Annoncé de longue date et convoqué le 5 juin pour une première réunion à Matignon, le Haut conseil de la famille a été créé pour « évaluer les évolutions sociales, économiques et démographiques » et mener « les réflexions nécessaires dans le cadre du financement de la branche famille de la sécurité sociale et de son équilibre financier ».


Au terme d'une gestation de deux années, le Haut conseil de la famille remplace la Conférence annuelle de la famille et le Haut conseil de la population et de la famille. Il est présidé par Bertrand Fragonard, président du Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie. Cependant sa légitimité est déjà contestée en raison de sa composition. Après l'avoir critiquée, le Medef et la Cnaf ont finalement accepté d'être présents, mais sans grande conviction. Quatre syndicats (Cftc, Cgc, Cgt, Fo) refusent quant à eux d'y participer, s'opposant à ce que l'Unaf et ses affiliés aient le même nombre de sièges que les partenaires sociaux. Pascale Coton, secrétaire générale adjointe de la Cftc, explique cette position : « La légitimité à s'exprimer sur le rapport entre vie professionnelle et vie familiale appartient aux partenaires sociaux, représentants élus des travailleurs. Ces travailleurs étant les vrais financeurs de la branche famille de la Sécurité Sociale. Pour preuve, le premier thème de travail de ce Haut conseil : les congés parentaux. Comment l'Unaf qui n'a aucun lien avec l'univers de l'entreprise peut-elle s'exprimer sur ce sujet en pouvant réellement tenir compte de tous les paramètres inhérents au monde du travail ? »De son côté, l'Union des familles en Europe a formé un recours contentieux devant le Conseil d'État contre le monopole accordé à l'Unaf et aux associations familiales qu'elle contrôle. L'Ufe s'étonne : « Pourquoi n'y a-t-il dans ce conseil que des membres de cette instance ? Parce qu'une ordonnance de 1945, reprenant un décret-loi de 1942, confie à un organisme unique, l'Unaf, le monopole de la représentation des familles auprès des pouvoirs publics. Un peu comme si l'ensemble des salariés ne pouvait être représenté que par un syndicat unique. » Dans ses rapports 2004 et 2005, la Cour des Comptes avait mis en doute la représentativité de l'Unaf, cet interlocuteur choisi par l'Etat et grassement entretenu par lui (25 millions d'euros par an). De ce fait, affirme l'Ufe, « l'Unaf mène une politique très complaisante à l'égard des pouvoirs publics ».


Lors de la première réunion du Haut Conseil - passée presque inaperçue -, le « dossier prioritaire » qui a été retenu est celui de « la refondation des congés parentaux », dans la perspective évoquée par Nicolas Sarkozy en février: limiter l'« immense gâchis » que serait l'absence des femmes du marché du travail. Pistes avancées : en réduire la durée (actuellement jusqu'à trois ans) et inciter les papas à le prendre - voire même de les contraindre à y avoir recours, comme dans certains pays du Nord. Le Haut conseil devra trouver mieux pour acquérir sa légitimité.

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Certains publient des déclarations sur la crise. D'autres agissent. C'est le cas de l'épiscopat italien, qui vient de lancer une vaste opération de soutien financier aux familles touchées par la crise.


L'opération Le prêt de l'espérance menée avec le soutien de l'Association des banques italiennes (ABI) vise à accorder un prêt de 500 euros par mois, sur une période maximum de deux ans, aux familles de trois enfants au moins (ou avec un enfant handicapé) momentanément sans revenus (les concubins ne sont pas concernés). Prêt remboursable sur maximum cinq ans, lorsqu'un des parents aura retrouvé un travail. Le taux proposé (4,5 %) est moitié moins élevé que celui pratiqué par les banques de la péninsule. Le dimanche de la Pentecôte, une quête exceptionnelle sera organisée lors des messes afin de constituer un fonds de départ de 30 millions d'euros. De quoi permettre à l'ABI de proposer à 20 000 ou 30 000 aux familles pauvres la somme de 180 millions d'euros sur trois ans. Pour en bénéficier, elles doivent contacter leur paroisse ou l'antenne locale de la Caritas (l'équivalent du Secours catholique) qui les orienteront vers les banques participant à l'opération (Unicredit, Intesa San Paolo, Monte Paschi di Siena etc.). Réponse sera donnée dans un délai inférieur à trois semaines.


