Il y a 100 ans : la mort du soldat Augustin Cochin

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Il y a 100 ans : la mort du soldat Augustin Cochin

Il y a 100 ans, le 8 juillet 1916, mourait à 39 ans Augustin Cochin, le plus profond historien de la Révolution (La Révolution et la libre pensée), génial précurseur de la sociologie du phénomène démocratique et de la mécanique totalitaire (Les Sociétés de pensée et la démocratie).

En juillet 1916, Augustin Cochin est sur la Somme. Sa dernière lettre est datée du 7 juillet ; il écrit : « Je suis au fond de mon trou, à moitié endormi au milieu de, quel tintamarre ! Le physique va bien, et le moral aussi, mais l’intellectuel n’existe plus. »
Georges Goyau rapporte la suite : « Augustin Cochin reçut l’ordre, au matin du 8 juillet, de gagner avec sa compagnie le calvaire d’Hardecourt. Déjà là-haut, sur sa croix, le Christ était blessé : la branche du crucifix était brisée : "Vois comme ils l’ont abîmé !" dit le capitaine Cochin à l’un de ses soldats. On s’élança, on atteignit le calvaire, on le dépassa. Une balle atteignit Augustin Cochin au cœur : un quart d’heure après il avait cessé de vivre, et le bras du Christ, sur le crucifix amputé, s’étendait dans le vide, en un effort de bénédiction ».
Le combat d’Hardécourt-aux-Bois fut très meurtrier : du 1er juillet 1916 au 30 novembre, plus de mille deux cents soldats périrent. En leur honneur, et pour honorer la mort héroïque de son fils, Denys Cochin fit bâtir sur les lieux mêmes une nouvelle église, qui fut inaugurée le 8 juillet 1922.
Une croix subsiste toujours au Nord du village d’Hardecourt-aux-bois, vers Guillemont (repéré Croix Cochin sur carte IGN 2408 E). On peut y lire sur des plaques : « Plus l’épreuve est dure, plus il est nécessaire d’y être », et : « Ici tomba le capitaine Augustin Cochin tué à l’assaut le 8.7.1916, blessé trois fois, le bras cassé, il retournait, infirme, au feu par amour pour sa patrie et ses soldats. »

Une édition des Oeuvres complètes d'Augustin Cochin est prête. Il reste à trouver un éditeur. Ce serait le plus bel hommage à rendre au capitaine Cochin.

Denis Sureau

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