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Quelques bienfaits de la crise présente

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Bien sûr, la crise actuelle est pénible pour beaucoup, dramatique pour certains. Mais elle présente aussi des aspects positifs, comme toute bonne purgation. En voici quelques uns (liste à compléter par vos soins) :

Bienfaits politiques : retour au réel

Prendre conscience que l'Etat ne poursuit pas le bien commun, puisqu'il s'avère incapable de protéger la santé des citoyens. Les services de santé ne disposant pas des moyens d'assurer leur mission en temps normal (100 000 lits d’hôpitaux supprimés au cours des deux dernières décennies, salaires de misère pour les soignants), convient-il de s'étonner que ces carences se révèlent criminelles en situation extraordinaire ? Une autre politique est non seulement possible mais vitale.

Inciter à la relocalisation des activités qui avaient été abandonnées au plus vaste Etat totalitaire de la planète, la Chine.

Réaliser que la mondialisation est malheureuse, que le libre-échange n'est pas la panacée, que la croissance sans fin est une illusion, qu'une autre économie est non seulement possible mais vitale.

Constater que l'Union européenne n'existe plus dès qu'un problème grave se présente : face au coronavirus, chaque Etat mène sa propre politique, comme si le virus n était bloqué aux frontières. Une autre Europe est non seulement possible mais vitale.

Bienfaits sociaux : retisser des liens

Retrouver ses enfants : les parents habituellement absents du domicile ont enfin du temps pour s'occuper de leur progéniture (même si choc est parfois rude !).

Retrouver son conjoint (même si choc est parfois rude !).

Pratiquer la solidarité entre voisins.

Bienfaits spirituels

Vivre pleinement les 3 P de la sainte quarantaine (le carême) : prière, pénitence (ni sorties, ni restaus…) et partage (l'attention au prochain).

Réveiller sa faim du Corps eucharistique, découvrir la communion spirituelle ou de désir, assister aux nombreuses messes en ligne...

Découvrir la beauté du silence, qui nous aide vivre la présence de Dieu.

 

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Le message des évêques face à la crise

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COVID-19] MESSAGE DES ÉVÊQUES DE FRANCE AUX CATHOLIQUES ET A TOUS NOS CONCITOYENS 

L’ensemble des évêques de France invite les Français à un geste commun le mercredi 25 mars prochain. Les catholiques lui donneront une signification particulière en raison de la fête de l’Annonciation, mais tout le monde peut s’y joindre : déposer une bougie sur sa fenêtre au moment où les cloches sonneront sera une marque de communion de pensée et de prière avec les défunts, les malades et leurs proches, avec tous les soignants et tous ceux qui rendent possible la vie de notre pays. Ce sera aussi l’expression de notre désir que la sortie de l’épidémie nous trouve plus déterminés aux changements de mode de vie que nous savons nécessaires depuis des années. 

Nous, catholiques, demanderons en même temps à la Vierge Marie de remplir nos cœurs de foi, d’espérance et de charité en ces temps et de nous obtenir la grâce de l’Esprit-Saint pour que nous sachions trouver les gestes nécessaires.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort
Archevêque de Reims
Président de la Conférence des évêques de France

 

 

Notre pays, avec de nombreux autres, traverse une grande épreuve. Le chef de l’État nous appelle à laisser de côté nos divisions et à vivre ce temps dans la fraternité. C’est pourquoi nous avons voulu que ce message destiné en premier lieu aux catholiques s’adresse aussi à tous nos concitoyens sans distinction. 

Nous le faisons dans un esprit d’humilité, mais avec la certitude que la foi chrétienne a une mission spécifique dans ce monde et qu’elle ne doit pas s’y dérober. Nous pensons aussi à tous ceux et celles qui partagent avec nous la foi en Dieu et la conviction qu’Il accompagne notre vie. Nous pensons enfin à tous ceux et celles qui ne croient pas mais souhaitent que la solidarité et l’esprit de service s’accroissent entre les hommes. 

