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Evêques / Islam : une clarification

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La Commission doctrinale de la Conférence des évêques de France a publié une note intitulée Comment chrétiens et musulmans parlent-ils de Dieu ?

SI CHRISTIANISME ET ISLAM (et le judaïsme) sont des religions monothéistes, « la façon dont chrétiens et musulmans parlent de Dieu est très différente ». La notion de Trinité est refusée au nom du rejet du polythéisme et les chrétiens sont accusés d’avoir falsifié les Ecritures. L’incarnation est considérée par les musulmans comme une atteinte à la transcendance de Dieu. La crucifixion de Jésus fut une apparence ou une illusion (thèse d’un sosie crucifié à la place de Jésus, que Dieu a élevé auprès de lui). Jésus est seulement un homme, un grand prophète, né de la Vierge Marie, venu apporter un message provenant réellement de Dieu, mais qui a été déformé par les chrétiens. Pour l’islam comme pour le christianisme, il existe des Ecritures saintes, mais les conceptions de la révélation sont très différentes : prétendument éternel et incréé, le Coran est le fruit d’une dictée de Dieu à Mohammed. Pour les chrétiens, c’est Dieu qui a inspiré les auteurs bibliques qui ont rédigé les livres de la Bible en se servant des mots et des formes littéraires de leur temps, ce qui ouvre un espace à l’exégèse.

Citant Vatican II (Lumen gentium n.16) et Jean Paul II à Casablanca en 1985 (qui relevait comme points communs : «nous croyons à l’importance de la prière, du jeûne et de l’aumône, de la pénitence et du pardon ; nous croyons que Dieu nous sera un juge miséricordieux à la fin des temps »), la Commission doctrinale évoque une « une relation réelle entre les croyants tournés ensemble vers le Dieu Créateur ». Mais elle ajoute aussitôt : « Notre perception du mystère de Dieu n’est pas la même. Pour les chrétiens, l’incarnation du Fils de Dieu a transformé les choses : Dieu, personne ne l’a jamais vu, le Fils Unique qui est tourné vers le sein du Père, nous l’a fait connaître (Jn 1,18). » Quant au dialogue théologique, il est au mieux difficile, car il exige, avec la sympathie pour préliminaire, « une réelle clarté de l’identité de la foi chrétienne. Ce que le Christ nous a fait connaître de Dieu est d’une exceptionnelle richesse : contempler la Trinité et en parler, c’est montrer comment elle est la source de notre vie spirituelle et de notre manière de nous comporter. » On le voit, la nouveauté de ce texte est de ne pas masquer les désaccords au nom d’un conception irénique du dialogue islamo-chrétien. Pour Jean-Marie Guénois (La Croix, 23/5), « indéniablement, l’Eglise catholique durcit le ton face à l’islam ».

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Catho donc écolo

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Denis Sureau s'entretiendra avec Patrice de Plunkett,
auteur de " L'Ecologie, de la Bible à nous jours"



Dimanche 1er juin
de 12h à 13h30 (rediffusion à 16h et minuit)
sur Lumière de l'Espérance, la radio du dimanche de Radio Courtoisie

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Haut conseil de la famille: le blocage

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La guerre est déclarée entre les associations familiales officielles et les syndicats. Objet du litige : la composition du futur Haut conseil de la famille, devant remplacer à la fois la conférence nationale de la famille, le conseil interministériel de la famille et le Haut conseil de la population et de la famille. Selon le projet de décret, les associations familiales officielles auraient autant de sièges que les syndicats, ce qui est jugé insuffisant pour les partenaires sociaux « financeurs de la branche » famille, selon leurs propres termes. Lors du dernier conseil d’administration de la Cnaf (Caisse nationale des allocations familiales), les 16 représentants des syndicats ont voté contre ce projet, face à 6 voix pour (5 Unaf, 1 personne qualifiée) et 2 prises d’acte (2 personnes qualifiées). Si le Gouvernement persiste, les cinq confédérations syndicales ainsi que le Medef, la Cgpme et l’Upa boycotteront cette instance, la privant ainsi de toute légitimité. Tous s’accordent cependant sur la nécessité de cette nouvelle institution.

