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Le P. Georges Colomb évêque de La Rochelle

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Le P. Georges Colomb évêque de La Rochelle

Succédant à Mgr Bernard Housset, le Père Georges Colomb, supérieur général des Missions Étrangères de Paris, a été nommé évêque de La Rochelle.
Ordonné prêtre pour le diocèse de Clermont en 1987, Georges Colomb a été incardiné à la Société des Missions Étrangères de Paris (M.E.P). Il est parti en Chine où il fut professeur de français entre 1990 et 1998 avant de devenir assistant du Supérieur général des M.E.P entre 1998 et 2004. À la même époque il fut également responsable du service des vocations et des séminaristes des M.E.P et chargé de la mission Asie de la Délégation Catholique pour la Coopération (D.C.C). Entre 2004 et 2010, il a été nommé vicaire général de la Société des M.E.P mais aussi responsable des séminaristes et du volontariat.
Depuis 2010, il est supérieur général de la Société des M.E.P.

Parcours

Né le 15 juin 1953 à Saint-Anthème (Puy-de-Dôme).
Ordonné prêtre le 13 septembre 1987 pour le diocèse de Clermont.
Incardiné à la Société des Missions Étrangères de Paris.
Études:
École hôtelière, Strasbourg.
Université Jean Moulin, Lyon.
Séminaire des Carmes, Paris.
Institut Catholique de Paris (1987-1988).
Étudiant en langue chinoise à Taipei, Taïwan (1989-1990).
Diplômes:
BTS en gestion et administrative hôtelière (1974).
Licence en droit (1976).
Licence en administration économique et sociale (1976).
Maîtrise en droit privé (1977).
Diplôme d’Études Approfondies de droit civil (1978).
Inspecteur des Postes et Télécommunications (1979).
Licence en théologie (1988).
Ministères:
1990-1998 : Mission en Chine continentale comme professeur de français dans les
Universités de Kunming et de Dalian.
1998-2004 : Assistant du Supérieur général des Missions Étrangères de Paris ;
Responsable du service des vocations et des séminaristes des M.E.P ;
Chargé de mission Asie de la Délégation Catholique pour la Coopération
(D.C.C).
2004-2010 : Vicaire général de la Société des Missions Étrangères de Paris ;
Responsable des séminaristes et du volontariat des M.E.P.
Depuis 2010 : Supérieur général de la Société des Missions Étrangères de Paris.

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L'Eglise, combien de divisions?

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L'Eglise, combien de divisions?

L'édition 2016 de l'Annuaire Pontifical et celle de l'Annuaire statistique de l'Eglise pour 2014 viennent d'être publiés. Le nombre des catholiques est passé de 1115 millions en 2005 à 1272 millions en 2014, soit de 17,3% à 17,8% de la population mondiale. L'augmentation est très forte en Afrique (+41%), en Asie (+20%), forte en Océanie (+15,9%) et en Amérique (+11,7%), faible en Europe (+ 2%). Les baptisés catholiques se répartissent donc ainsi: 48% en Amérique, 22,6% en Europe, 17% en Afrique, 10,9% en Asie, et 0,8% en Océanie. En neuf ans, l'eglise s'est enrichie de 9381 nouveaux prêtres ; ils sont aujourd'hui 415 792. Si en Afrique, l'augmentation est de 32,6% et en Asie de 27,1%, l'Europe en a perdu 8% et l'Océanie 1,7%. Le nombre des religieux non prêtres a baissé très légèrement (-149), passant à 54 559 (-14,2% en Europe, -6.8% en Océanie, - -5% en Amérique, mais +30,1% en Asie et +10,2% en Afrique). Les religieuses sont en 2014 682 729 (-10,2%). Les candidats au sacerdoce, diocésains et religieux ont peu augmenté (+2500), s'élevant à 116 939 ; le seul accroissement est enregistré en Afrique (+ 3,8%), car ce nombre a chuté de 17,5% en Europe et de 7,9% en Amérique.

