Laïcisme : et maintenant l'entreprise

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Une nouvelle offensive laïciste a été provoquée par la décision de la Cour de cassation favorable à la salariée de la crèche privée Baby Loup licenciée pour port du voile. Pour les juges, la laïcité ne s'applique pas aux entreprises privées. Le groupe Ump de l'Assemblée nationale a déposé ce jeudi une proposition de loi (qui sera discutée le 6 juin) pour permettre que le règlement intérieur des entreprises et des associations réglemente le port des signes et les pratiques manifestant une appartenance religieuse. Les socialistes vont également préparer un texte allant dans le même sens.

Des initiatives dangereuses, y compris pour les catholiques, alerte l'avocat Erwan Le Morhedec (www.koztoujours.fr) : « que ceux de mes amis catholiques qui se réjouiraient d’un éventuel élargissement de l’obligation de neutralité religieuse au sein des organismes privés (entreprises ou associations) parce que ça ferait la nique aux musulmans n’oublient pas que cet élargissement serait fait dans un état d’esprit d’hostilité à toutes les religions. Compte tenu des interprétations erronées qui ont déjà cours sur la laïcité, il ne manquerait pas d’inciter certains à contester ne serait-ce que l’expression d’une conviction religieuse. »

L’historien et sociologue des religions Philippe Portier souligne de son côté que l'extension de la laïcité à la sphère privée va à l’encontre de sa traditionnelle conception républicaine et ajoute : « Si une loi était votée, nous pourrions passer d’une pratique libérale, celle d’un contrôle de l’État a posteriori – on est puni si l’on a commis un méfait – à une perspective inverse d’un contrôle a priori : quiconque portant un signe religieux ostensible serait supposé apporter du désordre dans une société qui a besoin de cohérence » (www.la-croix.com).

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