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Réflexions après les élections

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1. Première observation : le phénomène FN. Malgré un système électoral qui, par l'étrange prime accordée aux premiers, le prive de la présidence de régions, le Front national est paradoxalement le grand gagnant des dernières élections. Désormais premier parti de France, il est aujourd'hui le seul à recueillir autant d'électeurs sur son seul nom. Au second tour, il a même réalisé une nouvelle performance avec 6,47 millions de voix. Il dispose désormais de 358 conseillers régionaux, 62 conseillers départementaux, 14 maires, 4 députés et sénateurs, et 24 députés européens. Et donc de relais à travers toute la France, ainsi que de ressources financières renforcées. Lors des présidentielles de 2017, tout laisse envisager la présence de Marine Le Pen au second tour... mais aussi son échec, que ce soit face à un candidat Les Républicains, voire même face à François Hollande. Le système institutionnel accorderait ainsi un second mandat à un président qui bat pourtant des records d'impopularité.
2. Deuxième leçon : l'irrésistible progression du FN invite à s'interroger sérieusement sur les raisons de cette ascension, au-delà des invectives et des stigmatisations faciles. Guillaume Goubert écrit dans La Croix (13/12) : « si l’on ne se pose pas de sérieuses questions pour l’avenir, ce n’est que partie remise. Si des réponses ne sont pas apportées aux inquiétudes des Français, le Front national continuera sa progression jusqu’à la prochaine échéance, celle de l’élection présidentielle. Ses dirigeants peuvent se montrer confiants. La stratégie du ''seul contre tous '' leur a offert, de scrutin en scrutin, une constante progression. » Or selon des enquêtes récentes, le premier motif de vote avancé par les électeurs frontistes n'est pas l'immigration, mais la volonté de changement. Face à l'aggravation des problèmes politiques, économiques et sociaux et à l'incapacité des gouvernements successifs à les résoudre, un nombre croissant de Français ont perdu confiance dans les classes dominantes. La contestation de l'établissement peut prendre diverses formes : vote frontiste, abstention massive, manifestations (telles les « manifs pour tous » contre la loi Taubira)... Ou des réactions violentes sans lendemain.
3. Troisième élément : les catholiques rejoignent rapidement le camp protestataire. Leur droitisation, observée scrutin après scrutin, se poursuit. Selon un sondage Ifop publié par Pèlerin, les catholiques pratiquants réguliers glissent de plus en plus vers un vote frontiste. Au premier tour des régionales, ils auraient été 24% à voter pour le parti de Marine Le Pen. Si c'est encore un peu moins que la moyenne des Français (28,4 %), c'est beaucoup plus qu'aux départementales de mars dernier (9%). La hausse est très rapide. Et ils auraient été 9 % à voter pour « Debout la France » (Nicolas Dupont-Aignan), soit deux fois et demi la moyenne nationale. Des choix opérés au détriment du bloc LR-UDI-Modem (46%). Et du Parti socialiste, qui ne recueille plus que 8% : que sont les chrétiens de gauche devenus ?

4. Selon l'Ifop ; les pratiquants réguliers auraient voté à 90% : voter demeure pour eux une obligation morale à suivre. Et s'ils ont décidé de se rendre dans l'isoloir, c'est à 46 % pour « sanctionner la politique du président de la République et du gouvernement » et à 45 % pour des enjeux locaux. Les thèmes dominants mis en avant par les catholiques pratiquants réguliers sont cependant les mêmes que ceux des « sans religion » : principalement l'emploi, le pouvoir d'achat et le coût de la vie, et la sécurité des biens et des personnes. Mais ils attachent davantage d'importance qu'eux à la lutte contre le terrorisme ainsi qu'à la question des migrants / réfugiés, deux thèmes chers au Front national.

Denis Sureau

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Miséricorde et péché

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“La miséricorde de Jésus ne s’exprime pas en mettant la loi morale entre parenthèses. Pour Jésus, le bien est le bien, le mal est le mal. La miséricorde ne change pas l’aspect du péché, mais le brûle d’un feu d’amour. Cet effet purifiant et assainissant se réalise si, dans l’homme, se trouve une correspondance d’amour, qui implique la reconnaissance de la loi de Dieu, le repentir sincère, l’intention d’une vie nouvelle. On pardonne beaucoup à la pécheresse de l’Evangile, parce qu’elle a beaucoup aimé. En Jésus, Dieu vient nous donner l’amour et nous demander l’amour.”

