Dimanche 13 janvier, dans son émission mensuelle sur Lumière de l'Espérance, la radio du dimanche de Radio Courtoisie, Denis Sureau s'entretiendra de la tentation catholique des écrivains français d'aujourd'hui avec les romanciers Christophe Mory et Patrick Tudoret.
De 12h à 13h30. Rediffusion à 16h et minuit.
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L’association lyonnaise Economie et Humanisme (200 membres, 7 salariés) a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Lyon. C’est une institution symbolique du progressisme catholique qui disparaît (sur son histoire, cf. Hugues Puel, Economie et Humanisme dans le mouvement de la modernité, Cerf, 2004).

Elle avait été fondée par Louis-Joseph Lebret (1897-1966), lieutenant de vaisseau devenu dominicain, expert du sous-développement fasciné par l’œuvre de Karl Marx. Il y  puisa abondamment tout en récusant le concept de lutte des classes. Née pendant la seconde guerre, l’association a connu la même évolution que d’autres mouvements chrétiens (telle la Cftc devenue Cfdt) : d’un catholicisme social  de reconquête catholique au ralliement à la modernité (assaisonnée d’un certain « spiritualisme ») en suivant un processus continu de sécularisation de son esprit et de ses méthodes (marquées par le rationalisme et le positivisme). Economie et Humanisme, parti de l’élaboration d’une « économie humaine », n’était devenu qu’un centre de recherches parmi d’autres.
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Dans un dossier sur le retour de Marx, le magazine Challenges (n°103) a publié un article intéressant sur la coopérative basque Fagor-Brandt, omettant toutefois de préciser qu’elle s’inspire non du penseur communiste mais directement de la doctrine sociale de l’Eglise. Cette filiale du groupe Mondragon (présenté dans Chrétiens dans la Cité n°191) fonctionne en dehors des normes capitalistes courantes. Son pdg déclare : « Dans notre société, l’objectif n’est pas de maximiser les profits. Nous ne raisonnons pas en rentabilité des capitaux investis. Une marge nette de 1 ou 2% nous suffit. » Les actionnaires sont les travailleurs, les socios, qui ont souscrit 12500 € pour entrer leur capital et prendre les décisions selon le principe un homme, une voix. L’écart des salaires va de 1 à 7,5 maximum. Un conseil recteur, équivalent du conseil d’administration, est élu tous les quatre ans, contrôlé lui-même par un conseil social. Le pdg précise : « Cela n’a rien à voir avec vos syndicats. Ici, lorsque les gens revendiquent, c’est auprès d’eux-mêmes ! » La paie dépend des résultats : les ouvriers ne touchent pas un « salaire » mais une « avance sur résultat ». Dans la pratique, ces avances n’ont pas été remboursées lorsque les années furent moins fastes, mais les socios acceptent de se serrerla ceinture. En 2005, Fagor est parvenu à absorber Brandt, numéro un français de l’électroménager. Non sans des difficultés qui ont entraîné un plan social. Les socios ne pouvant être licenciés, certains ont été mutés dans les autres coopératives du groupe Mondragon (qui en compte 115) et 170 intérimaires pourraient être remerciés.

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Un groupe informel de professeurs, consultants et professionnels à travers le monde vient de créer un Laboratoire international de recherche en vue du progrès de la spiritualité dans la pratique des affaires et les entreprises. Un site internet bilingue sert de plate-forme d'échange : http://spiritualityinbusiness.perso.cegetel.net. Il constitue une base de données sur les questions de la foi et du travail et propose de nombreux liens. Ce programme est mené en lien avec l’Université de la mystique, à Avila, en Espagne. Le cadre intellectuel du laboratoire est en effet la théologie mystique carmélitaine, quoique de manière non exclusive. Il entend « favoriser le progrès spirituel des laïcs dans le cadre du travail », « faire avancer la réflexion sur le management dans le cadre de la théologie mystique catholique et de la doctrine sociale de l’Église » et « mettre à disposition des Pères carmes d’Avila une base de connaissances et d’intervenants éventuels pour l’usage de leur Université de la Mystique (Master en Mystique, séminaire d’entrepreneurs de 2008 à Avila…). » Le laboratoire sera présidé par Denise Maass, coordonné par l’éditeur Guillaume de Lacoste Lareymondie, et aura pour conseiller le P. Ciro Garcia, ocd. Un séminaire de recherche sera organisé le 5 avril 2008 à l’École cathédrale sur le thème Le message du Carmel pour les entreprises.

