Municipales pour tous

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Si les « manifs pour tous » ont été pour des catholiques une première expérience politique, les municipales sont pour un certain nombre d’eux une deuxième occasion d’engagement.

Les élections municipales des 23 et 30 mars verront des candidats et des listes inspirés par les combats contre la loi Taubira et les projets gouvernementaux contre la famille. L’ampleur du phénomène est difficile à évaluer mais c’est un fait que les réseaux réactivés ou créés depuis fin 2012 (Associations familiales catholiques, Parti chrétien-démocrate, Manif pour tous…) ont servi d’incubateurs ou de viviers pour des candidatures d’un nouveau genre. Les jeunes professionnels (25-35 ans) sont largement représentés : La génération Manif pour tous débarque en politique, titrait récemment l’hebdomadaire Le Point (28/2).

Différents modes de candidature sont expérimentés. Première possibilité : rejoindre individuellement des listes « sans étiquette » ou « divers droite » (nombreuses dans les petites communes) ou encore d’union de la droite et du centre. La deuxième solution est l’entrisme, notamment au sein de l’Ump, qui a vu l’intérêt de récupérer des responsables de la Manif pour tous ses listes (ainsi celle d’Alain Juppé à Bordeaux qui accueille Édouard du Parc, chef d’entreprise de 42 ans, officiellement présenté comme cofondateur de la Manif pour tous en Gironde). Certains préfèrent le Front national dont un nombre notable de candidats, surtout dans les grandes villes, ont adhéré à la Charte proposée par La Manif pour tous ; toutefois le parti de Marine Le Pen s’est ostensiblement tenu à l’écart des manifestations de rue de 2013, estimant que les réformes sociétales ne sont que des diversions, et que les vrais problèmes sont économiques. La troisième forme d’engagement est collective, avec la constitution de listes plus ou moins explicitement issues des mobilisations contre le mariage homo – même si La Manif pour tous ne présente pas en tant que telle des candidats. C’est le cas à Toulon, où la liste « Tous pour la famille » est conduite la journaliste Geneviève Esquier (ancienne directrice de la rédaction de L’Homme Nouveau), qui vient de publier un essai intitulé Ce qu’annonce le chant du coq… (Éditions rassemblement à Son image) où elle salue le réveil de la France. Une expérience comparable est menée à Versailles, où la liste « Versailles Familles Avenir » entend « mettre la famille au cœur de la politique municipale ». Comme à Rambouillet (liste « Rambouillet pour tous »), à Nancy («Nancy Ville Humaine ») ou à Vannes (« Vannes à tribord »). Les résultats électoraux de ces listes seront à étudier.

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