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Perverse dissuasion - n°381

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Le n°381 de Chrétiens dans la Cité vient de paraître.

Pour vous abonner, c'est ici.

ANALYSE : A Hiroshima et Nagasaki, le Pape François a condamné fermement la dissuasion nucléaire, et la possession de la bombe atomique. Un développement homogène de la doctrine catholique contre l'équilibre par la terreur.

LES HOMMES : Mgr Jean-Paul James - Antoine Renard - Benoît de Blanpré

INFOS : La presse sous perfusion - Promesses d'Eglise - Changement de têtes à la CFTC - Des béguinages aux Maisons d'Alliance - La Marche pour la Vie reportée - Société de Bien Commun - Fondation des Monastères _ Prenons soin

LECTURES : L'Islam : menace ou défi ? par Mgr Dominique Rey

INITIATIVES : Soutenez Chrétiens dans la Cité

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Pourquoi la dissuasion nucléaire est perverse

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A Nagasaki, le Pape François a eu le courage de déclarer la dissuasion nucléaire "perverse".

En février 1996, j'ai soutenu dans le mensuel La Nef (n°58) la thèse selon laquelle la dissuasion nucléaire est une structure de péché. Voici ce que j'écrivais :

Le débat ne porte ni sur la nécessité d'une défense efficace ni même sur la possibilité d'une guerre juste, que nous admettons contre les pacifistes. Il dépasse aussi le problème posé par l'utilisation d'armes d'extermination massive – nucléaires ou non – qui sont de soi contraires aux deux grands principes du jus in bello (« droit dans la guerre ») communément accepté : d'une part la discrimination entre combattants et non-combattants, et de l'autre la proportionnalité entre le mal provoqué par une action guerrière et le bien obtenu (ou le mal évité). « Tout acte de guerre qui tend indistinctement à la destruction de villes entières ou de vastes régions avec leurs habitants est un crime contre Dieu et contre l'homme lui-même, qui doit être condamné fermement et sans hésitation » (Gaudium et Spes, 80). Ce qui est en cause, c'est la moralité de la menace d'utilisation de telles armes.

Sur un problème aussi grave, l'Eglise ne peut rester muette, sans commander pour autant des décisions directement politiques. Elle s'oppose à la course aux armements qui aggrave les causes des conflits. Elle affirme que « l'équilibre de la terreur par la dissuasion nucléaire est une sécurité à trop hauts risques » (1). Le Catéchisme de l'Eglise catholique précise : « L'accumulation des armes apparaît à beaucoup comme une manière paradoxale de détourner de la guerre des adversaires éventuels. Ils y voient le plus efficace des moyens susceptibles d'assurer la paix entre les nations. Ce procédé de dissuasion appelle de sévères réserves morales » (n° 2315). L'Eglise, sans doute par respect de la juste autonomie des réalités temporelles, de la spécificité du politique, s'est néanmoins abstenue de déclarer [ avant le Pape François] la dissuasion nucléaire intrinsèquement perverse – ce qui ne signifie pas qu'elle ne le soit pas.

La dissuasion pose un problème moral délicat. Est-il moral de menacer quelqu'un de commettre soi-même un péché pour le dissuader d'en commettre un ? Un officier général chrétien, partisan de la dissuasion, ose la comparaison suivante. La femme d'un couple catholique est infidèle. Pour la dissuader de continuer, le mari la menace d'agir de même. Selon cet auteur, ce chantage est admissible même si son exécution ne l'est pas.

Telle n'est pas notre opinion. Il est contraire à la justice de prévenir une injustice ou d'y répondre en affirmant (faussement) l'intention de commettre une injustice. Dans l'exemple proposé, il est clair que la menace du mari relève du mensonge, acte injuste car contraire à la véracité qui doit présider aux rapports humains.

Dans le cas qui nous occupe, l'immoralité de l'utilisation des armes atomiques s'étend donc également à la menace d'y recourir et même à la simple possession de ces armes qui sont de soi disproportionnées et non-discriminatoires. Opus justitiœ pax : la paix est œuvre de justice (Isa'ïe 32, 17). Réciproquement la dissuasion est une injustice et un facteur de guerre précisément parce qu'elle s'apparente à un chantage terroriste : le terroriste est celui qui s'attaque à un tiers innocent pour faire plier son adversaire. La structure de l'acte dissuasif est rigoureusement identique : les gouvernants d'un pays A veulent contraindre ceux d'un pays B en les menaçant d'exterminer une partie de sa population civile. Jeu à trois pour le moins pervers.

