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Téléthon : un bref argumentaire

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Le 23e Téléthon aura lieu les 4 et 5 décembre. La collecte précédente, en décembre 2008, a rapporté 105 millions d'euros à son organisateur, l'Association française contre les myopathies (AFM). Rappelons les principaux griefs adressés par les catholiques :

1/ L'utilisation des embryons pour la recherche. Le Téléthon finance le premier centre français de recherches sur l'embryon humain : l'Institut I-STEM, dirigé par le Dr Marc Peschanski. Rappelons que la recherche sur les embryons humains ne vise pas guérir des embryons malades, consiste à prélever des cellules de l'embryon (que l'on détruit) pour les utiliser comme matériau de recherche.

2/ La sélection des embryons sur critères génétiques : le diagnostic pré-implantatoire (DPI), dont l'AFM est l'un des principaux promoteurs. Quand un couple est porteur d'une maladie génétique, on lui propose de faire une fécondation in vitro, puis de rechercher sur les embryons obtenus ceux qui sont porteurs de la maladie et ceux qui ne le sont pas, les bébéthons. Seul l’embryon qui n'est pas porteur de la maladie est réimplanté, ses frères et soeurs sont tués.

3/ La recherche qui utilise des fœtus avortés. Des travaux sur les maladies de Parkinson et de Huntington entraînent des greffes de cellules neurales extraites de fœtus avortés. Il faut utiliser de 3 à 10 fœtus pour un patient et il s'agit de fœtus dont les cellules neurales ne sont pas encore mortes pour que la greffe réussisse.

Ajoutons que l'AFM n'hésite pas à déclencher des procès contre ceux qui dénoncent ces pratiques moralement condamnables.

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Le Dpi, une transgression éthique grave

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Dans un avis, le Comité consultatif national d’éthique a ouvert la possibilité du dépistage de la trisomie 21 lors du diagnostic pré-implantatoire (DPI).

Dans un communiqué intitulé Vers une utilisation eugénique du diagnostic pré-implantatoire, le cardinal André Vingt-Trois a déclaré : « Le DPI constitue une transgression éthique grave puisqu’il vise à éliminer des embryons non-conformes. Cette transgression a été acceptée par le législateur, en l’encadrant strictement pour la seule détection de maladies génétiques d’une « particulière gravité », reconnues incurables au moment du diagnostic. Le fait d’élargir cette recherche à la trisomie 21 constitue un pas supplémentaire vers une utilisation eugénique du DPI. Rien n’empêchera de l’étendre demain à la recherche d’autres affections, voire à la satisfaction de désirs personnels. C’est un signal extrêmement négatif adressé aux personnes atteintes de la trisomie 21 et à leurs familles. Sans cacher les difficultés rencontrées par les personnes trisomiques, il faut rappeler qu’il ne s’agit pas d’une anomalie mortelle. Ne sommes-nous pas devant un refus insidieux de nos sociétés modernes de l’accueil des personnes handicapées?»

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Entretien avec François Huguenin

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Denis Sureau s'entretiendra avec François Huguenin,
auteur de Résister au libéralisme. Les penseurs de la communauté
dans son émission dominicale sur Lumière de l'Espérance,
a radio du dimanche de Radio courtoisie
Dimanche 15 novembre
à 12h, 16h et minuit.


Paris 95.,6 MHz - Caen 100,6 MHz - Chartres 104,5 MHz - Cherbourg 87,8 MHz -
Le Havre 101,1 MHz - Le Mans 98,8 MHz
Pour toute la France, en clair, sur le bouquet CanalSat
Pour le monde entier sur www.radiocourtoisie.net

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Le geste des prêtres lyonnais

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Le conseil du presbyterium de Lyon, instance représentative des prêtres du diocèse, invite chacun d’entre eux à donner un mois de leur salaire à une association caritative soutenant les victimes de la crise. La somme proposée est de 900 euros mais « chacun donne ce qu’il veut et ce qu’il peut ». Dans une lettre adressée aux prêtres, le conseil précise :

« Cet acte communautaire de solidarité n’appelle pas de publicité particulière, mais il ne veut pas rester secret non plus, pour qu’aux yeux des chrétiens ce geste de partage ait valeur d’encouragement. Cette proposition, faite par un jeune prêtre du diocèse, reprend pour l’essentiel une action de solidarité financière organisée par les prêtres d’un diocèse espagnol. »

Par ce geste qui se réfère notamment à l'encyclique sociale de Benoît XVI Caritas in veritate, les prêtres de Lyon veulent montrer que l'Église ne se contente pas de parler mais agit et veut inciter tous les chrétiens à agir à leur tour.