 

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Dans un document intitulé « Eduquer ensemble dans l'école catholique. Mission partagée par les personnes consacrées et les fidèles laïcs », la Congrégation pour l’éducation catholique insiste sur l’identité chrétienne des éducateurs et des établissements. Un message adressé aux 250 000 établissements scolaires catholiques fréquentés par 42 millions d'élèves, recevant l’enseignement dispensé par 3,5 millions de professeurs

Lors de la présentation du texte à la presse, le cardinal Zenon Grocholewski a constaté « un profond malaise dans le monde de l'école, surtout en Occident ». Les professeurs « sont démotivés et frustrés dans leur tâche éducative. Parmi les signes très préoccupants, il y a l’augmentation de la violence dans les écoles, et parmi les adolescents, ainsi que la difficulté des familles à participer activement à la communauté d’éducation scolaire qui, il faut le rappeler, sont les premières responsables de l’éducation des enfants. On assiste en outre à la perte du sens de l’éducation, en lien étroit avec la perte des valeurs, surtout de celles qui soutiennent les choix de vie, la famille, le travail, les choix moraux. De cette façon, l’éducation souffre elle aussi des maux qui affligent nos sociétés : le subjectivisme diffus, le relativisme moral et le nihilisme ».

Ce constat étant dressé, le document souligne que « le projet de l'école catholique est convaincant seulement s'il est réalisé par des personnes profondément motivées », qui « se reconnaissent dans l'adhésion personnelle et communautaire au Seigneur ». Il indique que la formation professionnelle des enseignants doit être complétée par « un parcours approprié de formation théologique ». C’est précisément parce qu’aujourd’hui élèves et enseignants viennent de plus en plus souvent de « contextes culturels et religieux différents » que les religieux et laïcs catholiques qui composent la communauté éducative doivent renforcer leur collaboration pour offrir un « témoignage de foi » avec un « témoignage de vie » cohérent. Car « l’école catholique se présente comme un levain chrétien dans le monde ».

Le projet romain de rechristianisation de l’école catholique, s’il va bien dans le sens du combat de Mgr Jean-Pierre Cattenoz, se révèle assez décalé par rapport au discours des instances officielles et à la réalité française, où tant les élèves que les enseignants chrétiens ne sont plus qu’une infime minorité.

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La campagne du Téléthon 2007, on le sait, est pilotée depuis Metz. Un fort engagement des médias à la cause qu’il défend a fait que le Téléthon est devenu, depuis sa première édition en 1987, une grande opération nationale de solidarité destinée à financer les recherches susceptibles de guérir les myopathies. L’Association Française contre les Myopathies (AFM), créée en 1958, favorise et soutient, grâce aux fonds recueillis à l’occasion du Téléthon, des recherches destinées à découvrir l’origine des maladies neuromusculaires et plus largement des maladies d’origine génétique, et à développer des thérapies classiques ou plus innovantes comme la thérapie génique ou la thérapie cellulaire.

Mais, en même temps, une partie des fonds de la collecte du Téléthon – un peu moins de 2% - est affectée à la recherche sur les embryons. Certes, je me réjouis de ce que la solidarité nationale finance des recherches concernant la santé – encore que celles-ci pourraient être financées par les seuls fonds publics –, mais je ne puis être d’accord avec le financement de recherches, si minimes soient-elles, en contradiction manifeste avec l’éthique, même dans un cadre strictement défini par la Loi : le légal en effet n’est pas forcément moral.

