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Nominations sensibles à la Conférence épiscopale

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Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a procédé aux nominations de directeurs de services nationaux. Elles seront effectives à partir d'octobre et pour trois ans. Le Père Bruno Mary, prêtre de l’archidiocèse de Lille, directeur du Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle à temps plein. Le Père Emmanuel Gougaud, prêtre du diocèse de Versailles, directeur du Service national pour l’unité des chrétiens à temps partiel. Deux nominations étaient particulièrement sensibles. D'abord celle du Service des relations avec l’Islam, dont l'attitude très complaisante envers l'Islam avait été fortement contestée dans le contexte dramatique des persécutions dont sont victimes les chrétiens d'Orient. Le Père Christophe Roucou, de la Mission de France, est remplacé par le Père Vincent Feroldi, prêtre de l’archidiocèse de Lyon, directeur à 2/3 temps, assisté par le Père Jean-Jacques Pérennès, o.p. Une autre nomination était attendue : celle de l'organe le plus « politique » de la Conférence épiscopale, le Service Famille et Société (ex Commission sociale de l'épiscopat). Sa directrice actuelle, Monique Baujard, avait été compromise en faisant appel à une philosophe ultra-féministe et idéologue pro-gender, Fabienne Brugère, dans le cadre d'une journée de formation des délégués à la pastorale familiale. Elle sera remplacée par Sœur Marie-Laure Dénès, dominicaine.

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Quand la mort avance

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Le mardi 14 avril, l'Assemblée nationale a approuvé en première lecture (par 311 voix pour, 241 voix contre et 10 abstentions) le projet de loi relatif à la santé. Si sa mesure la plus médiatisée est la généralisation du tiers payant, ce n'est pas la plus inquiétante, car ce texte fourre-tout de 236 pages comporte de nouvelles et graves atteintes au droit à la vie.
Le projet défendu par Marisol Touraine, ministre de la Santé, aggrave considérablement la législation sur l'avortement : suppression du délai de réflexion d'une semaine (alors que deux semaines sont exigées pour la chirurgie esthétique...), pratique de l'avortement instrumental (et non plus seulement médicamenteux) en centre de santé, droit à l'information sur les méthodes abortives (mais pas sur les prestations d'aide aux futures mères), accès sans condition à la contraception d'urgence pour les mineures, et création de plans d'action régionaux en matière d'avortement – ainsi chaque hôpital ou clinique devrait réaliser au moins un avortement pour quatre naissances ! Autre point discutable : l'habilitation des sages-femmes à pratiquer l'avortement médicamenteux . Cette proposition vait pourtant déjà été censurée en 2009 et 2011 par le Conseil constitutionnel. Le Collectif Sages-femmes de demain demande au contraire de renforcer l'article L2212-8 du code de la santé publique qui dispose qu'« aucune sage-femme, aucun infirmier ou infirmière, aucun auxiliaire médical, quel qu'il soit, n'est tenu de concourir à une interruption de grossesse », et de l'étendre aux étudiant(e)s de ces filières. Or nombre de sages-femmes font l'objet de discriminations à l'embauche lorsqu'ils/elles évoquent la clause de conscience, et des étudiant(e)s sont contraints de participer à des actes que leur conscience réfutait.
D'autres mesures portent également atteinte à la vie. A commencer par l'autorisation de recherche sur les gamètes et les embryons transférables : les ultimes protections respectant la vie de l'embryon seraient ainsi remises en cause. Cet amendement adopté dans un hémicycle quasiment vide crée un nouveau régime de recherches sur l’embryon dans le cadre de l’assistance médicale à la procréation (AMP). Or cette disposition n'a suscité ni débat ni contestation...
Une autre mesure modifie le dispositif de prélèvement d'organes, prévoyant que le consentement au don d'organes sera dorénavant présumé chez toute personne majeure décédée – le problème étant celui de la définition de la mort (cérébrale ou non?). A l'heure où le trafic d'organes prend une dimension planétaire, cette transformation d'un don en obligation est tout sauf rassurante.La culture de mort ne cesse de progresser irrésistiblement, sans rencontrer d'oppositions déterminées.

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Essayons le communautarisme

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Le journaliste non-conformiste Eric Brunet a publié dans Valeurs actuelles une chronique dont le ton tranche agréablement sur le discours laïciste convenu, soutenu de l'extrême-gauche à l'extrême-droite.