En présentant l'opération, le cardinal Bagnasco, président de la conférence épiscopale italienne, a déclaré qu'elle s'inscrit dans la tradition « des pratiques anciennes dont l'exemple le plus significatif est celui de saint Paul qui organisait la collecte pour les pauvres de Jérusalem ». L'expérience est cependant exemplaire, car elle témoigne de la capacité de l'Église à se déployer dans la cité comme le corps social alternatif qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être. Au lieu d'en appeler à l'Etat et de réclamer un surcroit d'intervention technocratique (sur le mode social-démocrate), elle se révèle comme disposant de la capacité d'agir directement contre la misère et pour la famille. Plutôt que de renforcer l'Etat de l'assistance – pour reprendre l'expression qu'utilisait

Jean Paul II –, l'Église italienne se présente comme un espace pleinement social, ouvert tant aux catholiques qu'à ceux qui ne le sont pas (il n'est pas demandé aux familles sollicitant un prêt une attestation de catholicité), répondant concrètement à un besoin concret. Un exemple à méditer...et à suivre.

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Le procédé est rodé, la technique parfaitement au point. On l'enseigne dans les stages de marketing direct. Vous recevez un courrier facile à lire: gros caractères et grands sentiments. Sur quatre pages, le même argument revient en boucle, tous les trois paragraphes. Au cas où vous ne l'auriez pas compris une première fois, on vous le sert à nouveau, on le rabâche. Vous êtes séduit, vous êtes conquis : c'est exactement ce que vous pensez. Horreur de l'avortement, débâcle de l'Education nationale, scandale des pédophiles relâchés dans la nature, ruine des retraites, oppression fiscale... Les motifs d'indignation ne manquent pas. Comment un homme de bonne volonté pourrait rester insensible ? Oui, il faut réagir, et vite! Mais que faire?

Or on vous propose immédiatement la solution: signer la pétition qui va secouer les pouvoirs publics, participer au grand « référendum » qui va enfin faire bouger les choses. Et puis surtout, pour multiplier les signatures, toucher la grande masse, il faut envoyer de l'argent, le nerf de la guerre. C'est tout simple: il suffit de cocher « OUI, je m'associe à votre action... », de retourner le « Bon de soutien » avec votre chèque (la maison accepte aussi la carte bleue).

Aux Etats-Unis, cela s'appelle du fund raising, en France de la collecte de fonds. La méthode n'est pas blâmable en elle-même lorsqu'elle est utilisée pour des oeuvres qui agissent concrètement. Par exemple, dans son dernier rapport, la Cour des Comptes a donné une appréciation très positive à la Fondation d'Auteuil, pour la bonne gestion des 93 millions d'euros collectés chaque année. Mais il en va tout différemment pour ces associations apparues ces dernières années à l'origine douteuse, au fonctionnement opaque et à l'utilité incertaine. Prenez garde aux pièges à gogo, « pompes à fric » et « racket de vieilles dames »: avant de donner, réfléchissez !

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A l'heure où la crise financière mondiale bouleverse les fausses certitudes constitutives d'une « mondialisation heureuse » fondée sur le capitalisme,   les analyses économiques et politiques du grand écrivain britannique G.K. Chesterton invitent à renouveler notre regard. Publiées à la veille de la première grande crise – celle de 1929 -, et traduites pour la première fois, elles dénoncent la dévastation de la nature, la perversité de la grande distribution, les illusions de la technique et « la tyrannie des trusts ». Tout cela au nom du distributisme, propre aux catholiques sociaux anglais, proposant « de distribuer les grandes fortunes et les grandes propriétés » sans tomber l'écueil du socialisme étatiste. « Une société de capitalistes ne contient pas trop de capitalistes, mais trop peu...». Évidemment, même lorsqu'il se fait l'écho de telles thèses, Chesterton demeure Chesterton: non un austère théoricien multipliant les démonstrations rigoureuses mais un prosateur à l'infatigable humour, jonglant avec les vérités paradoxales jusqu'à plus soif.