L’embryon humain n’est jamais un objet utilisable au gré d’intérêts divers, même si, parmi ces intérêts, il y a la guérison possible de maladies graves. Par conséquent, tant que l’on n’offrira pas aux donateurs la possibilité de s’opposer à l’affectation éventuelle de leurs dons à la recherche sur les embryons, il m’est impossible de soutenir la campagne du Téléthon.

+fr. Pierre RAFFIN, o.p. évêque de Metz

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Le refus de l’Association (française) des Guides et Scouts d’Europe d’appliquer le motu proprio Summorum Pontificum a déclenché une crise qui dépasse le mouvement.
Tout commence à Toulon lorsque l’abbé Fabrice Loiseau, curé de Saint-François-de-Paule, paroisse personnelle pratiquant la messe du Bhx Jean XXIII, demande aux Scouts d’Europe la création d’une meute. Après un accord donné par le commissaire de district suivi d’un refus du commissaire général Jean-Michel Permingeat, le conseil d’administration de l’AGSE (Association des Guides et Scouts d’Europe) publiait le 9 octobre une « mise à jour » imposant exclusivement la forme ordinaire du rite romain (messe de Paul VI) et précisant que les unités du mouvement devaient être accompagnées par des conseillers religieux (aumôniers) célébrant habituellement selon cette forme.
Cette décision a été aussitôt qualifiée sans valeur canonique par un groupe de conseillers religieux des Scouts d’Europe qui relevaient notamment que le conseil d’administration de l’AGSE n’avait pas la compétence pour prendre « des dispositions légales concernant le droit interne de l’Eglise ». L’AGSE affirme avoir le soutien de Mgr Benoît Rivière, président du conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes. Sa position s’inscrit sans doute dans le processus de reconnaissance par l’épiscopat français. Elle peut être aussi interprétée comme un contre-feu opposé par une partie des évêques français hostiles au motu proprio. Mais au moins deux évêques ont exprimé leur vigoureuse désapprobation et l’un d’entre eux envisagerait même de porter le dossier à Rome. A l’intérieur des Scouts d’Europe, où les positions de l’état-major ne font pas l’unanimité (lors de la dernière assemblée générale, plus de 30% des votants auraient refusé le rapport moral) la crise s’accentue, comme s’aggravent les tensions entre l’AGSE et l’Union internationale des Guides et Scouts d’Europe (UIGSE), plus souple en matière de liturgie, révélées dans l’article documenté publié par Philippe Maxence dans L’Homme Nouveau (n°1407). Le journaliste, spécialiste du scoutisme (auteur de la biographie de référence sur Baden Powell), révèle aussi que l’AGSE se rapprocherait des Guides et Scouts de France en vue de créer, avec les Scouts unitaires de France, une fédération du scoutisme catholique.
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La puissante organisation de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch, vient d’ouvrir un bureau à Paris. Si son siège se trouve à New York, l’association a aussi des bureaux à Berlin, Bruxelles, Genève, Londres et s’active dans plus de 70 pays. Le nouveau bureau de Paris sera dirigé par Jean-Marie Fardeau, ancien secrétaire général du Ccfd (Comité catholique contre la faim et pour le développement).  Or HRW milite pour « le droit à l'avortement » et a dernièrement déclaré : « Les gouvernements devraient prendre toutes les mesures nécessaires, à la fois immédiates et progressives, pour veiller à ce que les femmes soient informées et aient libre accès à des services d'avortements légaux et sûrs afin qu'elles puissent exercer leurs droits de reproduction et autres droits humains ».

Le comité de soutien de HRW Paris présidé par Jean-Louis Servan-Schreiber comprend des personnalités telles que Robert Badinter, Claude Bébéar, Tahar Ben Jelloun, Marc de Lacharrière, David de Rothschild, Françoise Gaspard, Costa Gavras, Patrick Le Lay ou Christine Ockrent.

