuisent (le nombre de donateurs a baissé de 9% en cinq ans), les affaires de mœurs ont terni l'image des clercs, les chrétiens doutent de leur capacité à peser dans les projets législatifs qui détruisent inexorablement la vie et la famille. Le poète T.S. Eliot posait déjà la question en 1934 : « Est-ce l'Église qui a abandonné l'humanité, ou l'humanité qui a abandonné l'Église ? »

Ce sombre constat ne décourage pas certains à lancer des appels vibrants pour sortir de les paroisses de leur torpeur et les fidèles de leur canapé.

En 2012, Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, jamais en panne de projets évangélisateurs, avait publié Paroisses, réveillez-vous ! (Éditions de l'Emmanuel, 276 p.). Il y exposait les principes de son expérience pastorale et présentait des initiatives réussies.

C'est sous un titre voisin – Réveillez votre paroisse (Artège, 216 p.) – que le prêtre canadien James Mallon montre aujourd'hui comment le parcours Alpha peut jouer un rôle-clé dans la transformation missionnaire des communautés chrétiennes. Ici encore, point d'élucubrations en chambre : il parle à partir de son vécu – Alpha a fait ses preuves.

Ce souci est également partagé par Natalia Trouiller, ancienne responsable de la communication du diocèse de Lyon, qui publie un très tonique essai intitulé Sortir ! Manifeste à l'usage des derniers premiers chrétiens (Éditions Première Partie, 192 p.). Elle met au cœur de la mission le triptyque église-hôpital-école. Même si certaines de ses propositions peuvent sembler étranges (baptiser et se marier sans prêtre), d'autres méritent le détour. Dénonçant le retour à un certain gnosticisme marqué par le mépris du corps, elle invite les chrétiens à réincarner leurs paroisses et à prendre soin du corps des autres. Corps des malades, des vieillards. Corps des morts, avec une réelle pastorale des funérailles. Elle met en garde contre les risques de désincarnation entraînée par l'explosion du numérique et du virtuel. Elle prône aussi de se ré-enfouir localement, en étant des chrétiens actifs dans leurs petites cités.                                         

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Loi bioéthique : chosification de l'homme et eugénisme

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Alliance VITA analyse ainsi l’avant-projet de loi bioéthique :

Sur le fond, derrière la dérégulation totale de la PMA, sont en marche la chosification de l’être humain et l’étatisation d’une procréation de plus en plus eugénique.

A/ L’abandon du critère d’infertilité médicale pour accéder à la PMA (dite PMA « pour toutes ») ne conduit pas seulement à organiser la fabrication étatisée d’enfants sans père : toute la régulation de la procréation artificielle s’effondre. Les limites présentées par les gouvernements successifs comme alibi des lois bioéthiques précédentes disparaissent. Par exemple, le double-don de gamète, jusqu’ici interdit serait autorisé. L’enfant devient un objet, qu’on revendique, qu’on finance et qu’on produit après vérification. L’absence constatée dans l’avant-projet de loi de la GPA et de l’implantation de l’embryon post mortem (après la mort du père) est un leurre. Chacun sait que ces digues sont déjà attaquées, selon la logique des petits pas.

B/ L’auto-congélation ovocytaire de précaution pour toutes les femmes ayant dépassé un âge à fixer est l’autre bouleversement majeur : non seulement on pousse les femmes à la procréation artificielle tardive plutôt qu’au respect de l’écologie et de la temporalité de leur corps, mais on brade leur santé en livrant leurs ovocytes à la convoitise des chercheurs. Cette emprise de la bio-technocratie et de l’économie sur le corps des femmes est un choix politique lourd de conséquences. Le marché étatisé de la procréation se met en place, avec l’ovocyte comme matière première la plus sensible.

C/ L’embryon humain perd ses dernières protections. Il pourra désormais être « cultivé » in vitro jusqu’à 14 jours ; le régime d’autorisation de recherche fait place à une simple déclaration pour les lignes de cellules d’origine embryonnaires, désormais traitées à part pour faciliter leur usage…  Subrepticement, l’interdit de créer des « embryons chimériques [mélange homme-animal] ou transgéniques » disparait.  En refusant de fermer la porte aux gamètes artificiels, la France cautionne l’artificialisation croissante de la procréation et ouvre la vertigineuse perspective d’embryons et d’enfants transgéniques.

D/ L’eugénisme pratique s’étend. L’IMG [interruption médicale de grossesse autorisée pendant toute sa durée] se banalise : suppression du délai de réflexion d’une semaine, jusqu’ici proposé ; suppression de l’information parentale pour les mineures (avec le risque de les faire passer de l’IVG à l’IMG pour étendre le délai au motif du trouble psychologique généré par une grossesse précoce) ; les conditions du Diagnostic Prénatal (DPN) et diagnostic préimplantatoire (DPI) seront traitées par arrêtés, sur proposition de l’Agence de biomédecine, agence sur lequel le pouvoir de l’Etat se renforce, ce qui laisse craindre de nouvelles et fréquentes dérives eugéniques.

Au total, la médecine est détournée de ses fins thérapeutiques au profit de certaines revendications individualistes, de l’intérêt financier des laboratoires et de l’idéologie scientiste.

Sur la forme, balayant le résultat des Etats généraux de la bioéthique, le gouvernement tente d’étouffer toute contestation par un passage en force estival. 

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