Admettons, disent nos contradicteurs, que la dissuasion ne soit pas un bien mais un mal : ce mal n'est-il pas rendu nécessaire par la violence qui régit notre monde ?

Mais c'est un principe élémentaire de morale qu'« il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, défaire le mal afin qu'il en résulte un bien, c'est-à-dire de prendre comme objet d'un acte positif de volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et, par conséquent, une chose indigne de la personne humaine, même avec l'intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux » (Paul VI, Humanae vitae, n° 14).

La cause est entendue, ajoutent les nucléaristes, mais le pape ne reconnaissait-il pas dans la même phrase qu' « il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d'éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand », en se référant à Pie XII ? Il ne s'agit pas de faire un mal pour obtenir un bien mais de tolérer un moindre mal (la dissuasion) pour éviter un mal plus grand (la capitulation) qu'aucun autre moyen ne pourrait éviter. « Affronté à un choix entre deux maux quasiment imparables, la capitulation ou la contre-menace... on choisit le moindre sans prétendre en faire un bien ! » (Conférence épiscopale française, « Gagner la paix », 8 novembre 1983).

Cette position suppose que seule la dissuasion peut maintenir la paix. Affirmation discutable et discutée. Par ailleurs une chose est de tolérer un mal (par exemple la prostitution), autre chose est de mettre en œuvre ce mal qu'est la dissuasion en l'érigeant en principe stratégique permanent, commandant toute une politique de défense, c'est-à-dire un ensemble cohérent de moyens humains et matériels. Or Pie XII dans l'allocution citée par Paul VI (2) rappe­lait qu'aucune autorité (même Dieu !) ne peut « donner un mandat positif ou une autorisation positive » de faire ce qui serait contraire au bien moral, parce qu'il est contre nature d'obliger la volonté de l'homme au mal. Ce qui est essentiellement différent de la situation où ne pas empêcher cette déviation morale peut « se justifier dans l'intérêt d'un bien supérieur et plus vaste ».

Dans le cas présent, les maux engendrés par la stratégie de l'épouvante (3) sont évidents : course aux armements, exacerbation des inimitiés entre les peuples, mauvais exemple donné aux puissances non-nucléaires, etc. N'appelons pas la fausse tranquillité de ce désordre international : « La paix ne se réduit pas à une absence de guerre, fruit de l'équilibre toujours précaire des forces. Elle se poursuit jour après jour, dans la poursuite d'un ordre voulu de Dieu, qui comporte une justice plus parfaite entre les hommes » (Paul VI, Populorum progressio, 76).

Il y a plus grave encore. Pour être crédible, la dissuasion suppose que l'on affirme haut et fort l'intention de passer à l'acte si nécessaire. A force de brandir cette menace, comment ne pas s'habituer à l'idée que, dans certaines circonstances, on pourrait effectivement envisager d'utiliser l'arme atomique même si, au départ, on avait au for interne vigoureusement repoussé cette éventualité ? C'est le propre d'une structure de péché – comme une loi inique – d'inciter à légitimer subjectivement un acte objectivement immoral. Le discours sur l'atome militaire, arme de « non-emploi », comporte une contradiction intrinsèque. On constate d'ailleurs que le général Gallois, qui prête à l'atome des vertus pacificatrices, ne s'en tient pas là puisqu'il semble justifier les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki, toujours au nom de la paix qu'ils auraient entraînée. La distinction menace de l'utilisation I utilisation n'est donc pas une séparation.

Notre conclusion est donc que la dissuasion est un mal injustifiable : une véritable « structure de péché » qu'il faut démanteler.

(1) Jean-Paul II à l'ONU, 3 mai 1988 (cf. les textes choisis par les moines de Solesmes Sur la paix et la guerre, coll. Ce que dit le pape, Fayard, 1991, p.70).

(2) Allocution aux juristes italiens du 6 décembre 1953.