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La Cftc lance cette pétition pour défendre le repos dominical:

Les signataires, de la présente pétition, estiment que le repos dominical, audelà du temps de repos, juste et nécessaire, est un élément fondamental de la vie familiale, sportive, culturelle, associative, voire spirituelle. Il permet également de préserver les marchés traditionnels et le commerce de proximité qui seront écrasés par l'ouverture des grandes surfaces le dimanche.

C'est cet équilibre que nous voulons maintenir.
Celui de la France des bénévoles, des balades en forêts, des rires en famille, des parties de rugby entre copains, de la diversité des couleurs et des senteurs sur les marchés, du verre de blanc sur le comptoir, des premiers émois au cinéma, des chorales lyriques ou jazzy.
Face à l'hexagone des tenants d'un monde transformé en une immense galerie marchande aseptisée, où la culture est en tête de gondole, la nourriture en fast-food, la pensée code barrée, le salarié aux horaires décalés, la caissière sous-payée, la famille explosée.

C'est sur une certaine idée de la France au travail
que nous nous prononçons !

Vous pouvez signer la pétion en ligne sur : www.cftc-paris.com
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Il s‘appelle Basile. Karine, sa maman, l’a obtenu par insémination artificielle en Belgique, il y a trois ans. Elle est homosexuelle et vit avec Elodie. Cette dernière revendique d’être considérée comme le père du garçon : elle a demandé à sa caisse d’assurance maladie de bénéficier du droit au congé de paternité. Requête refusée. Puis le tribunal des affaires de sécurité sociale de Nantes a rejeté son recours en précisant que le terme de paternité concernait « le père en tant que personne sexuée masculin avec un lien de filiation avec l'enfant ». L’affaire sera jugée en appel à Rennes le 5 décembre. Mais entre temps, le président de la Halde est venu à leur secours en demandant au Premier ministre de « substituer à la notion de congé paternité fondée sur le lien de filiation un congé d'accueil du jeune enfant », congé ouvert au partenaire de tout sexe.

Créée en 2005 par Jacques Chirac, la Halde est la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité. Elle est dirigée par Louis Schweitzer, ex pdg de Renault et ancien directeur du cabinet de Fabius, et composée de membres tels que - parmi les recrues les plus récentes - Sihem Abchi, nouvelle présidente de l'association « Ni putes ni soumises » (la précédente étant au Gouvernement) et de Marie-France Picart, ancienne Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France. M. Schweitzer a une haute idée de sa mission. Ainsi, en mars dernier, un journaliste de Valeurs actuelles (n° 3666) lui avait posé cette question : « si je postule pour être journaliste pour Famille chrétienne, on n’a pas le droit de me demander d’être catholique ? » Réponse : « En France, non. » C’est clair…et inquiétant.

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Selon les derniers chiffres, l’Union Nationale des Associations Familiales (Unaf) a perdu 9000 adhérents en 2006. Depuis 1994, 166 000 familles ont quitté ses associations membres.

Les Associations Familiales Catholiques ne comptent plus que 28 000 familles adhérentes (soit10 000 de moins qu’il y a dix ans), la Confédération Syndicale des Familles 30 000, et Familles de France 69 000 (contre 108 000 en 2000). Les Associations Familiales Rurales s’en tirent mieux avec leurs 154 000 familles attirées par les services nombreux qu’elles gèrent à la campagne.

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Novembre 1995 : une grand-mère anglaise, Veronica Williams, touchée par les problèmes auxquels sont confrontés les enfants, appelle des mères de famille à se réunir pour prier ensemble. C'est ainsi qu'est née la Prière des Mères, aujourd’hui répandue dans plus de 85 pays à travers le monde. Son principe est très simple : deux mères suffisent pour constituer un groupe de prière. Les réunions sont hebdomadaires et discrètes. Les participants peuvent partager leurs peines ou angoisses, avant de les porter dans la prière, en communion avec les autres mères à travers le monde. Un livret traduit en 25 langues sert de support et de lien. La coordonnatrice pour la France (480 groupes recensés) est Caroline de Boisbaudry, une mère de cinq enfants qui a connu le mouvement en Grande-Bretagne lorsqu’elle y résidait.