Puisque le modèle laïc français est mort, il est temps d'essayer un autre modèle reconnaissant les communautés humaines. A lire ici.

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Cours Wojtyla : une "Catho Academy"

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Sept catholiques venus des arts du spectacle, le monde des médias et l’écriture (Philippe Ariño, Marie Lussignol, Arthur Herlin, Vincent Laissy, Franck Nankam, Marguerite Chauvin, Laurent Meeschaert) ont lancé en janvier dernier les Cours Wojtyla, Ecole catholique des arts du spectacle. Cette structure d’accueil et de formation professionnelle annonçant clairement la couleur vise à héberger « toutes les graines d’artistes de l’Église qui ne savent pas où aller pour exprimer librement et artistiquement leurs talents, leur foi, leur engagement politique, leur vision du monde. » En effet, à part pour des projets ponctuels (le temps d’un camp-ski, d’un festival de jeunes, d’un concert, de la tournée d’un spectacle ou d’une comédie musicale, d’un atelier dans une paroisse ou un établissement scolaire privé…), il n'existe pas encore de conservatoire ou d’école artistique catholique en France.

Le Cours Wojtyla a pour vocation de former des artistes dans le but de « mettre leur art au service de la beauté et du Christ », dans un cursus professionnel, au sein d’ateliers de loisir. Trois types de parcours sont proposés : adolescents (12-18 ans), adultes pros et adultes loisir. Les formations proposées (à Paris) concernent le chant et la musique, le théâtre, la danse, le maintien, ainsi qu'un cours de décryptage de l'actualité assuré par Philippe Ariño. La première rentrée des Cours Wojtyla est prévue en octobre prochain.

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Chrétiens dans la Cité n°312 est paru

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...avec au menu :

ANALYSE : Les engagements politiques des responsables de la Manif pour tous

AGENDA

BREVES

Censure à la RATP - La Manif s'exporte - Gabriel Nissim président de l'Acat - Les évêques à lourdes - Bar catho - Les nouveaux baptisés - Notre Dame du Oui

INFOS

Pour l'hospitalité chétienne - Une analyse des départementales - Nouvelle menace laïciste - Plus de logo pour la revue du Diocèse aux armées - Fin de vie: une loi ambiguë

LECTURES

Eloge de l'action politique

INITIATIVES

Le Diocèse aux armées françaises

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Hospitalité chrétienne et économie collaborative

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Une nouvelle initiative inspirée de l’économie collaborative et des sites d’échanges de logement vient d’être lancée. Ephatta est la première plateforme d’hospitalité sur internet enracinée dans des principes chrétiens. En araméen, ephatta, « ouvre-toi », est employé par Jésus lors de la guérison d’un sourd-muet : ce mot a été choisi pour exprimer l’esprit d’ouverture au monde et de rencontre. Les membres mettent à disposition tout ou partie de leur logement (appartement, maison, chambre, canapé, jardin…), permettant à ses utilisateurs de pratiquer l’hospitalité en s’accueillant mutuellement pour les vacances, à l’occasion d’un simple déplacement (comme celui d’un étudiant pour ses examens ou d’un demandeur d’emploi venu passer un entretien) ou d’un pèlerinage. Créée par deux jeunes chrétiens, Thibaud de Bernis, 29 ans, et Josse Bodinier, 33 ans, Ephatta est une start-up française pour l’instant uniquement financée par ses fonds propres. Son modèle économique est fondé sur la contribution volontaire des membres : le site est gratuit.

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Ad Lucem per Crucem : Kenya 2015

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Pâques 2015 au Kenya

Ad Lucem per Crucem : Kenya 2015

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Pâques, le ‘vivre ensemble’ que Dieu nous offre

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Méditation pascale du Père Bernard Devert, fondateur et président d'Habitat et Humanisme :

