La lettre des chrétiens actifs

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Chrétiens dans la Cité
17 rue Manessier
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Qui sommes-nous ?

Chrétiens dans la Cité n'est pas une association mais une lettre d'information indépendante dirigée par Denis Sureau, 53 ans, journaliste et éditeur. Philosophe de formation, il a publié Retour à la politique (DMM, 1995), Petite somme politique, anthologie de textes politiques de saint Thomas d'Aquin (Téqui, 1997) et Prières devant le Saint Sacrement, traduction et commentaire des prières de saint Thomas d'Aquin (Ed. de L'Emmanuel, 2002) et Pour une nouvelle théologie politique (Parole et Silence, 2008 et traduction en espagnol : Una nuova teologia politica, Nuovo Inicio, 2010).
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La nouvelle théopolitique


Denis Sureau
Pour une nouvelle théologie politique
Parole et Silence, 174 p., 17 €
Pour commander en ligne (à partir du site Transmettre)

Une nouvelle génération de théologiens se lève dans le monde anglo-saxon. Ils ont entre 30 et 50 ans et de l'énergie à revendre. Catholiques, anglicans, ou protestants, ils bouleversent les vieux clivages, remettent en cause les catégories installées. Disciples de saint Augustin et de Henri de Lubac, marqués par l'enseignement d'Alasdair MacIntyre et de Stanley Hauerwas, ils plaident pour le retour à une théologie libérée de tout complexe d'infériorité.


Revue de presse

Una nueva teologia politica

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Una nueva teología política (en torno a la “Radical Othodoxy.”)

  • Denis Sureau

  • EDITORIAL NUEVO INICIO

  • 232 páginas

 

 

  En esta Nueva teología política, Denis Sureau nos da a conocer a una nueva generación de teólogos políticos que irrumpe con fuerza en el mundo anglosajón. Enraizados en San Agustín y convencidos de la importancia de los escritos de Henri de Lubac, influidos por las enseñanzas de Alasdair MacIntyre y de Stanley Hauerwas, estos jóvenes pensadores rechazan la cautividad política de la Iglesia, fruto de la globalización liberal. Son etiquetados como tomistas subversivos,  aristotélicos revolucionarios, ortodoxos radicales o agustinianos posmodernos. Pero todos ellos, al nihilismo violento en que ha desembocado la salvación que prometía el estado moderno, le oponen una comunidad de referencia y de resistencia: la Iglesia. Sólo ella puede restaurar, mediante su praxis sacramental, una verdadera amistad política entre los hombres.

Caritas in veritate

Denis Sureau a publié un commentaire de la grande encyclique sociale de Benoît XVI
Caritas in veritate




Préface de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne.
192 pages - 6,50 €

 

Nommé secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, Jean-Marie Bockel, 57 ans, père de cinq enfants, sénateur-maire de Mulhouse, est connu comme catholique pratiquant, rare socialiste ayant fréquenté le Groupe de spiritualité des assemblées parlementaires. Longtemps proche de Jean-Pierre Chevènement puis défenseur d’un « socialisme libéral » inspiré de Tony Blair, il déclarait il y a quelques années: « Je suis d'accord pour regretter la marginalisation du christianisme. Je suis profondément républicain et laïc. On observe toutefois une montée en puissance du fait religieux, dans ce qu'il a de meilleur et de pire. Dans ce contexte, il est bon que les chrétiens s'engagent, et qu'ils cessent d'avoir honte de s'affirmer comme tels. (…). Il est normal que l'Eglise rappelle ses convictions sur l'importance du principe de vie, cela ne me choque pas. C'est dans sa mission, et elle n'a pas à apporter un message de facilité. Mais en même temps, il faut tenir compte de la réalité sociale. J'ai voté la loi sur le Pacs, j'aurais voté celle sur l'avortement, même si je suis à titre personnel contre l'avortement, bien sûr. Comme chrétien, je revendique aussi mon libre arbitre. » (La Croix, 17 :1 :2003)