69 boulevard Lannes, 75116 Paris.   

Tél. : 01 45 04 03 82   

www.prieredesmeres.com

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L'archevêque d’Avignon n’a décidément pas fini d’agacer ses confrères. « Il faut absolument dégraisser le mammouth de l'enseignement catholique », déclare Mgr Jean-Pierre Cattenoz dans le Monde de l'Education (sept.-oct.). « Victime de son succès, l'enseignement catholique a perdu son caractère propre », ajoute-t-il dans un entretien publié dans Pèlerin (6/9). « Les chefs d'établissement (...) contrôlent de plus en plus difficilement l'embauche des professeurs. Ceux que les académies nous envoient ne sont pas toujours correctement formés aux missions d'enseignement. En outre, nombre de directeurs reconnaissent eux-mêmes n'être pas croyants ou pratiquants », constate-t-il. Résultat : « par esprit de consensus, les projets éducatifs des établissements se limitent en général au plus petit dénominateur commun: la transmission de valeurs comme le partage ou la tolérance ».

Le constat une nouvelle fois dressé, Mgr Cattenoz ne cesse d’affirmer que « le Christ doit être au centre de l'enseignement catholique ». Il propose « de renégocier avec l'Etat une forme de contrat plus souple, afin de laisser aux chefs de ces établissements plus de latitude dans le recrutement du personnel enseignant ». Il suggère aussi que « les diocèses puissent accueillir des établissements où la proposition de foi soit plus poussée ». Peut-être pense-t-il aux écoles entièrement libres qui se ne cessent de se multiplier : une trentaine de nouveaux établissements ont été ouverts à la rentrée, en même temps que l’Institut libre de formation des maîtres, destiné à former des instituteurs pour les 450 écoles hors contrat. L’ampleur du phénomène conduit aujourd’hui certains directeurs diocésains à adopter une attitude plus ouverte vis-à-vis de ces objets scolaires non identifiés.

La vigueur des analyses de Mgr Cattenoz tranche sur le discours habituel des responsables nationaux de l’Enseignement catholique et de la Conférence des évêques de France (qui, selon Mgr Cattenoz, fait « fausse route »). Eric de Labarre, le nouveau secrétaire général de l’Enseignement catholique, explique notamment que « les enseignants sont tenus de partager les objectifs du projet d’établissement, pas des convictions religieuses » ou que « la catéchèse suppose une liberté de choix et ne peut donc être imposée » (La Croix, 29/8). Et encore : « Il serait suicidaire que l’Enseignement catholique cherche à imposer en son sein ce à quoi il croit, car ce faisant, il contredirait un de ses fondements essentiels. » (Famille chrétienne, 8/9)
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Le deuxième groupe bancaire suisse, le Crédit suisse, a lancé deux fonds d'investissement basé sur les principes religieux, l’un chrétien (Christian Values) et l’autre (Al-Buraq) islamique, conforme à la charia. Premier du genre en Suisse, le fond chrétien investit dans des titres à partir de critères d’exclusion – violation du droit à la vie et des autres droits de l’homme, armes, pornographie, alcool, non-respect de la protection de l’environnement… - et de critères de sélection : préservation de la dignité humaine, respect culturel et religieux, promotion de la famille, responsabilité écologique et sociale, solidarité, conduite morale etc. Philippe Röh, gestionnaire du portefeuille, déclare : « Nous proposons un concept de placement innovant, basé sur des principes d’éthique chrétienne, dont la conformité éthique est contrôlée régulièrement par des instances indépendantes. »