(3) Cf. Samy Cohen, La bombe atomique, la stratégie de l'épouvante, coll. Découvertes, Gallimard, 1995.

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Découvrez la lettre du catholicisme social

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Savez-vous que les 18-24 ans forment la classe d’âge la plus croyante des Français ? Et que tous les mouvements scouts voient leurs effectifs croissent d'année en année ? Et que 113 écoles indépendantes ont vu le jour cette rentrée ?

Non, le christianisme n'est pas mort. Les initiatives fusent de tous côtés. De nouveaux réseaux se tissent. Un nouveau catholicisme social émerge. L’économie sociale d’inspiration chrétienne se développe : fonds d’épargne solidaire, banques alimentaires au service des démunis et des communautés religieuses, logement pour les plus pauvres, insertion par l’emploi, centrales d’achat pour les familles, financement participatif d’actions d’évangélisation…
Les chrétiens ne restent pas inactifs.

Alors comment s’informer efficacement sur tous les enjeux décisifs pour l’Église et pour notre monde ?

Comment découvrir les initiatives si nombreuses prises par les chrétiens?

La lettre d’information Chrétiens dans la Cité. répond à toutes ces questions en proposant dans chaque numéro :

  • L’analyse d’un événement important ;
  • Un agenda des principaux rendez-vous ;
  • Des nouvelles brèves de tous les fronts ;
  • Une fiche présentant un mouvement, un projet ;
  • La présentation d’un livre.

Chrétiens dans la Cité, en quatre pages, vise l’essentiel sur les initiatives prises par les chrétiens dans la vie sociale, économique et politique : famille, école, entreprise, institutions…

Profitez tout de suite de notre offre découverte : 30 € par an

Chrétiens dans la Cité - 17 rue Manessier - 94130 Nogent sur Marne (spécimen gratuit sur demande à contact@chretiensdanslacite.com)

Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, nous écrit :  "Chrétiens dans la Cité apporte des informations utiles, souvent peu relayées par les médias français, concernant la vie de l'Eglise dans la cité, en particulier en ce qui concerne la dimension éthique et sociale. Pour sortir des "prêt-à-penser", des poncifs et des préjugés, il est nécessaire de disposer de telles informations...Lecteur assidu de Chrétiens dans la Cité, je vous encourage à le faire connaître et je vous prie de croire à mon soutien et à mon souhait, pour qu'il soit promu et connu."

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Mgr Jean-Paul James nommé archevêque de Bordeaux

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Mgr Jean-Paul James, 67 ans, évêque de Nantes, a été nommé archevêque de Bordeaux.

Cet ancien statisticien de l'INSEE est passé le Grand séminaire de Rennes et le Séminaire de Rome avant d'être ordonné en 1985. Il fut chapelain de Saint-Louis-des-Français à Rome puis, de retour en France, membre de l’équipe animatrice du Séminaire diocésain de Rennes avant de devenir recteur du Séminaire interdiocésain Saint-Yves à Rennes.

En 2003, il est nommé évêque de Beauvais, Noyons et Senlis, fonction qu’il occupa jusqu’en 2009, année où il fut nommé évêque de Nantes.

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Finance solidaire. Au sommaire du n°380

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Le 380e numéro de la lettre d'information Chrétiens dans la Cité est paru.

Abonnez-vous en cliquant sur ce lien.

Au sommaire :

EDITO : Finance solidaire, un oxymore? par le Père Bernard Devert, président-fondateur d'Habitat & Humanisme

ACTU : Chrétiens Témoins dans le monde tient sa rencontre nationale - Bioéthique : ces députés qui ont dit non - Racines chrétiennes de l'Europe : la véritable histoire du refus de Chirac et la brouille avec Rome - Stop au porno - La Bible toujours interdite - L'Eglise en marche - Sénanque sauvée - Exploitation et traite - Résultats de Bayard - Prière connectée

LES HOMMES : Mgr Vincent Jordy de Saint-Claude à Tours - Jean-Marie Montel - Richard Bastien - Capuçon et Capuçon

LECTURES : Pierre-Yves Gomez, L'esprit malin du capitalisme

INITIATIVES : Lazare

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Mgr Vincent Jordy archevêque de Tours

