La lettre des chrétiens actifs

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Chrétiens dans la Cité
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Qui sommes-nous ?

Chrétiens dans la Cité n'est pas une association mais une lettre d'information indépendante dirigée par Denis Sureau, 53 ans, journaliste et éditeur. Philosophe de formation, il a publié Retour à la politique (DMM, 1995), Petite somme politique, anthologie de textes politiques de saint Thomas d'Aquin (Téqui, 1997) et Prières devant le Saint Sacrement, traduction et commentaire des prières de saint Thomas d'Aquin (Ed. de L'Emmanuel, 2002) et Pour une nouvelle théologie politique (Parole et Silence, 2008 et traduction en espagnol : Una nuova teologia politica, Nuovo Inicio, 2010).
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La nouvelle théopolitique


Denis Sureau
Pour une nouvelle théologie politique
Parole et Silence, 174 p., 17 €
Pour commander en ligne (à partir du site Transmettre)

Une nouvelle génération de théologiens se lève dans le monde anglo-saxon. Ils ont entre 30 et 50 ans et de l'énergie à revendre. Catholiques, anglicans, ou protestants, ils bouleversent les vieux clivages, remettent en cause les catégories installées. Disciples de saint Augustin et de Henri de Lubac, marqués par l'enseignement d'Alasdair MacIntyre et de Stanley Hauerwas, ils plaident pour le retour à une théologie libérée de tout complexe d'infériorité.


Revue de presse

Una nueva teologia politica

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Una nueva teología política (en torno a la “Radical Othodoxy.”)

  • Denis Sureau

  • EDITORIAL NUEVO INICIO

  • 232 páginas

 

 

  En esta Nueva teología política, Denis Sureau nos da a conocer a una nueva generación de teólogos políticos que irrumpe con fuerza en el mundo anglosajón. Enraizados en San Agustín y convencidos de la importancia de los escritos de Henri de Lubac, influidos por las enseñanzas de Alasdair MacIntyre y de Stanley Hauerwas, estos jóvenes pensadores rechazan la cautividad política de la Iglesia, fruto de la globalización liberal. Son etiquetados como tomistas subversivos,  aristotélicos revolucionarios, ortodoxos radicales o agustinianos posmodernos. Pero todos ellos, al nihilismo violento en que ha desembocado la salvación que prometía el estado moderno, le oponen una comunidad de referencia y de resistencia: la Iglesia. Sólo ella puede restaurar, mediante su praxis sacramental, una verdadera amistad política entre los hombres.

Caritas in veritate

Denis Sureau a publié un commentaire de la grande encyclique sociale de Benoît XVI
Caritas in veritate




Préface de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne.
192 pages - 6,50 €

 

Le Père Bernard Devert, fondateur d'Habitat et Humanisme, lance cet appel, déjà signé par d'importantes personnalités religieuses :

 

« Noël est là. L’Enfant Jésus fait notre joie ! Mais dehors des familles frappent à notre porte. Que demandent-elles ? Rien de plus que la Sainte Famille: un toit… En France, certaines familles dorment dans leur voiture, d’autres dans des campements de fortune quand ce n’est pas dans des centres d’hébergements saturés. Ni l’Etat ni les associations ne parviennent à les aider, faute de place. 100 000 SDF hantent nos rues quand, de l’autre côté du digicode ou de la grille, 450 000 logements privés sont inoccupés !

Pour que cesse ce scandale, à la suite de l’appel des Evêques de France du 7 novembre dernier, Habitat et Humanisme se mobilise et lance à tous les chrétiens et toutes les personnes de bonne volonté dans notre pays un défi : faire ensemble le plus beau des cadeaux de noël, trouver un toit pour mille familles. Impossible, me direz-vous. Pas si sûr. En 25 ans Habitat et Humanisme a relogé plus de 10 000 familles, soit près de 500 par an. Alors pourquoi pas 1000 dans les tout prochains mois ?

A cette exigence nous sommes appelés ; ensemble, refusons cette injustice et devenons ces rois mages que le Christ attend aujourd’hui.