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DANS LE PREMIER TIERS DU XXe SIECLE, de nombreux intellectuels français s’étaient convertis au catholicisme (voir le livre de Frédéric Gugelot, « La conversion des intellectuels au catholicisme en France, 1885-1935 », Cnrs éditions, 1998). Un tel phénomène est-il susceptible de se reproduire aujourd’hui ? Dans un article publié dans « Valeurs actuelles » (n°3686, 20/7), Laurent Dandrieu remarque : « sans se concerter, sans même se connaître pour la plupart, chacun de leur côté, plusieurs intellectuels, ces dernières années, ont effectué un chemin ou un retour, intime ou tonitruant, véritable conversion ou simple réveil, vers la foi catholique. Plus significatif encore, au lieu de garder cela pour eux, ils ont décidé d’ignorer ce que cette évolution aurait pu leur valoir de railleries, de haussements d’épaules, d’accusations de passéisme et de ringardise, et de revendiquer publiquement leur identité de catholiques. »

QUI SONT-ILS, CES « INTELLOS TENTES PAR LA FOI » ? A l’image de René Girard, considéré dans le monde entier comme le plus grand penseur français vivant, ils se souvent converti à l’issue d’un itinéraire intellectuel les détachant progressivement de la « modernité». Max Gallo, socialiste souverainiste, allie sur un mode assez « péguyste » conversion personnelle et réaffirmation des racines chrétiennes de la France. Très médiatique, l’essayiste Jean-Claude Guillebaud a écrit « Comment je suis redevenu chrétien » (Albin Michel), un livre qui remporte un grand succès. Homme de gauche, éditeur au Seuil, grand reporter, il repousse aujourd’hui un certain nombre d’idoles actuelles sans pour autant professer encore une foi véritable. Ancien maoïste, disciple de Lacan et de Bataille, le philosophe Bernard Sichère publie un livre au titre explicite : « Catholique » (DDB).

CITONS ENCORE LE CORREZIEN DENIS TILLINAC qui, dans « Le Dieu de nos pères » (Bayard), prend vigoureusement la défense du catholicisme. Ou encore le romancier et essayiste François Taillandier. Maurice G. Dantec, punk converti, Léon Bloy post-moderne, dénonciateur déjanté du nihilisme de la vieille Europe, voit en Benoît XVI le « signe divin » du retour d’une « Eglise plus pugnace, beaucoup plus ancrée sur ses traditions scolastiques, patristiques, théologiques ». Disparu en 2006, Philippe Murray, se réclamait du « Dieu du catéchisme de (son) enfance » et vitupérait les errements contemporains. Laurent Dandrieu remarque : « Ce n’est pas une lame de fond, ni même une déferlante, tout de même un courant qui, aussi informel soit-il, intrigue. »

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La lettre des chrétiens actifs

Chrétiens dans la Cité
 
Ce bloc-notes n'est que la vitrine de Chrétiens dans la Cité, lettre d'information "papier" ouverte à toutes les initiatives politiques, sociales et économiques. Economie solidaire, théologie politique, nouvelle évangélisation, défense de la vie, école missionnaire, projets des communautés chrétiennes, doctrine sociale de l'Eglise: les chrétiens sont sur tous les fronts. Concise (4 pages), facile à lire, sans bavardages, parce que vous n'avez pas le temps de tout lire, mais vous voulez connaître l'essentiel.


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Qui sommes-nous ?

Chrétiens dans la Cité n'est pas une association mais une lettre d'information indépendante dirigée par Denis Sureau, 51 ans, qui édite également la revue mensuelle Transmettre pour l'évangélisation de l'enfance. Il est aussi président des Editions de L'Homme Nouveau. Philosophe de formation, il a notamment publié Retour à la politique (DMM, 1995), Petite somme politique, anthologie de textes politiques de saint Thomas d'Aquin (Téqui, 1997) et Prières devant le Saint Sacrement, traduction et commentaire des prières de saint Thomas d'Aquin (Ed. de L'Emmanuel, 2002). Ces dernières années, il contribue à faire connaître la nouvelle génération de penseurs chrétiens anglo-saxons, qu'il présente dans son livre Pour une nouvelle théologie politique (Parole et Silence, 2008). Il a assuré la direction éditoriale des livres de William Cavanaugh Etre consommé (Ed. de L'Homme Nouveau, 2007) et Le Mythe de la violence religieuse (Ed. de L'Homme Nouveau, 2009).
Curriculum vitae détaillé

