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Au sommaire de Chrétiens dans la Cité n°282

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Voici les principaux thèmes abardés dans Chrétiens dans la Cité, numéro 282 :

ANALYSE :Après le 24 mars

AGENDA

NOMINATIONS : Benoît de Vergnette, Catherine Larrieu, Michel Lachenaud

INFORMATIONS 

La Cftc conserve sa représentativité
Répit pour les embryons
Quand le laïcisme menace l'entreprise
Mariage homo : Le message de Mgr Marc Aillet - Les violences policières - 170 juristes contre le projet - Le mouvement pour l'écologie humaine
L'Artisanat monastique
Lourdes morose
Diaconia 2013

RECENSION : L'Art de la paix. La Communauté de Sant'Egidio sur la scène internationale (Salvator)

INITIATIVES : Uniapac

 

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Vendredi Saint (Jn 18,1-19,42) par le Père Bernard Devert

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Une méditation du Père Bernard Devert, fondateur de Habitat & Humanisme.

Les soldats s’emparèrent de Jésus et l’enchaînèrent, tenant enfin celui qui ne retient aucune de nos fautes. De quoi est-il coupable ? Serait-ce de proposer une vie de plénitude, chemin d’un exode débusquant les exils.

Demeure la question sur l’inouï de cette violence qui lui fut infligée. Il ne suffisait pas de le faire taire, encore fallait-il le faire disparaître pour ne plus entendre l’homme, radicalement libre, mettant en exergue nos captivités et nos illusions de puissances.

A la liberté christique, s’opposent les petits bonheurs, faits de quiétude au prix de l’indifférence et de l’iniquité jusqu’à suggérer qu’un seul homme meure pour tout le peuple. L’obscurité de la conscience atteint son paroxysme.

Une main s’est tendue dans l’histoire, celle-là même du Fils de Dieu, mais pour tenir à nos histoires qui ferment les mains, les poings se sont levés mettant à mort l’auteur de la vie.

A mort, celui qui a osé mettre le doigt sur nos enfermements, la communauté des religieux n’était pas la dernière pour la demander.

A mort, vociféraient ceux qui pour lire l’Ecriture sans l’habiter savaient, suivant le psaume 30, que pour tenir dans la main de Dieu, ils le tenaient à leur merci. Les mains ont « cogné ».

Nos représentations sur le jugement sont fausses, c’est l’homme qui juge Dieu, et non pas l’inverse, jusqu’à le condamner. Il meurt par ceux qui ne l’aiment pas et ne s’aiment pas, d’où la prière du Fils à son Père : « pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Si Dieu est violenté, menacé, crucifié, il n’est jamais menaçant mais toujours menacé par ceux à qui il donne la vie.

Aimer, c’est donner, se donner. Dieu donne et pardonne au-delà même de l’imaginable, mais quand éprouverons-nous une responsabilité à l’égard de la vie même de Dieu. Ne serait-ce pas naître à notre humanité que de reconnaître notre responsabilité à l’égard de l’autre et du Tout Autre.

Au cours du procès la question de la vérité est posée, mais aucun ne s’y attarde. Dans l’inconscience partagée, la réponse sera de l’ordre de la fuite, ajoutant à ce drame celui de le dédramatiser.

Le Fils de Dieu meurt. Les bourreaux seront alors les premiers à exprimer une parole annonciatrice d’un tremblement. La vie habitée par l’amour traverse la mort : une espérance s’éveille.

Bernard Devert

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Sur le pape François et la théologie de la libération

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Les journalistes assimilent à tort l'option préférentielle pour les pauvres (qui peut s'inscrire dans une théologie politique pleinement orthodoxe, y compris dans sa formulation en termes de "doctrine sociale de l'Eglise") et la théologie de la libération qui fut un courant de pensée particulier, imprégné de philosophie marxiste, que le cardinal Bergoglio a combattu. 

La genèse de la théologie de la libération se situe dans les années confuses de la crise post-conciliaire, lorsqu'un activisme catholique tentait de s'affirmer par rapport aux bouleversements culturels qui allaient conduire à mai 68. C'est précisément en 1968 que la conférence de l’épiscopat latino-américain de Medellin, adopta certains thèmes qui allaient agiter les théologiens. L'option préférentielle pour les pauvres en fit partie.

La première systématisation de la théologie de la libération se trouve dans le livre publié à Lima en 1971 par le dominicain péruvien Gustavo Gutiérrez : Teología de la liberación. L’année précédente était paru une Théologie de la révolution du théologien belge Joseph Comblin.