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Le premier évêque chef d'Etat

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Embarras de Rome : porté par une coalition composée d’un ensemble de groupes de gauche et de droite opposés au parti Colorado, au pouvoir depuis 1947, un évêque (suspendu a divinis) a été élu président du Paraguay. Mgr Fernando Lugo a déclaré le soir de son élection : « Si mon attitude et ma désobéissance au droit canonique ont causé de la douleur, je demande sincèrement pardon aux membres de l'Eglise, et en particulier au pape Benoît XVI ». Il espère qu’« une solution satisfaisante » sera trouvée à ce problème canonique complexe. Le président de la Conférence épiscopale paraguayenne, Mgr Ignacio Gogorza, a déclaré qu'il attendait les indications du Saint-Siège. Né en 1951, entré à 20 ans dans la congrégation des Missionnaires du Verbe divin, Fernando Lugo avait été nommé évêque de San Pedro en 1994 par Jean Paul II. Marqué par la théologie de la libération et souhaitant s’engager en politique notamment pour défendre les paysans sans terre contre les latifundistes et les multinationales,

« l’évêque des pauvres » avait demandé à Benoît XVI la réduction à l’état laïc. Demande refusée par la Congrégation pour les évêques dont le préfet, le cardinal Giovanni Battista Re, expliquant que « l'épiscopat est un service accepté librement pour toujours ». En janvier 2007, l’évêque a été suspendu a divinis, peine lui interdisant de célébrer les sacrements (canon 1333, 1, du Code de droit canonique). Mais il continue à aller à la messe. Il se déclare progressiste, précisant : « "Je ne me sens ni de gauche, ni de droite : ma préoccupation pour les pauvres découle de mon option pastorale plutôt que d'une idéologie. »

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Familles en colère

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L’inquiétude suscitée par la nomination de Nadine Morano au secrétariat à la famille a été brutalement renforcée par l’affaire de la carte famille nombreuse sur fond de cacophonie gouvernementale. Les réactions ont été immédiates, à commencer par celle de l’épiscopat. L’Alliance pour les Droits de la Vie a dénoncé la suppression annoncée de ladite carte comme « humainement injuste et économiquement absurde». L’Union des familles en Europe déclare : «  En janvier, le gouvernement souhaitait mettre sous condition de ressources les allocations familiales ; en avril, faire disparaître la carte famille nombreuse ; en mai, diminuer les majorations pour âge des allocations familiales : les familles vont perdre 600 € par enfant ! »

En annonçant le maintien de la carte, Nicolas Sarkozy a aussi annoncé son extension aux « familles monoparentales » et aux familles modestes de moins de trois enfants. Ce qui confirmait la confusion entre politique familiale de compensation du coût de l’enfant (avec pour effet le soutien à la natalité) et politique sociale de réduction des inégalités. Aider et assister les plus pauvres est un objectif juste mais il n’est pas moins juste de compenser l’inégalité de situation entre familles avec enfants et familles ou personnes sans enfants (principe d’universalité de la politique familiale). Solidarité horizontale et verticale sont complémentaires mais distinctes.

Selon la doctrine sociale de l’Eglise, le salaire du chef de famille devrait être suffisant pour couvrir toutes les charges familiales. C’est pour éviter une discrimination au détriment des pères de famille nombreuse que les entreprises ont créé le système des allocations familiales. Il est donc radicalement injuste d’envisager toute mise sous condition de ressources de ces allocations (tandis que leur fiscalisation serait théoriquement acceptable).


Laissez-les-vivre appelle les « familles en colère » à manifester le 20 mai à 18h devant le ministère de la santé de Roselyne Bachelot et le secrétariat d'Etat à la famille de Nadine Morano qui partagent l'immeuble du 14 avenue Duquesne (Paris VIIe).

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Chine : de l'Acat à Chrétienté-Solidarité

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Des mouvements chrétiens de sensibilités les plus diverses dénoncent le totalitarisme chinois.

  • L’Acat (Association des chrétiens pour l’abolition de la torture) rappelle que la Chine est le plus grand pays du monde à pratiquer la peine de mort. 68 délits entraînent la peine de mort, parmi lesquels des infractions ne relevant pas d’une criminalité violente, tels que délits économiques ou jeux de hasard illégaux. Les statistiques officielles sur le nombre d’exécutions ne sont pas divulguées. Certaines sources locales estiment qu'il y a entre 7500 et 8000 tués. Le recours à la torture pour extorquer des aveux est fréquent, de même que les erreurs judiciaires à la suite de procès expéditifs. Ces exécutions donnent lieu à un trafic d'organes systématique et relèguent dans des foyers les milliers d'enfants de personnes exécutées ou condamnées à mort.
  • Bernard Antony, président du mouvement catholique Chrétienté-Solidarité, appelle au boycott des Jeux Olympiques à Pékin : « Ayant été le premier, dès 2006, à dénoncer la monstruosité d'organiser des jeux olympiques à Pékin comme jadis à Moscou, je me réjouis de ce que Rama Yade se soit enfin ralliée à cette idée. Mais il n'y a pas qu'au Tibet que le communisme chinois a commis d'immenses abominations. La liberté religieuse est interdite en Chine où l'on continue à faire mourir en détention des prêtres et des évêques et à réprimer durement les croyants. Et ce bien après les grandes exterminations du maoïsme. La Chine est toujours aussi le pays du Laogaï c'est-à-dire d'un système de production à coût infime par les détenus des camps de concentration... »