Benoît XVI, Assise, 17 juin 2008

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Renouveau spirituel des jeunes

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Renouveau spirituel des jeunes

Selon une enquête OpinionWay-Corref dont les résultats sont publiés par La Croix, un Français sur dix a pensé à la vie religieuse. 15% des 18-24 ans y songent. Plus étonnant encore est le regain spirituel constaté chez les jeunes de cette classe d'âge : "les 18-24 ans sont 51 % à croire « probable » ou « certaine » l’existence de Dieu. C’est donc la classe d’âge la plus croyante des Français (38 % en moyenne). Ils sont 25 % à se dire « croyants et pratiquants », chiffre que l’on ne retrouve que chez les plus de 65 ans ! Même chose pour l’appartenance confessionnelle : 62 % des 18-24 se disent catholiques (60 % des Français) et ils sont 11 % à pratiquer régulièrement (au moins deux fois par mois), chiffre identique à celui de leurs grands-parents (8 % pour l’ensemble des Français). « C’est un fruit de la pastorale des jeunes menée depuis de nombreuses années », se réjouit Sœur Nathalie Becquart qui note aussi le rôle de l’enseignement catholique, des JMJ, des rassemblements de Taizé, retraites et pèlerinages.

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La vocation dominicaine au XXIe siècle : une émission de Denis Sureau

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La vocation dominicaine au XXIe siècle : une émission de Denis Sureau

Dimanche 6 décembre, à 12h, sur Lumière de l'Espérance (la radio du dimanche de Radio Courtoisie), Denis Sureau s'entretiendra de la vocation dominicaine au XXIe siècle avec le Père Dominique-Marie de Saint Laumer, Prieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, et le Père Louis-Marie de Blignières, fondateur de ladite Fraternité.

L'émission sera rediffusée à 16h, minuit, puis sur le site de Radio Courtoisie.

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Téléthon : mise en garde des AFC

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Les Associations familiales catholiques dénoncent à leur tour l'imposture du Téléthon par un communiqué sous ce tire : "A quand la possibilité de choisir une destination éthique de ses dons ?" :
Le Téléthon est chaque année un emanifestation de générosité encourageante pour laquelle de très nombreux Français se mobilisent afin de lutter contre les maladies neuromusculaires telles que la myopathie. Depuis 1987, les fonds récoltés ont notamment contribué à faire progresser la recherche génétique mais aussi à apporter de nombreuses aides aux familles et aux malades qui vivent, au quotidien, avec un lourd handicap évolutif.
Tout en saluant les progrès accomplis, les AFC rappellent cependant l’importance de la transparence vis-à-vis des familles, des malades et des Français.
Elles tiennent à souligner que les enfants nés sains, présentés par l’AFM-Théléton comme un ‘espoir’ et comme ‘la vie qui reprend le dessus’ sont en réalité issus d’un processus de sélection embryonnaire suite au diagnostic préimplantatoire et que leurs embryons frères et sœurs handicapés ont, eux, été éliminés.
Elles encouragent en conséquence les chercheurs à quitter cette voie eugéniste et à orienter leurs recherches exclusivement vers la guérison, notamment de la myopathie, par des thérapies géniques ou cellulaires, une chirurgie du gène, de médicaments, etc.
Les AFC réitèrent par ailleurs leur demande pour que les donateurs du Téléthon aient la possibilité de choisir les programmes de recherche qu’ils désirent soutenir, en toute connaissance de cause.
Préoccupées chaque année par la destination des dons du Téléthon, compte tenu en particulier de la masse des moyens financiers consacrés à la recherche sur les embryons, les AFC poursuivent inlassablement leurs actions dans le domaine éthique à l’heure où la question de la dignité de la personne humaine est au cœur de l’actualité.