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Plus Cde financement catholique à Amnesty International, après la volte-face pro-avortement de l'organisation de promotion et de défense des droits de l’homme. Dans une interview accordée au National Catholic Register, le président du Conseil pontifical Justice et Paix, le cardinal Renato Martino, a exprimé son profond regret pour la prise de position d’Amnesty International, soulignant que se prononcer en faveur de la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse représente une trahison des objectifs institutionnels de l’organisation.
La conséquence inévitable d’une telle décision, selon le cardinal, sera la suspension du soutien financier à Amnesty International de la part des organisations et également des catholiques à titre individuel. Grâce à Dieu – affirme le cardinal Martino - il n'existe pas à un droit à l'avortement internationalement reconnu, comme l’a conclu la Conférence du Caire organisée par les Nations Unies sur la population, qui a exclu l’avortement comme moyen licite de contrôle des naissances. C’est justement Mgr Martino, alors nonce apostolique au Palais de Verre, qui guidait la délégation du Saint-Siège à cette occasion.
Les lobbies pro-avortement – soutient le cardinal dans l’interview au National Catholic Register – continuent leur propagande, qui se place dans le cadre de ce que le serviteur de Dieu Jean-Paul II appelait la « culture de mort » ; et il est extrêmement grave qu’une organisation méritante comme Amnesty International se plie maintenant aux pressions de tels lobbies.

Cela doit intensifier l’engagement non seulement des catholiques, mais aussi de toute personne de bonne volonté, selon le cardinal Martino, pour la défense de la vie des enfants à naître, sans faire de distinctions impossibles entre les cas où le meurtre du bébé dans le sein maternel serait juste ou non. La suppression volontaire de toute vie humaine innocente – a-t-il rappelé – est toujours un délit et mine à sa base le bien commun de la famille humaine.

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Plusieurs appels ont été récemment lancés pour attirer l’attention de l’opinion sur les menaces qui pèsent sur de nombreuses églises de France, avec des risques de démolition. Remis en octobre dernier, un rapport du sénateur Ump de la Meurthe-et-Moselle Philippe Nachbar (« Les monuments historiques : une urgence pour aujourd’hui, un atout pour demain », en ligne sur www.senat.fr) a dressé un état des lieux pour le moins inquiétant : « Dans un document finalisé en janvier 2003, la Direction de l'architecture et du patrimoine a mis en lumière « l'état sanitaire » préoccupant des monuments historiques, et en particulier des monuments classés. Elle évalue à 20% la proportion de ces monuments qui seraient en situation de péril, soit environ 2800 sur un total de 15 000. Suivant ces estimations, les édifices en grande difficulté appartiennent, dans leur grande majorité, à des communes de moins de 2000 habitants qui, à de rares exceptions près, ne disposent pas de ressources suffisantes pour financer les investissements nécessaires, sans l'aide de l'Etat ou d'autres collectivités publiques. » Eglises et chapelles sont les premières visées, et les démolitions ont déjà commencé. Même les cathédrales, dépendant directement de l’Etat, ne sont pas suffisamment entretenues. Un Observatoire du Patrimoine Religieux a été récemment créé pour promouvoir la connaissance et la mise en valeur du patrimoine spirituel de la France. Des comités de défense locaux se créent. La Tribune de l’art (www. latribunedelart.com) a récemment dénoncé la démolition d’églises en Anjou. Le site internet www.40000clochers.com a entrepris un recensement photographique des clochers, tout comme www.clochers.org). Les églises construites avant 1905 demeurent à la charge des collectivités locales, celles qui furent bâties ensuite étant à celle de l’Eglise.

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Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes, à l'occasion de l'ouverture des Assises de la pastorale des jeunes, a déclaré le 28 avril (texte intégral consultable sur le site http://catholique-vannes.cef.fr):

 « Dans le monde actuel, un témoignage de foi qui resterait implicite serait inaudible. La foi doit être annoncée explicitement et exposée ouvertement… Il ne faut pas avoir peur d'affronter les questions de nos contemporains. Il faut se former au débat. Mais pour cela, il faut sortir d'un Christianisme honteux, d'un Christianisme repentant. Sous prétexte de liberté de conscience, de laïcité, on a parfois l'impression que le Christianisme est une maladie honteuse. Cette perspective paralyse notre volonté de l'annoncer. Non seulement il faut revendiquer pour lui la même liberté d'expression, le même temps de parole et le même respect que pour les autres courants de pensée, mais à la lumière de la foi nous devons aussi le considérer comme la Vérité. »