 Comment ?

 Pour cela, je vous propose trois solutions concrètes :

  • Nous confier un logement vacant

Moyennant toutes les garanties nécessaires, nous nous engageons à faire fructifier votre bien tout en lui conférant rapidement une utilité sociale.

  • Découvrir l’épargne solidaire

A chaque fois que 30 familles acceptent de confier 1000 euros à la Foncière d'Habitat et Humanisme, à l’autre bout de la chaîne c’est une famille qui est relogée.

  • Prendre contact avec notre responsable local

Dans chaque diocèse nous irons voir ensemble les élus, les responsables associatifs et les paroisses pour identifier ces logements vacants et trouver rapidement des solutions.

 

Que devons-nous faire, interrogent ceux qui rencontrent Jean-Baptiste ? Défaire les enfermements pour que recule l’enfer de l’exclusion.

« Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés. » Matthieu. 5.6.

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Dans sa tribune publiée par Le Monde (9/12), Nicolas Sarkozy demande aux croyants de pratiquer leur culte avec une « humble discrétion ». Voici quelques réactions... parmi beaucoup d'autres.

 

La phrase exacte est la suivante : « Chrétien, juif ou musulman, homme de foi, quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation et, conscient de la chance qu'il a de vivre sur une terre de liberté, doit pratiquer son culte avec l'humble discrétion qui témoigne non de la tiédeur de ses convictions mais du respect fraternel qu'il éprouve vis-à-vis de celui qui ne pense pas comme lui, avec lequel il veut vivre. »

Venant après un développement sur l'islam, elle a suscité cette réaction du jésuite Pierre de Charentenay, rédacteur en chef de la revue Études : « Comment les musulmans de France ne ressentiraient-ils pas ces propos comme la stigmatisation de leur religion ! » Sur son bloc (ou blog), un internaute lui a fait remarquer que chrétiens et juifs étaient autant visés.

Ce que relève à son tour le journaliste René Poujol (Pèlerin), notant que les propos de Sarkozy « confortent l’idée d’une privatisation de la pratique religieuse, déjà bien présente dans une certaine conception de la laïcité à la Française. (...) Au nom de l’égalité entre les religions et du respect dû à l’incroyance, verra-t-on demain, des tribunaux interdire les sonneries de cloches au motif qu’il s’agit-là d’un appel 'ostensible' à la prière, contraire à la laïcité ? »

Isabelle de Gaulmyn (La Croix) ajoute : « Encore une fois, on tente de réduire le phénomène religieux a quelque chose de purement privé, à son unique dimension de conviction, oubliant que la religion est aussi un fait collectif, et qui s’inscrit dans la société… Les cathédrales, la basilique Montmartre ou les JMJ, sont-elles vraiment humbles et discrètes ? Demander aux religions de rester « humbles et discrètes » est un non-sens. Cela renoue avec une certaine tradition française laïciste que l’on croyait avoir dépassé. C’est aussi dangereux, car vouloir nier le religieux est la meilleure manière d’encourager ses manifestations les plus radicales. » Sur le site Rue89.com, un anonyme écrit : « si l'abbé Pierre et Sœur Emmanuelle étaient encore parmi nous, on les inviterait à faire moins de bruit.»

 

La formule est révélatrice de la conception moderne de la religion : une croyance intime que l'Etat prétendument neutre et pacifique doit savoir cantonner dans le domaine privé. Là-dessus, il est urgent de lire la puissante analyse de William Cavanaugh dans son dernier livre, Le Mythe de la violence religieuse (Ed. de L'Homme Nouveau). Il montre comment le pouvoir étatique moderne a créé ce mythe pour marginaliser « l'autre » religieux, contrastant avec le sujet séculier, rationnel et pacifique. Après avoir organisé ce que certains appellent « la captivité politique de l'Église dans la Babylone moderne », le mythe justifie aujourd'hui la guerre contre les sociétés musulmanes. Ce qui obscurcit par là-même notre compréhension de ce que l'islam peut réellement avoir de dangereux.