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Boycottons le Téléthon

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Boycottons le Téléthon

TÉLÉTHON… DE GRAVES QUESTIONS

Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, vient de publier une mise en garde contre le Téléthon : « Des bénévoles dévoués, un climat festif, une grande générosité populaire. C’est la face visible du Téléthon, et elle est belle. Je partage le souci de soutenir la recherche médicale, et d’accompagner les malades et leurs familles. Mais tous les moyens sont-ils acceptables ? La recherche qui conduit à détruire des embryons humains et la mise en œuvre de pratiques d’inspiration eugéniste posent de graves problèmes. Pour sauver des vies, on en détruit d’autres. Le refus d’un système de fléchage des dons contraint les chrétiens à choisir entre renier leur conscience ou se retirer du mouvement solidaire. Pourtant, nous pensons que l’on doit pouvoir faire le bien sans faire de mal ; que générosité et respect de la vie ne peuvent pas s’opposer. »

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Surenchère laïciste de l'AMF

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Surenchère laïciste de l'AMF

L'Association des Maires de France a publié un vade-mecum pour la laïcité à la tonalité très antireligieuse (il est consultable sur le site web amf.asso.fr). Parmi les propositions concrètes, l'AMF demande une loi pour interdire « la présence de crèches de Noël dans l’enceinte des mairies » jugée incompatible avec la laïcité. Elle demande un contrôle strict des écoles indépendantes. L'association « invite les maires à être attentifs aux potentielles entorses à la laïcité dans le cadre du soutien apporté à des manifestations considérées comme traditionnelles (processions, troménies, baptêmes de navires, bénédiction de bâtiments,…) ». Et encore : « la participation à des cérémonies religieuses, en tant qu’élu, devra se faire dans le strict respect de la neutralité républicaine, c’est-à-dire sans manifestation de sa propre croyance ou non-croyance. »

Xavier Lemoine, maire de Montfermeil et membre du groupe de travail « Laïcité » à l'origine du vade-mecum, a révélé que son orientation a été donnée dès le début de son élaboration par Daniel Keller, Grand Maître du Grand Orient de France, et le frère Gérard Delfau, de la même obédience. Le discours de ce dernier, qui figure d'ailleurs en annexe du vade-mecum, présente curieusement les lois Neuwirth (pilule), Veil (avortement) et Taubira (mariage homo) comme des « avancées en matière de laïcité », acquises contre l’Église catholique. Peu de journalistes ont rappelé que le président de l'AMF, François Baroin est le fils de l'ancien Grand Maître du Grand Orient de France, dont il bénéficie du réseau d'amitiés même s'il affirme n'être pas initié, à la différence du vice-président de l'AMF, le frère André Laignel. Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a critiqué ce durcissement de la laïcité. Tout comme Sens Commun, qui a déclaré : « Alors que notre modèle de société est attaqué, ce vade-mecum l’affaiblit plus encore en niant la réalité même de la culture et de l’identité de notre pays ». Le mouvement appelle les maires « à s’opposer fermement à ce vade-mecum et à continuer à faire rayonner dans leur commune et au-delà les traditions et les trésors de notre culture. »

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Un document : Retour de Syrie

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Voici le témoignage émouvant du colonel Jacques Hogard, qui revient de Syrie :