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Très ouvert, le gouvernement Fillon contient aussi plusieurs catholiques en dehors de la présidente du Forum des républicains sociaux, Christine Boutin, ministre du logement et de la ville. (On notera l’absence de tout ministère de la famille.) Xavier Darcos nommé à l’Education nationale est aussi un catholique convaincu, qui sur son blog défendit énergiquement Benoît XVI au lendemain du discours de Ratisbonne (« le catholicisme s'est habitué à ces distorsions : on peut le caricaturer, l'insulter, l'agresser, envahir ses églises, le tourner en dérision sans risque. Mais gare à qui touche une autre croyance. Là, on ne rigole plus. J'attends que des sans-papiers envahissent une mosquée ou une synagogue... »). On notera aussi la nomination du « chrétien de gauche » pratiquant Jean-Pierre Jouyet, deloriste (secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes) et du président d'Emmaüs-France, Martin Hirsch (haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté). De plus, Emmanuelle Mignon, la directrice de cabinet du Président, a été commissaire nationale Guide des Scouts unitaires de France ; elle y a connu le P. Philippe Verdin, qui a pu par son intermédiaire éditer le livre de Sarkozy La République, les religions, l’espérance (Cerf, 2004).

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Extraits de l'homélie de Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes, le 28 avril:

"il ne suffit pas d'adhérer à des valeurs universelles, avec lesquelles, au fond, tout le monde est d'accord, du moins en paroles. Il est tellement inélégant de dire « moi, je ne suis pas solidaire, moi je ne suis pas fraternel, moi je ne suis pas humaniste, moi je ne suis pas tolérant ».

 

Il faut adhérer à Quelqu'un, écouter sa voix, Le suivre, recevoir de Lui la vie éternelle. Et c'est là que tout bascule !

 

Devant Jésus tout doit se déterminer !

 

Devant Jésus tous doivent se positionner !

 

Devant Jésus, chacun doit choisir !

 

On peut suivre le Christ ou lui jeter des pierres. Il faut choisir !

 

L'évangélisation, la pastorale doivent conduire à ce choix."


Source :  http://catholique-vannes.cef.fr

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Extraits d'un communiqué du collectif Catholiques en Campagne:

 Pour nous catholiques, le scrutin de ce deuxième tour a été suivi avec un certain détachement car aucun des deux candidats n’était porteur de nos valeurs : l’un comme l’autre ont montré au cours de leur campagne que leurs préoccupations étaient fort éloignées de nos attentes, et souvent même en opposition avec celles-ci.

Monsieur Sarkozy a été élu, nous en prenons acte. Qu’il sache que les catholiques, en nombre toujours plus grand, passeront son action au crible de la doctrine sociale de l’Église et qu’ils ne manqueront pas de faire entendre leurs voix et de se mobiliser pour faire barrage à tout ce qui porterait atteinte aux valeurs chrétiennes fondatrices de l’identité de la France.

Le temps n’est plus où les catholiques ne se manifestaient pas en politique. Ces élections l’ont montré et elles feront date en cela : un nombre important de catholiques ont pris conscience du fait que les affaires de la cité doivent être conduites en conformité avec l’enseignement de l’Église. Il nous appartient de faire en sorte que cet élan ne faiblisse pas, mais qu’au contraire les catholiques deviennent des acteurs incontournables de la scène politique française.

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SELON UN SONDAGE REALISE A LA SORTIE DES URNES lors du premier tour des présidentielles (cf. La Croix, 24/4), le vote des catholiques « pratiquants réguliers » (allant à la messe au moins une fois par mois) s’est porté massivement sur Nicolas Sarkozy, avec 45%, suivi par François Bayrou (20%), Ségolène Royal (11%), Jean-Marie Le Pen (8%), Philippe de Villiers (7%), Arlette Laguiller (4%), Marie-George Buffet (3%) et Olivier Besancenot (2%). Les précédents sondages avaient annoncé le glissement à droite du « vote catho ».