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Retour à la maison

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Le retour de groupes entiers d'anglicans dans l'Église catholique romaine constitue un événement de première importance dans l'histoire de l'oecuménisme et du pontificat de Benoît XVI.

 

Bien qu'attendue depuis plusieurs mois, l'annonce de la publication d'une constitution apostolique permettant la réintégration de pans entiers issus de la Communion anglicane est un acte historique considérable. Contrairement à certains commentaires journalistiques hâtifs, le dispositif ne concerne pas seulement la Traditional Anglican Communion avec ses 400 000 fidèles et sa trentaine d'évêques, mais le mouvement Forward in Faith et tous les diocèses et paroisses anglicans intéressés, soit un potentiel de milliers de prêtres et de millions de fidèles à travers le monde. L'originalité du dispositif romain tient à la création d'ordinariats (diocèses) personnels, avec leur propre tradition et leur liturgie, à l'instar des catholiques de rit oriental. Rome n'a cependant pas cédé sur l'invalidité des ordinations anglicanes affirmée par Léon XIII en 1896 : les « prêtres » anglicans devront être ordonnés pour continuer leur ministère.

 

Pour le grand théologien anglo-catholique John Milbank, à l'origine du courant Radical Orthodoxy, cette initiative de Benoît XVI est remarquable pour quatre raisons (cf. L'Avvenire, 30/10). Premièrement, Rome reconnaît une certaine valeur à la tradition anglicane. Il est en effet prévu de conserver ce que le patrimoine liturgique et spirituel anglican a de bon. Deuxièmement, l'Eglise romaine montre qu'elle reconnaît que le catholicisme ne peut être réellement s'exprimer que dans la diversité culturelle. Troisièmement, elle accepte la possibilité d'un clergé marié comme elle le fait déjà pour les catholiques orientaux et certaines paroisses ex-anglicanes américaines. (Cependant, si les prêtres anglicans mariés pourront être admis au ministère sacerdotal dans l'Église, cette disposition ne s'appliquera ni aux évêques ni aux futurs séminaristes.) Quatrièmement, Benoît XVI prouve qu'il est aujourd'hui possible de réunir les chrétiens sous l'autorité du pape. La proposition de Benoît XVI constitue ainsi un acte oecuménique majeur dans l'histoire de l'oecuménisme catholique – un oecuménisme par le haut, qui vise l'unité de l'Église, et non « l'oecuménisme fondé sur un dialogue d'égal à égal » encore défendu par un Hans Küng (cf. Le Monde, 28/10). Les prochaines étapes annoncées sont, à court terme, la réintégration de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X et, à plus long terme, le rapprochement avec une partie de l'Orthodoxie (notamment russe).

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Au sujet d'Orange stressé

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Suite à la multiplication des suicides à France Telecom, le Père Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France, a publié une déclaration intitulée Suicides au travail. Il s'interroge : « Qu'est donc cet économisme, faisant pression sur l'homme, au point de ne plus lui donner d'entrevoir une autre issue que de mettre fin à ses jours ? » Rappelant que le travail humain est une dimension fondamentale pour l'épanouissement et le bien commun, il ajoute : « Il est urgent que les acteurs, concernés par ce grave enjeu de société, se concertent afin d'endiguer ce désespoir devant lequel nul ne peut se résigner. Certaines pratiques managériales sont à revoir. La vie est un don et a une valeur inestimable. Une société qui ne procure plus de travail, ou qui en impose dans des conditions inacceptables, n'est plus digne d'elle-même. » Le texte du Père Podvin s'achève sur un extrait de l'encyclique Caritas in Veritate de Benoît XVI : « Des relations authentiquement humaines, d'amitié et de socialité, de solidarité et de réciprocité, peuvent également être vécues, même au sein de l'activité économique, et pas seulement en dehors d'elle ou après elle. »

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Résister au libéralisme

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Où en est la philosophie politique en ce XXIe siècle naissant ? On trouvera une réponse riche et solidement argumentée dans le nouvel essai de François Huguenin. Il montre que le libéralisme dominant est attaqué, après l'échec du marxisme, par trois courants ou plutôt catégories de penseurs: l

1) Les philosophes communautariens qui opposent la communauté à l'individualisme libéral représenté par un John Rawls (qui fait l'objet d'une étude rigoureuse) : Sandel, Taylor, Walzer et MacIntyre.