J’étais à Damas vendredi soir avec une importante délégation française composée notamment de cinq députés courageux et de quelques représentants non moins courageux de la « société civile », tous concernés par la situation de la Syrie aux avant-postes de la guerre contre « l’état islamique », quand est tombée la cascade de nouvelles tragiques nous parvenant de Paris où « Daech » venait de déclencher une suite d’attentats terroristes sans précédent contre la France et le peuple français.
Cette attaque terroriste, nous savions tous qu’elle aurait lieu mais nous n’en connaissions bien sûr ni l’heure ni le lieu, ni la forme ni l’ampleur qu’elle prendrait.
Le lendemain matin, la délégation française qui était arrivée en Syrie le mercredi précédent afin de s’informer sur le terrain de la situation, notamment celle des minorités chrétiennes, a été reçue dans un climat de grande franchise par le Président Bachar El Assad en personne.
Avec gravité et simplicité, celui-ci nous a présenté ses condoléances à l’intention des familles éprouvées et du peuple français ; il nous a dit aussi que nul n’était mieux placé que lui pour comprendre le drame que constituaient ces attaques faisant tant de victimes innocentes, tant la Syrie est en effet elle-même confrontée depuis cinq ans à des tragédies quotidiennes de cette nature.
Ce voyage en Syrie nous aura permis de rencontrer la quasi-totalité des autorités religieuses, du grand Mufti de Syrie au représentant du Patriarche syriaque-orthodoxe en passant par le Cheikh Hekmat Al Hajri, chef spirituel des Druzes de Syrie, mais aussi des autorités politiques du pays, du président du Conseil du Peuple syrien (l’équivalent de notre Assemblée nationale) au Président de la République arabe syrienne, en passant par un ou deux ministres ainsi que de nombreux députés, appartenant à toutes les confessions.
Il nous aura aussi permis de rencontrer de nombreux représentants de la société civile (dont de nombreux chrétiens), le président et les membres de la Chambre de commerce syrienne, des dirigeants de sociétés, des médecins et chirurgiens, le directeur des musées de Syrie…etc.
Enfin, nous aurons effectué trois visites très particulières :
- Celle du village martyr de Maaloula, à 60 kilomètres au nord-est de Damas, où les habitants chrétiens ont été attaqués, violentés, chassés par les hordes sauvages du groupe islamiste Al Nosra qui en ont pris le contrôle de longs mois durant, de septembre 2013 à avril 2014, tuant, assassinant, pillant, brûlant, enlevant même des religieuses mais aussi des jeunes chrétiens (Trois d’entre eux, s’ils sont toujours en vie, sont toujours aujourd’hui entre leurs mains).
Ce que j’ai vu à Maaloula, les graves dommages causés aux très anciens monastères de Saint Serge - Saint Bacchus et de Sainte Thècle, les icônes volées ou bien dégradées par haine du christianisme, les souffrances infligées aux habitants par ces nouveaux barbares …m’a rappelé étrangement ce que j’ai moi-même vu au Kosovo et Métochie en 1999 où l’UCK persécutait les moines et moniales orthodoxes et brûlaient leurs monastères et leurs églises, tuait, enlevait, torturait les civils serbes, cherchant obstinément à faire du passé table rase.
Réaliser, comme nous l’ont rappelé les chrétiens rencontrés sur place, que ce fameux groupe islamiste Al-Nosra n’est autre que celui que le gouvernement français a choisi de soutenir en lui fournissant armes et munitions a de quoi susciter quelques interrogations très fortes !
Comment avons-nous pu, nous la France, nous fourvoyer de cette sorte ?
Au nom de quelle cause, au nom de quel principe avons-nous pu ainsi aider ces barbares, ces terroristes qui s’en prennent aux populations innocentes, de préférence d’ailleurs quand elles sont chrétiennes ?
Il faudra bien que des réponses claires soient données un jour.
Pour la vérité de l’Histoire et l’Honneur de la France.
- Et puis, nous avons visité l’hôpital militaire de Tichrine à Damas. Le plus grand hôpital militaire du pays. Nous y avons vu de nombreux blessés, rescapés des rudes combats que mène l’armée syrienne contre les bandes islamistes, qu’elles se revendiquent d’Al-Nosra ou de Daech, peu importe d’ailleurs, car comment en effet faire la différence « entre bonnet vert et vert bonnet » ?
Nous y avons vu ces jeunes conscrits syriens dont certains sont dans leur cinquième année de service, marqués dans leur chair, devenus infirmes pour certains, mais tous frappés dans leurs âmes et dans leurs esprits par les horreurs auxquelles ils ont été confrontés.
Nous y avons vu aussi les bien tristes résultats de l’embargo pratiqué sur les médicaments et autres matériels médicaux indispensables au diagnostic et traitement des blessés de guerre…
- Enfin nous nous sommes rendus à l’hôpital français de Damas, l’hôpital Saint Louis, dirigé par une jeune religieuse libanaise à la Foi rayonnante, soeur Lamia, et servi par une équipe exceptionnelle de médecins, de religieuses, d’infirmières et de personnel de soutien.
Cet hôpital est situé à quelques centaines de mètres du réduit islamiste du quartier de Jobar. Il en reçoit régulièrement son quota d’obus.
Mais surtout, dans une ambiance de tension extrême, d’où la conscience du danger n’est jamais absente, il fait un travail extraordinaire, avec de quasi bénévoles, dans un état de grand dénuement en médicaments et produits de première nécessité…Il sauve, traite, soigne, en particulier des enfants, de toutes confessions.
Mais il faut reconnaître que les enfants chrétiens sont particulièrement nombreux parmi eux. Il faut dire qu’Al-Nosra les vise tout particulièrement, comme ce jeudi dernier 12 novembre où une attaque à la bombe est déclenchée contre un bus scolaire transportant des écoliers quittant leur école. Bilan : 27 enfants morts ou blessés, estropiés à vie, ayant qui perdu deux jambes, qui perdu un oeil, du fait des attaques terroristes de ces barbares… mais qui donc cela intéresse-t-il ailleurs qu’en Syrie ?