QUE SONT LES CHRETIENS DE GAUCHE DEVENUS ? Ces chiffres confirment une évolution constatée depuis plu-sieurs années. En additionnant les voix pour Ségolène Royal et l’extrême-gauche, on obtient seulement 18% des pratiquants réguliers. Un chiffre révélateur. On aurait également pu s’attendre à ce que François Bayrou, héritier de la mouvance démocrate-chrétienne, fasse un score plus fort. Des personnalités aussi emblématiques qu’un Michel Camdessus, président jusqu’à peu des Semaines Sociales de France, avaient publiquement affiché leur soutien. Pourtant les « pratiquants réguliers » n’ont guère davantage voté pour le candidat Udf que l’ensemble des électeurs (18,5%). Ses déclarations ont pu heurter les croyants : du refus des drapeaux en berne lors de la mort de Jean Paul II au laïcisme revendiqué : « comme citoyen – et responsable public -, je ne reconnais aucune autorité au-dessus de ma conscience » etc.
 A DROITE, PHILIPPE DE VILLIERS a probablement ramassé une bonne part des voix des catholiques attachés à la défense de la vie et des valeurs morales. Un terrain délaissé pour une part par Jean-Marie Le Pen dont la campagne a heurté la frange la plus traditionnelle de l’électorat « national-catholique » : refus d’abroger la loi Veil, ouverture en faveur d’une euthanasie allégeant les dépenses de santé, défense de la laïcité etc. Nicolas Sarkozy s’est montré plus habile en multipliant les références au christianisme et à Jean Paul II ou en déclarant que « la religion catholique est l’un des fondements de l’identité française ». Même si, devant d’autres publics, il se déclarait pour l’avortement et la recherche sur les embryons, ouvrait les portes à l’euthanasie et affirmait que « l’amour hétérosexuel n’est pas supérieur à l’amour homosexuel ». Au jour où nous écrivons ces lignes (entre les deux tours), il est difficile de savoir si les catholiques soucieux de cohérence éthique passeront outre à ces atteintes aux « valeurs non négociables » énoncées par Benoît XVI et voteront néanmoins pour lui. Au nom d'une conception erronée du « moindre mal ». 
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Rompant avec les lectures idéologiques dominantes, un livre important vient de paraîire, celui de Bernard Laurent: L’enseignement social de l’Eglise et l’économie de marché (Parole et Silence, 368 p., 28 €). Il soutient la thèse que la Doctrine sociale de l’Eglise s’inscrit depuis toujours dans la filiation du catholicisme intransigeant défini par Emile Poulat comme « anti-moderne, anti-bourgeois, anti-révolutionnaire, anti-libéral, anti-socialiste ».
L’un des intérêts de ce travail – sans doute le plus important paru depuis longtemps ans sur ces questions - pour les chrétiens dans la cité est que son auteur est un professeur d’économie (EM Lyon), actuellement chercheur à Cambridge. Il peut ainsi, à sa façon, percevoir la spécificité de l’enseignement de l’Eglise qui, s’il ne situe pas dans le champ de l’analyse économique stricto sensu, scrute les évolutions sociales et économiques avec une lucidité souvent prophétique. Même si les « accommodements » voire les « contradictions » décelées par Bernard Laurent dans l’enseignement des papes sont souvent source de confusions.
L’auteur démontre la permanence de « l’opposition de l’Eglise au libéralisme idéologique et par voie de conséquence au jeu du marché concurrentiel » en retenant quatre terrains d’affrontement : la propriété privée, la conception de la justice, le rôle de l’Etat et la « relation au savoir d’intention scientifique ». Même si certains points et oublis (Pie XII) appellent des réserves, ce livre est une pièce essentielle du débat.
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Mgr Jean-Pierre Grallet a été nommé archevêque de Strasbourg. Il était évêque auxiliaire de cet archidiocèse important. C'est la consternation dans le clergé strasbourgeois le plus en consonance avec Benoît XVI.
En effet, Mgr Grallet est l'un des 5 évêques préférés de Golias, la revue ultra-progressiste de Lyon. Dans la dernière édition de son "Trombinoscope des évêques", Golias ne tarit pas d'éloges sur  cet "évêque géant" - pas seulement par sa taille : "esprit rigoureux et clair, puissante intelligence", "lucidité évangélique", "modeste avec son pull-over sans couleur"...
Cette nouvelle nomination s'ajoute à une série d'autres qui montrent que Benoît XVI ne contrôle pas la chaîne des nominations épiscopales, ce que l'affaire Wielgus avait déjà montré en Pologne. La plupart des évêques nommés sous son pontificat sont manifestement étranger à son esprit.
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Président du conseil épiscopal pour les questions familiales et sociales Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen, a publié un communiqué intitulé Avantages économiques et conséquences sociales Au sujet des indemnités de départ de dirigeants de grandes entreprises : « Les médias se font à nouveau l’écho d’indemnités de départ versées à des dirigeants d’entreprise qui, même inscrites dans les clauses d’un contrat initial, apparaissent injustifiées. Les grandes multinationales sont devenues des entités gigantesques. Leur gestion est difficile et exige un fort engagement personnel de la part de leurs dirigeants. Les contraintes et les risques sont multiples et complexes. Les rémunérations décidées par les conseils d’administration sont encadrées par la loi et pour la plupart fiscalisées. La volonté de transparence qui porte à la connaissance de tous ces pratiques est un progrès. Cependant la disproportion entre certaines indemnités de départ et les salaires moyens des employés des mêmes entreprises invite à la réflexion. En ce domaine, comme en d’autres, ce qui est légalement autorisé n’est pas nécessairement moral. Ces indemnités scandalisent les personnes aux revenus modestes et les personnes sans emploi. Justifier ces pratiques en invoquant les contraintes d’un marché mondialisé qui obligerait à s’aligner sur ce qui se vit aux Etats-Unis reste à démontrer. En intervenant dans le débat, nous ne faisons d’aucune manière le procès des dirigeants et des chefs d’entreprise qui, dans leur grande majorité, accordent une attention particulière aux exigences de l’équité et de la justice. Mais, s’il existe une exception française en matière sociale, elle doit inclure la moralisation des indemnités de départ des dirigeants d’entreprise. »