À tous, nous disons notre désir que notre communauté nationale sorte grandie de cette épreuve. Depuis bien des années déjà notre humanité a l’intuition qu’elle doit changer radicalement sa manière de vivre. La crise écologique nous le rappelle sans cesse, mais la détermination a fait largement défaut jusqu’ici pour prendre ensemble les décisions qui s’imposent et pour s’y tenir. Osons le dire, l’égoïsme, l’individualisme, la recherche du profit, le consumérisme outrancier mettent à mal notre solidarité. Nous avons le droit d’espérer que ce que nous vivons en ce moment convaincra le plus grand nombre, qu’il ne faut plus différer les changements qui s’imposent : alors, ce drame porteur d’angoisse n’aura pas été traversé en vain. 

Le mercredi 25 mars, à 19h30 

Un peu partout en France, les cloches de toutes les églises sonneront pendant dix minutes, non pour appeler les fidèles à s’y rendre, mais pour manifester notre fraternité et notre espoir commun. 

Elles sonneront comme elles ont sonné aux grandes heures de notre histoire, la Libération par exemple. En réponse à ce signe d’espoir, nous invitons tous ceux qui le voudront à allumer des bougies à leur fenêtre. Ce geste, qui est de tradition dans la ville de Lyon, est un signe d’espérance qui transcende les convictions particulières : celui de la lumière qui brille dans les ténèbres ! 

CE QUI SUIT S’ADRESSE MAINTENANT AUX CATHOLIQUES.

Mercredi 25 mars, nous fêterons l’Annonciation du Seigneur. Elle eut lieu à Nazareth, chez une jeune fille, Marie. Dans sa maison, le Ciel rencontre la terre ; dans sa maison, le salut du monde est conçu ; dans sa maison, une joie nouvelle apparaît, la joie de l’Évangile, une joie pour le monde: « Car rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37).

Cette année, sans l’avoir voulu, nous fêterons l’Annonciation, confinés, dans nos maisons! Pouvons-nous célébrer cette fête plus en vérité, plus intensément, plus en communion?

Quand les cloches sonneront, le 25 mars, à 19h30, que chaque disciple de Jésus, dans sa maison, ouvre sa Bible (ou son ordinateur) et lise, seul ou en famille, le récit de l’Annonciation, dans l’Évangile selon saint Luc, chapitre 1, versets 26 à 38.

Et qu’au même moment chaque maison allume une ou plusieurs bougies, à sa fenêtre, pour dire son espérance et conforter celle de ses voisins.

Nous prierons en communion par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie en nous unissant au chapelet récité, à Lourdes, chaque jour à 15h30. Nous demanderons à Marie de nous protéger et de nous aider à mieux accueillir Jésus dans nos maisons, dans nos cœurs, dans nos vies comme elle l’a fait elle-même pour nous: « Que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38) – [1re dizaine].

Nous confierons à Marie qui devient Mère du Sauveur et qui deviendra notre Mère, nos frères et sœurs malades, nos frères et sœurs soignants, notre communauté humaine éprouvée. Nous lui dirons que nous voulons les aimer comme nous aimons Jésus, « le fruit béni de ses entrailles » (cf. Lc 1, 42), Lui qui a pris sur lui nos souffrances et nos péchés [2e dizaine].

Nous pourrons aussi confier nos craintes et nos doutes à celle qui fut toute bouleversée et s’interrogea: « Comment cela va-t-il se faire? » (Lc 1, 34). La peur d’une vie remise à Dieu, différente de celle dont nous rêvons, rejoint la peur de la mort. Marie la connaît de l’intérieur et nous pouvons lui dire sans cesse: « Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort », comme l’Église nous l’a appris [3e dizaine].

Enfin, poussés par l’Esprit, nous pourrons dire à Jésus: « Guéris-nous ! » Nous ne savons pas quelle sera la réponse sinon que, dans quelques jours, nous fêterons la passion, la mort et la résurrection de Jésus, le premier-né d’une multitude de frères qu’il fait entrer dans la vie de Dieu [4e dizaine.]

[5e dizaine avec intentions particulières].

Ouvrir sa fenêtre, allumer une bougie est un geste de communion que nous voulons offrir à toute la nation pour qu’elle rende hommage aux défunts, victimes du Covid19, et aussi à ceux qui donnent de l’espoir, soignants, autorités mais aussi famille, amis, voisins.

C’est pourquoi nous vous demandons de relayer ce message très largement autour de vous, par tous les moyens autorisés à votre disposition!

LES ÉVÊQUES DE FRANCE

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Les évêques face à une crise inédite - N°386

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Au sommaire de Chrétiens dans la Cité # 386.