 

 

Gilbert Keith Chesterton

Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste

Éditions de L'Homme Nouveau, 240 p., 22 € www.hommenouveau.fr

 

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Les éditions Ad Solem viennent de publier Torture et eucharistie, le premier livre du théologien (laïc) américain William Cavanaugh, dont la traduction était attendue depuis de nombreuses années. Ce livre étonnant (issu d'une thèse de théologie) part de l'analyse détaillée de la pratique de la torture sous le Chili de Pinochet comme illustration de la mai nmise de l'Etat moderne sur les « corps », abandonnés depuis plusieurs siècles par une Église  confinée à n'avoir au mieux que le « soin des âmes ». Comme si l'Église n'était pas un Corps (le Corps du Christ) alimenté par le corps eucharistique. L'oubli de cette vérité a été renforcé par des penseurs tels que Jacques Maritain, dont l'auteur analyse avec une lucidité inégalée sa « distinctions des plans » (spirituel/temporel). Le spirituel est relégué dans la sphère individuelle et « l'Église en tant que corps ne peut tenir un rôle direct, sur le plan temporel », ce que montre de façon exemplaire l'exemple du Chili, où Maritain a eu une influence considérable. Cet essai exceptionnel marque une date dans l'évolution de la théologie politique. « Pour nous chrétiens, notre résistance consiste à participer à l'imagination de Dieu, par l'enracinement de l'étrange espace-temps de l'eucharistie, où le corps torturé du Christ apporte au monde l'espérance. »


William Cavanaugh

Torture et eucharistie

Ad Solem, 448 p., 30 €



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Face à la crise économique, parler ne suffit pas. L'Église italienne agit en multipliant les initiatives financières pour secourir non seulement les chômeurs et les familles mais aussi les petites entreprises. Certains diocèses de portent garants pour les emprunteurs en difficulté. De nombreux diocèses et Caritas (l'équivalent du Secours catholique français) ont créé des fonds en partenariat avec des banques et alimentés par les dons des fidèles afin d'attribuer des microcrédits voire des prêts à taux zéro. La conférence épiscopale s'apprête à lancer un fonds national de garantie de plusieurs dizaines de millions d'euros. Il aidera les familles à ne pas sombrer dans la pauvreté.

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31 mars

LA THEOLOGIE POSTLIBERALE FACE A LA SECULARISATION

Conférence de Denis Sureau, directeur de Chrétiens dans la Cité, auteur de Pour une nouvelle théologie politique (Parole et Silence, 172 p., 17 €).

Centre culturel Saint-Paul,

12 rue Saint-Joseph, Paris 2e. 20h15.



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Le P. Marcel Neusch, dans le quotidien La Croix du 5 mars 2009 publie une recension du livre de Denis Sureau, Pour une nouvelle théologie politique :

Quand la théologie relève la tête



Depuis sa naissance en 1990, le courant théologique occidental d'une "Radical Orthodoxy", dont John Milbank est la figure centrale, gagne du terrain

En 1990, un jeune théologien britannique de 38 ans, John Milbank, ancien élève de Rowan Williams (devenu depuis archevêque de Cantorbéry), faisait paraître un livre qui mit les esprits en ébullition dans le monde universitaire anglo-saxon. Le livre s'intitulait Théologie et théorie sociale. Par-delà toute raison séculière. L'ennemi était clairement désigné : le séculier (secular), auquel la théologie aurait eu tort de vouloir s'ajuster. L'ambition du projet était elle aussi nettement affichée : reconstruire une vie sociale d'amitié et de paix à partir des ressources de la tradition chrétienne, sans compromission avec ce monde séculier.