En remettant en perspective cette visite de quelques jours en Syrie, confrontés à la réalité de sa situation mais aussi de la nôtre aujourd’hui en France, il ressort clairement quelques enseignements élémentaires :
D’abord que notre politique étrangère, anti-syrienne et anti-russe, totalement inféodée aux Etats-Unis et à l’Union Européenne son fidèle vassal, est totalement à revoir.
C’est dans le nord de la Syrie et de l’Irak que se situe aujourd’hui « l’empire du Mal ». C’est donc là que nous devons frapper : à la source.
Mais jusqu’à présent notre obstination à vouloir frapper Daech (d’ailleurs assez timidement lorsqu’on compte le nombre d’interventions sur un an de notre aviation de chasse : moins de 260, pas même une par jour !) tout en soutenant activement Al-Nosra afin de faire chuter à tout prix le régime syrien, a surtout souligné notre grande incohérence !
Les Russes depuis le début de leur intervention récente, parce qu’ils sont déterminés et qu’ils y mettent les moyens (40 sorties/ jour en moyenne), mais aussi parce que leur aviation agit en coordination avec les troupes au sol, celles de l’armée syrienne et celles de ses alliés iraniens et du Hezbollah, ont une efficacité de très loin supérieure.
Les faits sont là :
En un an d’intervention alliée en Syrie et en Irak, Daech a continué à progresser et à s’étendre inexorablement.
Seule l’intervention russe, en trente jours, a enfin fait reculer pour la première fois les barbares.
Il serait donc temps d’en tirer les leçons et de se décider à rejoindre les Russes et d’apporter sans états d’âme un soutien franc et entier à l’Etat syrien dans sa lutte contre le cancer islamiste.
Certes cela nécessitera un certain courage : celui de modifier sensiblement nos alliances en commençant par mettre de la distance entre les monarchies pétrolières du Golfe, Qatar et Arabie Saoudite, fermes soutiens des terroristes et nous.
Et en osant dénoncer le double jeu de la Turquie d’Erdogan auquel Daech doit tant.
Il serait temps de constituer une seule et même coalition sincère et unie contre l’islamisme, cette forme moderne des grandes invasions barbares.
Ensuite, et tous nos interlocuteurs nous l’ont demandé instamment, il s’agit de mettre un terme, par tous les moyens, aux flux migratoires, qui en submergeant l’Europe, vident la Syrie et l’Irak. Pour cela, il faut bien évidemment éradiquer
Daech, afin de ramener la paix et la concorde dans les régions que le califat a dévastées ces dernières années. Mais il faut aussi simultanément fermer nos frontières, refuser le principe même des immigrés clandestins et cesser de vouloir à tout prix en faire des « réfugiés politiques ». Cela nous a été demandé avec insistance par ces responsables conscients des grands troubles que ne manqueront pas de créer le laxisme et les atermoiements actuels.
Enfin, il faut parallèlement mettre un terme à l’islamisation de la France. Et ce n’est pas la soi-disant « laïcité républicaine » qui sera à même de le faire.
Celle-ci a en effet d’ores et déjà échoué. Elle a en effet montré combien elle n’est pas neutre mais systématiquement déséquilibrée, en faveur bien entendu de l’islam, sans doute au nom d’une certaine volonté d’accueil, généreuse mais follement utopique et dangereuse.
Il n’y a pas de laïcité qui fonctionne sans référence claire à une identité. Or celle de la France est chrétienne, n’en déplaise à certains hiérarques au pouvoir.
La France doit donc retrouver et assumer sans complexe son identité et sa culture chrétienne, son héritage judéo-chrétien, ses racines gréco-romaines. La défense de notre civilisation est à ce prix. Elle doit être réaffirmée pour être mieux défendue. La nature a horreur du vide ; du vide spirituel et culturel comme du reste.
Ce sont nos interlocuteurs syriens, les chefs religieux en particulier, qui nous ont recommandé le retour à notre identité comme meilleure garantie face à la décomposition de l’Etat, de la Nation et de la Patrie.
Alors halte au prosélytisme islamiste financé par nos pseudo « alliés » saoudiens, qataris ou turcs, halte aux minarets et aux écoles coraniques. Halte à la colonisation de notre pays. Accueillons en nombre raisonnable avec humanité ceux qui souhaitent s’intégrer sans faux semblant et arrière-pensées. Mais raccompagnons sans faiblesse dans leurs pays d’origine ceux qui ne veulent ni ne peuvent s’intégrer. C’est parmi eux que se trouve l’avant-garde du terrorisme islamiste dans notre pays, qui sera bientôt rejointe si nous n’y mettons bon ordre, par les djihadistes infiltrés parmi les flots d’immigrés.
En Syrie comme en France, le combat est même : il s’agit du combat sans merci que livrent les nouveaux barbares au monde civilisé pour le détruire et imposer leur loi infâme.
La Syrie de Bachar El Assad n’est certainement pas parfaite. Mais la France de François Hollande l’est-elle seulement ?
L’ennemi est commun, il est un et un seul. Son nom peut changer mais il s’agit du fondamentalisme wahhabite, que j’ai déjà personnellement vu à l’oeuvre sur le sol européen au Kosovo il y a quinze ans et qui continue d’y prospérer sous l’oeil bienveillant des Etats-Unis et de l’Union Européenne.
Il est temps d’ouvrir les yeux, de prendre conscience des graves dangers qui menacent les générations à venir. Celles de nos enfants et de nos petits-enfants.
Un sursaut est encore possible.
Comme l’a écrit récemment Philippe de Villiers, « il n’y a plus ni précaution à prendre ni personne à ménager. Il faut que les Français sachent ».
Je souhaite que le sacrifice de tous ces morts et blessés innocents, de Beyrouth, de Damas ou de Paris, ne soit pas vain. Je souhaite qu’il permette une prise de conscience amenant nos dirigeants à un sursaut salutaire, pour la défense de notre civilisation, de nos libertés, sans laquelle la vie ne vaut rien.
Colonel Jacques Hogard
Paris le 16 novembre 2015

