L'Amérique, Dieu et la guerre

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C’est une belle initiative éditoriale que d’avoir publié un essai du grand théologien américain Stanley Hauerwas, protestant parfois qualifié de crypto-catholique.
Nous retrouvons dans ce troisième livre traduit en français (après

Bayard / Labor et Fides , 450 p., 21,90 €

Le Royaume de paix et Étrangers dans la cité) une pensée pétillante, toujours en mouvement, qui bouscule nos vieux schémas intellectuels.
On aimerait pouvoir poursuivre la discussion avec l’auteur, en particulier au sujet de sa critique de la théorie de la guerre juste, qui laisse comme un goût d’inachevé. Toute guerre serait-elle nécessairement immorale ? 
On adhère plus facilement à sa perception de l’Amérique comme un pays qui s’est construit par la guerre (et ce n’est certes pas Donald Trump qui mettra fin à cet héritage létal), et à sa démolition du prétendu « réalisme » des thèses bellicistes de penseurs chrétiens contemporains, auxquels il oppose notamment la figure de Martin Luther King. Considérant la non-violence comme un élément constitutif de l’identité chrétienne, Hauerwas envisage l’Église comme une alternative à la guerre et appelle les chrétiens du monde entier à refuser de se tuer les uns les autres, et à apporter un témoignage de paix, au nom de Jésus, la justice de Dieu qui n’a rien à voir avec celle du monde. Un essai tonique et vivifiant.

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Christian Apollonia 29/05/2018 02:02

"ce n’est certes pas Donald Trump qui mettra fin à cet héritage létal..."
ben si justement c'était le sens de sa campagne...
barrer la route à la va-t-en guerre Clinton qui voulait bombarder l'Iran
et même la Russie !
et dont le mari avait méchamment violenté l'Irak
dans les années 90.
ce n'est pas sous Obama et Clinton que daesh a été vaincu que je sache.
Trump appelait même la secrétaire d'état Clinton la "fondatrice" de daesh
pour sa politique d'aide
à l'opposition en Syrie.

bien sûr il est incontestable que les usa se sont bâti par la guerre
(comme presque toute nation qui existe puisque. celles qui perdent trop de guerres cessent d'exister.)
mais ce n'est pas la faute de ce Donald Trump, un nouveau venu en politique, issu de la société civile.
l'acharnement politique n'excuse pas tout et pas la contrevérité !