Ce courant allait recevoir son nom de baptême en 1997, dans un manifeste rédigé par de jeunes universitaires où se retrouvent anglicans, protestants et catholiques. Il s'appellera désormais «Radical Orthodoxy». La première thèse de ce manifeste donne le ton : «Radical Orthodoxy rejette comme sophistique toute célébration théologique de la sécularisation.» La deuxième thèse, également provocante, entend tourner le dos à la majeure partie de la théologie du XXe siècle, déclarée coupable d'avoir «simplement embrassé les tendances séculières». Et ainsi de suite.

Comment relever le défi de la sécularisation ? Une rupture s'impose. Le programme de la Radical Orthodoxy, écrit Denis Sureau, est à l'opposé des théologies qui pensaient pouvoir «s'appuyer sur la modernité et ses avatars pour repenser la foi et la rendre aimable voire accommodante vis-à-vis du consensus libéral». Il s'agit au contraire de soumettre ce monde malade à une critique «radicale» d'ordre théologique, et de penser l'ordre naturel, l'homme et la société, à partir de l'ordre surnaturel - autrement dit, à partir de la révélation - avec les ressources propres de la foi.

Comme on le voit, la Radical Orthodoxy ne se tient nullement à l'écart du monde moderne. Elle cherche au contraire à envahir tous les domaines afin de les juger à l'aune de la théologie. Elle puise à de multiples sources : la Bible et la Tradition en priorité, mais aussi Platon, Aristote, surtout saint Thomas et saint Augustin. Certains se réclament même d'un «thomisme augustinien post-moderne». Henri de Lubac et Hans Urs von Balthasar ont leur faveur. Il s'agit de retrouver une unité articulée entre foi et raison. Seule la foi leur paraît capable de sauver la raison.

Relativement ignorée en France, la Radical Orthodoxy semble vouloir y rattraper son retard. Si son noyau dur est nettement visible, les contours sont plus difficiles à cerner. L'essai de Denis Sureau, le premier à offrir un panorama d'ensemble de ce courant, en présente les principaux thèmes et les figures les plus représentatives. On n'a sans doute pas fini d'en parler. C'est une théologie sans complexes. Face à un monde moderne malade de la sécularisation, elle entend relever fièrement la tête. On peut juger la riposte audacieuse, mais aussi un peu courte.
MARCEL NEUSCH


 
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La levée des excommunications des évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X constitue un geste fort de Benoît XVI dans la perspective d'une pleine communion qui demeure à réaliser.


Au milieu de la semaine pour l'unité des chrétiens, le pape Benoît XVI ordonnait la publication d'un décret levant l'excommunication des quatre évêques sacrés par Mgr Lefebvre en 1988. Levée et non retrait : cela signifie que l'excommunication était légitime en raison de son motif (le sacre d'évêques contre la décision de Rome) mais devenait inopportune en raison du « malaise spirituel manifesté par les intéressés » dans une lettre où ils manifestaient leur « volonté de rester catholiques », « au service de l'Eglise », en acceptant « son enseignement filialement » et en croyant « fermement à la volonté de Pierre et à ses prérogatives ». Selon les termes du décret de la Congrégation pour les évêques, cet acte de réconciliation est comme un préliminaire aux « colloques nécessaires » à l'approfondissement des « questions encore ouvertes » afin de « pouvoir ainsi parvenir rapidement à une pleine et satisfaisante solution » et « rendre stables les rapports de la Fraternité Saint-Pie X avec le Siège Apostolique ».