La libération qui qualifie cette théologie renvoie au grand récit de l’Exode: le peuple de Dieu s’affranchissant de la servitude égyptienne et réalisant son salut dans l’histoire, avec la perspective d’une terre nouvelle où les injustices auraient disparu. Comme Maritain et Metz, les théologiens de la libération (outre Gutiérrez, citons Hugo Assmann, Clodovis et Leonardo Boff, Jon Sobrino, Juan Luis Segundo) acceptent et même soutiennent la sécularisation. Avec Marx, ils soutiennent la priorité de la praxis : la théologie conceptualise la praxis chrétienne ou simplement politique. Elle est, dit Gutiérrez, une « réflexion critique sur la praxis historique à la lumière de la foi ». Ils développent également une conception dialectique de l’histoire dont la lutte est le moteur nécessaire, en particulier sous la forme du combat des opprimés.

Rejetant une interprétation pacifiste de la révolution appelée par Jésus, certains des théologiens libérationnistes vont jusqu’à justifier le recours à la violence. Toutefois leurs expériences historiques calamiteuses (comme au Nicaragua) les ramenèrent à des positions moins extrêmes.

On sait qu'à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Ratzinger ferrailla vigoureusement contre cette théologie avec deux textes successifs : en 1984, l’Instruction sur quelques aspects de la théologie de la libération (Libertatis Nuntius), et en 1986, avec une tonalité moins hostile et plus bienveillante, l’Instruction sur la liberté chrétienne et la libération (Libertatis conscientia). La première instruction dénonçait une marxisation de la théologie ayant pour conséquence la perversion de la foi, en particulier en matière d’ecclésiologie (l'Église du peuple comme Église de classe, opposée à l'Église officielle ou hiérarchique) et de christologie (réinterprétation politique des vérités christologiques). La seconde se voulait plus positive. Le propos n’était pas simplement critique, et certains thèmes chers aux libérationnistes tels que les structures de péché ou l’option préférentielle pour les pauvres entrèrent même dans le discours magistériel.

Le regard jeté par la nouvelle théologie politique anglo-saxonne est un peu différent. C'est ainsi que John Milbank, tête du courant Radical Orthodoxy, remarque : « Par-delà l'utilisation de schèmes marxistes, on peut observer que la théologie de la libération est d'abord étonnamment moderne dans sa relativisation des dimensions métaphysiques, mythiques, doctrinales et mystiques de l'expérience chrétienne, et trahit souvent l'influence du protestantisme libéral sur l'intelligentsia latino-américaine. Alors qu'on reproche communément à la théologie de la libération son collectivisme ou ses idéaux utopiques, on remarque rarement qu'il lui manque souvent encore une conception des faits religieux et des faits chrétiens qui en intègre pleinement les significations sociales et commu- nionnelles. »

La grande carence de la théologie de la libération est qu'elle n'a pas été suffisamment théologique et qu'il lui a manqué une véritable ecclésiologie.

Le second grand moment de la théologie de la libération commence au milieu des années soixante-dix avec le développement, notamment aux États-Unis, de produits dérivés : théologie noire, théologie féministe et du "genre", théologie du tiers-monde (africaine et asiatique) etc. Plus récemment, certains théologiens libérationnistes tels que Leonardo Boff ont pris le chemin de l’écologisme, considérant que le paradigme oppression / libération qu’il utilisait hier pour les classes dominées et exploitées s’applique aussi à la Terre et à ses espèces vivantes.

On signalera que Gustavo Gutiérrez, resté dans l'Eglise, a fait évoluer sa pensée grâce - a-t-il précisé - au dialogue avec le cardinal Ratzinger, à qui il a rendu hommage.

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Face à l'Etat bobo devenu Etat policier

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La violence de la police dimanche 24 mars, s'ajoutant au mensonges répétés et éhontés du préfet de police de Paris, montrent que le l'Etat bourgeois-bohême est clairement devenu un Etat policier.

La "dictature du relativisme" casquée matraque et gaze des enfants et des vieillards.