Comment aborder le ‘vivre ensemble’ au cours de cette Semaine Sainte qui, paradoxalement, lui offre une acuité singulière ?
Père, pardonne-leur dira le Crucifié qui n’entend retenir aucune de nos fautes alors qu’elles l’écrasent. L’immensité de ce pardon est signe d’une ouverture au-delà même de ce que nous pouvons imaginer. Le Fils de l’homme est venu nous sauver ; son incarnation dans l’accomplissement de sa mort est signe de sa détermination de vivre avec nous, parmi nous.
Il a fallu qu’au sordide se rajoute le cupide : ils se sont partagés mes habits et mon vêtement, ils l’ont tiré au sort (Ps 22).
Dieu était déjà à genoux, il est maintenant nu.
Que dire si ce n’est apprendre à se taire pour faire éclore le silence : un temps de discernement pour rejoindre le Christ dans sa passion, en d’autres termes nos frères pour qui la dureté de la vie n’est pas sans analogie avec le bois de la Croix.
Vous, frères enfermés dans des situations déshumanisantes, vous subissez la croix de nos indifférences. Au Golgotha, les disciples, les amis de Jésus avaient fui afin d’éviter les ennuis avec les forces du mal, d’autant plus protégées qu’elles avaient reçu la bénédiction des autorités religieuses !
Devant la croix de tant d’hommes, qui n’est pas effrayé de la légèreté de notre humanité, tenté de s’éloigner tant l’horreur devient menaçante pour son équilibre.
La Semaine Sainte nous met au cœur de la présence d’un Dieu si désarmant qu’il ne peut que nous désarmer nous invitant précisément à rechercher un autre équilibre qui ne se trouve que sur le chemin d’une attention à une plus grande équité.
La passion du Christ est un focus des déséquilibres. La puissance de Dieu que nous nommons à l’envi pour justifier la nôtre ne résiste pas à l’épreuve de la crucifixion. Le Fils de l’homme, dans le tragique qui l’envahit, sans secours ni recours, donne sans réserve le pardon et sa confiance, instaurant une autre traversée de la vie. Le don se substitue à la force qu’invalide la Croix.
L’économie du salut est un appel à entreprendre différemment pour que le trop-plein de peines que connaît notre monde se transforme en une plénitude d’espérance. L’éloge de la fragilité au Golgotha nous fait entrevoir ce passage.
La pierre du tombeau a roulé ; il n’est pas seulement vide mais ouvert, non pour recevoir d’autres corps mais pour que ce signe d’ouverture soit un appel à être du côté de la vie, de Dieu même.
Quel respect avons-nous de cette vie pour laisser des êtres à la rue ou dans un habitat indigne?
Jésus qui ne reste pas dans la mort pour la traverser nous appelle à devenir des passeurs. La tâche est immense. Les deux disciples sur Emmaüs ont bien compris le soir de Pâques que l’heure n’était pas de se mettre en retrait mais de revenir dans nos Jérusalem pour être des bâtisseurs de ponts.
Nos chemins de Croix ne peuvent être ceux du souvenir mais de la mémoire ; alors seulement le tragique s’estompera. La vie libérée qu'offre Pâques induit une plus grande responsabilité pour faire reculer la ‘mocherie’.
Avec Etty Hillesum dans l’ouvrage La vie bouleversée, faisons nôtre sa prière au Seigneur : que le désir que nous avons de Lui ne s’éteigne pas en nous. Nos engagements permettent d’en évaluer l’acuité.
Joyeuse fête de Pâques.

Bernard Devert
Pâques 2015

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Soloviev, Dieu et César

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Une méditation de Vladimir Soloviev, dans La Russie et l’Église universelle :

"L'humanité a cru qu'en professant la divinité du Christ elle était dispensée de prendre au sérieux ses paroles. On a arrangé certains textes évangéliques de manière à en tirer tout ce qu'on voulait, et on a fait la conspiration du silence contre d'autres textes qui ne prêtaient pas aux arrangements. On répétait sans cesse le commandement : «Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » — Pour sanctionner un ordre de choses qui donnait à César tout, et à Dieu — rien. Par la parole : «Mon Royaume n'est pas de ce monde», on tâchait de justifier et de confirmer le caractère païen de notre vie sociale et politique — comme si la société chrétienne dût fatalement appartenir à ce monde, et non pas au Royaume du Christ. Quant aux paroles : « Tout pouvoir m'est donné dans les cieux et sur la terre » — on ne les citait pas. On acceptait le Christ comme sacrificateur et comme victime expiatoire, mais on ne voulait pas de Christ-Roi. Sa dignité royale fut remplacée par toutes les tyrannies païennes, et des peuples chrétiens ont répété le cri de la plèbe juive : « Nous n'avons pas d'autre Roi que César! » Ainsi l'histoire a vu et nous voyons encore le phénomène étrange d'une société qui professe le christianisme comme sa religion et qui reste païenne — non pas dans sa vie seulement, mais quant à la loi de sa vie."

Soloviev, Dieu et César

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