Dans une lettre aux fidèles de la FSSPX, son supérieur Mgr Bernard Fellay citait un autre passage de la lettre adressée à Rome dans laquelle les évêques écrivaient : « nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu'à Vatican II au sujet duquel nous émettons des réserves ». Cette phrase a été citée abusivement par certains journalistes comme un refus de la totalité du concile. Pourtant, la quasi-totalité des cardinaux, évêques et théologiens actuels émettent des réserves vis-à-vis de Vatican II qui, en raison de son mode d'expression inédit et de son caractère « pastoral », ne pouvait que soulever des problèmes d'interprétation (herméneutique, dit Benoît XVI). Le théologien Ratzinger lui-même a émis des réserves vis-à-vis de la constitution conciliaire Gaudium et spes : « maintes insuffisances », « optimisme étonnant », concept de monde resté « à un stade pré-théologique ». Cependant il serait dangereux que l'issue des entretiens doctrinaux des disciples de Mgr Lefebvre avec Rome soit une condition nécessaire à l'entrée dans un processus authentique de réconciliation, lequel incluera des aspects canoniques délicats. L'excommunication du patriarche de Constantinople (1054) a été levée en 1965 mais la pleine communion entre catholiques et orthodoxes n'est hélas toujours pas réalisée. Le pape souhaite que la dissidence d'Ecône s'achève avant une institutionnalisation irréversible. Comment ne pas adhérer à un tel projet ?

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Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France vient de publier une déclaration intitulée Gaza : une folie meurtrière qui ne doit pas être récupérée :
"Les événements qui se déroulent depuis plusieurs semaines à Gaza sont effroyables! Ni le terrorisme, ni la riposte militaire disproportionnée ne sont des issues acceptables. L'escalade guerrière et la violation du droit humanitaire sont des folies condamnables.
Toute récupération visant une importation du conflit sur notre territoire national doit être dénoncée. Propager la violence en France ne ferait pas progresser la paix à Gaza.
Comme tous les hommes épris de justice et de paix, les catholiques de France sont meurtris et mobilisés. De nombreuses initiatives de prières et d'actions sont engagées dans les diocèses.
Avec leurs frères de confessions chrétienne, juive et musulmane, les évêques de France mettent tout en oeuvre pour favoriser le dialogue et le respect mutuel. Ils s'unissent aux appels du pape et de la communauté internationale en faveur d'un cessez-le-feu.
Ils sont solidaires de la demande insistante de Mgr Twal, patriarche latin de Jérusalem, souhaitant que l'Europe soit « un pont au service de la paix ».

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Voici l'article paru dans l'hebdomadaire Famille chrétienne (n°1617 du 10 au 16 janvier 2009) :

La nouvelle vague théologique

Denis Sureau brosse, dans un livre novateur, le panorama d'une nouvelle théologie politique.

Cette nouvelle théologie, essentiellement anglo-saxonne, commence à déferler sur notre univers franco-français enfermé dans de vieux dilemmes et des résidus de luttes stériles. Elle est politique: non qu'elle prône une théocratie hors d'âge, ni qu'elle cherche à confondre les plans. Mais elle clame fièrement que la théologie ne saurait se désintéresser des affaires de la cité, que la respublica ne doit pas ignorer ce lien qui, au sein de la vie quotidienne, relie l'homme à Dieu. 
Il n'est donc pas étonnant que cette théologie soit foncièrement héritière de celle du cardinal de Lubac, dans son souci de ne pas séparer l'ordre de la nature et celui de la grâce. Dieu a encore droit de cité dans la cité, non pas au sens d'une absorption du politique par le théologique, mais parce qu'aucune activité humaine ne se déploie que dans la relation avec son créateur. 
Sureau montre à merveille ce que Vatican Il a apporté d'élan et de souffle à cette nouvelle théologie qui, au demeurant, manifeste un souci liturgique très traditionnel. Le-mouvement Radical Orthodoxy, au confluent de l'anglicanisme et du catholicisme, est à cet égard exemplaire: augustinienne et lubacienne en théologie, traditionnelle en liturgie, socialiste (au sens d'antilibérale mais non pas de marxiste) en politique, la pensée de John Milbank, Catherine Pickstock et leurs émules fait exploser tous les cadres. 
On ne saurait ignorer ce que cette nouvelle théologie doit à la philosophie du communautarien Alasdair Macintyre, démontrant la nécessité d'un retour à une éthique des vertus, mais aussi le fait que toute vertu étant qualifiée, on ne saurait faire l'économie du fait de parler en tant que chrétien. A sa suite, son élève, le théologien protestant Stanley Hauerwas, ou le catholique William Cavanaugh, ont commencé à tracer le dessin d'une manière chrétienne de faire de la politique. Cette nouvelle théologie pose frontalement la question de l'universalité de l'éthique et du caractère opératoire du concept de loi naturelle. De cela on peut légitimement débattre. Reste que cette pensée ouvre des portes qui semblaient définitivement fermées: un appel d'air! 
François Huguenin
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Dimanche 11 janvier, à 12h (rediffusion à 16h et minuit) dans le cadre de son émission mensuelle sur Lumière de l'Espérance, radio du dimanche de Radio Courtoisie, Denis Sureau recevra Hervé élie Bokobza, auteur  du livre Israël - Palestine : la paix à la lumière de la Torah (Editions de l'Oeuvre)