 

Comme l'écrit le philosophe Henri Hude, le Peuple français fait face à une entreprise totalitaire. Une analyse à lire dont voici un extrait :

 

"Nous n’assistons plus au déroulement d’un jeu politique ordinaire. Le Peuple n’est pas même en face d’un coup d’Etat permanent. Il fait face à une entreprise d’usurpation visant à lui imposer une autre constitution – plus encore, une autre constitution anthropologique. Nous sommes en face d’un pouvoir législatif qui usurpe le pouvoir constituant et qui l’usurpe absolument. Nous sommes en face d’un pouvoir constituant mégalomane et illégitime, qui prétend changer la nature humaine, la manipuler à sa guise, se saisir des esprits, embrigader la jeunesse et réprimer toute dissidence. Nous sommes bien en présence d’une entreprise totalitaire. L’heure est donc à la Résistance, jusqu’à la Libération, et à la Renaissance"

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La théologie politique chrétienne confrontée à l'islam

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Au Collège des Bernardins, dans le cadre du Séminaire de dialogue méditerranéen sur la modernité et le religieux dirigé par Jacques Huntzinger, ancien Ambassadeur de France, la séance du 18 mars 2013 avait pour thème Théologies et action commune chez les chrétiens et les musulmans.

Abdou Filali-Ansary a présenté son analyse sur la réforme de l'islam et Antoine Fleyfel sur la théologie politique contextuelle libanaise. Denis Sureau était chargé de présenter la théologie politique chrétienne. Il remarquait notamment dans son introduction :

Il m'arrive fréquemment d'entendre des propos de ce genre :

« L'islam est intrinsèquement totalitaire dans la mesure où il n'a pas appris à séparer la politique et la religion.

Sa vision de la société orientée tout entière vers le culte de Dieu est incompatible avec la démocratie.

Sa communauté des croyants qui transcende les appartenances nationales est une menace pour les États. »

En entendant ce type de discours, surtout lorsqu'il est tenu par des frères chrétiens, je me sens assez mal à l'aise. Je n'ai pas la compétence nécessaire pour juger si ces accusations sont reprochées à juste titre ou non à l'islam. J'ignore si l'islam « mélange » la religion et la politique, comme les journalistes l'affirment habituellement.

Mais de mon point de vue, qui est celui d'un catholique, je constate qu'il suffit aux adversaires de l’Église de remplacer le mot islam par celui de christianisme, pour obtenir une sentence de condamnation assez comparable.

Que faut-il en penser ?

Dans cet exposé, je m'appliquerai à montrer :

Premièrement qu'une saine théologie politique chrétienne ne saurait séparer la politique et la religion.

Deuxièmement, que Dieu est le bien commun de la société.

Troisièmement, que la communauté des croyants qui s'appelle l’Église, doit être distinguée du pouvoir politique."

Le texte complet de cette conférence peut-être lu ici.

 


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Le cardinal Bergoglio soutien de Communion et Libération

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Si le cardinal Angelo Scola, l'un des premiers animateurs de Communion et Libération, était donné souvent comme favori parmi les "papables", le cardinal Jorge Maria Bergoglio fut aussi un soutien assuré de Communion et Libération.

Voici ce que rapportait par exemple Tracce, la revue officielle du mouvement fondé par Mgr Luigi Giussani :

En 2010.

En 2009.

En 1954, Luigi Giussani (1922-2005), un prêtre milanais faisant le constat de la déchristianisation, avait fondé un groupe qui s’est d'abord appelé Gioventù Studentesca [Jeunesse étudiante] pour développer l’éducation de la foi des jeunes. Il s'est diffusé rapidement et pris en 1969 le nom de Comunione e liberazione pour affirmer que « l’événement chrétien, vécu en communion, suscite la véritable libération de l’homme ».

Confronté durement au marxisme et au laïcisme qui explose dans les années 70, le mouvement s'est battu pour défendre la présence des catholiques dans la vie publique. Soutenu par Jean Paul II et le cardinal Ratzinger, CL a pris un nouvel essor. Il est à l’origine des Journées mondiales de la jeunesse. Des expériences politiques incertaines ont été tentées.

CL compte 120 000 sympathisants dans 70 pays dont 90 000 en Italie. Il est dirigé par le P. Julian Carron, prêtre et théologien espagnol.Quelques groupes sont actifs dans les grandes villes de France. 


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Lorsque le futur Pape François s'opposait au mariage homo

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Le cardinal Jorge Mario Bergoglio devenu pape Français le 13 mars 2013 s'était fermement opposé au "mariage' homo en Argentine en 2010.