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Confrontée à la chute rapide du nombre de prêtres, les évêques français expérimentent de nouveaux modes d'organisation pastorale.

 

Lors de leur dernière assemblée de Lourdes, les évêques ont réfléchi sur les réponses à apporter au problème désormais dramatique de la raréfaction des prêtres diocésains : ils ne sont plus que 7500 en activité, avec un âge moyen de 58 ans (ou 73 ans en incluant les 7500 autres prêtres retraités, dont beaucoup sont d'ailleurs encore actifs). Même à Paris, qui avait connu un fort rajeunissement de son clergé sous l'épiscopat du cardinal Lustiger, la chute est préoccupante : seulement une cinquantaine de séminaristes, 7 ordinations prévues en 2010 et 4 en 2011 (contre 19 en 1993). Un certain nombre de diocèses ruraux auront bientôt la taille des grosses paroisses d'antan, avec moins de dix prêtres.

Face à la pénurie, plusieurs modèles d'organisation (parfois combinés) sont actuellement expérimentés :

Le regroupement de paroisses. Cette solution qui a prévalu a vite montré ses limites. Un prêtre peut-il s'occuper de 60 clochers, comme dans le diocèse de Langres ? Le diocèse d'Agen est passé en dix ans de 420 à 26 paroisses mais dans cinq ans, il n'y aura plus 26 prêtres.

Le recrutement massif de diacres. Le diocèse de Saint-Dié (Vosges), qui n'a aucun séminariste et dont la dernière ordination remonte à 2003, a lancé une campagne de recrutement de diacres permanents. Les responsables pastoraux ont repéré 70 candidats (hommes mariés, âgés entre 35 et 55 ans) et l'évêque proposera cette mission à 30 d'entre eux.

Le recours aux laïcs. Il est institutionnalisé sous diverses formes dans plusieurs diocèses (Poitiers, Créteil, Tulle, Châlons-en-Champagne...). Des laïcs bénévoles ou salariés sont chargés de responsabilités pastorales, les prêtres venant pour administrer les sacrements. Plus largement, on estime que 500 000 laïcs sont actifs dans les paroisses. Mais ce vivier tend aussi à s'épuiser.

L'appel aux prêtres étrangers, souvent africains, parfois asiatiques. Une forme d'« immigration choisie » qui n'est pas inépuisable : l'Église d'Afrique a également besoin de pasteurs.

L'appel aux communautés nouvelles et traditionnelles. Un choix fait par le diocèse de Fréjus-Toulon, d'abord par Mgr Madec puis par Mgr Rey, et qui a permis d'éviter le regroupement des paroisses. Son séminaire compte 80 séminaristes. D'autres diocèses emboitent le pas (Avignon).

La création de pôles missionnaires. Proposition exposée à Lourdes par Mgr Lebrun : abandonner le maillage territorial et créer des pôles missionnaires autour de prêtres vivant en communauté. Des équipes itinérantes composées de prêtres, religieux et laïcs mèneraient des missions d'évangélisation auprès de communautés de base animées par des laïcs.


Il faut enfin noter que la proportion des vocations destinées à la forme extraordinaire du rite romain ne cesse de croître, atteignant aujourd'hui le quart des vocations totales.

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Le 23e Téléthon aura lieu les 4 et 5 décembre. La collecte précédente, en décembre 2008, a rapporté 105 millions d'euros à son organisateur, l'Association française contre les myopathies (AFM). Rappelons les principaux griefs adressés par les catholiques :

1/ L'utilisation des embryons pour la recherche. Le Téléthon finance le premier centre français de recherches sur l'embryon humain : l'Institut I-STEM, dirigé par le Dr Marc Peschanski. Rappelons que la recherche sur les embryons humains ne vise pas guérir des embryons malades, consiste à prélever des cellules de l'embryon (que l'on détruit) pour les utiliser comme matériau de recherche.