Les premiers jours de l'année nouvelle sont particulièrement sombres. En effet la Terre sainte est à nouveau le champ de la violence et de la colère.Terrorisme, contre-terrorisme, tirs de roquettes ou bombardements, morts d'innocents dans les deux camps, destructions, haine, colère : le même scénario se reproduit d'année en année, depuis 60 ans. Faut-il s'y habituer ? Faut-il baisser les bras ?

 


Non, nous ne ne le pouvons pas, nous souvenant des paroles du roi David : « Si je t'oublie, Jérusalem, que ma droite se dessèche;que ma langue reste attachée à mon palais,si je ne garde pas ton souvenir ». Nous catholiques ne pouvons pas détourner nos regards. Nous ne pouvons pas oublier Jérusalem. A la spirale mimétique de la violence, pour reprendre la terminologie de René Girard, tous les hommes de paix doivent opposer une vision de paix et de réconciliation, comme l'Eglise par la voix de ses papes ne cessent de le rappeler, sans se lasser. Pax, salam, shalom.


C'est pourquoi je suis heureux d'inviter dans cette émission un penseur juif qui pose un regard nouveau sur le conflit israelo-palestinien. Hervé élie Bokobzaest né en 1967 à Boulogne-Billancourt.Après une formation supérieure talmudique et rabbinique en France, aux Etats-Unis et en Israël, il a publié quatre ouvrages en hébreu consacrés au Talmud et aux Sages d’Israël − ouvrages salués par les plus hautes autorités religieuses juives. Il est enseignant et conférencier à Paris auprès de la Communauté juive libérale, du Mouvement juif libéral de France, et du Centre communautaire de Paris.


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Extrait d'une lettre adressée à Denis Sureau de la part du Saint-Père :
« Sa Sainteté le Pape Benoît XVI m'a chargé de vous exprimer sa gratitude pour l'hommage que vous lui avez fait en lui offrant l'ouvrage que vous avez consacré au courant théologique Radical Orthodoxy, intitulé « Pour une nouvelle théologie politique ». 
Il est très appréciable que puisse être donné en langue française un écho du travail théologique qui s'accomplit dans d'autres aires linguistiques. Puissent ces pages être des lieux de découvertes et de stimulation pour ceux qui travaillent à mieux saisir le donné de la Révélation ! »
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L'écrivain et journaliste Rémi Soulié présente Pour une nouvelle théologie politique dans Le Figaro Magazine du 20 décembre :
"Pourquoi et comment repenser les relations entre les domaines temporel et spirituel ? Le mouvement théologique anglo-saxon Radical Orthodoxy, qui réunit des catholiques, des anglicans au des protestants, tente de répondre à ces questions. Denis Sureau est l'un des meilleurs spécialistes français de ce courant. Dans cet essai, il présente donc ses principaux acteurs (John Milbank, Catherine Pickstock, William Cavanaugh... ), ainsi que la généalogie de leurs thèses, de saint Augustin à Henri de Lubac en passant par Hans Urs von Balthasar. « L'Eglise, écrit Sureau, est au coeur de la nouvelle théopolitique, qui l'envisage comme un véritable espace public et politique de plein droit, riche des ressources lui permettant de résister à l'imaginaire de la société séculière. » Un livre qui ouvre de belles perspectives sur la théologie du XXIe siècle."
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Des blogs de différents pays annoncent la sortie du livre  Pour une nouvelle théologie politique :


ETATS-UNIS : Le blog La Nouvelle théologie (c'est son titre exact) présente le contenu du livre ICI.