2) Les néo-républicains qui veulent corriger la modernité, tels que Pocock, Quentin Skinner et Pettit.

3) Enfin la nouvelle théologie politique avec Hauerwas, Cavanaugh, Milbank et Pickstock. Plutôt que s'attacher à la pensée de chacun, François Huguenin montre leur apport à partir de grands thèmes: redécouvrir la communauté, revisiter l'histoire, relire la théologie et repenser le politique. Il s'emploie avec talent à déceler les failles ou à révéler la fécondité d'approches qui renouvellent en profondeur notre vision de l'homme dans la Cité. Passionnant!

 

François Huguenin

Résister au libéralisme

Les penseurs de la communauté

CNRS Editions, 256 p., 25 €

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Evangéliser l'école catholique

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Malgré un titre prometteur - « Annonce explicite de l'Evangile dans les établissements catholiques d'enseignement » -, le dernier texte de l'Enseignement catholique est révélateur des pesanteurs qui l'empêchent de briser l'étouffoir de sa sécularisation.


Adopté par le Comité national de l'Enseignement catholique, ce texte de quinze pages a été envoyé aux établissements scolaires qui en dépendent. Sa publication intervient après les coups de butoir provoqués par la Charte de l'enseignement catholique de Mgr Jean-Pierre Cattenoz et par l'expression d'une demande croissante des familles catholiques pratiquantes d'une école qui ne soit pas seulement le lieu de formation d'une raison rétrécie, mais un espace d'évangélisation où la raison est élargie par la foi.

Le phénomène de la multiplication d'écoles catholiques entièrement libres titille aussi les directeurs diocésains,même si certains d'entre eux leur sont discrètement favorables.

C'est dans ce contexte que survient ce document.


Le texte est avant tout révélateur d'un tiraillement, d'une tension schizophrénique entre la référence catholique et une réalité concrète, structurelle et humaine, qui s'y oppose. Écrit dans une langue de buis qui frôle parfois le charabia, il comporte des affirmations qui semblent cohérentes avec son titre : nécessité d'une « dynamique missionnaire », prise en compte de la dimension religieuse de la culture et de l'enseignement social de l'Église, présence de signes religieux visibles (chapelle, oratoire...) etc. Cependant ces propositions aussitôt contrebalancées : sous prétexte de respect de la liberté religieuse, on reste dans une « pastorale de la proposition » et de « l'invitation » pour le moins très timide, voire timorée. Le problème sous-jacent est moins celui de l'ouverture à tous les élèves imposée par la loi Debré que celui du recrutement d'éducateurs non-chrétiens. De fait « la communauté éducative n'est plus une communauté confessionnelle. » Les catholiques d'un établissement doivent prendre garde à ne pas « confondre affirmation légitime de son identité et repli identitaire ». Attention aux dangers de la messe et des célébrations : « La dimension liturgique est cependant délicate à honorer dans une communauté éducative délibérément ouverte à tous. » Plus grave encore, le document fait l'impasse sur le drame central de l'école catholique entretenue par l'Etat : l'abandon d'un véritable enseignement catholique – c'est-à-dire intrinsèquement catholique, vivant de l'harmonie entre raison et foi, conforme à la Tradition de l'Église et à son Magistère. Il reste à évangéliser l'école catholique

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Le Mythe de la violence religieuse

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C'est une idée convenue: la religion a une fâcheuse tendance à promouvoir la violence. Scrutant avec rigueur les arguments avancés (la religion divise, elle est absolutiste et irrationnelle), le théologien catholique américain William Cavanaugh démontre qu'il est impossible de séparer la violence « religieuse » de la violence « séculière ». Plus encore, l'utilisation de la catégorie de « religion » supposée transcender les siècles et les cultures est historiquement datée. Elle a été inventée pour marginaliser l'Église et imposer la domination du pouvoir séculier d'abord en Occident puis, à la faveur de la colonisation, dans le monde entier. Les Guerres de Religion, qui font l'objet d'une analyse historique passionnante, sont un autre ingrédient du mythe. Dans cet essai magistral (dont la version anglaise sort simultanément chez Oxford University Press), William Cavanaugh s'affirme comme un analyste majeur, d'une grande rigueur intellectuelle. Un livre fondamental à lire et faire lire.

 

William Cavanaugh

Le mythe de la violence religieuse

Éditions de L'Homme Nouveau,

384 p., 29 € (en librairie et sur www.hommenouveau.fr)

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