Denis Sureau

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Etrangers dans la cité: l'Eglise comme alternative politique (2/2)

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Stanley Hauerwas
Stanley Hauerwas

Fin de la lecture de l'essai de Stanley Hauerwas et William H. Willimon, Etrangers dans la cité (Cerf, 288 pages, 19 €) :

De quel côté êtes-vous ? Du côté des progressistes ou des réactionnaires ? Mais l’opposition gauche/droite « n’est pas très utile à la compréhension de l’Église dans la mesure où, actuellement, ces deux pôles sont très proches. En effet, l’un et l’autre estiment que l’Église a pour mission principale d’apporter son soutien à l’État dans sa tentative de construire un monde meilleur. De ces deux positions, laquelle est la plus à même de remplir cette tâche ? Nous voulons, pour notre part, défendre une conception de la politique qui soit à la fois authentique et porteuse d’espérance. Porteuse d’espérance car nous croyons, en tant que chrétiens, que nous pouvons nous tenir un discours de vérité les uns aux autres. Fort heureusement, l’espérance ne se réduit pas à la droite ou à la gauche. L’espérance s’identifie à l’Église et fait d’elle ce lieu, cette polis, ce peuple nouveau où il est possible de vivre sans la peur qui mène inévitablement à la violence. Notre politique est authentique car elle rejette les faux dieux qui prônent la violence. » (245)

Ne se voulant ni de gauche ni de droite, Stanley Hauerwas et son collègue disent être « dans l’espérance ». À savoir l’espérance qui anime le peuple chrétien. Ils précisent : « Lorsque nous parlons de peuple, nous voulons indiquer que le défi lancé à l’Église est politique, social, ecclésial, qu’il s’agit de former un peuple visible, conscient de ce qu’il en coûte d’être un disciple, et prêt à en payer le prix. » Un choix qui n’est pas celui des hommes politiques. « Nous doutons qu’un tel idéal soit accessible à des théologies qui visent le maintien de la primauté de l’individu et de l’autonomie, ou des ecclésiologies qui sont la traduction et l’émanation d’idéologies politiques dont les visées n’ont rien de biblique. Par ''authentique '' nous entendons que l’Église doit pouvoir redevenir un peuple capable de regarder sans ciller les dures réalités qui le concernent. Nous actualisons et anticipons une telle possibilité chaque fois que nous confessons notre foi ou que nous sommes pardonnés durant le culte. Le monde regarde quiconque est honnête envers lui-même comme un incroyable héros moral, or la conception chrétienne est que le don de l’Évangile offre cette possibilité à des gens ordinaires. » (246)

Pour en savoir davantage sur Stanley Hauerwas et ses disciples : Denis Sureau, Pour une nouvelle théologie politique (Parole et silence, 2008, 17 €).

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Etrangers dans la cité : l'Eglise comme alternative politique (1/2)

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Etrangers dans la cité : l'Eglise comme alternative politique (1/2)

Dans leur livre à succès Étrangers dans la cité, que les Éditions du Cerf ont eu l’excellente idée de traduire en français aux (288 pages, 19 €), et dont l’édition américaine aurait été vendue à un million d’exemplaires, deux théologiens américains protestants mais plutôt « crypto-catholiques » – Stanley Hauerwas et William H. Willimon – réveillent vigoureusement les chrétiens, défiant les catégories habituelles.