SUISSE : Le Novelliste, journal quotidien valaisan

 

Un livre étonnant sur la “nouvelle théologie politique”

Le philosophe Denis Sureau vient de faire paraître aux éditions « Parole et Silence » un essai intitulé : « Pour une nouvelle théologie politique ». Denis Sureau est un fin connaisseur de la nouvelle pensée chrétienne anglo-saxonne développée dans certaines universités sous l’appellation de « radical orthodoxy ». C’est une synthèse très originale de pensée contemporaine allant creuser aux sources des grands penseurs de l’antiquité et des philosophes chrétiens anciens, sans oublier la patristique, pour les remettre au goût du jour dans une dialectique et une pensée adaptées au monde d’aujourd’hui (mais sans tomber dans le copié-collé des idées et du vocabulaire relativistes contemporains) . Bref c’est une véritable synthèse conjuguant le passé et le présent dans un monde qui ne propose plus que des systèmes. 


FRANCE : Le blog de Philippe Maxence Caelum et Terra

Pour une nouvelle théologie politique

Sur son blogue, Patrice de Plunkett présente le dernier livre de Denis Sureau, lequel (le livre, pas Denis Sureau) vient de paraître aux éditions Parole et Silence. Un livre qui fait le tour des nouveaux théologiens qui pensent la politique. Des théopolitiques en somme. Livre érudit, facile à lire, étonnant à chaque page, surprenant à chaque phrase. Une approche théologique et une remise en cause radicale du monde postlibéral.

Denis Sureau va déranger à droite et à gauche, au centre et sur les côtés. C'est une autre façon d'aborder les choses. Est-elle vraie ? Est-elle juste ? En tout ou en partie ? C'est au lecteur d'en décider après lecture. Le prochain numéro de l'Homme Nouveau comporte, bien sûr, un dossier sur le sujet.


 


 

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La lettre des chrétiens actifs

Chrétiens dans la Cité
 
Ce bloc-notes n'est que la vitrine de Chrétiens dans la Cité, lettre d'information "papier" ouverte à toutes les initiatives politiques, sociales et économiques. Economie solidaire, théologie politique, nouvelle évangélisation, défense de la vie, école missionnaire, projets des communautés chrétiennes, doctrine sociale de l'Eglise: les chrétiens sont sur tous les fronts. Concise (4 pages), facile à lire, sans bavardages, parce que vous n'avez pas le temps de tout lire, mais vous voulez connaître l'essentiel.


Profitez de notre offre d'abonnement découverte : 
30 au lieu de 60 € pour un an. 
Vous pouvez vous abonner en ligne (paiement sécurisé) ou bien envoyer un chèque de 30 € à : 
Chrétiens dans la Cité
17 rue Manessier
94130 NOGENT SUR MARNE
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Qui sommes-nous ?

Chrétiens dans la Cité n'est pas une association mais une lettre d'information indépendante dirigée par Denis Sureau, 51 ans, qui édite également la revue mensuelle Transmettre pour l'évangélisation de l'enfance. Il est aussi président des Editions de L'Homme Nouveau. Philosophe de formation, il a notamment publié Retour à la politique (DMM, 1995), Petite somme politique, anthologie de textes politiques de saint Thomas d'Aquin (Téqui, 1997) et Prières devant le Saint Sacrement, traduction et commentaire des prières de saint Thomas d'Aquin (Ed. de L'Emmanuel, 2002). Ces dernières années, il contribue à faire connaître la nouvelle génération de penseurs chrétiens anglo-saxons, qu'il présente dans son livre Pour une nouvelle théologie politique (Parole et Silence, 2008). Il a assuré la direction éditoriale des livres de William Cavanaugh Etre consommé (Ed. de L'Homme Nouveau, 2007) et Le Mythe de la violence religieuse (Ed. de L'Homme Nouveau, 2009).
Curriculum vitae détaillé

