Nos vingt ans

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Chrétiens dans la Cité fête ses vingt ans. Retour sur notre projet.

Lancée fin octobre 1996, la lettre d’information Chrétiens dans la Cité avait – et a toujours – pour finalité de favoriser une meilleure communication entre chrétiens de diverses sensibilités sur les engagements qu’ils prennent dans la société. Conçue sur le modèle des newsletters économiques, elle s’adresse à tous ceux qui, s’intéressant à l’engagement social chrétien, recherchent une publication synthétique, sans bavardages ni gloses, rapide à lire. Certes, l’information entièrement neutre n’existe pas plus que les faits bruts ; comme l’écrit joliment le philosophe Alasdair MacIntyre, « les faits, comme les télescopes et les perruques pour messieurs, sont une invention du XVIIe siècle ». Mais le journaliste devrait au moins essayer de rechercher autant qu’il est possible l’adéquation de la réalité et de l’esprit, c’est-à-dire la vérité. C’est ce que nous tentons de faire (sans bien sûr toujours réussir).

Depuis 1996, un phénomène nouveau a surgi et bouleversé le métier de journaliste : le développement rapide et irrésistible d’internet. La multiplication des sites sur la toile numérique mondiale, bientôt accompagnée de la prolifération des blogs, a une face lumineuse : l’accès rapide à un nombre considérable de sources ; et une face sombre : le risque de se perdre, d’être désinformé, manipulé. Dans ces conditions, s’impose plus que jamais la nécessité de développer une capacité d’analyse, nourrie par une culture spécifique, enracinée dans une tradition de pensée. Pour un informateur chrétien, cela implique de ne pas adopter les critères des médias séculiers. Il est étrange d’entendre une radio chrétienne donner les mêmes informations du jour que celles des autres radios, parfois même dans le même ordre, comme si le fait d’être chrétien n’avait aucune incidence dans le choix et le traitement des événements à signaler et analyser. Cela explique en partie la disparition accélérée des journaux chrétiens qui ont perdu leur identité spécifique. Pourtant, la presse chrétienne a un avenir si elle parvient à affirmer sa différence, en sachant privilégier l’essentiel sur le sensationnel. Et en cultivant le sentir avec l’Église, en n'aggravant pas les tensions qui existent au sein du peuple chrétien par une dialectique préjudiciable à la communion ecclésiale et humaine. Face à un monde où Dieu semble être de plus en plus en exil, les médias chrétiens ont pour belle vocation d’être de véritables médias alternatifs, au service du Seigneur et de son Église.

Denis Sureau

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