2/ La sélection des embryons sur critères génétiques : le diagnostic pré-implantatoire (DPI), dont l'AFM est l'un des principaux promoteurs. Quand un couple est porteur d'une maladie génétique, on lui propose de faire une fécondation in vitro, puis de rechercher sur les embryons obtenus ceux qui sont porteurs de la maladie et ceux qui ne le sont pas, les bébéthons. Seul l’embryon qui n'est pas porteur de la maladie est réimplanté, ses frères et soeurs sont tués.

3/ La recherche qui utilise des fœtus avortés. Des travaux sur les maladies de Parkinson et de Huntington entraînent des greffes de cellules neurales extraites de fœtus avortés. Il faut utiliser de 3 à 10 fœtus pour un patient et il s'agit de fœtus dont les cellules neurales ne sont pas encore mortes pour que la greffe réussisse.

Ajoutons que l'AFM n'hésite pas à déclencher des procès contre ceux qui dénoncent ces pratiques moralement condamnables.

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Dans un avis, le Comité consultatif national d’éthique a ouvert la possibilité du dépistage de la trisomie 21 lors du diagnostic pré-implantatoire (DPI).

Dans un communiqué intitulé Vers une utilisation eugénique du diagnostic pré-implantatoire, le cardinal André Vingt-Trois a déclaré : « Le DPI constitue une transgression éthique grave puisqu’il vise à éliminer des embryons non-conformes. Cette transgression a été acceptée par le législateur, en l’encadrant strictement pour la seule détection de maladies génétiques d’une « particulière gravité », reconnues incurables au moment du diagnostic. Le fait d’élargir cette recherche à la trisomie 21 constitue un pas supplémentaire vers une utilisation eugénique du DPI. Rien n’empêchera de l’étendre demain à la recherche d’autres affections, voire à la satisfaction de désirs personnels. C’est un signal extrêmement négatif adressé aux personnes atteintes de la trisomie 21 et à leurs familles. Sans cacher les difficultés rencontrées par les personnes trisomiques, il faut rappeler qu’il ne s’agit pas d’une anomalie mortelle. Ne sommes-nous pas devant un refus insidieux de nos sociétés modernes de l’accueil des personnes handicapées?»

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Denis Sureau s'entretiendra avec François Huguenin,
auteur de Résister au libéralisme. Les penseurs de la communauté
dans son émission dominicale sur Lumière de l'Espérance,
a radio du dimanche de Radio courtoisie
Dimanche 15 novembre
à 12h, 16h et minuit.


Paris 95.,6 MHz - Caen 100,6 MHz - Chartres 104,5 MHz - Cherbourg 87,8 MHz -
Le Havre 101,1 MHz - Le Mans 98,8 MHz
Pour toute la France, en clair, sur le bouquet CanalSat
Pour le monde entier sur www.radiocourtoisie.net
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Le conseil du presbyterium de Lyon, instance représentative des prêtres du diocèse, invite chacun d’entre eux à donner un mois de leur salaire à une association caritative soutenant les victimes de la crise. La somme proposée est de 900 euros mais « chacun donne ce qu’il veut et ce qu’il peut ». Dans une lettre adressée aux prêtres, le conseil précise :

« Cet acte communautaire de solidarité n’appelle pas de publicité particulière, mais il ne veut pas rester secret non plus, pour qu’aux yeux des chrétiens ce geste de partage ait valeur d’encouragement. Cette proposition, faite par un jeune prêtre du diocèse, reprend pour l’essentiel une action de solidarité financière organisée par les prêtres d’un diocèse espagnol. »

Par ce geste qui se réfère notamment à l'encyclique sociale de Benoît XVI Caritas in veritate, les prêtres de Lyon veulent montrer que l'Église ne se contente pas de parler mais agit et veut inciter tous les chrétiens à agir à leur tour.

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Le retour de groupes entiers d'anglicans dans l'Église catholique romaine constitue un événement de première importance dans l'histoire de l'oecuménisme et du pontificat de Benoît XVI.