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Le Figaro du2 avril a publié un intéressant article d’Hervé Yannou soulignant le contraste entre la pugnacité des évêques italiens, espagnols, portugais et polonais et la tiédeur des évêques français et allemands : « En Italie, pas un jour ne se passe sans une passe d'arme violente entre évêques, presse et politiques au sujet du projet de Dico, le pacs transalpin. En Italie, le Saint-Siège est chez lui et le cardinal Bertone va personnellement célébrer la messe à la Chambre des députés pour leur rappeler que la foi ne pourra « jamais être réduite à un simple fait privé, y compris pour ceux qui ont pour tâche de faire de la politique ». Si l'Église italienne accusée d'ingérence ne fait plus exception en Europe, elle est devenue une référence. Tandis que les évêques de France et d'Allemagne émettent souvent une opposition contenue aux législations qu'ils désapprouvent, d'autres conférences épiscopales ont pris les Italiens en exemple. Au Portugal, en février, l'Église s'est opposée avec fermeté au référendum sur la dépénalisation de l'avortement. En Pologne, la Ligue des familles polonaises, membre de la coalition gouvernementale, propose d'amender la Constitution afin d'y interdire totalement l'avortement et l'euthanasie. Elle a le soutien des évêques polonais, qui ne cachent pas leur rêve de voir l’Union européenne suivre cet exemple. Après des années d'apathie, les fidèles espagnols et leur Église voient aussi dans l'Italie un modèle d'engagement. Petit à petit, les évêques espagnols tentent de reprendre l'initiative [...]. Ils avaient pris la tête d'un million de manifestants contre le projet du gouvernement Zapatero de légaliser le mariage homosexuel. En vain. Fin 2006, ils ont publié deux documents officiels critiquant sévèrement leurs propres déviances doctrinales et morales et leur incapacité à affronter le sécularisme. Ces documents qui se veulent une charte de refondation de l’engagement de l’Eglise d’Espagne ont été revus et corrigés par l’ancien Saint-Office. »

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Soucieux de trouver un terrain d'entente avec les démocraties libérales, certains catholiques s'imaginent encore pouvoir trouver un terrain d'entente en raisonnant à partir de la loi naturelle. Quitte à déformer complètement la signification de cette lex naturalis, comme le fit dans les années 40 un Jacques Maritain, dont les élucubrations révèlent plutôt une contamination d'une pensée catholique hantée par la réconciliation avec la modernité libérale.