Quel type de politique « peut et doit être menée au nom de Jésus » ? (p. 43). Saint Paul déclare : « notre citoyenneté est dans les cieux » (Ph 3,20). Pour Hauerwas et Willimon, l’Église est une communauté visible, une nouvelle polis, une structure sociale contre-culturelle, pérégrine, et les chrétiens des exilés résidant en terre étrangère. Elle « incarne une alternative sociale qui n’est pas réductible à la logique du monde ». (56)
L’effondrement d’une certaine culture chrétienne (chrétienté constantinienne) entre 1960 et 1980 oblige de se poser de vraies questions. « Le travail du théologien n’est pas d’ajuster l’Évangile au monde moderne, mais d’ajuster le monde moderne à l’Évangile. » (64)
La théologie protestante libérale a conduit les chrétiens à des compromis moraux avec un pouvoir immoral (solution finale, Hiroshima, Dresde, avortement…). La gauche comme la droite « avancent des solutions comme si le monde n’avait pas fini et commencé en Jésus. » (69) Dans les années 60, les pasteurs poussaient les chrétiens à s’engager en politique, à soutenir la démocratie tout en lui « rajoutant une vague coloration religieuse », oubliant qu’elle a pour objet premier l’individu soucieux de la satisfaction de ses désirs et revendiquant ses droits, ceux-ci étant garantis par l’État omnipotent.
Les chrétiens de droite, individualistes, estiment que la religion est chose purement privée, et les chrétiens de gauche, progressistes, « défendent une notion de la justice qui encourage une société dans laquelle la foi en Dieu est totalement inutile puisque chacun croit déjà en la paix et la justice, même quand plus personne ne croit en Dieu. » (83-84)
Or « la tâche politique des chrétiens est de bâtir l’Église et non de prétendre transformer le monde. » (84) C’est l’histoire de Jésus qui permet de donner le sens de la « paix » et de la « justice ». L’Église nous permet de comprendre le monde tel qu’il est de discerner ce qui est bon et de ce qui est mauvais dans la culture (au lieu de l’accepter en bloc). Il ne s’agit pas d’être « dans » ou en dehors du monde mais de savoir comment être dans le monde, comment « faire valoir la dimension impériale de la seigneurie du Christ » (92). Cette Église confessante, communauté de foi vivante, « cherche à influencer le monde en restant l’Église » (95), même lorsqu’elle participe à des mouvements séculiers contre la guerre ou la faim.
Mais l’Église est aussi une communauté de la Croix. Le christianisme est un voyage aventureux. « Vivre dans la communauté chrétienne n’est pas confortable. » (101). Et « nous sommes engagés dans un voyage périlleux qui exige de nous des vertus particulières. » (118) Dans le monde athée hostile produit par le libéralisme, l’Église devrait adopter « une attitude davantage offensive que défensive » (102). Elle n’est pas une place forte mais un peuple en mouvement. La vie chrétienne est narrative par nature : « Dieu réunit les fragments épars de nos vies en une histoire cohérente qui a un sens » (105). Nous faisons partie de l’histoire de Dieu.
L’Église est le fondement de l’éthique chrétienne. Celle-ci ne doit pas être diluée dans un pseudo-bon sens universel ; au contraire le Sermon sur la Montagne met en relief la frontière entre le monde et l’Église. Il ne s’adresse pas d’abord ou seulement à des individus, mais à la communauté des disciples de Jésus (ce qui ne justifie pas le communautarisme : 140). Tout problème d’éthique chrétienne est un problème social, communautaire. Et l’éthique chrétienne a une dimension eschatologique : elle s’adresse « à un groupe préfigurant le type de communauté dans laquelle le règne de Dieu resplendira dans toute sa gloire » (158). La question est : « Pouvons-nous organiser la vie dans la communauté de telle sorte que le monde en nous voyant sache que Dieu est à l’œuvre ? » (159) L’Église doit être « une communauté qui témoigne de la justice de Dieu dans un monde qui la rejette » (162). « Pour que le monde comprenne qu’il est brisé et qu’il a besoin d’un salut, il importe que l’Église le heurte, qu’elle soit une alternative à ce que propose le monde. Malheureusement, une Église prête à s’accommoder du monde et à lui obéir ne fait que donner des raisons de ne pas croire. » (163)
Devenir un disciple selon l’Évangile, acquérir de bonnes habitudes s’apprend dans la communauté, en imitant l’exemple des saints (contre l’éthique universaliste de Kant). L’éthique chrétienne est aristocratique comme celle d’Aristote : l’Église nous met en contact avec des « aristocrates éthiques » (173). Et nous avons besoin de bons pasteurs (cf. sixième chapitre).