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La nouvelle théopolitique


Denis Sureau
Pour une nouvelle théologie politique
Parole et Silence, 174 p., 17 €
Pour commander en ligne (à partir du site Transmettre)

Une nouvelle génération de théologiens se lève dans le monde anglo-saxon. Ils ont entre 30 et 50 ans et de l'énergie à revendre. Catholiques, anglicans, ou protestants, ils bouleversent les vieux clivages, remettent en cause les catégories installées. Disciples de saint Augustin et de Henri de Lubac, marqués par l'enseignement d'Alasdair MacIntyre et de Stanley Hauerwas, ils plaident pour le retour à une théologie libérée de tout complexe d'infériorité.

Penseurs de la Cité de Dieu présente dans la cité des hommes, les nouveaux théologiens refusent la « captivité politique de l'Église » et la mondialisation libérale. Produit d'une raison séculière et donc rétrécie, la modernité fondée sur la violence s'achève dans le nihilisme. S'employant à déconstruire le mythe de l'État moderne salvateur, ils lui opposent l'Église, véritable communauté de référence et de résistance. Puisant dans ses ressources - notamment liturgiques -, elle peut restaurer une amitié politique fondée sur la participation au Christ.

Thomisme subversif, anarchisme eucharistique, aristotélisme révolutionnaire, orthodoxie radicale, augustinisme postmoderne, théologie postlibérale : au-delà du choc des mots, la théologie politique du XXIe siècle est née.

Revue de presse

Caritas in veritate

Denis Sureau a publié un commentaire de la grande encyclique sociale de Benoît XVI
Caritas in veritate



Préface de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne.
192 pages - 6,50 €




 

For a New Theopolitics

A new generation of theologians is emerging in the anglo-saxon world. Catholics, Anglo-catholics or Methodists, they develop an alternative which rejects all celebrations of the secular reason. This book explores the origin and the themes of post-liberal political theology and presents fifteen scholars who bring fresh perspectives. From the « post-modern critical Augustinianism » of the Radical Orthodoxy project to the Communio circles or Ressourcement thomism, a new political theology is yet born.

Denis Sureau is the author of essays about Thomas Aquinas and politics. He is Editor-in-Chief of the French catholic Editions de L'Homme Nouveau.

Book summary

Introduction

Chapter I - The political theologies of the twentieth century

The Schmitt-Peterson debate

Action Française and Neo-Thomisms

From "Political Theology" to "Liberation Theology"

Henri de Lubac at the turn of contemporary theology

Chapter 2 - The Church as Communion: After Vatican II

David Schindler or how to be American, anti-liberal, and theologian of communion

Tracey Rowland or postmodern Augustinian Thomism

Aidan Nichols or the revival of Christianity

Chapter 3 - Morality: the wind rises

Alasdair MacIntyre or revolutionary Aristotelianism

Stanley Hauerwas or the Kingdom of Peace

John Porter or natural law rediscovered

Therese Lysaught or the search for a Christian bioethics

Chapter 4 - Radical Orthodoxy: the Cambridge revolution

John Milbank or beyond secular reason

Catherine Pickstock or how an Anglican theologian rethinks the truth about the Mass.

Chapter 5 - Exercises of theopolitical imagination

John Howard Yoder or the politics of Jesus

Oliver O'Donovan or the Biblical roots of politics

William Cavanaugh or Eucharistic anarchy

Emmanuel Katongole or the new African theopolitics

Stephen Long or theological critique of capitalism

Daniel Bell or to think of God in the city after the end of history

      Appendix: European Cousins

 
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