La version numérique de ce numéro peut vous être envoyée exceptionnellement sur simple demande à contact@chretiensdanslacite.com

DOCUMENT : Ne fermons pas nos églises

ANALYSE : Les évêques français face à une crise inédite

INFOS : LA CEDH sous contrôle - Un Café Joyeux aux Champs-Elysées - Eglises parisiennes en péril - Ni bio ni éthique - La Passion selon Gibson - Victoire pour Alliance Vita

LES HOMMES :  Jean-Luc Fabre - Thomas Ailleret - Emmanuel Delmas - Jérôme Anciberro

LECTURES : Petite histoire de l'Eglise catholique, par Olivier Minvielle

INITIATIVES : Fondateurs mais scandaleux

 

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Repenser la Société à l’épreuve du coronavirus

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Une chronique du Père Bernard Devert (Habitat & Humanisme:

Des territoires entiers confinés dans le monde, les rassemblements interdits, les réunions évènementielles reportées sine die, coronavirus frappe fort jusqu’à créer une onde de choc, réveillant des inquiétudes et des peurs ancestrales.

Ce virus mortifère met aussi à genoux l’économie, faisant plonger brutalement et lourdement les bourses mondiales. 

‘L’Atelier du monde’ d’où est parti le virus, a dû fermer nombre de ses portes. Les entreprises en difficulté soulignent les excès de la mondialisation mettant en échec leur autonomie. 

Les relations sont quelque peu changées, marquées par une légitime prudence. Des barrières se forment, des interdits se développent. Se fait jour l’impossibilité de visiter les patients hospitalisés ou dans les établissements médico-sociaux, le virus s’attaquant à ceux fragilisés par la perte de santé et le grand âge. 

L’expression ‘vulnérabilité’ trouve ici tout son sens pour être cet état qui n’autorise plus d’aggravation, faute de quoi la personne sombre, d’où la nécessité d’une sur-attention pour éviter des ruptures touchant à la vie même. 

Le Président de la République soulignait lors d’une visite dans un EHPAD l’urgence de réglementer drastiquement l’accès aux espaces de soins. Un crève-cœur, disait-il. Il ne le sera que pour peu de temps si nous ne laissons pas le virus se propager au risque avéré d’attenter à la vie. 

Nul doute que les combattants de ce virus, chercheurs et soignants, parviendront à le vaincre. La lutte qu’ils mènent n’est pas sans un éclat d’humanité. 

Les services d’urgences des hôpitaux sont depuis des mois grippés dans leur fonctionnement mais les soignants font fi de leur intérêt personnel pour que, dans cette situation de crise, la population ait le moins possible à souffrir.

Justice que de garder la mémoire de leur magnifique engagement. 

Le coronavirus devrait nous inviter à réfléchir sur cet autre virus qu’est la pauvreté mettant bien des personnes dans des situations de confinement, territoires du bannissement. Le risque n’est pas viral, certes, mais il n’en est pas moins destructeur d’une Société qui ne sait pas mettre suffisamment de protections pour lutter contre ce mal. 

Si les masques sont nécessaires pour se protéger du coronavirus, nous devrions faire tomber ceux qui empêchent de voir cette peste noire qu’est la misère. Ne mériterait-elle pas un sursaut partagé pour refuser ce qui détruit et abime les plus fragiles. Ce soin revêt une réelle urgence. 
 

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Quel fonds de l'Eglise pour les victimes de la pédophilie

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Après l’annonce par les évêques de la création d’un fonds pour indemniser les victimes d’actes pédophiles commis par des clercs, des fidèles s’inquiètent de savoir si le denier du culte servira à financer cette mesure controversée. L’une de nos abonnées a consulté le responsable financier d’un important diocèse. Voici sa réponse :