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Après les attentats: les leçons de René Girard

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Après les attentats: les leçons de René Girard

Mort le 4 novembre à l’âge de 91 ans, René Girard était le dernier grand penseur d'envergure internationale. Analyste profond des relations entre La Violence et le sacré (l'un de ses grands livres), il avait développé une théorie mimétique qui s'applique bien à la confrontation présente entre l'islamisme et l'Occident. Voici quelques bribes de l'entretien donné à Jean Sévillia pour Le Figaro Magazine (27 octobre 2007).

Croyez-vous au « choc des civilisations », selon l'expression de Samuel Huntington ?

Cet analyste a eu raison de s'attaquer au sujet. Mais il l'a fait de manière trop classique : il ne voit pas que la tragédie moderne est aussi une comédie, dans la mesure où chacun répète l'autre identiquement. Parler de choc des civilisations, c'est dire que c'est la différence qui l'emporte. Alors que je crois, moi, que c'est l'identité des adversaires qui sous-tend leur affrontement. J'ai lu le livre de l'historien allemand Ernst Nolte, La Guerre civile européenne, où il explique que, dans le choc des idéologies issues de la Première Guerre mondiale, communisme et nazisme, l'Allemagne n'est pas la seule responsable. Mais le plus important est ceci : Nolte montre que l'URSS et le III` Reich ont été l'un pour l'autre un « modèle repoussoir ». Ce qui illustre la loi selon laquelle ce à quoi nous nous heurtons, c'est ce que nous imitons. Il est frappant de voir un historien penser les rapports d'inimitié en termes d'identité, en termes de copie. Ce que Nolte appelle le modèle repoussoir, c'est ce que la théorie mimétique appelle le modèle obstacle : dans la rivalité, celui qu'on prend pour modèle, on désire ce qu'il désire et par conséquent il devient obstacle. Le rapport mimétique conduit à imiter ses adversaires, tantôt dans les compliments, tantôt dans le conflit.