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Succédant à Mgr Nicolas Aubertin, démissionnaire pour raison d'âge, Mgr Vincent Jordy, 61 ans, évêque de Saint-Claude, a été nommé archevêque de Tours. Issu de la communauté de l'Emmanuel, ordonné prêtre en 1992, il a été nomment aumônier du collège épiscopal de Zillisheim, vicaire de la paroisse d'Altkirch (1993-1996), et après un bref séjour au monastère des Carmes déchaux de Montpellier (1996), directeur (1997-2000) puis supérieur du grand séminaire de Strasbourg (2000-2008), responsable des services de communication de l'archidiocèse (2007-2011), évêque auxiliaire de Strasbourg (2008-2011) avant d'être nommé à Saint-Claude.
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La finance solidaire

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Pionnier de la finance solidaire, le Père Bernard Devert, président-fondateur d'Habitat & Humanisme, nous propose ses réflexions à l'occasion de la semaine de la finance solidaire :

Quel couple, l’oxymore, finance/solidaire. Qui aurait pensé que ces deux mots s’associent sans contradiction pour trouver l’un par l’autre tout leur sens.

Enfin, se dessine une économie au service de ceux confrontés à des situations de vulnérabilité. La loi PACTE prend en compte cette réalité : un droit humanisé reconnaissant aux sociétés commerciales la possibilité de se créer pour répondre à une mission.

L’article 1832 du Code civil définit la société à partir de l’affectio societatis, conduisant des personnes à se réunir en vue de se répartir des bénéfices. Désormais, au titre de l’article 1835 du Code civil, des sociétés naissent ou se transforment pour partager les bénéfices à destination du bien commun.

Comment est-on parvenu à une telle ouverture et à un tel souffle ? Là où la croissance était le maître-mot, s’éveille le développement. Ces deux mots ne sont pas des synonymes traduisant des approches différentes, le premier traduit une illimitation, le second une harmonie.

Il nous souvient de ce mot du journaliste-économiste, Jean Boissonnat, « à force d’imaginer le bien, on finit par y contribuer ». Nous y sommes presque. Depuis quelques années, la question du sens gagne les esprits et touche les cœurs.

Qui n’a pas gardé en mémoire l’intervention d’Emmanuel Faber, Président du Groupe Danone, aux étudiants d’HEC au sein de la chaire Economie et pauvreté : “Après toutes ces décennies de croissance, l’enjeu de l’économie, c’est la justice sociale…On vous a appris qu’il y a une main invisible, mais il n’y en a pas. …Il n’y a que vos mains, mes mains, nos mains qui puissent améliorer les choses.”

Que de cadres, après des parcours brillants, s’interrogent précisément sur leur engagement se demandant s’il ne serait pas l’heure pour eux - les charges familiales étant moins prégnantes - de contribuer au développement de l’entrepreneuriat.

Des étudiants, au sortir des Grandes Ecoles ou de l’Université, choisissent les entreprises non pas à partir de ce qu’elles leur offrent comme salaires, mais de ce qu’elles engagent pour lutter contre les iniquités.

Le profit, c’est bien et nécessaire, mais une autre attente se fait jour au titre de la finalité des entreprises ; nombre de leurs dirigeants ont saisi qu’ils ne trouveraient des talents que si elles contribuent à servir l’intérêt général.

Une belle ouverture avec l’entreprise des possibles suscitée par Alain Mérieux.

La fierté d’appartenir à une entreprise est directement liée à sa détermination à agir pour un monde plus humanisé. L’optimisation fiscale, hier recherchée, est devenue aujourd’hui une faute morale, pouvant même devenir une faute pénale.

A un moment où les taux d’intérêts sont très bas, la finance solidaire trouve un champ d’ouverture inattendu et inespéré. A quoi servent ces trilliards sous forme de capitaux flottants qui aggravent les inégalités, alors que cette masse d’argent pourrait être une bouée de sauvetage pour bien des naufragés de nos Sociétés.

L’utopie d’hier est devenue une réalité concrète, transformatrice de relations.

Beaucoup, se demandent comment privilégier la finance solidaire. Elle justifie votre intérêt.

Ensemble, avec lucidité et discernement, nous pouvons agir pour qu’elle devienne le vecteur puissant du changement recherché par des hommes de bonne volonté, quel que soit leur horizon politique, philosophique ou spirituel.