« Il n’est en aucun cas envisagé que les dons, à commencer par le denier, servent à financer les versements aux personnes victimes. Tous les dons du passé et du présent servent à la mission de l’Église exclusivement. Si cette proposition de versement d’une somme unique et forfaitaire a un caractère symbolique, par son caractère tangible et concret, cette démarche financière montre que l’Église manifeste sa volonté de reconnaître la souffrance que les personnes victimes ont vécue. Ce versement n’est ni une indemnisation, ni une réparation, ni une transaction, ni une prise en charge. Tout ceci est du ressort de la justice, dont la fonction est d’établir les responsabilités pénales et civiles. La démarche de l’Église n’est pas un substitut à la justice. En raison du caractère spécifique de cette démarche de reconnaissance, un fonds de dotation dédié, totalement indépendant des diocèses et des paroisses, sera mis en place afin de la financer. Ce fonds sera alimenté uniquement par des contributions volontaires, à commencer par celle des évêques eux-mêmes, des prêtres et des laïcs qui le souhaitent. Les auteurs des actes (pour ceux qui sont toujours de ce monde car le plus grand nombre sont décédés) auront la responsabilité d’avoir réglé intégralement toutes les condamnations financières que la justice aura prononcées en faveur de leurs victimes. La Conférence des Évêques de France finalisera et détaillera ce dispositif dans les semaines à venir et sa mise en place en 2020 sera transparente et fera l’objet d’un contrôle externe précis. »

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Habitat et Humanisme partenaire des bénédictins

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Dans Chrétiens dans la Cité n°285 :

Un partenariat original a été signé entre Habitat et Humanisme, l'Abbaye Notre-Dame de Belloc et le monastère Sainte-Scholastique d'Urt (diocèse de Bayonne). Les bénédictins ne sont plus que 18 et les bénédictines 12 (elles n'ont pas connu d'entrées depuis une dizaine d'années). Les premiers vont rejoindre le monastère des sœurs dont une partie des locaux, aujourd'hui inoccupés, seront réhabilités. Selon un communiqué « les deux communautés des sœurs et des frères s'engagent à maintenir la vie monastique dans le respect de leur autonomie et la mutualisation des services qui leur sont communs. » De son côté, dans un délai entre dix-huit mois et deux ans, Habitat et Humanisme reprendra les bâtiments des moines de Belloc qui deviendront un lieu de formation et de ressourcement spirituel pour les 1800 salariés, les 5000 bénévoles et les 30 000 personnes adhérentes aux valeurs de la Fondation mises en œuvre depuis 1985 pour « réconcilier l'humain et l'urbain en prenant appui sur deux élans : l'esprit d'entreprise dans le monde de l'immobilier et la soif de justice ».

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L'autre Jean Vanier - N°385

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Au sommaire de Chrétiens dans la Cité n°385 :

ANALYSE : L'autre Jean Vanier

LES HOMMES : Pascal Wintzer - Michel Aupetit - Mehdi-Emmanuel Djaadi

INFOS : Priants des campagnes - Après la Passion, la Résurrection selon Mel Gibson - Les Français et la laïcité - Habitat et Humanisme partenaire des bénédictins - Un grand festival écolochrétien - Gentrification du catholicisme français - Photo et pauvreté - Etat et nominations - Site profamille et provie

LECTURE : Chère Amazonie, du pape François

INITIATIVES : Communion Notre-Dame de l'Alliance

AGENDA

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L'autre face de Jean Vanier

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Suite aux annonces faites le 22 février par L’Arche Internationale, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié ce communiqué sur les attouchements déplacés qui auraient été commis par Jean Vanier sur six femmes qui, bien que consentantes, étaient sous son emprise, et sa complicité avec les abus du père Thomas Philippe, dominicain condamné dès 1956 pour les mêmes pratiques, qu'il justifiait par une théorie douteuse. Précisons que l'Arche n'est pas un mouvement d'Eglise.

Les Évêques de France ont appris avec stupeur et douleur ce que l’enquête ouverte par L’Arche internationale révèle aujourd’hui du comportement de Jean Vanier à l’égard de plusieurs femmes, au long des années, comportement mêlant emprise spirituelle et abus sexuel dans la suite de la relation spirituelle que Jean Vanier a eue avec le père Thomas Philippe, dominicain, et sous l’influence des doctrines perverses de ce dernier. Les évêques membres du Conseil permanent remercient les femmes victimes de Jean Vanier qui ont eu le courage intérieur de parler de ce qu’elles ont subi. Au nom de tous les évêques de France, ils assurent de leur compassion les femmes qui ont été ainsi abusées. Ils expriment leur détermination à agir pour que la lumière soit faite.