Denis Sureau
(A suivre)

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La Russie plus démocratique que la France ?

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Un abonné de Chrétiens dans la Cité est choqué par l'idée que la Russie de Poutine serait plus démocratique que la France de Hollande.

Philippe de Villiers écrit dans la préface du livre d'Ivan Blot :
« L'un des points où l'auteur va surprendre les bonnes âmes conformistes, c'est son jugement sur le système politique russe. L'auteur, qui fut treize années parlementaire et haut fonctionnaire au ministère de l'Intérieur, soutient que la Russie est plus démocratique que la France. Juridiquement, il pense que les institutions (une démocratie parlementaire et présidentielle) sont analogues. La constitution russe ressemble à la nôtre. Mais la liberté de parole est plus grande en Russie. L'auteur donne des cours dans plusieurs universités russes, et on ne l'a jamais censuré en Russie. En revanche, en France, l'ex-directeur de Sciences Pô lui a interdit d'enseigner. Il devait éditer un livre sur la démocratie directe (le système suisse) à la fondation FONDAPOL et, du jour au lendemain, le projet a été annulé. C'est parce qu'il défend l'idée d'un fossé entre le peuple et les élites en France. Le peuple dérive vers la droite, le patriotisme et les valeurs traditionnelles, et les élites sont de plus en plus utilitaristes et relativistes (voir le mariage homosexuel, par exemple). Ces élites refusent qu'on consulte le peuple par des référendums. En Russie, la démocratie directe intéresse : le livre d'Ivan Blot sur ce sujet a été traduit en russe.
Les sondages sont implacables : plus de 80 % de Russes approuvent la politique du président Poutine et seulement 20 % de Français soutiennent le président Hollande. Où est la démocratie ? »

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Des poissons roses chez le pape

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Les Poissons roses
Les Poissons roses

Le pape François recevra le 1er mars une délégation des Poissons roses comprenant,notamment deux députés français : Dominique Potier, député (PS) de Meurthe-et-Moselle, et Bruno Nestor Azérot, député divers gauche de la Martinique, qui s'était courageusement opposé à la loi Taubira.

Les Poissons roses, mouvement de chrétiens proches du Parti socialiste, vient d'ailleurs de publier un livre pour présenter des propositions : Les Poissons roses. A contre-courant (Cerf, 136 p., 10 €), Présidé par Patrice Obert, haut fonctionnaire territorial, ce courant microscopique (moins d'une centaine d'adhérents, dont la moitié sont membres du PS) se réclame du personnalisme d’Emmanuel Mounier et des philosophes Emmanuel Lévinas, Paul Ricœur et Hannah Arendt. Il espère réveiller la gauche avec un projet politique autour de sept thèmes : un revenu de libre activité pour tous (c'est sa principale proposition, qui revient à remplacer toutes les aides étatiques par une allocation universelle), une famille durable, la revitalisation démocratique (suppression de l'élection du Président au suffrage universel direct, scrutin proportionnel aux législatives), une communauté fédérale européenne (grâce à la subsidiarité), le goût d'entreprendre au service du bien commun, des écoles innovantes, « verts et prospères ». Les Poissons roses auront un candidat aux primaires de la gauche – si primaires il y a.

Denis Sureau

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La Sainte Russie de Poutine

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La Russie de Poutine
La Russie de Poutine

Avec la rencontre historique entre le pape François et le patriarche Kirill ou encore, les succès des forces russes en Syrie, la Russie montre qu'elle a conservé un rôle géopolitique considérable. Il est pourtant difficile pour un Européen de voir clair sur ce grand pays qui est parvenu assez rapidement à se dégager de 72 ans de totalitarisme communiste. La propagande américaine, relayée par les grands médias occidentaux, produit un épais brouillard. Et la personnalité de Vladimir Poutine demeure énigmatique, suscitant les réactions les plus contrastées.