 

Bien qu'attendue depuis plusieurs mois, l'annonce de la publication d'une constitution apostolique permettant la réintégration de pans entiers issus de la Communion anglicane est un acte historique considérable. Contrairement à certains commentaires journalistiques hâtifs, le dispositif ne concerne pas seulement la Traditional Anglican Communion avec ses 400 000 fidèles et sa trentaine d'évêques, mais le mouvement Forward in Faith et tous les diocèses et paroisses anglicans intéressés, soit un potentiel de milliers de prêtres et de millions de fidèles à travers le monde. L'originalité du dispositif romain tient à la création d'ordinariats (diocèses) personnels, avec leur propre tradition et leur liturgie, à l'instar des catholiques de rit oriental. Rome n'a cependant pas cédé sur l'invalidité des ordinations anglicanes affirmée par Léon XIII en 1896 : les « prêtres » anglicans devront être ordonnés pour continuer leur ministère.

 

Pour le grand théologien anglo-catholique John Milbank, à l'origine du courant Radical Orthodoxy, cette initiative de Benoît XVI est remarquable pour quatre raisons (cf. L'Avvenire, 30/10). Premièrement, Rome reconnaît une certaine valeur à la tradition anglicane. Il est en effet prévu de conserver ce que le patrimoine liturgique et spirituel anglican a de bon. Deuxièmement, l'Eglise romaine montre qu'elle reconnaît que le catholicisme ne peut être réellement s'exprimer que dans la diversité culturelle. Troisièmement, elle accepte la possibilité d'un clergé marié comme elle le fait déjà pour les catholiques orientaux et certaines paroisses ex-anglicanes américaines. (Cependant, si les prêtres anglicans mariés pourront être admis au ministère sacerdotal dans l'Église, cette disposition ne s'appliquera ni aux évêques ni aux futurs séminaristes.) Quatrièmement, Benoît XVI prouve qu'il est aujourd'hui possible de réunir les chrétiens sous l'autorité du pape. La proposition de Benoît XVI constitue ainsi un acte oecuménique majeur dans l'histoire de l'oecuménisme catholique – un oecuménisme par le haut, qui vise l'unité de l'Église, et non « l'oecuménisme fondé sur un dialogue d'égal à égal » encore défendu par un Hans Küng (cf. Le Monde, 28/10). Les prochaines étapes annoncées sont, à court terme, la réintégration de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X et, à plus long terme, le rapprochement avec une partie de l'Orthodoxie (notamment russe).

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Suite à la multiplication des suicides à France Telecom, le Père Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France, a publié une déclaration intitulée Suicides au travail. Il s'interroge : « Qu'est donc cet économisme, faisant pression sur l'homme, au point de ne plus lui donner d'entrevoir une autre issue que de mettre fin à ses jours ? » Rappelant que le travail humain est une dimension fondamentale pour l'épanouissement et le bien commun, il ajoute : « Il est urgent que les acteurs, concernés par ce grave enjeu de société, se concertent afin d'endiguer ce désespoir devant lequel nul ne peut se résigner. Certaines pratiques managériales sont à revoir. La vie est un don et a une valeur inestimable. Une société qui ne procure plus de travail, ou qui en impose dans des conditions inacceptables, n'est plus digne d'elle-même. » Le texte du Père Podvin s'achève sur un extrait de l'encyclique Caritas in Veritate de Benoît XVI : « Des relations authentiquement humaines, d'amitié et de socialité, de solidarité et de réciprocité, peuvent également être vécues, même au sein de l'activité économique, et pas seulement en dehors d'elle ou après elle. »

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Où en est la philosophie politique en ce XXIe siècle naissant ? On trouvera une réponse riche et solidement argumentée dans le nouvel essai de François Huguenin. Il montre que le libéralisme dominant est attaqué, après l'échec du marxisme, par trois courants ou plutôt catégories de penseurs: l

1) Les philosophes communautariens qui opposent la communauté à l'individualisme libéral représenté par un John Rawls (qui fait l'objet d'une étude rigoureuse) : Sandel, Taylor, Walzer et MacIntyre.