Ils redisent leur confiance aux communautés de L’Arche où personnes handicapées et assistants vivent des relations authentiques de respect mutuel et d’entraide. Les évêques du Conseil permanent tiennent à exprimer leur estime pour les responsables de L’Arche qui ont pris au sérieux les témoignages reçus et qui ont su adopter les moyens nécessaires pour qu’une enquête indépendante et approfondie soit menée. Le Conseil permanent remercie ces responsables de l’avoir tenu informé des résultats de cette enquête.

Au terme de cette enquête, rien n’indique que des personnes handicapées auraient été victimes d’actes inappropriés de la part de Jean Vanier. Le Conseil permanent salue le travail d’évaluation des procédures de prévention des abus et de protection des personnes, vulnérables ou non, engagé actuellement par L’Arche internationale. La Conférence des évêques de France s’associera volontiers à la Corref, à la Province de France de l’Ordre dominicain et à la Congrégation des Frères de Saint-Jean pour poursuivre le travail d’élucidation nécessaire à propos du père Thomas Philippe, dominicain, décédé en 1993, qui avait été sévèrement condamné par Rome en 1956, condamnation dont les termes ont été peu à peu oubliés ou négligés.

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Le bénévolat est en crise, mais quelle crise

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Une chronique du Père Bernard Devert, président-fondateur d'Habitat & Humanisme

Le bénévolat, en crise, ne serait-ce pas plutôt une crise du sens, accompagnée parfois d’une indifférence pour trop entendre un défaitisme destructeur.

Certes, des difficultés se font jour pour parvenir à une mobilisation plus importante de nouveaux bénévoles. Les causes sont nombreuses : la retraite à un âge plus tardif, l’augmentation du nombre de familles mono parentales - d’où l’intervention des grands parents se substituant parfois aux parents - enfin, la crainte que le bénévolat ne devienne une charge exigeant un tel investissement qu’il s’apparente à une nouvelle vie professionnelle. Le monde caritatif, s’il veut se pérenniser alors qu’il est confronté à des personnes en souffrance liées à la misère et aux addictions, doit parvenir à trouver des missions moins chronophages en les limitant dans la durée. Il s’agit de faire plus en demandant moins.

Le mécénat d’entreprise apporte d’heureux accompagnements.

La Société ne saurait se démobiliser par rapport au vivre-ensemble mais il lui faut s’attacher à un faire-ensemble que les bénévoles suscitent en jouant sur deux gammes le ‘pour’ et ‘l’avec’.

« Pour » traduit la volonté de faire changer ce qui peut l’être, d’où un discernement pour mieux définir les moyens à mettre en œuvre aux fins d’y parvenir.

« Avec » est le pouvoir d’agir reconnu à chacun, au nom même de sa dignité. La grandeur de l'homme est dans sa décision d'être plus fort que sa condition (Camus). La reconnaissance du talent dont chacun dispose ne peut faire l’économie d’actions très concrètes qui, seules, permettent un réveil et un étonnement, la personne saisissant qu’elle a plus de possibilités qu’elle ne le pensait. « Avec » est une invitation à introduire la culture, sans la réduire à une approche académique. L’expression corporelle, par exemple, relève de cette ouverture. Comment aller mieux si l’on ne parvient pas à habiter son corps.

Le beau doit être recherché dans la relation, l’échange, le partage, le sport, jusqu’à l’unisson des voix dans le chant choral. Les propositions sont immenses.

Faire-ensemble doit faire surgir la fierté de parvenir à un dépassement.

Quelques exemples concrets :

Ce samedi 8 février, à l’Opéra Bastille à Paris, s’est tenue la restitution publique du projet O U I, en partenariat avec l’Opéra de Paris, mise en scène par la chorégraphe Régine Chopinot, avec la participation des résidents du centre d’hébergement de réfugiés. C’est aussi Michel Hallet Eghayan et sa Compagnie de danse et de théâtre qui a permis à des enfants roms, sortis des bidonvilles, de trouver une voie d’insertion suscitant la surprise et la fierté de leurs parents.

Faire du neuf, n’est-ce pas précisément ce que nous avons à entreprendre dans le champ de l’insertion, soulignant également la pertinence des tiers lieux comme les escales solidaires qui font école.

Le réel est étroit, dit Lamartine, le possible est immense. Encore faut-il des bénévoles qui détruisent les dénigrements qui accablent et déchirent les étiquettes qui enferment. Le bénévolat, signe et source d’une liberté et d’une gratuité, doit y concourir.

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