Enarque, ancien parlementaire et haut fonctionnaire, membre de l'Académie catholique de France, Ivan Blot ne cache pas son admiration. C'est un poutinien fervent. Pour lui, le retour de la Sainte Russie marque « les retrouvailles avec notre civilisation issue du christianisme et du monde gréco-romain. Ce travail de retour à l'être véritable de l'homme doit être à présent prolongé à l'Ouest. » S'appuyant (parfois lourdement) sur la critique du nihilisme moderne menée par Heidegger, il considère que la Russie ouvre la voie d'un renouveau culturel, spirituel et même politique. A certains égards, le régime de Poutine est davantage démocratique que celui de Hollande. Et le discours radicalement chrétien prononcé par le président russe au forum de Valdaï en 2013 aurait pu être écrit par Soljenitsyne. Intox ! diront certains. Ivan Blot pense le contraire.

Denis Sureau

La Russie de Poutine
Ivan Blot
Préface de Philippe de Villiers
Bernard Giovanangeli Editeur, 206 p., 15 €

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Evêques et médecins s'expriment sur la loi de la fin de vie

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Suite à l’adoption de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie hier à la l’Assemblée nationale, Mgr Pierre d’Ornellas et les membres du groupe de travail sur la fin de vie de la Conférence des évêques de France s’expriment.