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Transmettre: 10 ans, 100 numéros

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La revue Transmettre fête ses dix ans avec son centième numéro.
Publiée par un groupe de parents et de catéchistes accompagnée de prêtres diocésains, elle propose chaque mois un dossier en lien avec le temps liturgique ou sur un grand thème (préparer à la première communion et à la confession, comment vivre le carême, l’enfant face à la mort etc.), une catéchèse sur les fondamentaux du christianisme, un commentaire suivi de la Bible, des articles pour l’éveil à la foi des tout-petits, des vies de saints ou des carnets de prière, ainsi que des bricolages et des dessins à colorier. Ces dernières années, Transmettre a réalisé une percée dans de nombreuses paroisses, où les curés abonnent leurs équipes de catéchistes. Transmettre édite également des guides de préparation aux sacrements et des albums d’éveil à la foi.

Spécimen gratuit sur demande : www.transmettre.fr

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Menaces sur la Cftc

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Lors de la conférence sociale du 19 décembre, Nicolas Sarkozy a ouvert le chantier de la réforme de la représentativité syndicale. La Cfdt et la Cgt ne seraient pas hostiles à une redéfinition de la représentativité fondée sur les résultats électoraux. Parmi les syndicats ayant le plus à perdre, la Cftc est la première concernée. Le gouvernement et le Medef sont favorables à une simplification, préférant avoir deux gros interlocuteurs – la Cfdt et la Cgt – que cinq. La Cftc ne pourrait-elle pas rejoindre la Cfdt, les divergences entre les deux organisations semblant de moins en moins évidentes ? La Cftc, qui a obtenu 10% aux élections prud’homales de 2002 (mais seulement 6,7% aux élections des comités d’entreprise de 2005), affirme que son nombre d’adhérents a augmenté de 20% ces cinq dernières années, passant de 120 000 à 141 600 – ce qui est loin d’être négligeable. Elle tiendra son prochain congrès fin octobre, avant les prud’homales du 3 décembre dont le résultat sera un indicateur important de sa vitalité.

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Intouchable loi Veil

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La session annuelle de formation organisée par la Commission doctrinale de l'épiscopat (présidée par Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque d'Albi) et le groupe de travail sur la bioéthique (présidé par Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes) a réuni une soixantaine d'évêques sur le thème Le début de la vie humaine : aspects scientifique, éthique, juridique pour un discernement pastoral. Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, dans un entretien à Ouest France (18/2), a réaffirmé, dans la perspective de la révision des lois de bioéthique prévue en 2009 « le respect absolu de la vie humaine, en raison de sa dignité intrinsèque ».  Suite à la décision de la Cour de cassation d'autoriser l'inscription à l'Etat civil de tout fœtus né sans vie, il a rappelé que « la position de l'Eglise est que l'on doit agir comme si l'embryon était une personne ». Mais le discours s’est ensuite brouillé, lorsque le cardinal Vingt-Trois a tenu à préciser que la réaffirmation du statut du fœtus ne remet pas en cause la loi sur l'avortement: « jamais l'avortement n'a été légalisé. Il a été dépénalisé, ce n'est pas la même chose. Mme Veil n'a jamais voulu établir un droit à l'avortement. Elle a voulu atténuer des situations de détresse en ne laissant pas subsister une pénalisation considérée alors comme disproportionnée ». Le propos est curieux. Comme le note Rémi Fontaine (Présent, 20/2), d’une part on comprend mal pourquoi l’Eglise devrait craindre de mettre en cause la loi Veil ; d’autre part depuis 1975 la législation (1994 ; 2001) et la jurisprudence ont évolué en affirmant l’avortement comme un droit fondamental des femmes. Comme le souligne Tugdual Derville, délégué général de l’Alliance pour les droits de la vie, « la situation est doublement paradoxale : d’abord l’Église tente de prendre les adversaires du respect de la vie à leur propre logique, celle de leur sacro-sainte loi de 1975 (même si, depuis, le législateur a malheureusement consacré un vrai droit à l’avortement) ; ensuite c’est au moment où les évêques se mobilisent fortement pour que soit respecté le début de la vie qu’on en vient à faire croire qu’ils baisseraient les bras sur la loi de 1975 » (France catholique, 23/2). Soupçon habilement confirmé par Axel Kahn, qui est intervenu lors de la session épiscopale comme expert, et qui a déclaré à propos de la loi Veil qu’il défend : « Cette question n’est pas au centre d discours de l’Église, contrairement aux évangélistes américains qui en ont fait leur cheval de bataille. Même si les décisions de la Cour de cassation pourraient donner aux autorités catholiques les arguments pour reprendre leur combat contre la loi Veil, je ne pense pas que ce soit leur volonté » (Le Figaro, 19/2).
 

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