Recherche

La nouvelle théopolitique


Denis Sureau
Pour une nouvelle théologie politique
Parole et Silence, 174 p., 17 €
Pour commander en ligne (à partir du site Transmettre)

Une nouvelle génération de théologiens se lève dans le monde anglo-saxon. Ils ont entre 30 et 50 ans et de l'énergie à revendre. Catholiques, anglicans, ou protestants, ils bouleversent les vieux clivages, remettent en cause les catégories installées. Disciples de saint Augustin et de Henri de Lubac, marqués par l'enseignement d'Alasdair MacIntyre et de Stanley Hauerwas, ils plaident pour le retour à une théologie libérée de tout complexe d'infériorité.

Penseurs de la Cité de Dieu présente dans la cité des hommes, les nouveaux théologiens refusent la « captivité politique de l'Église » et la mondialisation libérale. Produit d'une raison séculière et donc rétrécie, la modernité fondée sur la violence s'achève dans le nihilisme. S'employant à déconstruire le mythe de l'État moderne salvateur, ils lui opposent l'Église, véritable communauté de référence et de résistance. Puisant dans ses ressources - notamment liturgiques -, elle peut restaurer une amitié politique fondée sur la participation au Christ.

Thomisme subversif, anarchisme eucharistique, aristotélisme révolutionnaire, orthodoxie radicale, augustinisme postmoderne, théologie postlibérale : au-delà du choc des mots, la théologie politique du XXIe siècle est née.

Revue de presse

Caritas in veritate

Denis Sureau a publié un commentaire de la grande encyclique sociale de Benoît XVI
Caritas in veritate



Préface de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne.
192 pages - 6,50 €




 

For a New Theopolitics

A new generation of theologians is emerging in the anglo-saxon world. Catholics, Anglo-catholics or Methodists, they develop an alternative which rejects all celebrations of the secular reason. This book explores the origin and the themes of post-liberal political theology and presents fifteen scholars who bring fresh perspectives. From the « post-modern critical Augustinianism » of the Radical Orthodoxy project to the Communio circles or Ressourcement thomism, a new political theology is yet born.

Denis Sureau is the author of essays about Thomas Aquinas and politics. He is Editor-in-Chief of the French catholic Editions de L'Homme Nouveau.

Book summary

Introduction

Chapter I - The political theologies of the twentieth century

The Schmitt-Peterson debate

Action Française and Neo-Thomisms

From "Political Theology" to "Liberation Theology"

Henri de Lubac at the turn of contemporary theology

Chapter 2 - The Church as Communion: After Vatican II

David Schindler or how to be American, anti-liberal, and theologian of communion

Tracey Rowland or postmodern Augustinian Thomism

Aidan Nichols or the revival of Christianity

Chapter 3 - Morality: the wind rises

Alasdair MacIntyre or revolutionary Aristotelianism

Stanley Hauerwas or the Kingdom of Peace

John Porter or natural law rediscovered

Therese Lysaught or the search for a Christian bioethics

Chapter 4 - Radical Orthodoxy: the Cambridge revolution

John Milbank or beyond secular reason

Catherine Pickstock or how an Anglican theologian rethinks the truth about the Mass.

Chapter 5 - Exercises of theopolitical imagination

John Howard Yoder or the politics of Jesus

Oliver O'Donovan or the Biblical roots of politics

William Cavanaugh or Eucharistic anarchy

Emmanuel Katongole or the new African theopolitics

Stephen Long or theological critique of capitalism

Daniel Bell or to think of God in the city after the end of history

      Appendix: European Cousins

 
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