Si tant est que l'on puisse attester une confrontation générale entre l'Occident et l'islam, où se situe alors le mimétisme ?

Les islamistes tentent de rallier tout un peuple de victimes et de frustrés dans un rapport mimétique à l'Occident. Les terroristes utilisent d'ailleurs à leurs fins la technologie occidentale : encore du mimétisme. Il y a du ressentiment là-dedans, au sens nietzschéen, réaction que l'Occident a favorisée par ses privilèges. Je pense néanmoins qu'il est très dangereux d'interpréter l'islam seulement par le ressentiment. Mais que faire ? Nous sommes dans une situation inextricable. (…)

Vous êtes catholique...

J'aime bien ne pas cacher que je suis catholique. Aujourd'hui, c'est matière à scandale !

Vous ne pensez pas que toutes les religions se valent ?
Non, et c'est fondamental dans ma définition de la Croix. La Croix, c'est le retournement qui dévoile la vérité des religions révélées. Les religions archaïques, c'est le bouc émissaire vrai. c'est-à-dire le bouc émissaire caché. Et la religion chrétienne, c'est le bouc émissaire révélé. Une fois que le bouc émissaire a été révélé, il ne peut plus y en avoir, et donc nous sommes privés de violence. Ceux qui attaquent le christianisme ont raison de dire qu'il est indirectement responsable de la violence, mais ils n'oseraient pas dire pourquoi: c'est parce qu'il la rend inefficace et qu'il fait honte à ceux qui l'utilisent et se réconcilient contre une victime commune.


Votre œuvre porte un regard sombre sur notre époque. Sur quoi vous fondez-vous pour prétendre que « l'Apocalypse a commencé » ?
Cela ne signifie pas que la fin du monde est pour demain, mais que les textes apocalyptiques (…) ont quelque chose à nous dire sur notre temps, au moins autant que les sciences humaines. A mon sens, outre la menace terroriste ou la prolifération nucléaire, il existe aujourd'hui trois grandes zones de danger. En premier lieu, il y a les menaces contre l'environnement. Produisant des phénomènes que nous ne pourrons pas maîtriser, nous sommes peut-être au bord de la destruction par l'homme des possibilités de vivre sur la planète. En second lieu, avec les manipulations génétiques, nous pénétrons dans un domaine totalement inconnu. Qui peut nous certifier qu'il n'y aura pas demain un nouvel Hitler, capable de créer artificiellement des millions de soldats ? Troisièmement, nous assistons à une mise en mouvement de la terre, à travers des courants migratoires sans précédent. Les trois quarts des habitants du globe rêvent d'habiter dans le quart le plus prospère. Ces gens, nous serions à leur place, nous en ferions autant. Mais c'est un rêve sans issue.
Ces trois phénomènes ne font que s'accélérer, une nouvelle fois par emballement mimétique. Et ils correspondent au climat des grands textes apocalyptiques. L'esprit moderne juge ces textes farfelus, parce qu'ils mélangent les grondements de la mer avec les heurts entre villes ou nations, qui sont des manifestations humaines. Depuis le XVIe siècle, sur un plan intellectuel, la science, c'était la distinction absolument nette, catégorique, entre la nature et la culture : appartenait à la science tout ce qui relève de la nature, et à la culture tout ce qui vient de l'homme. Si on regarde ce qui se passe de nos jours, cette distinction s'efface. Au Congrès des Etats-Unis, les parlementaires se disputent pour savoir si l'action humaine est responsable d'un ouragan de plus à la Nouvelle-Orléans : la question est devenue scientifique.
Les textes apocalyptiques redeviennent donc vraisemblables, à partir du moment où la confusion de la nature et de la culture prive l'homme de ses moyens d'action. Dès lors qu'il n'y a plus de bouc émissaire possible, la seule solution est la réconciliation des hommes entre eux. C'est le sens du message chrétien.

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