Certains publient des déclarations sur la crise. D'autres agissent. C'est le cas de l'épiscopat italien, qui vient de lancer une vaste opération de soutien financier aux familles touchées par la crise.
L'opération Le prêt de l'espérance menée avec le soutien de l'Association des banques italiennes (ABI) vise à accorder un prêt de 500 euros par mois, sur une période maximum de deux ans, aux familles de trois enfants au moins (ou avec un enfant handicapé) momentanément sans revenus (les concubins ne sont pas concernés). Prêt remboursable sur maximum cinq ans, lorsqu'un des parents aura retrouvé un travail. Le taux proposé (4,5 %) est moitié moins élevé que celui pratiqué par les banques de la péninsule. Le dimanche de la Pentecôte, une quête exceptionnelle sera organisée lors des messes afin de constituer un fonds de départ de 30 millions d'euros. De quoi permettre à l'ABI de proposer à 20 000 ou 30 000 aux familles pauvres la somme de 180 millions d'euros sur trois ans. Pour en bénéficier, elles doivent contacter leur paroisse ou l'antenne locale de la Caritas (l'équivalent du Secours catholique) qui les orienteront vers les banques participant à l'opération (Unicredit, Intesa San Paolo, Monte Paschi di Siena etc.). Réponse sera donnée dans un délai inférieur à trois semaines.
En présentant l'opération, le cardinal Bagnasco, président de la conférence épiscopale italienne, a déclaré qu'elle s'inscrit dans la tradition « des pratiques anciennes dont l'exemple le plus significatif est celui de saint Paul qui organisait la collecte pour les pauvres de Jérusalem ». L'expérience est cependant exemplaire, car elle témoigne de la capacité de l'Église à se déployer dans la cité comme le corps social alternatif qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être. Au lieu d'en appeler à l'Etat et de réclamer un surcroit d'intervention technocratique (sur le mode social-démocrate), elle se révèle comme disposant de la capacité d'agir directement contre la misère et pour la famille. Plutôt que de renforcer l'Etat de l'assistance – pour reprendre l'expression qu'utilisait
Jean Paul II –, l'Église italienne se présente comme un espace pleinement social, ouvert tant aux catholiques qu'à ceux qui ne le sont pas (il n'est pas demandé aux familles sollicitant un prêt une attestation de catholicité), répondant concrètement à un besoin concret. Un exemple à méditer...et à suivre.

Denis Sureau
Pour une nouvelle théologie politique
Parole et Silence, 174 p., 17 €
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Penseurs de la Cité de Dieu présente dans la cité des hommes, les nouveaux théologiens refusent la « captivité politique de l'Église » et la mondialisation libérale. Produit d'une raison séculière et donc rétrécie, la modernité fondée sur la violence s'achève dans le nihilisme. S'employant à déconstruire le mythe de l'État moderne salvateur, ils lui opposent l'Église, véritable communauté de référence et de résistance. Puisant dans ses ressources - notamment liturgiques -, elle peut restaurer une amitié politique fondée sur la participation au Christ.
Thomisme subversif, anarchisme eucharistique, aristotélisme révolutionnaire, orthodoxie radicale, augustinisme postmoderne, théologie postlibérale : au-delà du choc
des mots, la théologie politique du XXIe siècle est née.
Revue de presse

Denis Sureau is the author of essays about Thomas Aquinas and politics. He is Editor-in-Chief of the French catholic Editions de L'Homme Nouveau.
Book summary
Introduction
Chapter I - The political theologies of the twentieth century
The Schmitt-Peterson debate
Action Française and Neo-Thomisms
From "Political Theology" to "Liberation Theology"
Henri de Lubac at the turn of contemporary theology
Chapter 2 - The Church as Communion: After Vatican II
David Schindler or how to be American, anti-liberal, and theologian of communion
Tracey Rowland or postmodern Augustinian Thomism
Aidan Nichols or the revival of Christianity
Chapter 3 - Morality: the wind rises
Alasdair MacIntyre or revolutionary Aristotelianism
Stanley Hauerwas or the Kingdom of Peace
John Porter or natural law rediscovered
Therese Lysaught or the search for a Christian bioethics
Chapter 4 - Radical Orthodoxy: the Cambridge revolution
John Milbank or beyond secular reason
Catherine Pickstock or how an Anglican theologian rethinks the truth about the Mass.
Chapter 5 - Exercises of theopolitical imagination
John Howard Yoder or the politics of Jesus
Oliver O'Donovan or the Biblical roots of politics
William Cavanaugh or Eucharistic anarchy
Emmanuel Katongole or the new African theopolitics
Stephen Long or theological critique of capitalism
Daniel Bell or to think of God in the city after the end of history
Appendix: European Cousins