Une belle illusion,  alors que l'antagonisme est devenu radical entre la loi naturelle et la loi civile. On pourra lire à ce propos les actes du XXIe colloque national de la Confédération des Juristes catholiques de France (Loi naturelle et loi civile, Téqui). Le refus du législateur de se référer à une norme supérieure à la volonté générale a entraîné un ébranlement général des fondements de la cité. Le positivisme juridique et le laïcisme républicain ont enfanté un véritable monstre : une justice incertaine, une prolifération des lois et des procédures, une chute progressive dans un monde d’irrationalité pure où la notion même de nature humaine n’a plus de sens. On trouvera dans ce livre passionnant des analyses à la fois bien documentées et lucides : notamment celles de Marie-Pauline Deswarte et de Jean-Baptiste Donnier, outre la synthèse préliminaire de Joël-Benoît d’Onorio, président des Juristes catholiques. Ce dernier constate : « le concept de loi naturelle souffre du fait qu’il n’y a pratiquement plus que l’Eglise catholique à l’invoquer de nos jours ».

C’est pourquoi le recours à ce concept ne peut pas être l’alpha et l’omega de la théologie politique chrétienne. La question préliminaire à se poser devient : pourquoi notre conditionnement culturel rend inopérante la référence à ce concept ? 
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L’association antichrétienne La Libre Pensée a obtenu du tribunal administratif de Lyon l'annulation des 500 000 euros de subventions versées par les collectivités locales aux 19es Rencontres pour la paix organisées en septembre 2005 par la communauté de Sant'Egidio. Dans trois arrêts distincts, le tribunal a estimé que les décisions du Conseil général du Rhône d'attribuer 300 000 euros, celle du Grand Lyon portant sur 100 000 euros et celle de la Ville de Lyon attribuant également 100 000 euros à l'évènement ont « été prise en méconnaissance des dispositions (...) de la loi sur la séparation des Eglises et de l'Etat ». Une quatrième délibération, portant sur 100 000 euros accordés par la région Rhône-Alpes, sera examinée ultérieurement.

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DANS UN DISCOURS du 30 mars 2006 aux participants d’un congrès du Parti populaire européen, Benoît XVI avait résumé sa conviction fois sur les « principes non négociables » en politique. Le Pape rappelait que l'Eglise, dans ses interventions publiques, accorde
« volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd'hui de manière claire:

la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle;

la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille - comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage - et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d'union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable;

la protection du droit des parents d'éduquer leurs enfants. »

CETTE INTERVENTION A été confirmée depuis par de nombreux autres discours qui s’inscrivent tous dans le droit fil de la Note doctrinale de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique. Ce document publié en novembre 2002 fait l’objet, dans le contexte actuel français, d’exégèses variées, certaines tentant d’en atténuer les exigences. Au non de conceptions gauchies de la règle du « moindre mal » ou de la politique comme « art du meilleur possible », certains s’emploient à gommer le caractère « non négociable » des principes rappelés inlassablement par le Pape.

 
AU MILIEU DU vacarme des déclarations qui se multiplient pour aider les chrétiens à « bien voter » sur fond de relativisme (cf. l’éditorial de La Croix du 28 mars : « A chacun, sa hiérarchie de priorités, en conscience. »), le Pape témoigne au plus haut point de sa mission lorsqu’il fixe les limites au-delà desquelles il n’y a plus ni moindre mal, ni meilleur possible, ni priorités personnelles, ni options libres, ni vote utile. Comme le notait dernièrement le père Garrigues (Famille chrétienne, n°1519), le moindre mal n’est acceptable que « dans une dynamique de redressement éthique par rapport à la situation présente ». Au second tour des présidentielles, « les catholiques risquent de se trouver devant des exigences éthiques aux conséquences redoutables ».
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