Loi Claeys-Leonetti
Oui à la culture palliat
ive

Les parlementaires viennent de voter une nouvelle loi sur la fin de vie. Ils ont heureusement écarté l’idée qu’une vie pouvait être inutile : oui, chaque personne est digne du plus grand respect jusqu’au terme de sa vie ! Ils ont maintenu que « l’obstination déraisonnable » est interdite : oui, prendre soin de la personne est plus essentiel que la seule poursuite de thérapies devenues disproportionnées !
Pendant le débat législatif, une demande massive a été enfin entendue : que soient développés l’accès et la formation aux soins palliatifs. Le gouvernement a mis en œuvre un plan triennal dans ce but. De même, une évaluation annuelle de la politique développée pour ces soins a été votée. La nouvelle loi est donc à appliquer selon les objectifs, les principes et les pratiques des soins palliatifs. Beaucoup s’en réjouissent car tout cela lutte contre le « mal mourir » qui subsiste par endroit.
La loi donne des droits aux patients afin de respecter leur autonomie. Or celle-ci s’inscrit toujours dans une relation, d’autant plus que la vulnérabilité grandit. C’est en garantissant aux patients comme aux soignants une juste implication dans la relation de soin que la loi peut répondre à l’ambition d’une meilleure qualité de soins.
La loi définit et encadre un nouveau droit « à la sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience jusqu’au décès ». Ces cas sont rares. Quoiqu’il en soit, la loi ne peut se substituer à l’appréciation médicale en imposant des systématisations qui nieraient la singularité de chaque cas. Sur le projet de loi, nous nous sommes exprimés dans la déclaration « Ne prenons pas le problème à l’envers ! » (20 janvier 2015)
Pour chaque situation, l’art médical cherche à procurer le meilleur apaisement possible de la souffrance, et à qualifier avec justesse l’obstination déraisonnable afin de la refuser, notamment pour les patients incapables d’exprimer leur volonté. Cet art médical discerne quand l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation artificielles correspond au meilleur soin à donner. Il évalue quand les directives anticipées sont ou non appropriées. Nourri par un vrai dialogue entre professionnels de santé, patients et proches, cet art permet de s’ajuster aux situations les plus délicates, dans le respect de la déontologie médicale.
Cet art est celui de l’accompagnement guidé par l’intention de soulager, adapté à chaque personne et à ses souhaits, dans les limites du raisonnable. Nous remercions les soignants qui, avec les bénévoles, s’engagent en équipe, au quotidien, aux côtés de personnes en fin de vie pour que leur « confort » soit le meilleur possible.
Les recommandations de bonne pratique sont essentielles à cet art du soin palliatif. Seule la poursuite d’une réflexion concertée et continue pour leur rédaction et leur mise en œuvre le favorisera. Soutenant toujours l’intention de soulager, elles dissiperont les craintes de dérives euthanasiques qui, à juste titre, ont surgi pendant le débat.
Non, cette nouvelle loi n’est pas qu’une étape ! Prenons sérieusement le temps de l’appliquer grâce aux moyens octroyés et à la formation – qui est urgente – de tous les professionnels de santé. Alors le « mal mourir » reculera. Et le grand public, grâce à une information honnête, régulière et nécessaire, sera conforté sur la qualité de l’accompagnement et sur le soulagement de la souffrance, que ce soit ou non en fin de vie.
Face à l’opacité de la mort et à son énigme, la conscience cherche au plus profond d’elle-même, et avec l’aide d’autrui, la lumière qui l’habite pour trouver réconfort et paix. Quelle que soit cette lumière – la foi en Dieu ou la simple gratitude pour la vie –, le chemin vers la mort est difficile et rude. Nul ne s’y aventure sans le juste et fidèle soutien de l’équipe soignante, de proches et de la société. C’est à cela qu’une société se reconnaît digne de l’humanité des siens.
La culture palliative est « un élément essentiel des soins de santé », proclame le Conseil de l’Europe. Ces frères et sœurs en grande vulnérabilité nous appellent à un surcroît de fraternité. Répondre à leur appel est une belle œuvre politique : elle inscrit la culture palliative non seulement dans le monde du soin mais aussi dans nos mentalités pour que nous soyons attentifs à prendre soin les uns des autres, car nous portons tous les questions existentielles les plus vives : nous avons à la fois soif d’infini et l’expérience de la finitude. Telle est la fraternité que sont appelées à construire nos lois relatives à la fin de vie, qui seront alors des lois de progrès pour la France.

Le 28 janvier 2015


Mgr Pierre d’Ornellas
Archevêque de Rennes et responsable du Groupe de travail sur la fin de vie.
Mgr Michel Aupetit
Évêque de Nanterre
Dr Marie-Sylvie Richard, xavière
Chef de service à la Maison Médicale Jeanne Garnier (Paris)
Dr Claire Fourcade
Médecin coordinateur, pôle de soins palliatifs de la polyclinique Le Languedoc (Narbonne)
Dr Alexis Burnod
Institut Curie, Service soins palliatifs
P. Bruno Saintôt, jésuite
Directeur du département éthique biomédicale du Centre Sèvres (Paris)
P. Brice de Malherbe
Co-directeur du département d’éthique biomédicale du Collège des Bernardins (Paris)

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Le numéro 324 est paru

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Chrétiens dans la Cité n°324
Chrétiens dans la Cité n°324

Le numéro 324 est paru, avec au sommaire :

CHRONIQUE du Père Bernard Devert, président d'Habitat et Humanisme : Le plan emploi, une chance pour faire société

AGENDA

INFORMATIONS : Associations sous contrôle - L'adultère est moral - La fin du cathosarkozysme - Un fonds pour les chrétiens d'Orient - Attester pour le Christ

LES HOMMES : Nathalie Leenhardt et Dominique Guiraud - Véronique Fournier - Pierre Durieux

BREVES : Générosité en ligne - P'tits'déj en Carême - Non à l'euro-euthanasie - Bataille internautique

LECTURES: Le Mariage et la loi, par l'Institut Famille et République

INITIATIVES : Autour de la Manif pour tous

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