Au cours de cette semaine, cette forme d’économie fait l’objet d’une présentation par de nombreux acteurs sous l’égide de Finansol qui labellise les entités répondant aux critères de la finance solidaire.

Bernard Devert

8 novembre 2019

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Un pape contesté

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Jamais un pape contemporain n'aura été autant critiqué à un si haut niveau que le pape François.

Tous les papes ont été critiqués à un moment ou à un autre par une partie des fidèles ou des théologiens (comme Paul VI après la condamnation de la contraception), plus rarement par des évêques (on pense à Mgr Marcel Lefebvre). Or sous le pontificat présent, même des cardinaux dénoncent publiquement des déclarations ou décisions du pape François – et tous ne sont pas aussi conservateurs que le cardinal Raymond Burke ; le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et spécialiste de la théologie de la libération, est peu suspect d'intégrisme. Les contentieux sont nombreux et variés.

Le trouble provoqué par Amoris laetitia sur l'accès des divorcés-remariés à l'eucharistie a suscité les dubia (doutes sous forme de questions) de quatre cardinaux. Doutes restés sans réponses.

Il y a eu aussi l'affaire Viganò, cet ancien nonce aux États-Unis qui a accusé le pape François d’avoir couvert le cardinal américain pédophile Theodore McCarrick. 

L'été dernier, l'épuration de l'Institut pontifical Jean-Paul II pour le mariage et la famille, purgé brutalement de la théologie morale du saint pape polonais et des professeurs qui l'enseignaient, a provoqué de violents remous en Italie, et une lettre ouverte a été signée par 200 théologiens (comme Dom Jean-Charles Nault, le père abbé de l’abbaye bénédictine de Saint-Wandrille, ou l'Australienne Tracy Rowland, membre de la Commission théologique internationale)... et le soutien discret de Benoît XVI.

Dans un autre domaine, le cardinal Zen, archevêque émérite de Hong Kong, a protesté contre les Orientations pastorales pour le clergé de Chine publiées le 28 juin dernier par le Saint-Siège, qu'il juge grosses de dangers pour les fidèles de l'Eglise clandestine.

Et le déroulement du récent synode sur l'Amazonie a suscité aussi des réactions de trois cardinaux et trois évêques, qui ont exprimé séparément leur opposition au paganisme lors de cérémonies religieuses au Vatican autour des statuettes indiennes Pachamama – « qui étaient là sans intentions idolâtriques », a riposté la pape François.

A ces contentieux s'ajoute la gestion calamiteuse des finances vaticanes, dont le déficit passerait de 32 millions d'euros en 2017 à 95,3 millions en 2019.

Contrastant à l'image bonhomme transmise par les grands médias, le pape François a la réputation d'être « très autoritaire », comme le rapporte le vaticaniste Jean-Marie Guénois (Le Figaro, 20/9). A Rome, même certains de ses partisans commencent à douter. 

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Catholiques de Chine : la longue marche

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Yves Chiron

La longue marche des catholiques de Chine

Artège, 334 p., 17,90 €

Spécialiste de l'histoire de l’Église, Yves Chiron est l'un des connaisseurs les plus avertis des catholiques chinois. Ils sont aujourd'hui dix millions. Le christianisme n'est pas une réalité neuve dans ce grand pays qui a été évangélisé dès le VIIe siècle, suite à des vagues successives de missionnaires 
– franciscains, jésuites, lazaristes etc. Le premier évêque chinois fut sacré en 1685. Mais les persécutions ne manquèrent pas... et n'appartiennent hélas pas au passé. Le régime communiste utilise tous les moyens pour effacer toute trace de foi : élimination physique, emprisonnement dans des camps de travail ou de « rééducation », destruction d'églises, création d'une Église nationale séparée de Rome (l'Association patriotique catholique chinoise) tandis que l’Église catholique tentait de survivre dans la clandestinité. Des démarches ont été entreprises entre Rome et Pékin pour rapprocher les deux Églises. Un « accord provisoire » a été signé en 2018, critiqué par le cardinal Zen (ancien évêque de Hong Kong), avec qui Yves Chiron a pu s'entretenir. Le chemin de croix des chrétiens chinois n'est pas terminé...
 

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