Divorcés-remariés : le vrai problème

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A l'occasion du synode pour la famille, les débats vont bon train sur le drame des divorcés remariés civilement. Or un mariage chrétien n'est valide que si le consentement des époux est suffisamment consistant. Et il n'est pas téméraire de penser que de très nombreux mariages célébrés à l'Eglise sont aujourd'hui invalides. Un curé déclare : « Sur dix couples qui viennent me voir pour se marier, au moins neuf viennent demander une cérémonie et je n'ai qu'un sacrement à leur offrir ! » Ce constat, largement partagé par les prêtres, devrait inciter d'une part à mieux préparer les futurs époux, et d'autre part à faire connaître les possibilités de reconnaissance de nullité de leur union – ce service après-vente éviterait à certains divorcés remariés de s'enferrer dans des situations inutilement douloureuses.

Le problème n'est pas vraiment nouveau mais on sent une réticence de l'Eglise face à un fait brut : si la plupart des mariages célébrés actuellement sont invalides, il faudrait en prendre acte. C'était le sens d'un article de Denis Sureau publié en 1992 dans la revue du Cerdic, centre de recherches de l'Université de Strasbourg rattaché au CNRS.

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