2) Les néo-républicains qui veulent corriger la modernité, tels que Pocock, Quentin Skinner et Pettit.

3) Enfin la nouvelle théologie politique avec Hauerwas, Cavanaugh, Milbank et Pickstock. Plutôt que s'attacher à la pensée de chacun, François Huguenin montre leur apport à partir de grands thèmes: redécouvrir la communauté, revisiter l'histoire, relire la théologie et repenser le politique. Il s'emploie avec talent à déceler les failles ou à révéler la fécondité d'approches qui renouvellent en profondeur notre vision de l'homme dans la Cité. Passionnant!

 

François Huguenin

Résister au libéralisme

Les penseurs de la communauté

CNRS Editions, 256 p., 25 €

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Malgré un titre prometteur - « Annonce explicite de l'Evangile dans les établissements catholiques d'enseignement » -, le dernier texte de l'Enseignement catholique est révélateur des pesanteurs qui l'empêchent de briser l'étouffoir de sa sécularisation.


Adopté par le Comité national de l'Enseignement catholique, ce texte de quinze pages a été envoyé aux établissements scolaires qui en dépendent. Sa publication intervient après les coups de butoir provoqués par la Charte de l'enseignement catholique de Mgr Jean-Pierre Cattenoz et par l'expression d'une demande croissante des familles catholiques pratiquantes d'une école qui ne soit pas seulement le lieu de formation d'une raison rétrécie, mais un espace d'évangélisation où la raison est élargie par la foi.

Le phénomène de la multiplication d'écoles catholiques entièrement libres titille aussi les directeurs diocésains,même si certains d'entre eux leur sont discrètement favorables.

C'est dans ce contexte que survient ce document.


Le texte est avant tout révélateur d'un tiraillement, d'une tension schizophrénique entre la référence catholique et une réalité concrète, structurelle et humaine, qui s'y oppose. Écrit dans une langue de buis qui frôle parfois le charabia, il comporte des affirmations qui semblent cohérentes avec son titre : nécessité d'une « dynamique missionnaire », prise en compte de la dimension religieuse de la culture et de l'enseignement social de l'Église, présence de signes religieux visibles (chapelle, oratoire...) etc. Cependant ces propositions aussitôt contrebalancées : sous prétexte de respect de la liberté religieuse, on reste dans une « pastorale de la proposition » et de « l'invitation » pour le moins très timide, voire timorée. Le problème sous-jacent est moins celui de l'ouverture à tous les élèves imposée par la loi Debré que celui du recrutement d'éducateurs non-chrétiens. De fait « la communauté éducative n'est plus une communauté confessionnelle. » Les catholiques d'un établissement doivent prendre garde à ne pas « confondre affirmation légitime de son identité et repli identitaire ». Attention aux dangers de la messe et des célébrations : « La dimension liturgique est cependant délicate à honorer dans une communauté éducative délibérément ouverte à tous. » Plus grave encore, le document fait l'impasse sur le drame central de l'école catholique entretenue par l'Etat : l'abandon d'un véritable enseignement catholique – c'est-à-dire intrinsèquement catholique, vivant de l'harmonie entre raison et foi, conforme à la Tradition de l'Église et à son Magistère. Il reste à évangéliser l'école catholique

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C'est une idée convenue: la religion a une fâcheuse tendance à promouvoir la violence. Scrutant avec rigueur les arguments avancés (la religion divise, elle est absolutiste et irrationnelle), le théologien catholique américain William Cavanaugh démontre qu'il est impossible de séparer la violence « religieuse » de la violence « séculière ». Plus encore, l'utilisation de la catégorie de « religion » supposée transcender les siècles et les cultures est historiquement datée. Elle a été inventée pour marginaliser l'Église et imposer la domination du pouvoir séculier d'abord en Occident puis, à la faveur de la colonisation, dans le monde entier. Les Guerres de Religion, qui font l'objet d'une analyse historique passionnante, sont un autre ingrédient du mythe. Dans cet essai magistral (dont la version anglaise sort simultanément chez Oxford University Press), William Cavanaugh s'affirme comme un analyste majeur, d'une grande rigueur intellectuelle. Un livre fondamental à lire et faire lire.

