Consciences avortées

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Pour les Françaises, l'avortement est un droit et un drame. Analyse de l'enquête commandée par l'Alliance pour les droits de la vie.

 

Malgré les controverses récentes exprimées dans ces colonnes sur le danger des sondages, il est difficile de ne pas faire ici écho à l'enquête commandée à l'Ifop par l'Alliance pour les droits de la vie même si ses résultats peuvent d'une part être discutés et d'autre part aller dans un sens non voulu par ses commanditaires. En effet la première tendance massive qui s'en dégage est l'approbation du « droit à l'avortement » : 85% des Françaises interrogées sont favorables à un « droit à l’avortement » tandis que seulement 7% y sont opposées (8% ne se prononcent pas). Ce chiffre est un signe éclatant de l'irrésistible progression de l'anti-culture de mort et de la déformation des consciences. Car si la loi Chirac-Veil de 1975 ne prévoyait pas en acte de « droit à l'avortement », elle le contenait en puissance. « Elle était déjà un piège pour les consciences et s'est progressivement imposée comme le socle fondateur de notre démocratie, du moins en ce concerne le 'droit des femmes' », comme l'a souligné Tugdual Derville, délégué général de l'Alliance pour les droits de la vie, avant d'ajouter : « Cette loi est comme le dogme sacralisé d'un succédané de religion. Son auteur principal, Simone Veil, apparaît comme l'archétype de la sainte laïque, qu'on célèbre médiatiquement comme personnalité incontestable selon des rites anniversaires. » (Décryptage.com, 5 mars)

 

Toutefois, comme le note l'Alliance pour les droits de la vie, ce constat ne clôt pas le débat, car l'avortement est aussi perçu comme un drame :

  •  Pour 83%, « l’avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes ». La souffrance traverse l'affirmation d'un droit.
  •  Pour 61% des Françaises (contre 33%) « il y a trop d’avortements dans notre pays » : ce n'est pas la position ultra-féministe. Selon l'Ined, près de 4 Françaises sur 10 ont avorté au moins une fois dans leur vie. La France connait un fort taux d’Ivg : 14,7 pour 1000, contre 7 pour 1000 en Allemagne. Et cela malgré le plus fort taux mondial de recours à la contraception : 80% des femmes y ont recours. « Paradoxe contraceptif français »: 72% des femmes recourant à l'avortement utilisaient une méthode de contraception lorsqu’elles se sont retrouvées enceintes.
  •  Pour 60% (contre 33%) « la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l’Ivg ».
  •  Solutions envisagées : 67% pensent que la sensibilisation à la possibilité d'adoption serait une bonne chose à la place de l'avortement. 83% sont favorables à la remise, aux femmes enceintes consultant en vue d'un avortement, d'un livret officiel donnant le détail des aides accordées aux femmes enceintes et aux jeunes mères. Car pour 47% (et jusqu’à 58% des 18-24 ans) la situation matérielle est la raison principale du recours à l'avortement - autre échec cinglant du prétendu « modèle social français ».

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