Extrait :

"Ne soyons pas naïfs : il ne s'agit pas d'un simple combat politique : c'est le projet de détruire le plan de Dieu. Il ne s'agit pas d'un simple projet législatif (celui-ci est seulement un instrument), mais une « movida » du père du mensonge qui prétend embrouiller et tromper les enfants de Dieu. Jésus nous dit que, pour nous défendre face à cet accusateur mensonger, il nous enverra l'Esprit de Vérité. Aujourd'hui la Patrie, devant cette situation, a besoin de l'assistance spéciale de l'Esprit Saint qui mette en lumière de la Vérité au milieu des ténèbres de l'erreur ; elle a besoin de cet Avocat qui nous défende des sortilèges de tant de sophismes par lesquels on tente de justifier ce projet de loi, qui embrouillent et trompent même des gens de bonne volonté."

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Confuse laïcité

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Trois décisions ont été récemment prises concernant la laïcité, dont deux rejetant des requêtes laïcistes, et une les acceptant. Synthèse.

Les revendications des officines laïcistes n'ont pas toujours le dernier mot. Un premier exemple a été donné par la décision du Conseil constitutionnel en faveur du maintien du Concordat dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et la Moselle. Une Association pour la promotion et l'expansion de la laïcité avait déposé une Question prioritaire de constitutionnalité contre le financement public du traitement des pasteurs (avec effet inévitable sur les prêtres et les rabbins). Mais le Conseil constitutionnel, qui avait déjà donné en 2010 une valeur constitutionnelle au statut dérogatoire d'Alsace-Moselle, a repoussé cette demande pour la même raison. L'exception confirme la règle, en l’occurrence l'article de la loi de 1905 stipulant que la République ne salarie aucun culte. De fait, comme l'a montré Émile Poulat, la séparation des Églises et de l’État a fait l'objet au cours du vingtième siècle de nombreuses dérogations : l'histoire de la laïcité dite à la française est une histoire d'accommodements.

 Second arrêt aux réclamations laïcistes : le 21 février, lors de la réunion de l'instance entre les représentants de l’Église catholique et le gouvernement, le premier ministre a confirmé l'accord signé le 18 décembre 2008 entre le Saint-Siège et la France sur la reconnaissance des grades et diplômes canoniques décernés par les universités catholiques. Un rapport avait pourtant été remis en décembre au gouvernement par Vincent Berger, président de l'Université Paris VII, qui proposait son abrogation, laquelle avait d'ailleurs été promise lors de sa campagne par le candidat François Hollande. A vrai dire, cet accord s'inscrivait logiquement dans le processus de Bologne, approuvé par la France, visant à harmoniser les structures et diplômes de l'enseignement supérieur de différents pays.

 Le troisième cas de litige, cette fois ci favorable à la Libre Pensée, a une portée secondaire. Au terme de quatre ans de batailles judiciaires, le Conseil d’État a invalidé les subventions accordées par la région Limousin et le département de Haute-Vienne aux confréries organisant les ostensions limousines. Ces processions et expositions de reliques de saints limousins attirent jusqu'à cent mille personnes dans une ambiance où se mêlent piété et folklore. Piété jugée excessive par le Conseil d’État.

 

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Angelo Scola ou le christianisme comme événement

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Le dernier livre du cardinal Angelo Scola paru en France s'intitule Jésus, avenir de l'homme. Or il a pour originalité de ne pas parler de... Jésus ! Du moins peu directement.

Fortement marqué par la pédagogie élaborée par Luigi Giussani et expérimentée au sein du mouvement Communion et Libération, le cardinal Angelo Scola propose plutôt une expérience existentielle qui, partant de réalités vitales – la rencontre de la réalité, la poursuite de la liberté, la recherche du bonheur... - qui peuvent, si elles sont pleinement assumées, nous conduire au Christ et son Église.

Dépassant ses premières réactions ou son incompréhension, le lecteur doit entrer dans la logique de cette démarche, qui a largement prouvé sa fécondité. Il s'agit bien d'un « parcours de vie », d'un itinéraire purifié de toute érudition encombrante, comme de toute apologétique trop facile. « Le christianisme est la plénitude de l'humain », affirme d'emblée Scola. C'est en redécouvrant la profondeur de la vie que nous sommes attirés par la Vie ; c'est en étant réceptifs à la richesse de la réalité qui vient à notre rencontre, qui advient (la vérité est un événement), que nous saisissons que les signes renvoient à un être qui les dépasse et dont elles participent. Ma raison «héberge le réel » comme ma foi accueille le Christ qui vient vers moi dans la rencontre avec son peuple, l’Église, qui le rend visible et abordable.

C'est pourquoi « le christianisme est un événement ». Un essai dense, original, enrichissant.

 Jésus de Scola003-copie-1

 

Angelo Scola

Jésus, avenir de l'homme

Un parcours de vie chrétienne

Salvator, 192 p., 18 €

 

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