 

William Cavanaugh

Le mythe de la violence religieuse

Éditions de L'Homme Nouveau,

384 p., 29 € (en librairie et sur www.hommenouveau.fr)

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Le prix Van Thuân, décerné par la fondation vaticane éponyme créée par Benoît XVI en 2007, a notamment récompensé cette année l'association Le Rocher-Oasis des Cités pour son projet du Fort de la Gavaresse. Cet ancien fort de la Marine française, situé dans la rade de Toulon, sera réhabilité pour à aider des jeunes des quartiers sensibles. Issu de la communauté de l'Emmanuel, Le Rocher est une mission d’évangélisation dans les quartiers « sensibles » des grandes zones urbaines. A la demande des évêques, des missionnaires, familles, célibataires et consacrés, sont envoyés en banlieue (Bondy – en Seine-Saint-Denis -, Lyon, Marseille, Toulon...). Ces missionnaires sont d’abord une présence chrétienne dans les quartiers, en habitant en HLM au cœur de la cité et en vivant leur foi (adoration, louange et eucharistie quotidiennes) à proximité de leur paroisse. Ils sont formés et les responsables diplômés pour le travail social. Dans chaque quartier, ils créent une association dont l’objectif est l’éducation des jeunes et le soutien éducatif des familles de la cité. Par leur vie fraternelle, leur service paroissial, l’organisation de temps forts fraternels et le dialogue interreligieux, ils veulent contribuer à redonner l'espérance.

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Dans une lettre adressée aux présidents des conférences épiscopales, la Congrégation pour l'éducation catholique réaffirme l'identité de l'école catholique. Elle commence par rappeler que « l'œuvre éducatrice, bien qu’accomplie par plusieurs acteurs, repose sur les parents comme premiers responsables de l’éducation » et que « cette responsabilité implique le droit de choisir une école qui garantisse une éducation conforme aux propres principes religieux et moraux. » L'école catholique doit être... catholique « est une véritable réalité d'Eglise, dans laquelle se fondent harmonieusement la foi, la culture et la vie. » En tant qu'expression de la communauté ecclésiale, « sa catholicité est garantie par les autorités compétentes », à savoir l'évêque diocésain. Le document romain précise également : « l’enseignement de la religion est une caractéristique essentielle du projet éducatif et on ne peut y renoncer. L’enseignement de la religion est différent et complémentaire de la catéchèse, car il s’agit d’un enseignement scolaire, qui ne réclame pas une adhésion de foi, mais transmet des connaissances sur ce qu'est le christianisme et la vie chrétienne. » Rome met aussi en garde contre un enseignement religieux se limitant à comparer les religions sous prétexte de « neutralité ».

 

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Ancien membre d'Action directe, condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité (en particulier pour avoir participé au meurtre de deux policiers lors d'un braquage en 1983), Régis Schleicher vient d'être embauché dans une antenne d'Habitat & Humanisme à Rillieux-la-Pape (près de Lyon). C'est le P. Bernard Devert, fondateur de ce mouvement de logement social, qui l'a recruté comme technicien administratif ans le cadre d'un régime de semi-liberté probatoire : âgé de 52 ans, l'ancien terroriste rejoint la prison de Lyon-Corbas la nuit et les week-ends. Souhaitant anticiper les critiques – notamment des donateurs d'Habitat & Humanisme - , le P. Bernard Devert s'est expliqué, notamment dans un entretien publié par La Croix (17/9) : «  Accueillir Régis Schleicher, ce n'est pas cautionner ou justifier ce qu'il a fait mais défaire un nœud de violence pour lui permettre d'entrevoir une autre réalité. J'ai voulu donner une marque de confiance à cet homme qui reconnaît sa responsabilité et ses fautes. Il tente véritablement de se racheter ..."

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